A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
19 mai 2006
- Irak / Italie : « La franchise de M. Prodi », éditorial, GUARDIAN
Que M. Prodi annonce un retrait rapide des troupes italiennes d’Irak n’a rien de surprenant, mais que le dirigeant d’un pays ayant fait partie de la coalition dirigée par les Américains affirme que la guerre et l’occupation ont été une erreur a une signification importante. Un des objectifs de M. Prodi est de réorienter l’Italie vers l’Europe après le long flirt transatlantique de M. Berlusconi. En disant ce qu’il pense sur l’Irak, notamment que la guerre a aggravé la menace terroriste, il parle au nom d’une grande partie du continent. Les arguments, défendus hier en Irak par le nouveau Ministre de la Défense britannique, Des Browne, et selon lesquels il faut finir le travail commencé, ne sont plus convaincants. Il est temps de préparer un calendrier pour la sortie.
- Mondialisation : « Les tentatives de l’Europe de se retrancher derrière un mur sont futiles », Philip Stephens, FINANCIAL TIMES
L’Europe est paralysée et semble avoir oublié les leçons du début des années 90 : la guerre en ex-Yougoslavie avait encouragé l’élargissement. Or aujourd’hui, elle se lasse et envisage avec réticence l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie. L’élargissement reste pourtant dans l’intérêt de tous, même si l’expansion du club a perturbé l’équilibre politique de la vieille Europe et rendu nécessaire le changement des institutions. En fait, bien des insécurités économiques et sociales, attribuées à l’élargissement, sont le produit de la mondialisation : les nouveaux défis viennent de la Chine et de l’Inde plutôt que de la Slovénie et la Slovaquie. Mettre fin à l’élargissement n’empêcherait pas la montée économique de l’Asie, et ne réglerait pas les problèmes de l’Afrique ou celui de la radicalisation de l’Islam. La Roumanie et la Bulgarie sont loin d’être parfaites, mais ce sont des Etats européens. Les maintenir hors du club créerait de nouvelles instabilités à la périphérie de l’Europe. La Russie, notamment, chercherait à en tirer parti. L’erreur des dirigeants européens est de croire qu’en construisant un mur sur le continent ils peuvent se protéger de la mondialisation
- UE / Royaume-Uni : « Discutons de l’avenir de l’Europe », Peter Riddell, TIMES
L’Europe n’a pas disparu, mais depuis l’accord sur le budget en décembre dernier plus aucun parti politique n’en parle. Il y aurait pourtant de nombreuses questions difficiles à aborder et, dans son premier discours à Berlin, le nouveau Ministre pour les affaires européennes, Geoff Hoon, n’a pas manqué de le reconnaître. M. Hoon a raison de protester contre la manière dont il est traité : il devrait faire partie du Cabinet. A juste titre, M. Hoon souhaite mettre l’accent sur la mondialisation, la nécessité d’une réponse coordonnée de l’Union en matière d’énergie, la conclusion du cycle de Doha et l’élargissement. Il est moins pressé sur l’organisation future de l’Europe après le rejet de la constitution par la France et les Pays Bas. La période de réflexion doit continuer. En dépit des fantasmes de certains dirigeants européens, le projet de constitution est mort. Prétendre le contraire ou suggérer qu’elle puisse être réintroduite sournoisement relève d’un alarmisme injustifié. Mais la question de la gouvernance de l’Union viendra se poser à nouveau. Certes, rien ne sera décidé avant les élections présidentielles en France. Mais c’est une erreur classique des Britanniques que de prétendre que ce que nous ne voulons pas envisager ne se produira pas. Mieux vaut commencer à réfléchir maintenant à l’avenir de l’Europe.