
Paris, 22 mai 2012
France / Liban / Syrie
Q - Confirmez-vous les informations du Figaro selon lesquelles cinq "jihadistes" français avaient été arrêtés en mars au nord du Liban alors qu’ils s’apprêtaient à entrer en Syrie pour combattre le régime de Bachar al-Assad ?
R - Je n’ai pas d’information me permettant de répondre à votre question./.
Syrie
Q - Le secrétaire général de l’ONU parle de "moment critique" en Syrie. Laurent Fabius a-t-il l’intention d’organiser rapidement, comme cela était prévu, une réunion des amis de la Syrie et si, oui, y a-t-il une date même approximative ?
R - Il a été convenu lors de la conférence ministérielle tenue le 1er avril à Istanbul que la prochaine conférence du groupe des amis du peuple syrien se tiendrait à Paris.
Nous examinons actuellement, en fonction de l’évolution de la mission de M. Kofi Annan et à la lumière de son prochain rapport au Conseil de sécurité, et en lien avec l’ensemble de nos partenaires, quel serait le moment le plus opportun pour tenir une telle réunion.
M. Laurent Fabius va prendre contact dans les prochains jours avec l’Envoyé spécial conjoint./.
Paris, 21 mai 2012
La France déplore l’incident armé qui a coûté la vie aux dignitaires religieux Ahmed Mohamed Abdel Wahed et Mohamed Hussein Merheb au nord Liban le 20 mai. Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de ce drame. Nous présentons nos condoléances aux familles des deux victimes.
La France condamne les incidents qui ont fait deux morts et de nombreux blessés à Beyrouth la nuit dernière.
Nous saluons la réaction des autorités libanaises qui ont immédiatement diligenté une enquête et les déclarations appelant à l’apaisement du Président du conseil, M. Najib Mikati.
Nous relevons également les nombreux messages de soutien aux institutions sécuritaires libanaises émanant de nombreux leaders politiques.
La France rappelle le rôle essentiel que doivent jouer les Forces armées libanaises pour l’unité et la sécurité du pays.
Dans ce contexte de tension, nous appelons toutes les parties à rejeter les provocations. Seul le dialogue permettra d’apaiser les tensions./.
Paris, 21 mai 2012
La France condamne avec la plus grande vigueur la poursuite constante par le régime de Bachar al-Assad de la répression sanglante. Nous dénonçons tout particulièrement le bombardement de la ville de Souran dans la région de Hama, qui a fait plus de trente morts hier, et l’explosion à proximité du convoi du chef des observateurs le général Mood et du Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix M. Hervé Ladsous.
Nous saluons le courage et le sang-froid dont fait preuve la MISNUS que nous soutenons dans l’exercice de sa mission si délicate. Plus que jamais, la communauté internationale doit se tenir aux côtés des bérets bleus, avec pour objectif une mise en oeuvre effective du plan Annan. Les violations quotidiennes du cessez-le-feu sont intolérables et doivent cesser. Des rapports quotidiens nous parviennent qui signalent que le régime poursuit les arrestations et les tortures. Le prochain rapport établi à partir des conclusions de la MISNUS au Conseil de sécurité revêtira dans ces circonstances tragiques une importance particulière.
Les événements de ces derniers jours en Syrie et au Liban manifestent une fois de plus le danger que constitue pour la région la dégradation de la situation en Syrie. La poursuite de la répression représente une menace pour la sécurité régionale. Il est de l’intérêt de tous que soit mise en oeuvre une transition démocratique répondant aux aspirations du peuple syrien./.
Paris, 19 mai 2012
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, s’est entretenu à New York avec le Secrétaire général des Nations unies. Cet entretien a été l’occasion de préparer la prochaine rencontre de M. BAN Ki-moon, en marge du Sommet de l’OTAN à Chicago, avec le Président de la République.
Au cours de cette réunion de travail très substantielle et chaleureuse, les principaux dossiers concernant l’action des Nations unies ont été évoqués, au premier rang desquels la situation extrêmement grave en Syrie et ses conséquences préoccupantes sur son voisinage, la situation politique et sécuritaire au Sahel, mais aussi la Conférence « Rio+20 » et les efforts entrepris pour la réforme de l’Organisation.
Une grande convergence de vue a été constatée sur l’ensemble des sujets abordés. La France est attachée à l’Organisation des Nations unies et aux valeurs universelles dont elle est porteuse : le ministre des Affaires étrangères a souligné la détermination de la France à soutenir le travail de l’ONU et de son Secrétaire général./.
Paris, 16 mai 2012
Nous condamnons avec la plus grande vigueur les nouveaux assassinats perpétrés par les forces du régime syrien contre leur propre peuple. Nous dénonçons tout particulièrement les tirs de ces forces lors des funérailles à Khan Cheikhoun, qui ont causé la mort de vingt personnes, ainsi que l’attaque dont a fait l’objet un convoi des d’observateurs de l’ONU. Il revient aux autorités syriennes d’assurer la protection et la sécurité des observateurs.
