A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
21 avril 2006
- Royaume-Uni / Elections locales : « Le British National Party gagne du terrain », sondage YouGov pour le DAILY TELEGRAPH
Selon l’institut de sondage YouGov, le BNP, l’équivalent du Front National, devrait faire une nette progression lors des élections locales du 4 mai : 7% des électeurs se déclarent prêts à soutenir ce parti et 24% ont envisagé par le passé ou envisagent maintenant de le faire. A leurs yeux, « le Royaume-Uni semble presque devenu un pays étranger ». Ce sondage semble confirmer les craintes exprimées récemment par Margaret Hodge, Ministre du Travail, de voir les classes ouvrières blanches, qui se sentent abandonnées par le gouvernement et se plaignent de l’immigration, se tourner vers le BNP. Toutefois, selon le DT, il semble que les électeurs conservateurs soient plus susceptibles que les travaillistes de le faire. La « lune de miel » de David Cameron est en effet terminée.
- Royaume-Uni / Elections : « Le fascisme menace le nouveau Labour », Dominic Lawson, INDEPENDENT
Les craintes exprimées par Margaret Hodge (8 sur 10 familles dans sa circonscription se sont déclarées tentées par le BNP) ont surpris et horrifié beaucoup de monde. La menace existe dans certaines localités, mais pas au niveau national. Toutefois, une chose est certaine : si le BNP est une menace, il l’est surtout pour le Labour. Le programme du Front National, si on le lit attentivement, rappelle le vieux Labour (nationalisation des chemins de fer, rejet de la mondialisation). Il est vrai que le vieux Labour n’était pas ouvertement raciste, mais un Premier Ministre comme Jim Callaghan a refusé d’accueillir à la fin des années 60 de nombreux asiatiques en provenance du Kenya, lesquels se sont retrouvés sans nationalité. Le Labour ne peut nier que le fascisme n’est rien d’autre qu’un mélange toxique de socialisme et de nationalisme. Benito Mussolini en a été un exemple, Adolf Hitler aussi. Le National Socialisme n’était pas seulement une étiquette : c’était une description.
- Environnement : « Enfin le débat prend corps », éditorial, GUARDIAN
L’étiquette « verte » devient un instrument irrésistible pour les hommes politiques, comme le montre la campagne lancée aussi bien par David Cameron que Gordon Brown. Les défenseurs de l’environnement semblent prêts à se laisser convaincre par l’engagement du dirigeant conservateur qui serait même disposé à envisager un impôt sur la production de carbone : une façon pour lui de repousser l’attaque du Labour qui lui reproche de ne pas vouloir faire du tort aux grosses entreprises. M. Cameron ne pourra toutefois confirmer le sérieux de ses intentions que s’il accepte le rôle que doit jouer l’Union Européenne dans la mise en application des accords internationaux. Gordon Brown a déjà un bilan à présenter dans ce domaine et, avec raison, il se tourne de nouveau vers les accords internationaux. On ne peut que se féliciter de cette progression du débat sur l’environnement.
- Union Européenne : « Les Européens devraient accepter de vivre plus dangereusement », Charlemagne, THE ECONOMIST
Que ce soit lors des élections en Italie et en Allemagne, lors des protestations en France contre le CPE ou avec le rejet de la constitution, l’Europe a montré une constante : son désir de limiter le changement, en fait son aversion pour le risque. Les Européens ont certes toujours eu une attitude moins audacieuse que les Américains, mais cette approche s’est accentuée dernièrement. On en trouve l’explication dans l’incertitude économique, la concurrence, la mondialisation, la peur de perdre son emploi. Les conséquences pourraient être désastreuses : le risque ne disparaît pas parce que l’on y est opposé. Si l’on cherche à se rendre moins vulnérable à de petits risques, on finit par l’être davantage aux gros risques. On peut prendre des mesures pour la protection de l’emploi pour certains, mais on laisse le pays dans son ensemble plus vulnérable à d’autres risques plus dangereux : moins de nouveaux emplois, création d’une classe défavorisée qui n’a jamais eu accès au marché du travail, et se faire dépasser par ceux qui sont prêts à prendre davantage de risques.