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Vendredi 11 juillet - Iran, Union pour la Méditerranée

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (11 juillet).

- Iran : Une provocation délibérée et dangereuse, éditorial, TIMES

Avec les derniers tirs de missiles, M. Ahmadinejad fait de la provocation, et ses raisons sont transparentes : le président iranien est isolé et impopulaire. L’économie de son pays est en plein chaos, le chômage est élevé, surtout chez les jeunes et, malgré les richesses en pétrole, il faut rationner l’essence. Comme beaucoup de dirigeants impopulaires avant lui, il cherche à détourner l’attention en provoquant une crise internationale et en alimentant le nationalisme. Le refus des pays occidentaux à prendre ses menaces au sérieux doit être particulièrement exaspérant. Cette attitude est d’autant plus efficace qu’elle est accompagnée de pressions économiques : après le gel des comptes bancaires annoncé le mois dernier par le Royaume-Uni, la compagnie française Total vient de geler ses projets d’investissements gaziers. Cette initiative représente un sérieux revers pour les ambitions iraniennes et donne du poids aux sanctions de l’ONU. Il ne s’agit pas de prendre à la légère les menaces de l’Iran. Les discours risquent toujours de devenir réalité, et Israël a raison d’y être particulièrement sensible. Mais la meilleure réponse pour les pays occidentaux consiste à se montrer fermes tout en insistant sur la poursuite des négociations.

PFUE

- Union pour la Méditerranée : Le début d’une entreprise excitante, éditorial, THE ECONOMIST

Le projet d’une Union pour la Méditerranée est une excellente idée et le sommet de ce week-end à Paris constitue un grand pas en avant. Il se passe des choses extrêmement intéressantes dans cette région du sud-méditerranéen, alors que la mondialisation prend racine. Pour le succès de l’opération, des conditions s’imposent. Tout d’abord, la question est de savoir si M. Sarkozy entend faire de ce « club Med » une union prospère, qui ne serve pas seulement les intérêts de la France. Il faudra pour cela en faire une zone de libre-échange et ouvrir l’Union européenne aux biens et services du Sud, y compris les produits agricoles. Il faudra aussi que l’Europe se serve de son patronage pour investir dans les infrastructures, promouvoir le commerce dans la région et faire le nettoyage dans la politique. La communauté internationale accuse parfois l’Europe de représenter le vieux continent, d’avoir dépassé la vigueur de la jeunesse et d’être condamnée au déclin. Dans le même temps, elle reproche aux économies du sud de la Méditerranée de stagner de manière chaotique. L’ancien et le jeune peuvent constituer un mélange puissant. La création de l’Union pour la Méditerranée n’est pas la renaissance de la Rome impériale, mais c’est peut-être le début d’une entreprise excitante.

- Union pour la Méditerranée : Un projet qui a ses défauts, mais qui pourrait marcher, Simon Tisdall, GUARDIAN

Le « grand projet » de M. sarkozy n’a pas manqué de susciter des critiques : ne s’agit-il pas pour la France de chercher à étendre son influence dans une région qu’elle a manipulée et exploitée depuis Napoléon ? L’Algérie est sceptique. Le dirigeant libyen boycotte le sommet. L’Allemagne et les autres Etats de l’Union ont eu leurs réserves et, malgré un projet plus modeste, estiment que la tâche sera difficile. Pourtant si cette nouvelle organisation doit être seulement réduite à un forum de discussions, ce ne sera pas une mauvaise chose. La rencontre inaugurale va fournir l’occasion aux dirigeants d’Israël et de Syrie de se rencontrer en face-à- face. Ce serait une grande première symbolique et M. Sarkozy ne manquerait pas de s’en faire gloire.

- Union pour la Méditerranée : Un projet qui nécessite l’engagement de toute l’Europe, éditorial, FINANCIAL TIMES

Le président Sarkozy mérite d’être félicité pour avoir encouragé ses partenaires à prêter attention à une partie oubliée de l’Europe. Mais si sa stratégie est bonne, il a utilisé une mauvaise tactique, en donnant l’impression que son projet est surtout destiné à servir les intérêts politiques et commerciaux de la France. Les Français souhaitent une coopération qui tourne autour de l’énergie nucléaire, du transport et de l’approvisionnement en eau, comme par hasard les points forts de la France. Mais ce qui aiderait vraiment l’Afrique du nord, ce sont des investissements dans la formation professionnelle et le libre-échange pour l’agriculture. L’Union pour la Méditerranée sera peut-être le point fort de la présidence française de l’Union. Mais ce dont cette région a besoin c’est d’un engagement durable de toute l’Europe.

Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Guardian (Diffusion : 378 501) centre gauche, libéral, pro-européen Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen The Economist (Diffusion : 1.210.000), libéral

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028