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Vendredi 25 juillet - RU/Liberté de la presse, Sarkozy

Le droit de savoir, Editorial, The Sun

Hier était un jour sombre pour les libertés britanniques. Le juge Eady a estimé que les révélations du journal News of the World sur ses pratiques sexuelles étaient une intrusion dans la vie privée de Max Mosley. Ce jugement est un autre pas vers la création en Grande-Bretagne, d’une dangereuse loi sur la vie privée, sur le modèle européen. Pourquoi dangereuse ? Parce qu’une telle loi permettra aux personnes influentes de cacher leurs activités criminelles ou immorales au public. La véritable question est : Des juges non élus devraient-ils être capables d’imposer une loi sur la vie privée quand nos hommes politiques, élus eux, ont dit qu’ils n’en voulaient pas ? Alors que les MPs ne réagissent pas, des juges comme M. Eady se servent des lois européennes pour détruire la liberté de la presse britannique. Le résultat sera une société moins honnête. Le Sun n’a pas l’intention de l’accepter. Ce qui compte c’est votre droit de savoir.

La loi du silence, Editorial, The Guardian

Le droit à la vie privée a été établi dans la Convention européenne de 1950 comme une arme contre les gouvernements totalitaires. Aujourd’hui incorporé dans la loi britannique, c’est devenu une arme potentiellement dangereuse. De nombreux journalistes attendaient donc avec anxiété le jugement de l’affaire Max Mosley. La presse britannique serait aujourd’hui un peu moins libre car les journaux ne révèleraient plus que les scandales dont ils seraient certains que la révélation serve l’intérêt public. Ce jugement marque-t-il pour autant la fin du journalisme d’investigation ? Pas vraiment, car ce verdict n’empêche en rien les journalistes d’enquêter sur les histoires de corruption et autres scandales politiques ou financiers. Il est même difficile de penser qu’un tribunal condamnerait un journal révélant l’hypocrisie morale d’un politicien ou d’un évêque. Il serait utile que le Parlement se penche sur la question.

Les avancées de Sarkozy, Editorial, The Economist

Depuis son élection, Nicolas Sarkozy est hyperactif. Pour certains commentateurs, il parle plus qu’il n’agit. Lors de l’anniversaire de son élection, l’Economist exprimait même sa déception. Mais récemment, Sarkozy a réussi à faire passer une série de réformes, sans pour autant soulever de manifestations massives dans les rues du pays. A son arrivée au pouvoir, il était trop disposé au compromis, ayant à gérer la forte chute de sa côte de popularité et la situation économique difficile. Ces deux éléments ne se sont pas améliorés, mais Sarkozy réussit à faire passer ses réformes grâce à trois facteurs distincts. D’abord, le président et ses conseillers ont enfin compris qu’il n’y a pas d’alternative, que le changement radical promis aux électeurs doit être accompli s’il veut rester crédible. Deuxièmement, l’opposition est faible. Enfin, les syndicats ont été domptés. Les avancées de Sarkozy sont bonnes pour la France comme pour l’Europe. Le ralentissement économique pourrait freiner Sarkozy, mais il semble avoir compris que cela ne fait que rendre plus urgent le changement. Dorénavant, le danger n’est pas qu’il abandonne ses réformes, mais qu’il se laisse aller à ses tendances populistes. En effet, il existe deux Sarkozy. Le premier veut libéraliser l’économie de la France, et que les Français travaillent plus dur. Le second a un rapport nationaliste à l’économie, ainsi que le prouvent les tensions récentes avec la BCE ou sur la PAC. L’Europe a besoin du premier Sarkozy, pour donner un exemple positif en Europe.

La France à la tête qui tourne, Editorial, Financial Times

Nicolas Sarkozy traverse actuellement une période faste ou tout du moins très chargée. Après le succès du Sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée, Sarkozy s’est rendu en Irlande ce lundi pour tenter d’apaiser les tensions suite au rejet du traité de Lisbonne. Dans le même temps le Parlement français votait à une voix l’adoption d’une série de réformes constitutionnelles. Le Sénat amendait également mercredi la loi sur la modernisation de l’économie (LME) qui enterre quasiment les 35h. Hier enfin, le gouvernement présentait les détails du plan de rigueur de l’armée française comportant notamment la fermeture de nombreuses bases. La réforme constitutionnelle accroît le rôle du Parlement, mais reste limitée. De la même façon la LME va créer une concurrence plus forte dans le secteur de la grande distribution mais cela reste insuffisant pour remettre réellement l’économie française en marche. Les ambitions de Nicolas Sarkozy sont hautes et son activité frénétique, mais son bilan reste encore mitigé.