A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (3 JUILLET).
- Afghanistan : Un moment décisif, éditorial, DAILY TELEGRAPH
L’offensive des troupes américaines dans le sud de l’Afghanistan représente un moment décisif dans la lutte contre les Taliban. Elle signale de façon bienvenue la mise en place d’une stratégie cohérente, après bien des années de dérive. Il n’est cependant pas certain qu’il y ait suffisamment de troupes et de ressources. L’Afghanistan est une des grandes priorités du président en matière de politique étrangère, mais il ne faut pas oublier que l’opération est menée par l’OTAN et que tous les partenaires de la coalition doivent jouer leur rôle. Les Etats européens, qui ne veulent pas déployer de troupes de combat, devraient concentrer leurs efforts et leurs ressources à la construction d’infrastructures qui amélioreraient les conditions de vie de la population et aideraient à persuader les Afghans qu’ils s’en sortiront mieux sans les Taliban. Cela demandera de l’imagination ainsi que la prise de décisions difficiles. C’est une bonne chose que de détruire les récoltes de pavot, mais il faut trouver des sources de revenu de remplacement. Il faut aussi faire des ouvertures aux chefs de tribus locaux qui se sont rapprochés des Taliban en leur montrant qu’un accord avec l’OTAN et le gouvernement afghan peut leur être bénéfique. C’est la tactique adoptée avec succès par le général Petraeus à la fin de la mission en Irak. C’est lui qui dirige aujourd’hui l’opération en Afghanistan et il compte bien sur un succès. Espérons qu’il y parviendra.
- Afghanistan : Une opération espoir en enfer, éditorial, GUARDIAN
Après presque huit années de combats, la lutte contre les Taliban dans la province d’Helmand est dans l’impasse, et le lancement de l’offensive américaine, la plus importante depuis Fallujah, doit être accueillie avec prudence : il faudra la juger par ses résultats concrets non pas par les espoirs qu’elle fait naître. Cette opération semble a priori différer des autres : son objectif est de reprendre le territoire, le conserver et protéger la population des Taliban jusqu’à ce que les forces afghanes en assument la responsabilité. Mais lors d’opérations passées, les Taliban en fuite se sont regroupés dans d’autres régions pour mieux poursuivre leurs manœuvres. De plus, les bombardements aériens menés par les Américains ont fait de nombreuses victimes parmi les civils et il sera difficile de persuader la population que les Marines sont là pour les protéger et non les tuer. Les troupes au sol permettront-elles d’éviter de nouveaux bombardements ? L’offensive lancée hier est peut-être le dernier jet de dés de la coalition.
- Union européenne : Ces exceptionnels Suédois, Charlemagne, THE ECONOMIST
Assumant la présidence de l’Union européenne depuis le 1er juillet, la Suède est un pays exceptionnel. Depuis des années, elle fait pâlir d’envie les gens de gauche, car elle dispose d’un secteur public gigantesque, mais les plus libéraux sont obligés d’admettre que c’est une nation parfaitement bien dirigée et attrayante. Son organisation excessive est compensée par une culture décontractée et l’ouverture qui va de pair avec un petit Etat maritime. Si Zurich était croisé avec Sydney, on obtiendrait peut-être Stockholm. Après leur propre crise bancaire dans les années 90, la crise actuelle du crédit a persuadé les Suédois de la nécessité d’une régulation financière plus stricte. Mais ils ne veulent pas l’imposer par le haut. Ils estiment que le consensus est la meilleure façon de prendre des décisions à long terme acceptables par tous. Les Suédois tirent les leçons de leurs succès et, en matière de réchauffement climatique, ils risquent de se montrer exigeants : ils ont réduit leurs émissions d’un dixième depuis 1990 alors que leur économie a crû de 50%. Concernant le Traité de Lisbonne, la Suède se méfie de l’autoritarisme de l’Union et elle est sceptique à propos du futur poste de président. Elle préférerait un « chairman élu » qui organiserait les rencontres des 27 leaders. Les Suédois sont plus que d’autres favorables à l’élargissement, et le Ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt, soutient la candidature de la Turquie. M. Bildt ferait un bon chef de la diplomatie européenne, mais il a la réputation d’être arrogant et il risque d’être bloqué par certains pays. C’est dommage.
Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, eurosceptique Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen The Economist (Diffusion : 200.000), libéral
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028