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> Un propulseur de fusée britannique testé en Australie - avr 2006

Le propulseur de Qinetiq, compagnie issue de la privatisation d’une partie des activités de R&D du Ministry of Defence (ministère de la Défense, MoD), a été testé à Woomera, Australie, le 25 mars 2006 dans le cadre du programme international Hyshot III de l’Université de Queensland. Cette équipe internationale, qui a été détentrice du précédent record de vitesse (Mach 7, soit sept fois la vitesse du son, pendant 5 secondes) en 2001 avant d’être battue en 2004 par le X-43A scramjet (Mach 9,6), a décidé pour son troisième test d’utiliser la technologie britannique développée par Qinetiq. Le test de ce moteur d’un million de livres (environ 1,45 million d’euros), a été effectué sur la fusée sonde à deux étages Terrier-Orion.

Le moteur utilisé ici est un statoréacteur à combustion supersonique. Un statoréacteur est un réacteur sans pièces mécaniques : l’intérieur se présente comme une tuyère (se resserre et se desserre) et le carburant est injecté au niveau du col. Néanmoins une vitesse minimum de l’air est nécessaire pour que ce type de réacteur fonctionne. Ce rôle est confié aux deux étages Terrier et Orion. Ici, la combustion a lieu à vitesse supersonique (soit entre Mach 1,2 et Mach 5), ce qui impose une vitesse d’entré d’air minimum de Mach 5. Après la combustion et l’accélération, qui a lieu dans la 2e partie de la tuyère, la fusée atteint une vitesse supérieure à Mach 5, appelée hypersonique. En outre, l’intérêt de ce type de réacteur est qu’il utilise directement l’oxygène présent dans l’atmosphère, contrairement aux fusées conventionnelles qui ont besoin de réservoirs d’oxygène.

Lors du lancement, la fusée est montée jusqu’à 314 km d’altitude puis est redescendue pour pouvoir atteindre Mach 5. Le statoréacteur à combustion supersonique a fonctionné entre 35 et 23 km d’altitude, propulsant la fusée à une vitesse de Mach 7,6 (environ 9 000 km/h). La fusée s’est ensuite écrasée à environ 400 km de son point de lancement. Les données récoltées lors de l’expérience sont analysées par l’équipe internationale de l’Université de Queensland. Les chercheurs espèrent pouvoir révolutionner le lancement de satellites à orbite basse (entre 600 et 3 000 km d’altitude). Ces satellites sont utilisés pour diverses applications dont l’observation de la Terre mais leurs coûts de lancement sont très élevés. Cette technologie devrait permettre de réduire ces coûts de façon significative (pas de réservoirs d’oxygène par exemple). A long terme, ils espèrent que ce type de réacteur posera les bases de voyages intercontinentaux ultra-rapides.

Auteur : Mathieu Daoudi

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Sources : BBC news, press release, 25/03/06, http://news.bbc.co.uk ; Qinetiq, press release, 25/03/06, www.qinetiq.com ; Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/X-43_Scramjet & http://en.wikipedia.org/wiki/HyShot