Un programme Apollo mondial pour lutter contre le changement climatique

Mots-clés : Politique scientifique ; Innovation ; Energie ; Environnement ; Renouveau Industriel

Et si on investissait sur les énergies propres le même montant qu’on a dépensé pour mettre l’Homme sur la lune ?

C’est l’idée lancée par Sir David King, l’ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement du Royaume-Uni, avec un groupe d’éminents scientifiques, économistes et hommes d’affaires britanniques. Ils appellent à un investissement annuel d’au moins 15 Md£ pour pouvoir développer de nouvelles technologies capables de produire de l’énergie électrique propre, à l’horizon 2025, à un coût plus bas que l’électricité issue de la combustion du charbon, du gaz et/ou du pétrole.

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"Peace", by Bart, CC BY-NC 2.0

2% DU PIB MONDIAL NE SUFFISENT PAS

Dans le rapport de lancement du programme dit « Global Apollo », Sir King et ses collègues constatent que l’investissement public pour la R,D&D (recherche, développement et démonstration) de nouvelles technologies de production d’énergie bas carbone ne dépasse pas 2% du PIB mondial. Ils dénoncent notamment son faible niveau comparativement aux 101 Md$ octroyés sous forme de subventions pour la production d’énergies renouvelables ou encore aux 550 Md$ versés, de manière très contreproductive, aux producteurs d’énergies fossiles.

UN DÉFI VISANT SIX DOMAINES DE RECHERCHE

Ils appellent ainsi à un effort supplémentaire de tous les pays afin d’investir dans six domaines de recherche scientifique, concernant trois types d’énergie et trois éléments fondateurs transversaux à tous types d’énergie :

  • les énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire et l’énergie éolienne ;
  • l’énergie nucléaire ;
  • l’exploitation du charbon et du gaz couplée à la capture et le stockage du carbone ;
  • l’énergie nucléaire ;
  • le stockage d’énergie ;
  • la transmission d’électricité ;
  • l’efficacité énergétique.

DIX ANS POUR ÉVITER LE PIRE

Le programme de R,D&D est censé commencer en 2016 pour une durée de 10 ans. Les gouvernements de tout le monde sont conviés à investir un minimum de 0,02% du PIB par an. En espérant que toutes les grandes nations joignent, le programme se veut être une version internationale concertée des différents programmes nationaux.

À l’instar de l’initiative « International Technology Roadmap for Semiconductors », une feuille de route sera conçue par un consortium un comité fort de 20 experts, issus du monde technologique et commercial, qui sera également responsable de la réviser annuellement afin de garder le rythme de la réduction des coûts de la production d’énergie propre.

Ce comité sera sous l’autorité d’une commission comptant un représentant de chaque pays membre du programme, qui sera localisée au sein de l’agence internationale de l’énergie à Paris.

Sources :

Rédacteur : Dr Mariana Beija

publié le 23/06/2015

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