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Vendredi 5 septembre - Europe/Russie, Pakistan, Economie britannique

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (5 septembre).

- Géorgie : L’Europe affronte la Russie, éditorial, THE ECONOMIST

La guerre en Géorgie a fait davantage de tort aux relations de la Russie et de l’Occident que les dirigeants de part et d’autre ne l’admettent. L’Europe et la Russie sont toutes les deux perdantes dans l’affaire. La réponse de l’Union européenne a été bien faible : elle n’a même pas insisté sur la restauration formelle de l’intégrité territoriale de la Géorgie. Et l’idée d’une politique étrangère et de sécurité commune ne semble plus avoir beaucoup de sens. Une telle réaction est de mauvais augure pour tous les autres Etats qui risquent la menace russe. L’OTAN doit rassurer tous ses membres et leur offrir une vraie garantie de sécurité, y compris l’Estonie et la Lettonie, qui ont d’importantes minorités russes. Il sera plus difficile d’aider l’Ukraine, qui est divisée sur ses choix stratégiques (Europe ou Russie). L’Union européenne doit, à son sujet, encourager la réforme économique et la lutte contre la corruption. En fait, l’Europe, dans ses relations avec la Russie, trouvera une meilleure solution dans la libéralisation de son marché de l’énergie que dans la diplomatie. En réduisant sa dépendance vis-à-vis du gaz et du pétrole russe, elle enlèvera des moyens de pression au Kremlin. Quant à la Russie, les limites de sa victoire deviennent évidentes : Moscou n’a pas eu le soutien de ses habituels alliés pour ses actions (la Chine a exprimé ses préoccupations). La bourse a chuté, les investissements à l’étranger vont être plus difficiles et la population russe va en subir les conséquences. Mais ce que la Russie risque de regretter le plus, c’est ce dont M. Poutine rêvait depuis longtemps : se faire reconnaître et accepter comme une puissance européenne.

- Pakistan : Le nouveau président aura peu d’expérience et beaucoup de problèmes, Simon Tisdall, GUARDIAN

Le Pakistan est à un stade critique : les islamistes ont gagné du terrain, et la guerre contre le terrorisme menée en coopération avec les Etats-Unis semble compromise. A cela s’ajoute une crise politique, consécutive à la démission du président Musharraf le mois dernier. Ali Zardari, le veuf de Benazir Bhutto, est déjà assuré de prendre la suite en remportant l’élection présidentielle de samedi ( il a le soutien de trois des quatre assemblées provinciales et de la majorité du parlement national). Mais M. Zardari n’a aucune expérience de ce genre de fonction. Or il disposera de pouvoirs énormes, et d’aucuns lui reprochent son arrogance, son ignorance, sa manie des copinages et son absence de programme. Ce type de jugement est peut-être prématuré. Deux facteurs pourraient déterminer l’efficacité du président : tout d’abord l’attitude des Etats-Unis qui n’a pour le moment pas pris position, et ensuite sa relation avec l’armée. S’il reste du bon côté des généraux, il pourra s’en sortir. Mais les critiques craignent que son habitude à vouloir trop en faire ne l’amène à entrer en conflit avec les militaires. C’est ce qui s’était passé avec le père de Benazir Bhutto, ancien président et Premier ministre, qui a été exécuté en 1979.

- Royaume-Uni : La conjoncture économique n’est peut-être pas aussi catastrophique qu’il y paraît, Martin Wolf, FINANCIAL TIMES

Tandis que le gouvernement vient de perdre une nouvelle bataille (les fournisseurs d’énergie ont refusé de contribuer à un fond de 1 milliard de livres sterling pour aider les familles les plus pauvres à payer leurs factures), Martin Wolf cherche à relativiser les pronostics catastrophiques portés sur l’économie britannique. Alistair Darling assure que la situation n’a jamais été aussi mauvaise depuis 60 ans. L’OCDE annonce une vraie récession. Mais un retour au début des années 80 ou 90 est peu plausible : les taux d’intérêt, contrairement à ce qui s’était passé alors, n’ont pas brusquement augmenté ; le lien entre le marché de l’immobilier et les dépenses à la consommation est exagéré ; et la baisse de confiance des consommateurs et des producteurs ne présume en rien de leurs réactions ultérieures. Le prix des maisons peut certes continuer de baisser, mais une chute des prix ne réduit en rien la richesse nationale. La diminution de la livre n’est pas un problème, mais plutôt une solution. C’est la possibilité de ce genre d’ajustement qui a justifié notre refus d’entrer dans l’euro et c’est ce qui permet de repousser une réduction des taux d’intérêt. Il est évidemment toujours possible d’envisager des scénarios de cauchemar, mais c’est là que la confiance joue un rôle vital. Un gouvernement faible représente un risque. Les politiques qu’il introduit ne doivent pas porter atteinte à cette confiance ou remettre en cause ses engagements en matière de stabilité monétaire et budgétaire. Le Premier ministre sait cela, le Chancelier de l’Echiquier doit aussi le savoir. Ils doivent conserver la tête froide, même s’ils sont les seuls.

Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen The Economist (Diffusion : 1.210.000) ,libéral

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028