Un projet de recherche national sur trois ans va être développé à l’Université de Portsmouth afin de comprendre l’effet des graisses et des huiles de restaurants sur les blocages des canalisations d’évacuation. Ce projet est financé par l’Engineering and Physical Science Research Council et le Water Research Centre, compagnie privée de consultation pour les industries de l’eau, des déchets et de l’environnement.
Les compagnies d’eaux dépensent plus de 25 millions de livres (environ 37 millions d’euros) par an dans le traitement des canalisations encrassées par les résidus graisseux des restaurants. Ces dépôts de graisse sur les parois réduisent les capacités d’évacuation des eaux usées, créent parfois des bouchons, et dans certains cas, provoquent un retour des eaux usées dans les toilettes des restaurants et des habitations. De plus, lors d’inondations, dans certaines zones, les eaux de surface et les eaux usées se retrouvent mélangées. Ces dépôts sont particulièrement liés aux restaurants de fast food, grands utilisateurs d’huiles diverses. Une partie de la recherche effectuée par l’Université de Portsmouth va être l’étude comparative des différentes graisses utilisées pour cuisiner et de leurs effets.
D’après le docteur John Williams du département de génie civil de l’Université de Portsmouth : « Le problème commence lorsque que la graisse chaude est versée dans l’évier, celle-ci se solidifie en refroidissant dans la tuyauterie et entartre les dispositifs de vidange. Le problème est plus important dans les endroits avec une forte concentration de restaurants. Par ailleurs, les compagnies des eaux veulent de plus en plus intervenir au plan de la prévention plutôt que dans le nettoyage de canalisations encrassées. Cependant, peu de recherches ont été faites dans ce secteur ».
Des tests vont être effectués afin de déterminer le meilleur moyen de réduire ce problème. Parmi ceux-ci, on peut citer les détergents disponibles sur le marché et des fat traps (littéralement pièges à graisse, appareil qui sépare les graisses des eaux usées avant d’entrer dans les égouts et réseaux d’évacuation). Ces recommandations seront transmises aux industries de l’eau qui décideront des meilleures méthodes.
Auteur : Mathieu Daoudi
Sources : The Engineer, press release, 09/11/05, www.theengineer.co.uk ; Université de Porthsmouth, press release, 08/11/05, www.port.ac.uk