Nous appelons fermement Damas, comme l’a fait hier l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue arabe Kofi Annan, à accepter les conditions qui permettraient la distribution de l’aide humanitaire, alors que plus d’un million de Syriens en ont besoin. Il n’est pas admissible que Damas persiste à refuser l’accès aux acteurs humanitaires et aux Nations Unies depuis la visite en Syrie de la Coordinatrice humanitaire des Nations Unies, Mme Amos, début mars.
Face à une telle dégradation et au mépris patent dans lequel Damas tient le cessez-le-feu, la communauté internationale doit se remobiliser pour permettre une mise en œuvre effective du plan Annan. Le prochain rapport établi à partir des conclusions de la MISNUS devra permettre au Conseil de sécurité de prendre les décisions qui s’imposent./.
Paris, 12 mai 2012
La France condamne les violences qui ont fait quatre morts et plus d’une quarantaine de blessés à Tripoli au cours du week-end. Nos présentons nos condoléances aux familles et aux proches des victimes ainsi que notre sympathie aux blessés.
Dans le contexte de la crise syrienne, la France se tient aux côtés des autorités libanaises dans leur volonté d’apaisement des tensions internes.
La France appelle tous les Libanais à faire prévaloir l’intérêt du Liban sur toutes autres considérations et à privilégier le dialogue, l’unité nationale et la paix civile afin d’éviter d’importer dans le pays un conflit qui n’est pas le leur.
Q - Quelle est la réaction de la France aux violences au Nord du Liban qui ont fait trois morts dont un soldat de l’armée et plus de 27 blessés et cela suite à l’arrestation d’un islamiste le samedi dans le sillage d’autres arrestations de salafistes accusés d’être membres d’Al-Qaeda ?
R - Je vous renvoie à la déclaration que je viens de faire.
Q - Avez-vous une réaction à l’assaut des troupes syriennes contre le village de Tamanaat Al-Ghab ?
R - Les autorités syriennes viennent de commettre un nouveau massacre dans le village de Tamanaat al-Ghab. La poursuite de cette répression sanglante démontre une nouvelle fois la duplicité du régime de Damas, qui s’était engagé à retirer ses troupes et à cesser les bombardements.
La France demande aux observateurs de l’ONU la plus grande vigilance et réaffirme l’urgence du déploiement rapide du plus grand nombre d’entre eux pour que la communauté internationale soit pleinement informée de la réalité syrienne et pour qu’ils dissuadent par leur présence la poursuite de ce crime contre l’humanité./.
Paris, 9 mai 2012
L’intervention de Kofi Annan au Conseil de sécurité hier a confirmé l’urgence de la mise en œuvre intégrale de son plan, qui représente la dernière chance à ce jour pour promouvoir une transition politique pacifique répondant aux aspirations exprimées depuis 14 mois par le peuple syrien.
Le temps presse, alors que la répression du mouvement de protestation pacifique initié au printemps 2011 en Syrie a causé la mort de plus de 11 000 personnes, que les autorités syriennes n’ont toujours pas retiré leurs troupes et armes lourdes des villes et continuent de violer quotidiennement le cessez-le-feu décrété le 12 avril, sans même parler des autres obligations qui leur incombent au titre du plan Annan, en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.
Dans ce contexte, conformément aux résolutions 2042 et 2043 du Conseil de sécurité et comme le Ministre d’Etat l’a confirmé à l’Envoyé spécial encore la semaine dernière, notre priorité va au déploiement rapide et complet de la Mission d’observation des Nations Unies en Syrie. Il est essentiel que la mission puisse rendre compte au Conseil de sécurité de la façon dont est, ou non, mis en œuvre l’ensemble des dispositions du plan Annan, en particulier par les autorités syriennes.
Les autorités françaises réitèrent leur entière confiance à l’Envoyé spécial conjoint dans la conduite de son mandat. Tout doit être mis en œuvre pour que réussisse la mission difficile de Kofi Annan, afin que cessent toutes les violences, que soit assuré l’accès humanitaire de façon libre et entière, et qu’une transition démocratique soit rendue possible./.
Paris, 7 mai 2012
Q - Où en êtes-vous de la préparation d’une nouvelle réunion du Groupe des Amis de la Syrie qui doit se dérouler à Paris ? Est-elle prévue dans les jours à venir ?
R - Le régime de Damas viole de façon flagrante les résolutions 2042 - 2043 du Conseil de sécurité des Nations unies, comme l’a montré la poursuite de la répression, qui a fait plus de trente morts ces derniers jours.
La priorité aujourd’hui va au déploiement rapide de tous les observateurs de l’ONU en Syrie et à la mise en œuvre sans entrave de l’ensemble du plan Annan.
L’intervention que fera demain mardi 8 mai à New York M. Kofi Annan devant le Conseil de sécurité sera cruciale pour faire le point du travail en cours. Le Conseil de sécurité examinera la situation telle qu’elle est observée par la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS) et devra rapidement en tirer les conséquences.
