Le premier réseau informatique britannique à fibre optique dédié à la recherche a été présenté avec succès à la conférence du SuperComputing 2005. Ce rendez-vous international qui s’est déroulé à Seattle, présente les avancées dans les systèmes de calcul informatique, les réseaux informatiques et les systèmes de stockage.
Le nouveau réseau optique du Royaume-Uni, nommé UKLight, permet une bande passante de 10 Gbit/sec et est connecté à des réseaux similaires à travers le monde. Cette architecture permet aux chercheurs d’échanger de très gros volumes d’information à travers le monde, chose qui serait trop contraignante en temps d’attente à travers un réseau conventionnel. La première phase de la mise en place du UKLight a été achevée cet été en reliant 3 des 9 nœuds informatiques que comptera au total le réseau. Ces nœuds sont situés dans les universités et collèges de Londres, Cambridge, Leeds, Lancaster, Manchester, Birmingham, Edinburgh, Glasgow et le Rutherford Appleton Laboratory. Lors d’une démonstration durant le SuperComputing 2005, un taux de transfert record de 6Gbit/s a été atteint entre le Stanford Linear Accelerator Center aux Etats-Unis et le Rutherford Appleton Laboratory via une connexion transatlantique à fibre optique.
Les possibilités qu’offre ce nouvel outil sont variées et vont sensiblement changer les méthodes de partage de données des scientifiques au Royaume-Uni. Par exemple, en physique des particules, le UKLight va améliorer le projet Grid for Particle Physics. Le GridPP est la contribution britannique à la mise en place international d’une grille informatique ou grid (infrastructure virtuelle d’ordinateurs) qui sera dédiée au traitement des données et des calculs que va générer le futur Large Hadron Collider (LHC) prévu pour 2007 au CERN à Genève.
La biologie moléculaire est aussi très gourmande en calcul informatique et le UKLight va prendre toute son utilité avec les superordinateurs du National Grid Service britannique et le TeraGrid des Etats-Unis. Ces ressources de calculs vont permettre aux scientifiques de pouvoir visualiser et simuler des processus biologiques plus complexes. Le projet Simulated Pore Interactive Computing Experiment (simulation de l’interactivité des pores cellulaires, SPICE) simule le mouvement d’une molécule d’ADN à travers les nanopores d’une protéine fixée à la membrane de la cellule. Le professeur Jha de University College of London souligne que grâce au réseau UKLight, il n’y a pas de perte de données lors de la transmission et que la simulation peut être suivie et contrôlée en temps réel. De manière similaire, un projet de simulation du réseau sanguin humain utilise les superordinateurs américains et britanniques en réseau pour une meilleure précision et puissance de calcul. En astronomie, la mise en connexion de trois observatoires situés au Japon, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis va permettre d’observer et d’analyser simultanément les mêmes endroits du ciel ; cela permet d’obtenir un Very Long-Base Interferometry (VLBI) mondial contrôlable en temps réel.
Le UKLight, débuté en juin 2004, est soutenu par le Joint Information System Committee (comité pour l’union des systèmes de l’information) et devra s’achever à la fin 2006.
Auteur : Yacine Touati
Sources : Alphagalileo, press release, 04/11/05, www.alphagalileo.org UKLight, www.uklight.ac.uk