L’affaire Miliband a renforcé la pression qui pèse sur Gordon Brown pour qu’il ravive le Parti Travailliste face aux Conservateurs. Mais que peut-il faire avant la conférence du parti fin septembre ? Promouvoir la justice sociale, afin de rassurer l’électorat qui doit faire face à la hausse des prix des produits alimentaires, de l’énergie et à la baisse de l’immobilier. Mais les possibilités d’action concrètes sont limitées. Prenons par exemple la taxe sur les profits exceptionnels des entreprises énergétiques (windfall tax) dont le produit pourrait être utilisé pour diminuer les tarifs pour les clients modestes. Le Chancelier, qui voudrait que l’industrie réinvestisse ses profits dans le développement de nouvelles ressources, est prudent. Tout le monde le pousse dans des directions opposées : augmenter ou diminuer les taxes ? Dans quel but ? D’un côté, la gauche du parti propose cette taxe sur les profits exceptionnels ainsi qu’une augmentation de 10% des impôts sur les hauts revenus et une taxation des banques qui ont ruiné l’économie. De l’autre, hier le rapport Mirless conseille de supprimer la TVA sur les produits de base dont les pauvres ne peuvent se passer, des vêtements d’enfants à l’électricité. Enfin concernant l’immobilier le rapport Crosby rejette l’intervention de l’état comme risquée. Quoiqu’il en soit, pour convaincre les électeurs que le Gouvernement défend la justice sociale, il faudra, plus qu’un changement de personnes, de nouvelles politiques efficaces.
L’annonce d’une hausse significative des prix par British Gas cette semaine (+35% pour le gaz), corrélée à la révélation des profits importants faits par les producteurs d’énergie, a irrité la population. La solution avancée à Westminster serait que le gouvernement impose une taxation exceptionnelle des bénéfices des compagnies énergétiques (windfall tax). Gordon Brown devrait résister à la tentation de suivre cette voie. Non pas que British Gas et autres soient des modèles d’éthique économique, mais cette taxe pourrait s’avérer contre-productive pour l’intérêt national sur le long terme. Les producteurs doivent recevoir des signaux réguliers sur les taxes de la part du gouvernement s’ils veulent investir sur des projets de manière rationnelle. Si les ministres souhaitent prendre la bonne décision pour l’économie sur le long terme, ils devraient demander aux compagnies de mettre en place des compteurs intelligents (et réglementer la question des compteurs à pré-paiement qui affectent les foyers les plus modestes) qui montrent clairement à chaque foyer combien il dépense d’énergie (car nous devons faire plus pour réduire notre consommation de gaz et d’électricité). Ils devraient également continuer à travailler, à travers l’Union Européenne, à la libéralisation du marché de l’énergie.
Olmert à l’image de son modèle Tony Blair prévoit de se retirer du pouvoir avant de se faire évincer. Cette annonce n’étonne pas par son contenu mais par son timing qui met en péril le processus de paix actuellement en discussion. La récente et surprenante ouverture d’Olmert vers le Liban, la Syrie, le Hezbollah et le plateau du Golan est remise en cause par cette annonce. Tzipi Livni, la ministre des affaires étrangères et Shaul Mofaz, ministre des transports et anciennement de la défense, sont les candidats favoris pour remplacer Olmert. La première tâche du nouveau premier ministre sera de réussir à rallier une nouvelle coalition. Dans l’hypothèse de la nomination de Mofaz, le type de coalition ne devrait vraisemblablement pas trop différer de celle d’Olmert. Livni s’oppose aux groupes religieux et devrait chercher à les exclure de sa coalition si elle accède au pouvoir, ce qui amènerait sans doute des élections anticipées. Les sondages montrent cependant que les Israéliens voteraient en majorité pour Netanyahu. Ces problèmes de coalition provoquent une instabilité politique qui a des conséquences importantes sur les relations internationales du pays. La mise en place d’un dialogue relativement régulier avec les autorités palestiniennes reste précaire. La Syrie va également rechercher des compensations à un éventuel éloignement de son allié iranien. Toutes ces échéances doivent être considérées maintenant, pas repoussées dans six mois après la formation d’une coalition. D’ici là le nouveau gouvernement israélien pourrait perdre toutes les avancées faites dans ses relations internationales.