Par ailleurs, la France dénonce l’organisation par Damas d’un scrutin dont les conditions s’apparentent à une farce sinistre. C’est par le processus de transition politique déterminé par le plan Annan et par la Ligue arabe que le peuple syrien pourra retrouver la capacité de s’exprimer librement sur son destin.
S’agissant de la réunion du Groupe des amis du peuple syrien, je vous rappelle que le but que s’est assigné le groupe est de faciliter la pleine mise en œuvre du plan de sortie de crise, dans le respect des droits inaliénables du peuple syrien.
Les autorités françaises vont se concerter avec leurs partenaires au sein de ce groupe pour fixer la date de la prochaine réunion, en fonction de l’évolution de la situation en Syrie.
Paris, 3 mai 2012
En réponse à la demande d’aide des autorités turques et dans un esprit de solidarité, le ministre des Affaires étrangères et européennes a décidé d’envoyer un lot important de grandes tentes familiales, de couvertures et de matériel humanitaire destinés aux ressortissants syriens réfugiés en Turquie. L’avion convoyant ce matériel quitte Paris le 3 mai à destination d’Adana, centre logistique des secours turcs.
La situation humanitaire en Syrie est extrêmement préoccupante :
plus d’un million de Syriens sont aujourd’hui affectés directement ou indirectement par les violences ;
plus de 230.000 personnes ont été déplacées à l’intérieur de la Syrie et elles connaissent actuellement de graves problèmes d’accès aux soins et à l’alimentation alors que les autorités de Damas continuent d’imposer des restrictions inadmissibles à l’action des organisations humanitaires sur le sol syrien ;
200.000 Syriens ont dû quitter le pays pour se réfugier dans les pays voisins, Turquie, Jordanie et Liban.
Cette aide française complète celles déjà adressées en faveur du peuple syrien, en Syrie, en Jordanie et au Liban, notamment le fonds d’urgence humanitaire.
Paris, 27 avril 2012
Q - La « Déclaration de Paris » lue hier par M. Nofal Al-Dawalibi, annonce la création d’un « gouvernement national syrien de transition » : quelle est votre réaction ? Est-ce que la France soutient ce mouvement ?
R - La France soutient pleinement les efforts d’unification et de structuration de l’opposition syrienne autour du Conseil national syrien, tels que prévus par les conclusions des réunions des amis du peuple syrien qui se sont tenues à Tunis et Istanbul. Q - De nombreux commentaires voient dans la déclaration du ministre d’État sur le recours au Conseil de sécurité pour obtenir une résolution sous le chapitre 7 concernant la Syrie comme une menace de recourir à la force militaire. Est-ce bien cela que le ministre a bien voulu dire ?
R - Nous avons un but : l’arrêt des violences et un instrument : le plan en six points de M. Kofi Annan que le régime de Damas prétend avoir accepté. Le succès de ce plan est aujourd’hui notre priorité. La France apporte son plein soutien à l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour y parvenir.
Face à la propagande honteuse du régime syrien sur le thème du terrorisme, le déploiement de cette mission permettra de vérifier de façon incontestée la mise en œuvre des six propositions du plan Annan, à commencer par l’arrêt des violences ainsi que le retrait des troupes et armes lourdes syriennes, encore présentes dans les centres de population.
La communauté internationale sera ainsi pleinement informée de toute violation par la Syrie de ses obligations. À cette fin, la France maintient un contact étroit avec le Secrétariat général des Nations unies.
Si les observateurs étaient empêchés de remplir leur mission ou si le régime de Damas persistait à ne pas respecter ses engagements, la mission d’observation devra en informer le Conseil de sécurité qui tirera les conséquences qui s’imposent. Comme l’a indiqué M. Alain Juppé, la France plaidera pour une résolution sous chapitre 7.
Notre message au régime syrien est sans ambiguïté : il n’y a pas d’autres alternatives que la fin des violences et de la répression et l’engagement du processus politique.
Q - Comment avez-vous compris la demande adressée par la Ligue arabe en vue de protéger les civils syriens ? Par quels moyens cet objectif pourrait- il être atteint ?
R - C’est bien la volonté de protéger les populations civiles contre les exactions du régime de Damas qui fonde notre action et notre engagement pour résoudre la crise syrienne.
Depuis des mois, nous agissons au Conseil de sécurité, avec le groupe des amis du peuple syrien et la Ligue arabe pour apporter une réponse politique et humanitaire à cette crise.
À cette fin, la mission d’observation des Nations unies a précisément pour objet de surveiller la fin des violences et, par son effet dissuasif à l’égard de la répression, de protéger les populations civiles.
C’est la raison pour laquelle l’objectif premier doit être le déploiement rapide des observateurs afin qu’ils puissent faire les constats nécessaires.
Nous serons ainsi rapidement informés de toute violation par la Syrie de ses obligations. Ils devront rendre compte rapidement de la situation au Conseil de sécurité qui devra prendre les mesures qui s’imposent./.
