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Vendredi 29 août - Crise géorgienne, Sommet européen

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (29 août).

- Caucase : L’Ukraine joue un jeu dangereux, Con Coughlin, DAILY TELEGRAPH

Alors que le DAILY TELEGRAPH évoque, dans un article de une, la menace que ferait peser la Russie de fermer le robinet du pétrole et du gaz, et titre sur les « divisions de l’Union européenne » sur la question des sanctions à appliquer à Moscou, le commentateur du journal lance une mise en garde à l’Ukraine : la décision de M. Medvedev de reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie a surpris tout le monde. Le président russe avait, en effet, maintes fois répété son respect pour l’intégrité territoriale des nations souveraines. Les derniers événements montrent à quel point M. Medvedev est sous la dépendance de son Premier ministre, Vladimir Poutine, le Richelieu du Kremlin. Ce dernier pourrait envisager de pousser plus avant son révisionnisme géographique, avec pour priorité le port de Sébastopol. Le gouvernement de M. Yushchenko envisage sérieusement de revenir sur l’accord qui confère à Moscou un bail sur cette base navale. Le président ukrainien, de toute évidence prêt à la bataille, envisagerait même une restriction sur les mouvements des navires russes. Dans le climat actuel, la Russie ne va pas rester sans réagir à cette provocation. L’action de l’Ukraine est, à tout le moins, imprudente. Avant de poursuivre sur cette ligne, M. Yushchenko doit bien se dire qu’une nouvelle guerre de Crimée est la dernière chose que veulent les pays occidentaux. Et le Royaume-Uni n’en a pas les moyens, sa flotte ayant été réduite de façon alarmante du fait de la parcimonie de M. Brown.

- Caucase : L’Union européenne doit donner des espoirs à l’Ukraine, éditorial, FINANCIAL TIMES

Il n’est pas suffisant d’apporter un soutien à l’Ukraine : l’Union européenne doit prendre des mesures concrètes, notamment lui faire des promesses en matière d’adhésion. La crise en Géorgie a montré la vulnérabilité des Etats voisins de la Russie. Une accession au club, sans apporter de garanties en matière de sécurité, confère le soutien politique des 27 Etats membres. De plus, des promesses faites aujourd’hui inciteraient les réformateurs pro-occidentaux à aller de l’avant et aideraient probablement les Ukrainiens à surmonter leurs divergences. Cela prendrait des années, ce qui donnerait du temps aux Européens. De tels projets ne vont pas à l’encontre de la Russie : Moscou n’a pas fait d’objections sérieuses aux ambitions européennes de l’Ukraine. Les Ukrainiens ont tous envie d’entrer dans l’Union, alors qu’ils sont divisés sur une adhésion à l’OTAN. Leur candidature pour l’Alliance devra donc attendre. Mais puisque leur souhait d’adhérer à l’union européenne est unanime, Bruxelles doit avoir le courage de leur dire oui.

- Caucase : L’Union européenne aura du mal à se mettre d’accord sur des sanctions contre la Russie, Bronwen Maddox, TIMES

En déclarant que des sanctions seront envisagées contre la Russie lors du sommet européen de lundi, M. Kouchner va peut-être un peu loin, même si la crise en Géorgie a permis à M. Sarkozy et à la France de retrouver un rôle de premier plan sur la scène internationale. L’accord de cessez-le-feu a été la seule intervention ayant touché le Kremlin et il a uni les 27 Etats membres. Mais des sanctions contre Moscou sont une autre chose. La réunion de lundi débouchera plus vraisemblablement sur l’offre d’une aide, d’accords commerciaux, de partenariats à la Géorgie et à l’Ukraine. L’objectif de l’Union est de montrer à ces deux pays qu’ils ont tout à gagner d’un rapprochement à défaut d’une adhésion. Ce n’est pas un piège, c’est un compromis nécessaire, qui aurait pu permettre de pas accepter des pays comme la Roumanie et la Bulgarie avant qu’ils ne soient prêts. Quelles que soient les décisions de lundi, les pressions les plus importantes sur la Russie viendront de la Chine. Pendant des années, elle s’est jointe à Moscou pour défendre la notion d’intégrité territoriale. Elle voit aujourd’hui le Kremlin revenir sur ce principe. La Russie a fait preuve de myopie : elle a gagné deux petites enclaves, mais perdu un allié important et peut-être, pour l’avenir, certaines de ses provinces les plus difficiles.

Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028