Dans un récent article publié dans la revue Science, le Pr David Richardson, du Centre de Recherche en Optoélectronique de l’Université de Southampton, nous alerte sur les limites des technologies de fibre optique. Plusieurs travaux récents tendent à démontrer que la limite de capacité des réseaux de fibre optique existants se situe autour d’un facteur 2 par rapport aux débits maximums actuels. Pour le chercheur : "la pensée selon laquelle les technologies de fibre optique ont une capacité infinie est fausse". Bien que des progrès considérables aient été réalisés pour limiter la perte de signal au travers des câbles, des améliorations doivent également être apportées dans les technologies optoélectroniques pour l’émission, l’amplification et la réception des signaux à travers le conduit lumineux, sans quoi les réseaux très haut-débit pourraient rapidement atteindre leur limite.
La possibilité d’une saturation des réseaux est bien sûr conditionnée par l’évolution de la demande. Une donnée difficile à prédire mais qui va nécessairement connaître une forte croissance au vu des futures technologies web, notamment dans le domaine de la vidéo en streaming avec les offres haute-définition et vidéo 3D. C’est pourquoi David Richardson nous invite également à repenser notre manière d’appréhender les réseaux de télécommunications. Selon lui : "nous devons nous habituer de plus en plus à l’idée que la bande passante de nos réseaux, comme l’énergie et l’eau, est une denrée précieuse qui doit être utilisée à bon escient".
Pour les opérateurs télécoms, notamment BT, responsable de l’infrastructure de fibre optique au Royaume-Uni, l’idée qu’il puisse exister une limite n’a pas de sens. Cependant, l’argumentation de Job Carter, responsable de la communication du groupe, se révèle peu convaincante : "nos vitesses de connexion augmentent en permanence, il est donc idiot de dire que nous allons bientôt atteindre nos limites".
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Le Pr David Richardson est Directeur Adjoint du Centre de Recherche en Optoélectronique (ORC, Optoelectronics Research Centre) de l’Université de Southampton. Il est responsable des recherches sur la fibre optique et les systèmes périphériques. Ses travaux actuels concernent les fibres optiques microstructurées [1], les lasers à fibre optique haute puissance, les lasers à impulsions brèves, les communications par fibre optique, et la fibre optique non linéaire.
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[1] Les fibres microstructurées permettent de garder un comportement monomode (propagation rectiligne de la lumière) jusqu’à des fréquences plus élevées que les fibres classiques. C’est une propriété particulièrement intéressante pour les télécommunications. Elles permettent également un meilleur contrôle de la longueur du signal émis.
Sources :
BCC News, 15/10/10, http://bbc.in/bR9OEt
Techradar, 15/10/10, http://bit.ly/aF568M
Page web du Pr David Richardson : http://www.orc.soton.ac.uk/people.h...
L’article du Pr David Richardson, Filling the Pipe, dans la revue Science (accès payant)
http://www.sciencemag.org/cgi/conte...
Auteur : Pierre Chrzanowski