Paris, 25 avril 2012
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Je viens de recevoir plusieurs représentantes de la société civile syrienne, des femmes, des résistantes issues de différentes communautés de Syrie et je voudrais les remercier d’avoir accepté de me rencontrer. Je voulais surtout les écouter pour qu’elles me fassent part de leurs témoignages, de ce qu’elles savent de la rue syrienne et de la situation actuelle dans ce pays. Je voudrais saluer leur courage et le courage du peuple syrien dans son ensemble qui continue à se battre contre un régime qui pratique une répression toujours aussi brutale et sanglante.
J’ai expliqué ce que la France avait essayé de faire depuis plusieurs mois pour arrêter cette tragédie sans y parvenir malheureusement jusqu’à présent et j’ai pris bonne note de leurs attentes. Je leur ai dit que nous étions prêts à continuer à les accompagner, notamment pour permettre à l’opposition syrienne de se fédérer, de se structurer, de faire passer ses messages.
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
J’ai eu l’occasion de m’entretenir juste avant ce rendez-vous avec M. Kofi Annan. Nous considérons que la situation sur le terrain est inacceptable. Le régime de Damas ne respecte pas les engagements qu’il a pris. La répression continue et mes interlocutrices m’ont confirmé que le nombre de morts ne cessait d’augmenter et que les rares observateurs qui sont déployés sur le terrain ne peuvent pas remplir leur mission.
D’après certaines informations, que nous n’avons pas totalement vérifiées, il y a même des cas où des militants qui ont rencontré les observateurs des Nations unies ont ensuite été exécutés par le régime. La situation est donc extrêmement préoccupante. Cela ne peut pas durer indéfiniment. C’est la raison pour laquelle j’ai indiqué à M. Kofi Annan que nous souhaitions, nous demandions, nous exigions que des observateurs en nombre suffisant, au moins 300, dotés des équipements nécessaires, avec une liberté d’aller et de venir partout où ils le souhaitent sur le territoire syrien, puissent se déployer très rapidement dans les quinze jours qui viennent.
M. Kofi Annan doit faire, quinze jours après l’entrée en vigueur de la résolution 2013, un compte-rendu au Conseil de sécurité, je crois que ce sera le 5 mai, mais pour nous ce sera à ce moment-là le moment de vérité. Ou bien cette médiation fonctionne, ou bien elle ne fonctionne pas. Et si elle ne fonctionne pas, on ne peut pas continuer à se laisser défier par le régime en place qui ne tient aucun des six engagements qu’il a pris dans le cadre du plan de Kofi Annan.
Il faudrait donc à ce moment-là passer à une autre étape que nous avons déjà commencé à évoquer avec nos partenaires, sous chapitre 7 de la Charte des Nations unies, pour franchir un nouveau pas dans l’arrêt de cette tragédie qui continue à se perpétuer en Syrie.
J’ai assuré mes interlocutrices du soutien de la France et notre souhait de continuer à travailler avec elles pour leur manifester notre solidarité. Je pense aussi à la dimension humanitaire de l’aide qui est absolument nécessaire. J’avais lancé il y a plusieurs mois déjà l’idée de corridors humanitaires, je vois qu’elle est reprise ici ou là sans se concrétiser. Nous allons continuer à y travailler, éventuellement dans le cadre de cette nouvelle résolution que j’ai évoquée tout à l’heure. Nous mesurons bien qu’une résolution sous chapitre 7 se heurterait en l’état actuel des choses sans doute au veto de tel ou tel membre permanent du Conseil de sécurité mais, raison de plus pour continuer à faire notre travail d’explication et de concertation avec nos partenaires.
Q - Monsieur le Ministre, les Syriens se sont donné un droit de veto sur la nationalité des observateurs qui seraient déployés en Syrie. Est-ce que cela a été prévu ? Quel est votre commentaire à cet égard ? Parallèlement, est-ce que la France va proposer d’envoyer quelques-uns des observateurs ? Finalement, est-ce qu’aujourd’hui on peut considérer que le plan Annan est déjà mort ? Merci.
R - Sur ce point, ma réponse sera non. Il est fortement compromis, les choses ne se passent pas bien, je viens de le dire. Damas ne respecte pas les engagements qu’il a pris sur les six points du plan Annan, y compris sur le premier d’entre eux c’est-à-dire le cessez-le-feu effectif. Nous pensons qu’il y a encore une chance à laisser à cette médiation, sous condition, je le répète, que le déploiement d’une force suffisante d’observateurs se fasse vite. Et, je le dirai à M. Ban Ki-moon que je souhaite joindre au téléphone dans les prochaines heures, il faut que le secrétariat général des Nations unies soit en mesure de déployer non pas dans trois mois mais sous quinzaine, des observateurs suffisamment nombreux. La résolution 2043 évoque le nombre de 300 qui doivent avoir les matériels nécessaires, et une faculté d’aller et de venir en toute liberté sans être prisonniers du régime en place. Donc il y a encore cette chance que nous laissons à la négociation.
