A NE PAS MANQUE AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (27 JANVIER 2012)
SYNTHESE
L’attention se porte à nouveau sur l’Europe, et le discours de David Cameron à Davos qui fait la UNE du FINANCIAL TIMES (« Cameron attacks eurozone ») et qui est perçu d’abord comme une attaque contre l’Allemagne, mais aussi contre la France à cause du projet de taxe sur les transactions financières. Le DAIL TELEGRAPH fait la UNE de son cahier « Business » sur les risques de décote de la dette portugaise.
En politique intérieure, les journaux réagissent de façon très variée aux propositions de Nick Clegg de taxer davantage les riches pour atténuer le fardeau des classes les moins favorisées : l’INDEPENDENT estime que l’approche du vice-Premier ministre est « sensée », le GUARDIAN regrette en revanche que « s’il prend aux riches, les pauvres paient toujours ». Pour le DAILY MAIL, « ce n’est pas en frappant les riches que l’on relancera l’économie ».
Au niveau international, la presse accorde une forte attention aux révélations concernant la torture en Libye et elle s’interroge sur la qualité de la transition dans ce pays : dans un éditorial, le GUARDIAN estime que le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis doivent faire face à leurs responsabilités. Deux reportages intéressants sont à signaler dans le FINANCIAL TIMES : l’un sur la révolte syrienne qui s’étend à Damas, et l’autre sur la perte d’influence de la France en Tunisie (notamment recul de la langue française).
La campagne électorale française, avec la présentation du programme de François Hollande donne lieu à une importante couverture de presse. Le TIMES en fait sa UNE et voit dans les propositions faites de sérieux risques d’affrontements avec le Royaume-Uni, mais aussi l’Union européenne. L’arrestation de Jean-Claude Mas est annoncée dans quelques journaux. Le FINANCIAL TIMES et l’INDEPENDENT évoquent la succession décidée à la tête d’EADS.
Royaume-Uni/Europe
FT Chris Giles, George Parker : Cameron attaque la zone euro
David Cameron a attisé les tensions avec Paris et Berlin en déclarant hier à Davos que le concept économique de la zone euro avait de sérieux défauts et en qualifiant de « folie » les projets d’une taxe européenne sur les transactions financières. Le Premier ministre britannique a critiqué, quoiqu’indirectement, l’Allemagne en affirmant que certains pays doivent réduire leurs excédents commerciaux pour corriger les déséquilibres dans la zone euro. Il a également demandé à Berlin d’apporter davantage de ressources et de garanties pour aider à résoudre la crise de la zone euro. Les commentaires de M. Cameron à Davos risquent d’être perçus comme malheureux de la part d’un Premier ministre qui a admis lui-même être bien content de se retrouver « hors de la pièce » lors des discussions concernant la monnaie unique. M. Cameron va participer lundi à Bruxelles à un Conseil européen, sa première rencontre avec plusieurs de ses partenaires depuis son veto du 9 décembre sur le traité destiné à renforcer la discipline budgétaire dans la zone euro. Jusqu’à 26 Etats membres ont été contraints de créer un traité séparé pour contourner l’obstacle britannique, et les commentaires de M. Cameron ne vont pas apaiser les tensions. Selon ce dernier, le Royaume-Uni est le modèle d’une union monétaire réussie – entre l’Angleterre et l’Ecosse – car il dispose d’une banque centrale pour soutenir la monnaie et le système financier, de la souplesse pour absorber les chocs économiques et un système de transferts et de traitement de la dette collectif. Or, selon M. Cameron, la zone euro « n’a rien de tout cela ». Le Premier ministre a vivement critiqué le projet de taxe sur les transactions financières, qui est un des éléments importants de la campagne de M. Sarkozy pour les présidentielles. Son discours reflétait aussi la profonde frustration des Britanniques à propos du leadership allemand dans la zone euro. Il a appelé à un pare-feu plus efficace pour empêcher la contagion de la dette… mais ce qui déplaira le plus à Berlin c’est son appel à une réduction de l’excédent commercial allemand. « Oui, la discipline budgétaire est essentielle, mais il s’agit d’un problème des déficits commerciaux, pas seulement de déficits budgétaires », a déclaré M. Cameron, en se référant à Mario Monti.
France/Royaume-Uni
Times Charles Bremner, David Robertson : La City se retrouve dans la ligne de tir des élections françaises David Cameron et Boris Johnson se sont retrouvés pris dans une nouvelle querelle franco-britannique alors que le favori à la succession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République a menacé d’abandonner le plan de sauvetage économique de l’Union européenne et de porter atteinte à la City. Dans son manifeste, François Hollande déclare en effet la guerre aux services financiers et s’engage à déchirer le pacte budgétaire qui devrait être approuvé lundi. Le Premier ministre britannique et le maire de Londres ainsi que de nombreux chefs d’entreprises ont été pris de court par les propositions du dirigeant socialiste français.En tête dans les sondages, M. Hollande prend nettement pour cible l’industrie de la finance. « Sans vouloir nous mêler de la politique nationale française, nous voulons empêcher les Français de commettre une erreur qui porterait atteinte à l’économie britannique », a déclaré M. Johnson, tandis que David Cameron de son côté qualifiait de « folie » le projet d’une taxe sur les transactions financières. Des experts de la City doutent que M. Hollande puisse joindre l’acte à la parole, mais le retour d’un gouvernement de centre-gauche en France changerait l’équilibre dans l’Union européenne aujourd’hui dominée par des gouvernements de centre-droit. A Londres, on s’inquiète aussi pour l’avenir de la coopération en matière de défense : le veto de Bruxelles et les tensions franco-britanniques qui ont suivi, puis l’intensification de la campagne électorale, pourraient conduire à un nouveau report du sommet prévu le mois prochain. Le Royaume-Uni n’est pas le seul pays à craindre l’arrivée de M. Hollande au pouvoir : s’il remporte les élections, il s’est engagé à s’opposer au programme d’austérité de l’Allemagne qui y voit pourtant l’antidote de la crise de la dette et du malaise de l’euro.
Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : 200.000), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)
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