london_paris_panoramic Français English

» Actualités » Revues de presse » A ne pas manquer (quotidienne) » Vendredi 18 juillet - UK/criminalité, Pakistan, Afrique/petrole

Vendredi 18 juillet - UK/criminalité, Pakistan, Afrique/petrole

- Frayeur et aversion. Editorial, The Guardian

Alors que depuis plusieurs semaines les tabloïds britanniques font leur une sur les crimes à l’arme blanche au Royaume Uni (21 mineurs tués depuis le début de l’année), le gouvernement vient de révéler les derniers chiffres de la délinquance. Les chiffres montrent une baisse de 10% en 2007 du taux de criminalité, et une baisse continue depuis l’arrivée au pouvoir du parti travailliste. Cependant, 65% des personnes interrogées pensent que la criminalité a augmenté. La peur est un fléau, autant que les crimes eux-mêmes, et conduit à la mise en place de politiques inadaptées- une course à la répression inefficace. Depuis 1995, le taux de criminalité a baissé de 48%. La raison de la baisse de la criminalité au Royaume-Uni est la même que dans les autres pays d’Europe : le vieillissement et un enrichissement général de la population. Pourquoi cette panique ? Les hommes politiques peuvent être tentés de blâmer la presse pour cette vague d’anxiété. Mais ils l’exploitent aussi. Tous les partis politiques sont coupables de propositions démagogiques sur ces sujets. Une réforme envisagée est d’améliorer la communication entre les forces de l’ordre et la population dont seulement 53% pense qu’elles font du bon travail. Les gens ne se sentent pas protégés des dangers qu’ils imaginent.

- Aider le Pakistan, Editorial, The Financial Times

Les espoirs qui ont suivi les élections du 18 février, lorsque les Pakistanais ont rejeté les partis extrémistes, s’évaporent. L’émeute qui s’est produite hier n’est qu’une petite manifestation de la crise que traverse le pays et que les élus semblent ne pas vouloir ou ne pas pouvoir résoudre. A leur décharge, le contexte d’explosion des prix de la nourriture et de l’énergie ne facilite pas la tâche. Mais ce n’est pas tout, les derniers évènements dans les zones tribales du Pakistan à la frontière de l’Afghanistan font grimper les tensions avec les Etats voisins et ne peuvent que renforcer les extrémistes religieux à l’intérieur du pays. C’est ce qui préoccupe les Etats-Unis et leurs partenaires de l’OTAN. La communauté internationale peut fournir de l’aide au Pakistan. Mais la solution est vraiment nationale. Les rivalités personnelles des chefs des principaux partis ont conduit à l’absence de réponse à la crise. Le chef de l’armée n’a pas désiré intervenir. Heureusement car les gouvernements militaires n’apportent pas de vraies solutions. Mais à moins de conjuguer leurs forces, les chefs de partis élus pourraient se retrouver eux-mêmes victimes de la crise.

- L’essor pétrolier de l’Afrique renverse la balance du pouvoir, David Blair, The Daily Telegraph

Dans quelques décennies, la production de pétrole de l’Afrique pourrait supplanter celle du Moyen Orient. Les Etats Unis achètent déjà plus de pétrole à l’Angola et au Nigeria qu’à l’Arabie Saoudite. Plusieurs raisons expliquent cette évolution de la carte mondiale de la production pétrolière. L’Afrique possède la plus grande part des réserves pétrolières mondiales offshore, et celles-ci sont moins connues et exploitées qu’ailleurs. Depuis 2000, plus du tiers des découvertes de gisements concernent l’Afrique, surtout sa côte occidentale. Or, l’occident cherche à diversifier ses fournisseurs et à réduire sa dépendance au Moyen Orient. Mais l’Afrique de l’Ouest est particulièrement instable (insurgés au Nigeria, corruption du gouvernement Dos Santos en Angola). En outre, le pétrole ne fait que renforcer les inégalités en Afrique, ses revenus ne bénéficiant qu’à une élite limitée. Son exploitation fragilise donc les économies, les institutions et l’unité nationale. Finalement, peu d’africains tireront profit de cet essor pétrolier, alors que le monde deviendra dépendant d’une autre région très instable.