En ce qui concerne le veto du gouvernement syrien vis-à-vis de tel ou tel contingent national, il est évidemment inacceptable. Ce ne sont pas des contingents nationaux qui iront en Syrie, ce sont des bérets bleus et donc des observateurs sous responsabilité des Nations unies. Il n’appartient pas au régime syrien de choisir parmi les possibilités que les Nations unies pourront dégager. En ce qui concerne la France, elle sera disponible en fonction de ce qui sera demandé par le secrétariat général. Voilà ce que je peux vous dire sur cet aspect des choses, et si dans ce délai que j’ai indiqué il apparait alors clairement que la mission est un fiasco, il faudra en tirer les conséquences et j’ai indiqué les pistes sur lesquelles nous travaillons.
Q - Monsieur le Ministre, vous avez évoqué la possibilité d’une résolution sous chapitre 7, les conditions sont un peu plus favorables et est-ce que la Russie serait plus disposée à la voter ?
R - La Russie a accepté la résolution qui sert de base à la mission de Kofi Annan, elle a accepté la mise en place d’une mission d’observateurs, j’ai dit ce que je pensais de cette mission, j’ai dit qu’il y avait encore un espace pour vérifier qu’elle peut fonctionner. J’espère que nos partenaires russes feront comme nous le bilan de cette mission d’observation, ils ne pourront pas ne pas constater que c’est le régime qui bloque la mise en œuvre du plan de Kofi Annan, et donc nous allons continuer à discuter avec nos partenaires russes en espérant que leur position pourra évoluer à la lumière de ce qui se passe sur le terrain et qui est aujourd’hui je crois, assez incontestable.
On ne peut pas continuer à dire que le régime est victime d’attaques terroristes et se défendre contre les attaques terroristes, c’est un défi à la réalité et au bon sens. C’est le régime qui réprime des mouvements qui essayent de se défendre comme ils peuvent.
Q - Y a-t-il vraiment des responsables militaires de l’opposition syrienne à Paris, le confirmez-vous ? Et on a entendu aujourd’hui parler de l’installation à Paris d’un gouvernement transitoire syrien, est-ce exact ?
R - Je n’ai pas d’informations me permettant de répondre à votre question. Voilà, je voulais vous redire, Mesdames, notre soutien et notre admiration pour le combat que vous menez. Merci./.
Paris, 23 avril 2012
La France condamne l’inculpation de la bloggeuse et militante des droits de l’Homme Razan Ghazzawi, ainsi que de sept jeunes autres militants qui ont comparu avec elle samedi à Damas.
Leur traduction devant une cour militaire est inacceptable. Elle témoigne une fois de plus des violations systématiques par le régime de Damas des libertés fondamentales et de ses engagements internationaux concernant la liberté d’opinion et d’expression.
Nous réitérons notre vive préoccupation sur le sort du militant des droits de l’Homme Mazen Darwich et de plusieurs de ses collaborateurs arrêtés arbitrairement le 17 février dernier dans les locaux du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, et dont la communauté internationale reste sans nouvelles.
Les autorités syriennes se sont engagées à mettre en œuvre dans son intégralité le plan de M. Kofi Annan qui prévoit explicitement la libération de tous les prisonniers d’opinion. La traduction de civils devant une cour militaire constitue une violation caractérisée de cet engagement, de même que la poursuite des violences et des bombardements à Homs, à Douma et dans la province d’Idlib, qui ont fait de nouvelles victimes au cours des derniers jours.
Enfin, la France appelle les autorités syriennes à libérer immédiatement les milliers de prisonniers encore détenus arbitrairement en Syrie./.
Paris, 21 avril 2012
Ce vote unanime du Conseil de sécurité constitue un message fort à la Syrie. Je suis heureux que nous ayons pu travailler étroitement avec tous les membres du Conseil de sécurité, en particulier avec la Russie, et que nous ayons pu parvenir à cette résolution 2043 qui va permettre le déploiement sur le terrain de plusieurs centaines d’observateurs. Mon espoir est que cette mission robuste, que tous les participants à la réunion de Paris ce jeudi ont appelé de leurs vœux, permette de changer la donne, de faire cesser la répression sauvage que subit le peuple syrien depuis plus d’un an. Je souligne, à cet égard, que la mission devra également veiller au plein respect, par le régime syrien, de la liberté de manifestation, qui constitue une obligation, contenue dans le plan Annan.
Je mesure les risques que prend la communauté internationale par cette décision, mais, face à la tragédie du peuple syrien, nous avons le devoir de tout faire pour donner sa chance à un règlement pacifique. Les observateurs de l’ONU doivent maintenant être déployés rapidement et sans entrave.
Les autorités syriennes ont l’obligation d’assurer une liberté totale de mouvement pour la mission. Celle-ci doit disposer de tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de son mandat. Nous jugerons aux actes : le Secrétaire général des Nations unies doit faire rapport au Conseil de sécurité de toute violation des dispositions de cette résolution. Si l’on devait constater une nouvelle fois que le régime syrien ne respectait pas ses obligations, le Conseil de sécurité devra examiner, dans les plus brefs délais, toutes les options envisageables. La décision de déploiement a été prise à l’unanimité par le Conseil de sécurité. C’est aussi à l’unanimité que nous devrons faire pression pour sa pleine mise en œuvre. C’est enfin à l’unanimité que nous devrons constater, le cas échéant, d’éventuelles violations et en tirer toutes les conséquences.
