L’Islam est une des religions les plus importantes en France après le Catholicisme grâce à un large nombre de fidèles, estimé entre 3,7 et 5,5 millions (1). Les Musulmans de France sont très bien intégrés et les Français ont une image positive de l’Islam voyant les Musulmans respecter les valeurs de la société moderne.
Afin de faciliter le dialogue et la représentation des instances musulmanes dans le domaine public, l’Etat français a encouragé la mise en place du Conseil Français du Culte Musulman, interlocuteur privilégié des autorités publiques.
L’Islam est la deuxième religion en France
Après le Catholicisme, qui est la religion la plus répandue en France avec approximativement 30 millions de pratiquants, l’Islam est la religion qui compte le plus grand nombre de fidèles.Ils sont entre 3,7 et 5,5 millions au sein d’une population métropolitaine d’environ 63 millions d’habitants (5 à 9% de la population française).1
Selon le Ministère de l’Intérieur, la France compte 1685 mosquées et salles de prière en 2005 (1558 en 2003). Treize de ces mosquées ont la capacité d’accueillir plus de mille personnes. Trente mosquées sont en cours de construction.
Actuellement, la France a un lycée privé musulman, qui a ouvert en 2003 à Lille. Il existe aussi un collège à Aubervilliers et une école primaire à Marseille. La première école primaire musulmane française a été construite à St-Denis sur l’île de la Réunion en 1947.
Dans chaque région, des cours particuliers de langue française, sur la République francaise et ses institutions sont proposées aux imams déjà en exercice.
Ces dernières années, la représentation des Musulmans en France s’est structurée
Depuis les années soixante, il existe en France de multiples organes chargés de représenter les Musulmans de France. Les principales sont :
L’Union des Organisations islamiques de France (UOIF)
La Fédération Nationale Des Musulmans de France (FNMF)
La Ligue Nationale des Musulmans de France
Devant la carence d’interlocuteurs privilégiés, les gouvernements successifs ont essayé d’organiser une représentation unique des musulmans français. En 1999, Jean-Pierre Chevènement, alors Ministre de l’Intérieur, a lancé un projet de “consultation des musulmans de France” destiné à aboutir à la création d’une instance représentative du culte musulman.
Crée en 2003 par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, le Conseil Français du Culte Musulman(CFCM), est le fruit de cette consultation. Rassemblant les représentants de six fédérations, notamment la FNMF et l’UOIF, elle permet de structurer le dialogue entre la sphère publique et les Musulmans de France.
La désignation des membres de ce Conseil résulte du vote d’une assemblée générale élue par les représentants des mosquées. Ce processus de désignation atteste ainsi du caractère démocratique et représentatif de l’Assemblée dans sa formation et composition.
La CFCM offre aux responsables musulmans une insertion dans la vie publique et politique qui favorise l’intégration et normalise les relations avec les pouvoirs publics. Le CFCM a pour vocation de débattre de sujets de société tels que la question du voile. En plus d’être un lieu de débats, il est chargé, en coopération avec les autorités, de régler des questions telles que la construction de mosquées, l’organisation de fêtes religieuses, la formation des imams…
La création du Conseil Français du Culte Musulman répond aux attentes des Musulmans de France2
En 2003, un sondage a montré que l’instauration du CFCM correspond pour les Musulmans à une reconnaissance de la place de l’Islam en France.En effet, pour 81% des sondés (2), la création de ce conseil devrait permettre une véritable reconnaissance du poids de l’Islam et des Musulmans de France.
En outre, 80% pensent qu’il devrait permettre d’améliorer l’image des Français musulmans auprès du reste de la population et 74% de résoudre les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans la pratique de leur religion.
78% des sondés pensent que les valeurs de l’Islam sont compatibles avec celles de la République.
L’absence de crispation religieuse en France aujourd’hui, selon un sondage PEW (3)
Le sondage, effectué par l’institut PEW Global Attitudes Project au prinptemps 2006, révèle un haut degré de tolérance des Français à l’égard des Musulmans :
En Occident, les Français sont ceux qui ont l’image la plus positive des Musulmans : 65% (63% au Royaume-Uni).
La France a le taux le plus élevé de citoyens qui croient à la compatibilité entre le fait d’être un Musulman pratiquant et la vie dans une société moderne : 74% (35% au Royaume-Uni). Ils sont aussi ceux qui croient le plus à la compatibilité entre le fait d’être un chrétien pratiquant et la vie dans une société moderne : 86% (70% au Royaume-Uni).
Parmi les Musulmans des pays occidentaux, les Musulmans français sont ceux qui ont l’opinion la plus favorable des Chrétiens : 91% (71% au Royaume-Uni).
Plus de 70% des Musulmans français considèrent que les gens dans les pays occidentaux sont « respectueux des femmes » (49% au Royaume-Uni).
Au sujet des troubles qui ont eu lieu en France à l’automne 2005, les chercheurs français sont unanimes. Si certains commentateurs ont mêlé aux origines sociales de la crise une dimension religieuse, les chercheurs et sociologues français ont tous souligné que les émeutes ne présentaient pas un caractère religieux, politique ou ethnique, mais une dimension sociale, portant sur les difficultés d’insertion professionnelle principalement. Le gouvernement s’efforce de répondre à ces préoccupations par des mesures en faveur de la formation, du logement et du développement économique.
1 Il ne s’agit que d’une estimation puisque le recensement des fidèles d’une religion est interdit par la loi de 1872 2 Sondage IPSOS du 3 avril 2003 pour le Figaro 3 Sondage du printemps 2006 réalisé auprès de 523 Musulmans (http://pewglobal.org)
Dernière mise à jour : 16.02.2007