Le lancement du Réseau pan-africain pour la chimie (Pan Africa Chemistry Network) a eu lieu à Londres le 21 novembre 2007 à l’initiative de la Royal Society of Chemistry (RSC), société savante britannique pour la chimie, et de l’entreprise Syngeta, une des principales entreprises agroalimentaires mondiales. Il fait suite à l’initiative Archive for Africa, lancée en 2006 par la RSC, et qui permet à 65 universités africaines d’avoir accès gratuitement aux archives de journaux scientifiques dans le domaine de la chimie.
L’objet du réseau Pan Africa Chemistry Network, établi initialement au Kenya et concernant l’Afrique sub-saharienne mais qui devrait à terme couvrir tout le continent, est de permettre une meilleure communication entre les chimistes africains afin de favoriser l’innovation et le développement scientifique dans le continent, en partenariat avec la Fédération des Sociétés Africaines de Chimie [1] (FASC, Federation of African Societies of Chemistry) et dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement. La société Syngenta a consacré un million de livres (environ 1,4 million d’euros) au lancement de ce réseau dont un des premiers sujets de préoccupation sera le développement agricole, en particulier la durabilité et la sécurité de l’approvisionnement alimentaire, l’eau potable et la prévention des maladies. La mission du réseau s’articule autour du développement :
A terme, le réseau devrait s’articuler autour de trois hubs : le premier est d’ores et déjà installé au sein du département de chimie de l’Université de Nairobi, Kenya. A travers des partenariats locaux, les activités de ce « carrefour » seront concentrées sur l’agriculture durable, notamment la sécurité alimentaire, l’augmentation de la biodiversité et la prévention des maladies. Les pays hôtes des deux autres hubs n’ont pas encore été choisis mais l’Afrique du Sud, le Nigéria ou encore l’Egypte sont envisagés.
Le lancement a donné lieu à des allocutions de la part de Simon Campbell, ancien président de la RSC, de Michael Pragnell, directeur général de Syngenta, de Calestous Juma, professeur de pratique du développement international à l’université d’Harvard et l’un des auteurs du Projet Objectifs du millénaire des Nations Unies, du Dr Temechegn Engida, président de la Fédération des Sociétés Africaines de Chimie (FASC) basée à Addis Abeba, Ethiopie, et du professeur Shem O Wandiga, directeur du Centre for Science and Technology Innovations (CSTI) situé à Nairobi et soutenu par l’Unesco.
Tous les orateurs ont souligné l’importance de la science et de la technologie pour le développement de l’Afrique. En particulier, le professeur Juma a déclaré que « les objectifs de développement du millénaire ne pourront pas être atteints sans un investissement significatif dans la science et la technologie ». Il a également souhaité remercier le Royaume-Uni pour les efforts entrepris vis-à-vis de l’Afrique dans le cadre de l’aide au développement et s’est félicité que la cause de la chimie en Afrique se soit trouvé un « pays champion ».
Sources : The Royal of Chemistry, 21/11/07 ; Pan African Chemistry Network ; The Federation of African Societies of Chemistry
Auteur : Dr Anne Prost
[1] Fondée en 2006, la FASC regroupe à l’heure actuelle l’Egypte, l’Ethiopie, le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Soudan et la Tunisie.