Comme l’ont souligné tous les ministres réunis à Paris ce jeudi, il y a urgence. La France continuera à être à la pointe des efforts de la communauté internationale pour faire cesser la répression qui s’abat sur le peuple syrien et pour permettre à celui-ci de construire librement la Syrie démocratique de demain./.
Paris, 17 avril 2012
1. Le groupe de travail international sur les sanctions a tenu sa première réunion à Paris le 17 avril 2012, dans le prolongement des décisions prises lors de la conférence des amis du peuple syrien tenue à Istanbul le 1er avril et lors de celle tenue à Tunis le 24 février. Cette première rencontre a été ouverte par le ministre d’Etat Alain Juppé et coprésidée par la France, le Maroc et le Service européen pour l’Action extérieure.
2. Rappelant son soutien au plan de la Ligue arabe, le groupe de travail international sur les sanctions souligne la nécessité qu’une pression efficace soit exercée sur le régime syrien en vue d’un respect intégral par les autorités syriennes de leurs obligations au titre du plan de l’envoyé conjoint des Nations Unies et de la Ligue arabe Kofi Annan et de la mise en œuvre d’une transition politique répondant aux aspirations démocratiques du peuple syrien.
3. Le groupe de travail international sur les sanctions rappelle les décisions prises à Tunis par le groupe des amis du peuple syrien de prendre des mesures restrictives contre le régime syrien incluant : l’interdiction d’accès au territoire et le gel des avoirs des personnes associées à la répression en Syrie, le refus d’importer des hydrocarbures en provenance de Syrie, l’interdiction d’investir en Syrie dans le domaine des infrastructures, un embargo sur les armes et le matériel de type militaire destiné au régime syrien, la réduction des relations diplomatiques avec le régime syrien et l’examen de mesures visant à limiter les exportations de produits utilisés à des fins militaires.
4. Les sanctions ne ciblent pas la population civile de Syrie : leur objectif est d’accroître la pression sur les personnes et les institutions responsables de la répression et de priver le régime syrien des ressources qu’il utilise à des fins de répression. Les difficultés économiques rencontrées actuellement par la Syrie sont à imputer au régime syrien qui s’est rendu coupable de nombreuses destructions, s’est isolé lui-même par ses pratiques répressives et décourage par son attitude toute activité économique en Syrie.
5. Le groupe de travail international sur les sanctions se félicite des sanctions adoptées par l’Union européenne, la Ligue arabe, les Etats-Unis, la Turquie, la Norvège, la Suisse, Monaco, la Croatie, l’Islande, le Canada, l’Australie et le Japon, et appelle tous les Etats du groupe des amis du peuple syrien et tous les Etats qui n’ont pas à ce jour exercé de pression à se joindre à leurs efforts et isoler davantage le régime syrien. Il exprime sa ferme désapprobation de tout soutien financier ou autre, et en particulier de la poursuite des ventes d’armes au régime syrien.
6. L’objectif du groupe de travail international sur les sanctions est de partager des informations sur les mesures adoptées en vue de renforcer leur efficacité, d’examiner comment améliorer leur mise en œuvre concrète, d’étudier les moyens de surmonter les difficultés relatives à leur application et de proposer des mesures additionnelles sur une base volontaire. Un réseau de points de contact a été établi à cet égard. Le Groupe souligne l’importance des mesures restrictives concernant le secteur bancaire et les ventes d’hydrocarbures.
7. Le groupe de travail international appelle les hommes d’affaires qui soutiennent financièrement la répression sanglante et les personnes qui y contribuent d’une autre manière à rompre tous leurs liens avec le régime de Bachar al-Assad. Il demande à tous les Syriens et les organisations de la société civile de se dissocier publiquement des violations des droits de l’homme commises par le régime syrien pouvant être considérées comme des crimes contre l’humanité. Les personnalités faisant l’objet de sanctions qui auront démontré leur opposition à la répression sanglante pourront voir lever les mesures restrictives pesant contre elles.
8. Une fois amorcée la transition démocratique, le groupe de travail international sur les sanctions s’engage à mener une réévaluation rapide des régimes de sanctions existants pour appuyer la reconstruction de la Syrie de demain en coordination avec le groupe de travail sur la reprise économique et la reconstruction co-présidé par l’Allemagne et les Emirats arabes unis.
9. Le groupe de travail international sur les sanctions tiendra sa prochaine réunion le mois prochain à Washington./.
Paris, 17 avril 2012
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais vous souhaiter la bienvenue au ministère des Affaires étrangères et européennes de la France.
Depuis plus d’un an, la France se mobilise pour que le peuple syrien, qui combat courageusement pour l’avènement d’une authentique démocratie en Syrie, cesse de subir la répression systématique qui est menée par le régime de Bachar Al Assad. Plus de 10.000 morts, plus de 44.000 réfugiés dans les pays voisins et 1.5 millions de Syriens qui ont besoin d’une aide humanitaire, tel est le triste bilan de la répression criminelle du régime syrien.
