A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (31 JANVIER 2012)
SYNTHESE
Les UNEs restent focalisées sur la polémique sur les bonus dans le cadre de l’affaire RBS : la presse est divisée sur la décision du PDG de la banque de renoncer au 1 million de livres qui lui était destiné. David Cameron se fait critiquer de toutes parts. Les journaux conservateurs, comme le DAILY TELEGRAPH et le TIMES, estiment regrettable l’intervention du Premier ministre qui a conduit le dirigeant de la RBS à prendre sa décision (le gouvernement n’a pas à se mêler des affaires des banques, propos également tenus par le président du patronat CBI). En revanche, le GUARDIAN et l’INDEPENDENT, tout en soulignant que M. Hester a eu raison de renoncer à son bonus, estiment que cette seule décision ne résout rien car c’est toute la culture des hauts salaires des banquiers qu’il faut changer.
Le sommet de la zone euro ne fait la UNE que du FINANCIAL TIMES et dans une moindre mesure du DAILY TELEGRAPH (petit article en bas de page). Les journaux reprennent les propos de David Cameron sur les questions relatives au pacte budgétaire. Ils se concentrent surtout sur les contestations des eurosceptiques qui se préparent à une nouvelle rébellion et à réitérer leur demande de référendum. Les plus critiques (DAILY TELEGRAPH et DAILY MAIL) accusent le Premier ministre de « revirement » et n’hésitent pas, pour le second, à le comparer à John Major. Il n’y a pas de reprise des déclarations de M. Cameron sur la taxe sur les transactions financières, mais deux journaux (GUARDIAN et surtout DAILY MAIL qui titre sur « l’entente non cordiale ») évoquent la controverse sur l’absence d’industrie au Royaume-Uni.
C’est la Syrie qui domine les affaires internationales, le FINANCIAL TIMES et le GUARDIAN (« Le Royaume-Uni et la France demandent un vote de l’ONU sur le régime syrien ») se concentrant sur les efforts français et britanniques pour une résolution à New York.
Concernant la France, le correspondant du DAILY TELEGRAPH à Paris dresse un portrait de Nicolas Sarkozy et s’interroge sur la stratégie de campagne du président. Quant au FINANCIAL TIMES, il revient sur le choix du président de la République de suivre le modèle allemand et de l’utiliser comme argument pour sa campagne.
Conseil européen
Guardian Nicholas Watt : Les eurosceptiques conservateurs accusent Cameron de s’incliner devant Clegg
David Cameron risque un nouvel affrontement avec les eurosceptiques après avoir renoncé aux objections britanniques concernant l’utilisation de la Cour de justice européenne pour contrôler le nouveau pacte budgétaire de la zone euro. Des députés conservateurs se sont réunis hier soir en prévision de la déclaration aux Communes cet après-midi dans laquelle David Cameron expliquera que le Royaume-Uni ne souhaite pas faire obstacle à une solution de la crise dans la zone euro. David Cameron a expliqué à ses partenaires européens hier à Bruxelles que le Royaume-Uni ne soulèverait probablement aucune objection à l’utilisation de la Cour de justice européenne pour le contrôle des nouvelles règles budgétaires. Il a également précisé qu’il surveillerait de près ( « à la manière d’un faucon ») les dirigeants de la zone euro et n’hésiterait pas à prendre une action judiciaire s’ils cherchaient à se servir de la Cour de justice européenne, ou de toute autre institution de l’Union européenne, pour réécrire les règles du marché unique. Le Royaume-Uni réservera sa position jusqu’à la ratification formelle du nouveau traité par les 25 Etats membres qui, à l’exception du Royaume-Uni et de la République tchèque, l’ont approuvé hier. Les eurosceptiques conservateurs accusent le Premier ministre britannique d’avoir annulé son veto du 9 décembre dernier, ce que dément M. Cameron en expliquant qu’il est dans l’intérêt du Royaume-Uni que les Etats membres de la zone euro se sortent de la crise actuelle. Les libéraux-démocrates ne vont pas manquer de crier victoire : Nick Clegg qui s’était inquiété du veto de décembre avait bien précisé alors que les institutions européennes devraient être mises à la disposition des dirigeants de la zone euro. Le Labour a ajouté aux pressions qui pèsent déjà sur le Premier ministre en déclarant que son changement de position concernant les institutions européennes prouve que son action du 9 décembre n’a été qu’un « veto fantôme ».
France/Royaume-Uni
Guardian Helen Pidd, Kim Willsher : Sarkozy rouvre les hostilités en se moquant de la disparition de l’industrie britannique Le président de la République a relancé la guerre des mots avec ses voisins d’outre Manche en accusant le Royaume-Uni de ne plus avoir d’industrie : M. Sarkozy, à la traine derrière son rival socialiste, s’est exprimé devant les Français en présentant un projet de hausse de la TVA. Lorsqu’un journaliste lui a fait remarquer qu’une mesure similaire au Royaume-Uni avait eu pour conséquence une hausse de l’inflation et une récession de l’économie, le président français a rétorqué : « le Royaume-Uni n’a plus d’industrie ». Cette réponse a rappelé les récentes déclarations de M. Baroin et de M. Noyer sur la note de crédit du Royaume-Uni. Les tensions entre Paris et Londres ont atteint un point culminant après le veto de M. Cameron le 9 décembre, mais les Britanniques cherchent à minimiser la dernière pique de M. Sarkozy en expliquant qu’il se prépare aux élections. Illustrant la dure bataille qui attend M. Sarkozy pour se maintenir au pouvoir, Angela Merkel s’est engagée à le soutenir dans sa campagne. Il est pourtant inhabituel que les dirigeants européens interviennent dans ce genre de circonstances. Le soutien de la chancelière allemande est d’autant plus surprenant que les deux dirigeants ne sont pas les meilleurs amis du monde, même si leurs relations se sont améliorées durant la crise de la zone euro. De son côté, François Hollande va chercher à rassurer la City lors d’une visite à Londres le mois prochain après avoir été accusé de s’en prendre au secteur financier à des fins politiques. Le candidat socialiste va entreprendre « une offensive de charme pour rétablir l’entente cordiale ». Cette visite est prévue pour la fin février et, selon les proches de M. Hollande, ce dernier rencontrera presque certainement Ed Miliband et espère aussi voir M. Cameron.
Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : 200.000), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)
Lydie Naudin, attachée de presse (Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr) Tel : 00 44 (0) 207 073 1028