A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
12 mai 2006
- Royaume-Uni : « Le spectre de Thatcher vient hanter le Labour », Philip Stephens, FINANCIAL TIMES
L’histoire se répète rarement, mais on en retrouve parfois des échos. La situation à laquelle se trouve confronté Tony Blair (un gouvernement dans son troisième mandat, une rébellion contre le Premier Ministre et un parti au pouvoir qui semble opter pour l’autodestruction) fait inévitablement penser à la chute de Margaret Thatcher. Gordon Brown a rallié les mécontents à sa cause, ceux qui se sont opposés à la guerre en Irak, ceux qui se lassent du zèle réformateur de M. Blair et de son goût pour le choix, la concurrence, ainsi que tous ceux qui ont perdu leurs postes au gouvernement. Comme Mme Thatcher, Tony Blair est un outsider dans son parti. La décision de M. Brown d’orchestrer le mouvement appelant au départ du Premier Ministre a précipité les choses. Mais le Chancelier de l’Echiquier semble ne pas avoir saisi la réalité politique : le nouveau Labour qui était à la fois son œuvre et celle de M. Blair est en train de s’effondrer. David Cameron, lors des élections locales, a regagné le terrain conquis par les travaillistes dans les années 90. Le gouvernement est en train de perdre « l’Angleterre moyenne », le fief de M. Blair. Renverser le Premier Ministre signifierait un virage à gauche pour le Labour. Les conservateurs avaient fait la même erreur en s’éloignant du centre. Il leur aura fallu neuf ans pour la corriger. Le Chancelier de l’Echiquier devient la victime de son impatiente ambition. Nous sommes en train d’assister au commencement de la fin du nouveau Labour.
- Attentats du 7 juillet : « Il faut admettre les erreurs commises », éditorial,GUARDIAN
Les deux rapports qui viennent d’être publiés sur les attentats de l’été dernier à Londres sont consciencieux et d’une grande importance. Il ne faut pas s’en tenir là, mais en tirer les leçons et chercher à améliorer la sécurité du public. Des erreurs ont été commises : on n’a pas su reconnaître la radicalisation qui s’est produite dans une partie de la communauté musulmane britannique, notamment à la suite de la guerre en Irak. Une telle négligence n’est pas excusable. Nous devons aujourd’hui reconnaître l’ampleur du problème et accepter la nécessité de rendre des comptes. Il n’est pas tant nécessaire de faire une enquête publique que de réviser la manière de procéder du gouvernement et des divers services. Il faut à cet effet renforcer le rôle du parlement, en particulier celui de l’Intelligence and Security Committee des Communes qui devrait avoir de réels pouvoirs. Cela ne résoudrait pas tous les problèmes, mais ce serait un bon début.
- Attentats du 7 juillet : « Il faut trouver le juste équilibre entre sécurité et Droits de l’Homme », Peter Riddell, TIMES
L’aspect le plus effrayant qui ressort des deux rapports est qu’il est difficile d’identifier des terroristes potentiels. Il ne s’agit pas tant de savoir si les attentats de l’année dernière auraient pu être évité, mais si l’on peut empêcher de futures attaques. Une enquête publique n’apporterait guère de solution. Les services de renseignement ont trop tardé à reconnaître le danger des extrémistes du Royaume-Uni, mais la question de l’identification est complexe : jusqu’où sommes nous prêts à aller en matière de contrôles et de surveillance électronique ? L’efficacité de certaines des techniques suscite déjà des critiques pour leur invasion de la vie privée. Il faut trouver un équilibre et la transparence est essentielle. Aucune garantie absolue n’est possible concernant le terrorisme mais, pour être rassuré, le public a besoin d’un débat franc sur les risques.
- Union Européenne : « Il faut faire une pause dans l’élargissement », éditorial, TIMES
Si l’on n’y prend pas garde, la Bulgarie sera le prochain Etat membre de l’Union d’ici janvier prochain. Si l’on s’en tient au calendrier actuel et à la date de 2007, l’entrée de ce pays dans le plus grand bloc commercial du monde reviendrait à récompenser des gangs de criminels. Le Commissaire à l’élargissement doit chercher à repousser l’adhésion de ce pays, et si possible celle de la Roumanie, d’un an quoique que le cas de cette dernière soit différent. Ce journal est en faveur de l’élargissement. A long terme, l’entrée de la Bulgarie sera bénéfique à sa population et à l’Union toute entière, ne serait-ce que parce qu’elle rendra plus facile l’adhésion de la Turquie ce qui démontrerait une fois de plus que le projet économique européen est expansif, et non un club élitiste et tourné vers lui-même. Mais la Bulgarie doit se réformer, supprimer son gangstérisme et montrer qu’elle peut utiliser honnêtement les fonds qui lui sont alloués. Si ces conditions détournent les Bulgares de l’Europe, tant pis. Pour réussir, l’élargissement nécessite de l’enthousiasme et la correction de ses fautes.