Nous avons réussi à surmonter ces derniers mois le blocage du Conseil de sécurité en exprimant autour du groupe des amis du peuple syrien le large consensus de la communauté internationale sur la crise syrienne et son soutien aux efforts de la Ligue arabe. Ces efforts sont aujourd’hui portés par Kofi Annan, l’envoyé conjoint du Secrétaire général des Nations unies et de la Ligue arabe, qui s’emploie à mettre fin aux violences et à engager une transition politique en Syrie. Nous devons soutenir ces efforts et le processus de mise en place d’une mission des Nations unies.
L’envoi de premiers observateurs des Nations unies, mandatés par la résolution 2042 adoptée avec le soutien de la Russie et de la Chine, permettra à ce dernier de disposer de rapports indiscutables. Nous serons intransigeants quant à la liberté d’action des observateurs et à la mise en œuvre intégrale des obligations de cessez-le-feu.
Parallèlement, nous devons maintenir la pression sur le régime syrien. Cela passe par le renforcement des sanctions, qui ont un impact sur les autorités syriennes.
Après deux conférences du groupe des amis du peuple syrien qui ont rassemblé plus de 80 pays, à Tunis puis à Istanbul, nous voici aujourd’hui réunis pour exprimer, une fois encore, notre volonté commune de maintenir la pression sur un régime qui a prouvé qu’il ne reculerait devant rien pour rester au pouvoir.
Avec nos partenaires européens, représentés aujourd’hui par le service européen pour l’action extérieure, nous avons pris de nombreuses mesures pour accentuer la pression sur le régime syrien à mesure que la répression se poursuivait. La Ligue arabe s’est engagée dans la même voie ainsi que l’ensemble des pays représentés aujourd’hui.
Vous tous ici réunis, vous avez répondu à l’appel lancé par le groupe des amis à Tunis puis à Istanbul et vous avez mis en œuvre des sanctions.
Notre rencontre est en soi un message : le régime syrien doit comprendre qu’il ne peut continuer impunément à poursuivre la répression et refuser la transition politique prévue par le plan Annan et attendue par les Syriens.
Les autorités syriennes nous ont trop habitués aux manœuvres, aux mensonges, aux manipulations pour que nous relâchions notre vigilance. Je constate qu’à peine entré en vigueur, le fragile cessez-le-feu a déjà été mis à mal par les autorités syriennes, comme l’illustre la poursuite de bombardements meurtriers sur la ville de Homs au cours du week-end. Nous jugerons les autorités syriennes non pas à leurs paroles mais à leurs actes. Tout manquement devra faire l’objet d’une réaction ferme et rapide du Conseil de sécurité.
Au-delà des prises de position politiques, au-delà de nos efforts sans relâche au sein des enceintes régionales et onusiennes pour accentuer l’isolement diplomatique du régime syrien et dénoncer ses crimes, nous devons continuer à cibler les acteurs de la répression et à faire obstacle à son financement.
Les sanctions sont un instrument particulièrement efficace pour priver le régime syrien des ressources qu’il utilise pour financer les milices - les funestes escadrons de la mort des chabbiha - et se fournir en armes.
Elles constituent aussi, lorsqu’elles ciblent des personnes, à travers des gels d’avoirs ou des restrictions de visas, un message politique fort : l’Union européenne a placé, dès le début de la crise, le président syrien Bachar Al Assad sur les listes des personnalités sanctionnées, parce qu’il est le responsable en chef de la répression. Depuis, ce sont plus de 150 personnes et entités qui y figurent : elles sont ainsi clairement identifiées comme ayant une responsabilité dans la mise en œuvre de la politique répressive du régime.
Les mesures restrictives européennes ont aussi une valeur dissuasive : la possibilité pour des personnalités sanctionnées d’être retirées des listes est un message adressé aux milieux d’affaires pour qu’ils se désolidarisent de ce régime.
L’impact des mesures sectorielles est très net : l’embargo sur les armes et les équipements de maintien de l’ordre, sur les exportations de pétrole en provenance de Syrie, les mesures visant les secteurs bancaire et financier, notamment le gel des avoirs de la Banque centrale syrienne, ont asséché la rente pétrolière et plus privé l’État syrien de précieuses ressources accaparées par le clan au pouvoir et mobilisées au service de la répression.
Nous savons que les autorités syriennes, dont les réserves financières ont, selon nos informations, été réduites de moitié, continuent à chercher activement des voies alternatives pour parer à ces sanctions. Certains pays affichent sans ambiguïté leur soutien au régime syrien, d’autres lui offrent des marchés de substitution de manière plus ou moins directe.
Nous devons réagir à ces manœuvres. C’est en mutualisant nos efforts et en échangeant des informations sur la mise en œuvre effective des sanctions que nous parviendrons, ensemble, à contribuer efficacement à l’affaiblissement d’un régime qui assoit sa légitimité sur la peur, la propagande et la manipulation.
