A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (13 AOUT)
ROYAUME-UNI
- David Cameron s’avère une force radicale, éditorial, THE ECONOMIST
De tous les dirigeants politiques élus ces dernières années, David Cameron semblait le moins révolutionnaire. Pourtant, après cent jours au pouvoir, le gouvernement de coalition se révèle une force radicale. Pour la première fois depuis Margaret Thatcher, le Royaume-Uni fait de nouveau preuve d’audace, comme en témoignent le budget présenté par George Osborne ainsi que les projets de réforme des écoles, du système de santé, de la police et de l’Etat-providence. Pourquoi ce soudain changement ? L’idéologie y est pour quelque chose. La centralisation excessive permet de détecter plus facilement les secteurs pouvant faire l’objet de restrictions. Mais c’est avant tout la nécessité qui amène le gouvernement à agir : les Tories ont hérité d’un tel déficit qu’ils n’ont rien à gagner à retarder la douleur. Evidemment, comme dans tous les paris, les choses pourraient mal tourner : le resserrement budgétaire peut affecter la reprise et M. Cameron risque d’avoir besoin d’un plan B moins énergique. Il n’en reste pas moins que THE ECONOMIST soutient l’approche du Premier ministre. Partout dans les pays riches, la part de l’Etat est trop importante. D’autres, comme l’Espagne et la Grèce, devront sûrement suivre l’exemple du Royaume-Uni. Cela inclut aussi Etats-Unis. Pour le moment, contrairement aux années 80, il n’y a pas d’écho reaganien de l’autre côté de l’Atlantique : les Républicains pas plus que l’équipe de M. Obama ne proposent de plan crédible à moyen terme pour rééquilibrer le budget américain. Pourtant, comme en Europe, il faudra bien que quelqu’un en présente un assez vite, et le Royaume-Uni, pour le meilleur ou pour le pire, leur donnera vraisemblablement des idées.
IRAK
- La construction est à moitié faite et il lui manque le toit, éditorial, GUARDIAN
Dix jours après l’annonce par M. Obama de la fin de la mission de combat en Irak, le chef des forces armées irakiennes assure que ces dernières ne seront pas capables de garantir la sécurité du pays avant dix ans. Pour le président américain, les signes ne sont pas encourageants, et le départ d’Irak s’avère plus compliqué que ne l’a été l’invasion. Cinq mois après une élection contestée, le pays est dans une impasse politique, et Al Qaïda fait un retour en force en recrutant des sunnites. M. Obama a parlé de succès trop vite. Contrairement à ce qu’il prétend l’Irak demeure pour lui un problème majeur et il est de sa responsabilité. Quel que soit le nom qu’il donne à la mission, l’occupation n’est pas terminée. Il restera des dizaines de milliers de soldats américains en Irak dans les années à venir. Plutôt que de jouer sur les mots comme M. Bush, en rebaptisant opérations de stabilisation les opérations de combat, M. Obama ferait mieux de consacrer davantage de temps à la mise sur pied d’un gouvernement stable et démocratique à Bagdad. C’est une action diplomatique qui est nécessaire désormais. Les Etats-Unis ont déclenché une guerre civile en jouant la carte du sectarisme, mais ils se sont montrés incapables de reconstruire la nation qu’ils ont détruite. L’Irak n’est pas une démocratie, mais une coquille fine et fragile d’un Etat encore susceptible de se briser à cause de divisions sectaires.
IRAN
- Le nouvel objectif des pays occidentaux : détacher la Syrie de l’Iran, Roula Khalaf, FINANCIAL TIMES
L’Iran fait l’objet de pressions visibles (sanctions internationales) et invisibles : une campagne des pays occidentaux visant à éloigner la Syrie de son partenaire iranien. Cette démarche n’est pas nouvelle : c’est elle qui a amené les pays européens, puis l’administration américaine, à mettre fin à l’isolement de la Syrie sur la scène internationale. Désormais, elle implique aussi les Etats de la région, particulièrement l’Arabie Saoudite, et elle offre à Damas de sérieux avantages, en particulier l’occasion d’étendre son influence en Irak, alors que les troupes américaines se préparent à partir, ainsi qu’au Liban. En Irak, la Syrie et l’Iran ont eu le même objectif depuis 2003 : enliser l’armée américaine et empêcher une nouvelle invasion du genre dans la région. Aujourd’hui, l’Iran et la Syrie deviennent rivaux, tandis que Damas et Riyad ont trouvé une cause commune : leur haine de Nouri al-Maliki. Au Liban, le jeu diplomatique est plus complexe : il implique de restaurer l’influence de la Syrie pour lui permettre d’avoir davantage d’autorité sur le Hezbollah et d’affaiblir l’emprise de l’Iran sur le mouvement. Il n’est cependant pas impossible que la Syrie et l’Iran résolvent leurs divergences sur l’Irak en acceptant un compromis pour le poste de Premier ministre. Au Liban, il peut être utile de donner de l’influence à la Syrie sur le Hezbollah à court terme. Mais il serait stupide de penser que Damas veut affaiblir ce mouvement. Seul l’Iran a les moyens financiers et militaires de soutenir le Hezbollah. Que ce soit en Irak ou au Liban, la campagne visant à faire jouer un plus grand rôle à la Syrie a des avantages immédiats pour Damas. Il est moins certain cependant qu’elle apporte des bénéfices durables à l’Arabie saoudite et à ses alliés occidentaux.
Financial Times (Diffusion : 390.203), libéral, pro-européen Guardian (Diffusion : 284.514), centre-gauche, libéral, pro-européen The Economist (Diffusion : 200.000), libéral
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028