A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA RPESSE BRITANNIQUE (20 JANVIER 2012)
SYNTHESE
L’actualité est encore dominée par la politique intérieure, notamment le scandale des écoutes téléphoniques (UNES des principaux journaux), avec la confirmation des agissements frauduleux de News International et l’annonce d’un accord d’indemnisation de 37 victimes. Le discours de David Cameron sur le capitalisme « responsable » ne suscite guère d’enthousiasme. Les journaux lui reprochent de manquer d’idées nouvelles, et l’éditorialiste du GUARDIAN estime que la seule chose qui compte, c’est de « stimuler l’économie », non de dénoncer la cupidité des PDG. Le discours est d’ailleurs éclipsé par la question du versement des bonus et la déchéance de Sir Fred Goodwin (ancien directeur de RBS) qui devrait perdre sa dignité de chevalier. Le TIMES revient dans un éditorial sur les Malouines, rappelant que leur statut reflète la volonté de ses habitants et qu’aucun changement ne doit y être apporté sans leur consentement.
Sur l’Europe, outre une analyse de Philip Stephens, qui remet en cause dans le FINANCIAL TIMES la crédibilité des agences de notation, et un commentaire de THE ECONOMIST qui revient sur la solitude de l’Allemagne, seule à détenir son triple A, le FINANCIAL TIMES consacre un éditorial au FMI défendant le renforcement du fonds (sans lien avec la nécessité d’aider la zone euro qui doit trouver elle-même la solution). Le GUARDIAN et quelques autres articles relèvent le bon déroulement de la vente d’obligations françaises et espagnoles. Le DAILY TELEPGRAPH publie de son côté une tribune de Michel Barnier qui répond aux critiques britanniques sur les exigences en matière de compétence linguistique pour les médecins et infirmières étrangers travaillant au Royaume-Uni : ce n’est pas à l’Europe d’exiger un niveau minimal d’anglais, mais au NHS de vérifier que ces personnes peuvent correctement exercer leur métier.
En international, c’est l’Iran qui domine une nouvelle fois : articles sur l’état des négociations sur les sanctions européennes et, dans le FINANCIAL TIMES, sur les positions américaine et israélienne à l’occasion de la visite du général Dempsey en Israël.
Sur la France, le DAILY TELEGRAPH reprend les révélations de la presse française concernant la DCRI. Le FINANCIAL TIMES revient sur les circonstances ayant conduit à l’achat d’Uramin par Areva.
FMI
FT Editorial : Il faut répondre à l’appel du FMI
La crise de la dette dans la zone euro représente aujourd’hui la plus grande menace à la stabilité financière mondiale. L’Europe peut et doit contenir cette menace elle-même, pour son bien et pour celui de l’économie mondiale. Mais ce n’est pas une raison pour rejeter la demande du FMI d’un accroissement de ses ressources. La stabilité financière est un bien public et le fonds monétaire internationale doit être équipé de manière à pouvoir sauvegarder ce bien, sans que ses Etats membres abdiquent pour autant leurs responsabilités. La puissance de feu du FMI est insuffisante pour le moment. Cela ne devrait pas être difficile en principe pour les Etats membres d’augmenter leur contribution. Le grand obstacle est en fait politique. Bien des pays craignent que le FMI serve seulement la zone euro. Leur frustration est compréhensible compte tenu des hésitations de l’union monétaire. Toutefois si la crise de la zone euro s’aggrave, cela ne servira à rien de critiquer l’ineptie des Européens. Un FMI fort est dans l’intérêt de tous, d’autant que des remous financiers sont possibles aussi en Chine, en Asie et en Amérique latine. La nécessité d’un accroissement des ressources du FMI ne doit pas être présentée comme visant essentiellement à stabiliser les marchés européens. Au contraire, le FMI doit conserver jalousement sa liberté d’action. Il n’y a rien à attendre des Etats-Unis qui abandonnent peu à peu leur leadership mondial. Le Royaume-Uni est tenté de faire passer la politique nationale avant les besoins de la communauté internationale mais, dans la situation actuelle, on attend mieux de lui : l’appel du FMI doit être entendu par tous.
