A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (3 FEVRIER 2012)
SYNTHESE
La polémique sur les bonus occupe toujours une place importante dans la presse alors que le chef de l’opposition travailliste, Ed Miliband, demande un vote aux Communes sur le sujet. Tous les journaux s’interrogent sur le sort du ministre libéral Chris Huhne : celui-ci devrait savoir aujourd’hui s’il est inculpé pour avoir fait porter à son épouse la responsabilité d’un excès de vitesse. En cas d’inculpation, tout remaniement devrait être limité et M. Huhne sera vraisemblablement remplacé par un libéral-démocrate.
Sur la zone euro, THE ECONOMIST revient sur le Conseil européen du 30 janvier et le problème de déficit démocratique que pose l’approche allemande d’un pacte budgétaire. Le FINANCIAL TIMES consacre un éditorial au Portugal, estimant que ce pays fait des efforts et que l’Europe doit en tenir compte.
En politique internationale, l’Afghanistan donne lieu à une importante couverture médiatique, les journaux revenant sur la réunion des ministres de l’OTAN. Dans un éditorial, le FINANCIAL TIMES critique les annonces de retrait anticipé de la France et des Etats-Unis, décisions selon lui qui sont liées à des considérations électorales et qui menacent la stabilisation du pays. La visite de William Hague en Somalie fait l’objet d’un article et d’un éditorial dans le TIMES (les autres journaux se contentent de montrer une photo du ministre) qui rappelle la conférence internationale sur la Somalie organisée à Londres le 23 février. Tous les journaux évoquent les discussions à New York sur la Syrie et le projet d’une résolution « affaiblie ».
Concernant la France, la presse se concentre sur les élections : THE ECONOMIST présente les candidats et, dans un éditorial, évoque les problèmes d’une France « trop dépensière ». Le FINANCIAL TIMES consacre un long article à la campagne de François Hollande et, dans le même journal, Philip Stephens relève que François Hollande et Nicolas Sarkozy sont des Mitterrand chacun à leur façon.
Afghanistan
FT Editorial : Tragédie afghane – L’échec politique risque de laisser le pays dans l’anarchie
Hillary Clinton avait promis que 2011 serait l’année de la diplomatie en Afghanistan devant permettre, conjointement avec la mission militaire, de restaurer la sécurité et la stabilité. Cette promesse sonne creux aujourd’hui alors que les Etats-Unis et la France se préparent à retirer leurs soldats plus tôt que prévu et que le pays est toujours en proie à la corruption et l’anarchie. Le problème, c’est que la politique envers l’Afghanistan n’a pas porté ses fruits. Elle a en grande partie été dictée par l’armée et les renseignements. Il n’y a guère eu d’efforts pour utiliser la pression militaire comme moyen d’aboutir à un règlement politique à l’exemple de la Bosnie. La raison en tient en partie à la détérioration des relations des Etats-Unis avec le Pakistan qui continue à soutenir les insurgés talibans pour faire contrepoids à l’influence indienne en Afghanistan. Or, il ne peut pas y avoir de stabilité dans ce pays sans l’engagement du Pakistan. L’annonce de retrait anticipé par les Etats-Unis et la France risque d’encourager la ligne dure des Talibans qui voient maintenant les forces internationales se ruer vers la porte de sortie. Certes les Talibans ont été un peu affaiblis, et quelques éléments semblent prêts à négocier. La solution de M. Obama de laisser des soldats jusqu’en 2014, mais pas dans un rôle de combat, peut fournir aussi une sorte de police d’assurance contre le chaos. Il n’en reste pas moins que le calendrier annoncé par Paris et Washington est loin d’être idéal. Ce n’est pas une coïncidence s’il correspond à une période d’élections présidentielles dans les deux pays. Les considérations de politique intérieure finissent par occuper le devant de la scène dans le conflit. La tragédie, c’est qu’elles n’ont rien à voir avec la stabilité de l’Afghanistan.
France/Elections
The Economist Editorial : Un Etat très dépensier A entendre le président de la République se lamenter devant 16 millions de Français du manque de compétitivité de la France et d’un besoin de réformes à la façon de l’Allemagne, il était difficile d’imaginer qu’il est l’occupant de l’Elysée depuis 2007. C’est un peu en effet comme s’il demandait la « rupture » avec le passé, alors que les électeurs attendent toujours la rupture qu’il avait promise lors de sa précédente campagne. La France, c’est certain, a besoin de réformes spectaculaires. Son économie est probablement rentrée en récession et son taux de chômage atteint 9,9%. L’économie est la priorité des Français à l’approche des élections d’avril et mai. Les deux principaux candidats, M. Sarkozy et M. Hollande, ont déjà commencé la bataille devant leur donner de la crédibilité en matière de politique économique. Jusqu’à présent, aucun des deux ne semble avoir compris la gravité de la situation. Tout d’abord, le point positif : les deux candidats se sont engagés à réduire le déficit budgétaire, mais M. Hollande s’est donné une année de plus que M. Sarkozy pour l’éliminer. La mauvaise nouvelle, c’est que tous les deux semblent vouloir réduire le déficit surtout en augmentant les impôts au lieu de réduire les dépenses. Ce serait mauvais pour le pays alors qu’avec M. Sarkozy le secteur public français a fait un bond pour atteindre 57% du PIB, plaçant la France au second rang derrière le Danemark en Europe. De plus, l’économie française a besoin de progresser et l’expérience montre que la croissance vient plus facilement après une réduction des dépenses qu’une augmentation des impôts. Dans son discours, M. Sarkozy semble être moins irréaliste, car il montre un réel désir de réformes. Mais après cinq années décevantes, qui peut le croire ? Avec M. Hollande, le danger se situe à l’opposé : le candidat socialiste risque de mettre en pratique ce qu’il dit. Non seulement il n’envisage pas de s’attaquer au monstre, mais il veut le nourrir, en imposant les riches pour créer des emplois. Il veut augmenter les dépenses de 20 milliards d’euros dans les cinq ans à venir. Pire que tout, il entend revenir sur la réforme de l’âge de la retraite mise en place par M. Sarkozy. La France est par tradition un Etat dépensier. Personne ne lui suggère de devenir Singapour. Mais les hausses d’impôt ne peuvent pas éternellement combler le déficit. Les candidats à la présidentielle doivent aux électeurs de leur expliquer ce qui les attend. Quel que soit l’occupant de l’Elysée après le mois de mai, il lui sera plus facile de prendre des décisions difficiles s’il a le mandat pour cela.
Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077au Royaume-Uni sur un total de près de 1,7 million dans le monde), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : un peu plus de 200.000 au Royaume-Uni sur un total de près de 1,5 million dans le monde)), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)
Lydie Naudin, attachée de presse (Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr) Tel : 00 44 (0) 207 073 1028