La société postale Royal Mail, ainsi que ses homologues européens (de Belgique, d’Allemagne, de Finlande, de France, d’Italie et des Pays-Bas) participent actuellement à un projet de 5,89 millions de livres sur deux ans, pour développer un nouveau système de traction pour véhicules électriques (New Electric Postman Helper ou NEPH) susceptible d’être installé sur les moyens de mobilité de leurs postiers : les bicyclettes, scooters ou chariots de transport.
Selon M. Jan Kojro, directeur de l’ingénierie en collection et livraison chez Royal Mail, il a été constaté qu’en Europe, le volume de courrier sous des formats nouveaux (petit colis, grandes enveloppes) est en augmentation, malgré la baisse des échanges de courrier de type conventionnel (petites enveloppes de 11 cm sur 22 cm). En effet, la masse de courrier délivré par chaque facteur est aujourd’hui estimée entre 90 et 100 kg ce qui pourrait poser des problèmes sanitaires. Cette constatation a motivé la volonté de décharger le facteur de cette masse, et d’assurer son transport par un moyen de mobilité électrique.

Des tests avaient déjà été réalisés par Royal Mail depuis 1998, notamment par l’utilisation de camionnettes et autres véhicules électriques, qui n’ont jamais convaincu. D’ailleurs plusieurs modèles de bicyclettes électriques existaient déjà sur le marché. Ils présentaient des niveaux de performance décevants en termes de fiabilité, d’autonomie, de poids et de prix. Ils n’étaient donc pas adaptés aux déplacements des services postaux, qui imposent de transporter de lourdes charges et de faire 200 à 300 arrêts par tournée, ce qui sollicite énormément les batteries étant donné le couple important nécessaire à chaque redémarrage. Voilà pourquoi le projet NEPH a été axé autour de la conception d’un système de traction en adéquation avec les besoins des postiers.
Les recherches se sont organisées en deux phases : le développement d’une nouvelle gamme de systèmes de traction pendant la première année (2005) et le lancement de prototypes à l’essai dans les municipalités et les services postaux pendant la deuxième année (2006), de manière à définir précisément l’assistance technique (maintenance) à associer au produit.
La première phase a été réalisée grâce à la participation du producteur français Saft Batteries qui a développé une série de batteries Ni-MH et Li-Ion intégrables à des systèmes de traction variés, et donc adaptables sur des véhicules répondant aux besoins des services postaux. Les systèmes de traction résultant de la première phase du projet incluent également une gestion intelligente de l’énergie, permettant une utilisation optimale des batteries.
A la fin de l’année 2006, les nouveaux modèles de système de traction conçus et éprouvés seront revendus à des producteurs de moyens de mobilité urbaine. Royal Mail testera alors les bicyclettes et chariots équipés du nouveau système de traction. Une fois le projet achevé, le concept pourrait être introduit de manière plus générale et être disponible pour les particuliers et autres professionnels (autres sociétés de livraison).
Auteur : Xavier THIERRY
Sources : The Engineer, Press Release, 31/10/06, www.theengineer.co.uk ; http://www.eureka.be