France/Allemagne
THE ECONOMIST Charlemagne : Et il n’en reste plus qu’un
Les agences de notation sont aujourd’hui la bête noire de bien des hommes politiques européens. Il est vrai qu’elles ne sont pas toujours des arbitres irréprochables, mais elles peuvent cependant exprimer des vérités peu agréables. En abaissant la note de la France et en maintenant le triple A de l’Allemagne, Standard ans Poor’s a changé l’équilibre en Europe. La France a perdu sa parité symbolique avec l’Allemagne. En esprit, du moins, elle quitte le directorat des Etats du nord solvables et vertueux. Désormais, la notion même de « Merkozy » sonne creux. Comme le dit Thierry Breton, « Berlin est tout seul dans le cockpit ». Ce n’est sûrement pas une coïncidence si Mme Merkel élargit son cercle d’amis et invite à dîner d’autres dirigeants européens. C’est un vieux principe de la politique européenne que le partenariat franco-allemand est nécessaire pour masquer la force allemande et la faiblesse française. Mais les changements vont être minimes. L’Allemagne n’abandonnera pas la France. En fait, elle domine par défaut, non par choix. Les Allemands savent ce qu’ils ne veulent pas : pas d’union de transfert, pas d’euro-obligations et pas de transformation de la BCE en prêteur de dernier recours. Ils accordent aussi une importance excessive à la réduction des déficits, ce qui risque d’entrainer l’Europe vers la récession. Pire encore, ils font un mauvais diagnostic de la crise qu’ils attribuent davantage à un manque de discipline budgétaire plutôt qu’aux défauts de l’euro lui-même. Malheureusement le nouvel équilibre en Europe va rendre plus dangereuse la route sur laquelle l’Allemagne s’est engagée. S’il se montre parfois protectionniste et abrasif, M. Sarkozy a raison sur bien des points, notamment sur le rôle de la BCE. Il aura cependant du mal à se faire entendre même s’il est réélu en mai. Et même si l’agence Standard ans Poor’s a critiqué l’accent mis sur l’austérité, elle a en confirmant le triple A de l’Allemagne approuvé la politique de Mme Merkel. La chancelière allemande a souvent consenti des ajustements au cours des deux dernières années. Mais sa tendance à ne changer qu’à la dernière minute pourrait être catastrophique pour tous.
Zone euro/Agences de notation
FT Philip Stephens : Il faut abaisser la note des agences de notation
Pourquoi ne ferions-nous pas porter le blâme aux agences de notation ? Celles-ci font de nouveau les grands titres de la presse après la décision de Standard and Poor’s d’abaisser la note de plusieurs pays de la zone euro. Les analystes de S and P affirment aujourd’hui que la discipline budgétaire ne suffira pas pour restaurer les finances publiques des pays de la zone euro. Il faut aussi la croissance. Ce sont, rappelons-le, les agences de notation qui avaient été les premières à demander aux dirigeants politiques de renforcer leur politique d’austérité au risque de perdre leur note. Standard ans Poor’s fait également une autre révélation en soulevant le problème de la gouvernance de l’Europe. Comme si personne ne l’avait deviné alors qu’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et leurs partenaires européens enchaînent sommet sur sommet depuis deux ans. Je ne partage pas la paranoïa de M. Sarkozy sur les conspirations anglo-saxonnes, et les ministres français se font du tort en laissant entendre qu’ils seraient ravis de voir le Royaume-Uni perdre sa note. Non, le problème est de savoir si on peut encore prendre les agences de notation au sérieux. M. Sarkozy est l’auteur de ses difficultés parce qu’il a traité le triple A comme un emblème de virilité nationale et conféré à Standard and Poor’s une autorité disproportionnée. Bien sûr personne ne peut affirmer que la zone euro a trouvé la solution à la crise de la dette, mais on se rapproche d’un « compact budgétaire » entre les 17 pays de la zone euro. La semaine prochaine, le Conseil européen devrait se mettre d’accord sur un nouveau traité. L’application d’une plus grande rigueur budgétaire dans la zone euro affaiblit les critiques de ceux qui reprochent à l’Allemagne de tirer d’affaire des pays d’Europe du sud imprudents. L’Italie a désormais un gouvernement sérieux qui a beaucoup à dire en matière de politique économique. M. Monti se fait entendre à Berlin. Ce n’est peut-être pas encore le début d’un cercle vertueux, mais les gouvernements européens sont peut-être train de briser le cercle vicieux dans lequel ils étaient enfermés.
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