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Vendredi 20 juin - Traité de Lisbonne, Zimbabwe

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (20 JUIN).

- Traité de Lisbonne : Il ne reste plus qu’à l’enterrer, éditorial, THE ECONOMIST

Une fois de plus, les électeurs ont mis à mort un traité européen, et les dirigeants de l’Union ont réagi de la mauvaise façon. Le non de Dublin représente certes un revers, mais il n’entraîne pas de crise : quelques jours après le vote, la machinerie de Bruxelles continuait de fonctionner normalement. Il n’est pas juste non plus de dire que c’est un problème pour l’Irlande seule : 11 pays avaient promis des référendums sur la constitution et dix d’entre eux ont eu la malhonnêteté de prétendre que Lisbonne était un document différent. Le Traité de Lisbonne n’est pas un texte merveilleux, mais il comporte quelques éléments positifs : il aurait facilité le processus de décision en matière de politique étrangère et mieux réparti les voix. Mais ce ne sont pas des changements spectaculaires, et peu d’Etats européens s’en montraient enthousiastes. Après le non des Irlandais, il faut enterrer le Traité et aller de l’avant : se concentrer sur les questions importantes de l’énergie, du réchauffement climatique, de l’immigration, des relations avec la Russie et de l’élargissement. Plusieurs dirigeants voudront évidemment ne pas tenir compte de la décision de l’Irlande. Certains voudront même forger un petit groupe en vue de mettre sur pied des Etats-Unis d’Europe, mais en dehors de la Belgique et du Luxembourg il n’y a guère d’amateurs pour une Europe fédérale. L’Irlande est un petit pays, mais l’Union est une organisation intergouvernementale qui ne peut agir que par consensus. Elle doit respecter le verdict d’1 million de ses citoyens.

- Traité de Lisbonne : L’Europe ne doit pas abandonner ses objectifs, éditorial, GUARDIAN

Les dirigeants européens, réunis aujourd’hui à Bruxelles, doivent pour le moins décider d’aller de l’avant, même sans le Traité de Lisbonne. Cela ne signifie pas abandonner les éléments positifs de ce document, qui sont de faciliter le processus de décision. Mais cela pourrait vouloir dire utiliser des instruments différents pour aboutir à des résultats similaires, sinon identiques. L’Union est confrontée à de nombreux défis en matière de politique étrangère (Russie, Energie, Chine, Proche-Orient). Elle a besoin pour cela non pas seulement de coopération entre Etats mais d’institutions multilatérales fortes. Au cours des 7 dernières années, l’Europe a protesté à juste titre contre l’unilatéralisme des Américains. Quelle chance l’Union aurait-elle de créer un ordre mondial solide si elle ne se présente que comme une vague alliance de partenaires commerciaux ? Si la réforme par un grand Traité est impossible, elle doit être réalisée par d’autres moyens : constitution de petits groupes de pays ou traités sur des questions uniques. Même si elle doit repenser ses moyens, l’Europe ne doit pas perdre de vue ses objectifs.

- Zimbabwe : La communauté internationale doit envisager une action, éditorial, TIMES

La campagne de terreur menée par le président Mugabe dans le but d’intimider ses adversaires prend des proportions alarmantes. La violence atteint des niveaux comparables à ce qu’ont vécu le Sierra Leone et le Rwanda. Les plus proches voisins du Zimbabwe, qui ont pendant longtemps fermé les yeux sur le régime, commencent à admettre qu’une élection équitable semble impossible. Il est temps que la communauté internationale fasse savoir à M. Mugabe qu’elle rassemble des preuves qui pourront être utilisées contre lui. Elle avait tardé à intervenir au Rwanda, au Liberia et au Sierra Leone, mais elle ne recommencera probablement pas cette fois-ci. Les atrocités commises aujourd’hui devraient suffire pour amener les Nations Unis à se demander si M. Mugabe ne commet pas les mêmes crimes contre l’humanité que ceux qui ont amené une action internationale contre certaines dictatures. Si les voisins du Zimbabwe sont trop pusillanimes, la communauté internationale doit agir avant que cette élection honteuse ne fasse davantage de victimes innocentes.

Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Guardian (Diffusion : 378 501) centre gauche, libéral, pro-européen The Economist (Diffusion : 1.210.000), libéral

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028