A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (20 AOUT)
- Royaume-Uni : Prisonniers de la sphère anglophone nous avons perdu de vue nos voisins, Martin Kettle, GUARDIAN
Il est difficile de se souvenir d’une époque où les Britanniques ont été moins informés ou moins impliqués dans ce qui se passe en Europe, pourtant notre plus grand marché à l’exportation et une de nos destinations de vacances. Certes si l’Union européenne était plus dynamique et plus efficace, la lassitude ne serait peut-être pas aussi sensible. Mais notre désengagement n’est pas politique, il est culturel. L’internet qui aurait dû normalement faciliter le pluralisme et l’apprentissage des autres langues européennes a eu l’effet inverse. Le pouvoir de l’anglais ne nous y encourage pas. Au 20e siècle, l’Europe politique, culturelle et intellectuelle était une réalité, parfois une menace, souvent une opportunité et toujours une présence. Ce n’est plus le cas. Nous sommes davantage informés aujourd’hui de ce qui se passe en Alaska qu’aux Pays-Bas. La couverture des élections australiennes est plus détaillée que jamais, non pas à cause de leur importance mais parce que les habitants de ce pays parlent anglais. Les Britanniques devraient aussi s’intéresser à ce qui se passe dans le Pas de Calais ou dans les provinces allemandes. Nous nous coupons du monde, et cette tendance semble inexorable si l’on en juge par le nombre de plus en plus réduit d’étudiants qui apprennent le français, l’allemand, le russe et l’espagnol.
- Irak : Après le départ des Américains, les Irakiens doivent prendre leurs responsabilités, Roula Khalaf, FINANCIAL TIMES
La mission militaire américaine en Irak a pris fin, mais les Irakiens ont peu de raisons de s’en féliciter. Certes, la guerre civile s’est calmée ; la population a acquis des libertés démocratiques ; elle peut voter et adhérer à des partis politiques. Mais le pays va connaître encore de nombreuses années d’instabilité. Les extrémistes d’al Qaïda attendent l’occasion d’exploiter les divisions politiques, et l’incapacité des dirigeants à se mettre d’accord sur un nouveau gouvernement est le signe le plus dangereux de la faiblesse de l’Irak. La paralysie politique est symptomatique d’un dilemme plus fondamental qui amène les hommes politiques à repousser la solution des crises. Le parlement, par exemple, n’arrive toujours pas à se mettre d’accord sur une nouvelle législation pour la répartition des revenus pétroliers. Pour les Irakiens moyens, l’impasse politique ne fait qu’éroder la confiance dans les institutions de l’Etat accusées de corruption et de favoritisme. Plus les dirigeants politiques se querelleront sur le choix du prochain Premier ministre, plus l’Irak se fragilisera et plus il sera difficile à gouverner. Les Etats-Unis peuvent continuer à leur offrir une forme de soutien, mais il revient aux Irakiens de faire en sorte que l’avenir de leur pays après le retrait américain soit plus prospère que le passé.
FRANCE
- L’expulsion des Roms :
La plupart des journaux évoquent, à l’instar du DAILY TELEGRAPH, le renvoi des 93 premiers Roms à destination de Bucarest. Le TIMES relève pour sa part que le président de la République a appelé ses ministres à adoucir leur discours pour éviter les accusations de xénophobie. Sous le titre « Personne ne veut de nous, que ce soit en Roumaine ou en France », le GUARDIAN consacre toute une page à « un groupe marginalisé et effrayé par le programme d’expulsion de M. Sarkozy ».
Un éditorial de l’INDEPENDENT dénonce la montée de la xénophobie dans le monde : d’aucuns détectent un vilain motif dans la politique de M. Sarkozy. Le président de la République chercherait à détourner l’attention des accusations de corruption portées contre son gouvernement. « Si c’est vrai, ce ne serait rien de nouveau. Les immigrés servent souvent de boucs émissaires surtout en période de difficultés économiques ». Le journal souligne que la France n’est pas seule en cause : l’Italie pratique ce genre de politique depuis plusieurs années. Il n’en reste pas moins que cette démarche est toujours teintée d’hypocrisie. « Les dirigeants démocratiques devraient être prêts à s’opposer aux impulsions xénophobes et à expliquer à leurs électeurs que les immigrés, avec leurs qualifications et leur main d’œuvre, sont un élément essentiel pour aider nos économies à retrouver la santé ».
Financial Times (Diffusion : 390.203), libéral, pro-européen Independent (Diffusion : 183.54), centre gauche, libéral, écologiste, pro-européen Guardian (Diffusion : 284.514), centre-gauche, libéral, pro-européen
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028