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Veille & Benchmarking

Un suivi des évolutions de l’enseignement supérieur, de l’organisation, de l’évaluation et du financement de la recherche britannique, replacés dans le contexte international, a permis au cours de ces dernières années d’esquisser les grandes lignes du paysage universitaire, de ses problématiques et des solutions adoptées, parfois non sans risques, par le gouvernement britannique ou les Vice-chanceliers des universités. Ainsi, face aux difficultés financières des universités, le Parlement a voté de justesse (5 voix) la mise en place des fees (frais de scolarité) en janvier 2005. Le montant de 3 200 livres par année d’études Undergraduate (jusqu’à la 4ème année) fait l’objet d’une vive discussion au début 2009, sans qu’il soit pour l’instant prévu de le revoir avant le printemps 2010. En dépit des prévisions pessimistes des opposants à cette mesure et de la sélection des étudiants dans les meilleures universités, le nombre d’étudiants continue d’augmenter, y compris celui d’étudiants étrangers hors Union Européenne (330 000 étudiants en 2007-2008) qui payent pourtant des frais d’inscription deux à trois fois plus élevés que les britanniques ou les ressortissants de l’Union (considérés comme home students).

En cette période de réformes en France, ce bench-marking reste stratégique. Il s’intéresse à de nombreux aspects de l’enseignement supérieur comme par exemple les financements, l’évaluation, l’internationalisation, la mobilité des étudiants, la fuite des cerveaux, la gouvernance des universités, les relations universités-entreprises, ou encore le recrutement et la formation des hauts fonctionnaires. Une question sensible reste celle des classements des universités ou World University Rankings qui sont publiés régulièrement dans la presse internationale au désarroi de plusieurs pays, dont la France. Il existe 2 grands classements internationaux, les plus importants en Europe étant celui de l’Université de Shanghai Jiao Tong en Chine et celui du THE (Times Higher Education) à Londres. Ce dernier est influent car portant sur des critères reconnus et affinés au fil des années. Pour tenter d’améliorer leur classement, les universités du monde entier cherchent à comprendre la finesse des règles de chacune de ces League Tables et s’impliquent entièrement pour jouer le jeu. Or les établissement d’enseignement supérieur français semblent aujourd’hui s’ouvrir à ce projet, notamment dans le cadre d’un projet européen de classement, tant la communauté internationale des étudiants, des employeurs et des universitaires eux-mêmes s’y réfère constamment. Dans le classement du THE 2008, l’Ecole Normale Supérieure (ENS-Ulm) est en tête des institutions françaises à la 28ème place, suivie de l’Ecole Polytechnique (34ème), de l’ENS Lyon (140ème) et de l’Université Pierre et Marie Curie Paris 6 (149ème). La donne est quelque peu différente dans le classement de Shanghai puisque Paris 6 arrive en tête des institutions françaises en 42ème position, suivie de Paris 11 (49ème), de l’ENS-Ulm (73ème) et de Paris 7 et Strasbourg au-delà de la 100ème place. Ces classements reposent sur des critères de publication, de taille d’université ou de nombre d’étudiants qui ne favorisent pas forcément les universités françaises. N’entrent pas en ligne de compte la qualité des enseignements ou l’indice de satisfaction des étudiants. Il faut ainsi souligner le grand intérêt à suivre le projet européen de classement des établissements d’enseignement supérieur.