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Vendredi 28 Avril

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE

28 avril 2006

- Royaume-Uni : « Les élections locales seront critiques pour Tony Blair », James Blitz, FINANCIAL TIMES

Tony Blair vient de traverser une mauvaise semaine, mais parler de « mercredi noir » ne fait aucun sens. Les problèmes de ses trois ministres ne représentent en aucun cas l’humiliation politique du 16 septembre 1992, l’une des plus grandes catastrophes de politique économique d’après-guerre. Les conservateurs, quatorze ans après, n’ont toujours pas surmonté cette crise. Les travaillistes sont loin d’être dans une position aussi difficile. Certes la question non résolue de la succession du Premier Ministre et son remplacement éventuel par Gordon Brown embarrasse le gouvernement, mais ce sont les élections locales de jeudi qui permettront de voir ce qu’en pense le public. Une performance honnête du Labour devrait permettre à Tony Blair de mettre en place une nouvelle équipe qui préparera un nouveau programme pour son gouvernement. Une performance désastreuse soulèverait à nouveau la question de son départ.

- Mondialisation : « Il faut mettre l’accent sur la prévention des crises », contribution de Gordon Brown au FINANCIAL TIMES

Comme le souhaite le Royaume-Uni, le FMI doit jouer un plus grand rôle dans la surveillance de l’économie mondiale. Si nous voulons éviter les crises du passé, nous devons chercher à contrôler les tendances protectionnistes de certains continents. Le FMI a beaucoup évolué ces dernières années, mais nous devons aller plus loin. Le travail de surveillance serait plus crédible, plus efficace et ferait davantage autorité si le FMI, comme une banque centrale, était dans ses fonctions indépendant de toute influence politique et totalement transparent. Au-delà de l’accord conclu samedi dernier, le FMI devrait avoir des objectifs annuels pour son travail de surveillance. Pour renforcer la surveillance multilatérale, il devrait non seulement évaluer les risques des pays individuels par l’intermédiaire du processus annuel de l’article IV mais également étudier de façon plus explicite les conséquences des politiques de ces pays sur l’économie mondiale. Les membres du FMI devraient en outre réaffirmer les engagements sur lesquels est fondée la politique de surveillance. Enfin, nous devrions nous mettre d’accord sur des mesures pratiques pour renforcer l’indépendance et la transparence de la surveillance et le rôle de l’Independent Evaluation Office.

- Pakistan : « Je ne suis pas le caniche de George Bush », interview du Président Mousharraf au GUARDIAN

Confronté à une montée de l’anti-américanisme au Pakistan, le Président Mousharraf s’est défendu hier, lors d’une interview au Guardian, d’être le « caniche » de George Bush. Il a également accusé les Américains d’avoir porté atteinte à la souveraineté de son pays en se livrant à des frappes aériennes sur Al-Qaida. « Dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, je n’agis pas pour le compte des Etats-Unis ou du Royaume-Uni, mais pour le Pakistan », a déclaré le Président, promettant également de tenir des élections libres et équitables l’année prochaine, et rejetant donc toutes accusations de dictature militaire. M. Mousharraf assure que sa mission est de démocratiser le Pakistan : « ma popularité a baissé, mais le pays a besoin de moi. J’ai mis en place un système de démocratie constitutionnelle solide qui produira mon successeur ».

- Union Européenne : « L’Europe a la capacité de prospérer avec la mondialisation », Philip Stephens, FINANCIAL TIMES

Même si elle n’a pas encore la volonté politique, l’Europe a la capacité de prospérer grâce à la mondialisation, mais elle devra travailler plus dur pour s’ajuster à une population vieillissante. Pour le moment, l’affluence est l’ennemi du changement et donc de l’influence. Le succès relatif du Royaume-Uni face à la mondialisation doit beaucoup au traitement de choc prescrit par Margaret Thatcher durant les années 80. Il n’y a jamais eu en France et en Allemagne de désordre comparable à celui qui a permis le thatchérisme. Ces deux pays ont pour le moment été relativement protégés de la concurrence mondiale. Les ajustements nécessaires semblent d’autant plus difficiles que les dirigeants politiques actuels n’en admettent pas l’urgence. Pourtant la mondialisation demande une approche collective différente. Il n’y a pas de mystère sur les remèdes : il y a quelques années l’agenda de Lisbonne a préparé des propositions qui ne sont guère controversées. Cela ne signifie pas la destruction du modèle social européen. Au contraire. Il faut une meilleure distribution des chances pour préserver la cohésion sociale du Continent. Les Européens ne devraient pas avoir de mal à comprendre que l’exclusion engendre l’extrémisme.