Je souhaite que les travaux de notre groupe soient fructueux et constructifs et je voudrais remercier le Maroc et le Service européen d’action extérieure d’avoir bien voulu co-présider cette réunion inaugurale.
Je forme le vœu qu’au fil de ses prochaines rencontres un nombre de plus en plus grand de pays se joignent à ce groupe pour contribuer à cet effort collectif au service des aspirations du peuple syrien, en espérant que nous pourrons bientôt nous retrouver à nouveau pour contribuer cette fois-ci au développement économique d’une Syrie démocratique.
Enfin, à l’occasion de la fête nationale syrienne, je voudrais adresser à tous les Syriens, aux représentants du Conseil national syrien ici présents, qui donnent au monde une leçon de courage depuis plus d’un an, un message d’amitié, de solidarité et d’espoir. Soyez assurés que la communauté internationale restera mobilisée à vos côtés pour qu’advienne une Syrie libre et démocratique.
Je voudrais à nouveau vous remercier de votre présence, de votre écoute et vous demander de m’excuser de ne pas pouvoir assister personnellement à la suite de vos travaux. Le directeur d’Afrique du nord et du Moyen-Orient, M. Patrice Paoli, représente ici la France et je remercie à nouveau les co-présidents marocain et européen de leur présence. Je vous souhaite des travaux fructueux.
Merci à tous./.
Paris, 16 avril 2012
Comme l’a annoncé le ministre d’Etat, le 1er avril dernier lors de la conférence d’Istanbul, la première réunion du groupe de travail sur les sanctions contre le régime syrien se tiendra à Paris le 17 avril après-midi.
L’ensemble des états du groupe des amis du peuple syrien qui se sont engagés à appliquer des sanctions contre le régime syrien est invité à cette réunion. Une cinquantaine de pays devrait être représentée.
Elle sera coprésidée par la France, le Maroc et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE). Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Alain Juppé, ouvrira les travaux du groupe de travail.
Les sanctions adoptées contre le régime syrien constituent un instrument efficace et nécessitent une mobilisation aussi large que possible de la communauté internationale. Plusieurs régimes de sanctions sont actuellement en vigueur, notamment celui de l’Union européenne, celui de la Ligue arabe, celui des Etats-Unis. L’objectif de cette première réunion sera donc d’examiner les moyens de mise en oeuvre aussi efficaces que possible de ces régimes de sanctions et de travailler à leur coordination et à leur universalisation.
Alors que le régime a poursuivi la répression active de l’opposition y compris par des bombardements ce week-end, une pression forte doit être maintenue sur le régime syrien afin qu’il respecte ses obligations au titre du plan Annan et mette fin à la répression, pour que puisse s’engager une transition démocratique./.
Paris, 14 avril 2012
La France se félicite de l’adoption de la résolution 2042. Nous espérons qu’elle marque un tournant vers une sortie de crise en Syrie et qu’elle ouvre la voie à une cessation totale des violences.
La résolution adoptée aujourd’hui à l’unanimité permet de déployer en Syrie au cours des prochaines heures une première équipe des Nations unies chargée d’évaluer la réalité de la cessation de la violence et de tester le sérieux des engagements syriens. L’objectif mis en avant par la France est de parvenir rapidement au déploiement d’une mission robuste des Nations unies chargée de vérifier la mise en œuvre du plan Annan : avec cette résolution, le Conseil de sécurité fait sien cet objectif.
Le Conseil de sécurité a endossé le plan d’action défini par M. Annan, qui vise à faciliter la transition politique de la Syrie vers un système démocratique, afin de répondre enfin aux aspirations exprimées avec courage par le peuple syrien. Ce sont les conditions de ce processus politique que nous cherchons aujourd’hui à créer sur le terrain, en faisant cesser la violence et en redonnant au peuple syrien l’espoir qu’une solution politique et pacifique est possible. La France renouvelle son soutien au Secrétaire général des Nations Unies, et à l’Envoyé spécial conjoint, M. Kofi Annan, dont la tâche est aussi difficile qu’essentielle. C’est autour leurs efforts, et avec le plein soutien de la Ligue Arabe, que nous sommes parvenus à retrouver une unité d’action.
Il appartient désormais aux autorités syriennes de respecter leurs engagements, notamment en retirant leurs troupes et leur armement lourd des villes, comme l’a demandé M. Kofi Annan. A cet égard, les attaques subies par la population civile aujourd’hui à Homs confirment les doutes que l’on peut avoir sur la réalité de l’engagement du régime syrien. Nous saurons très rapidement si la Syrie met en œuvre ses engagements. Si ce n’est pas le cas, il sera de la responsabilité de tous les membres du Conseil de sécurité de réfléchir aux mesures qu’il conviendra de prendre. Nous jugerons le régime syrien à ses actes, et à rien d’autre.
La France ne tolérera pas que la population syrienne continue de subir une répression sauvage. A cet égard, la liberté de manifestation (qui est un droit rappelé dans le plan Annan) doit être respectée sans aucune restriction par le régime de Damas./.
Paris, 13 avril 2012
Q - Avez-vous des informations concernant ce qui se passe sur le terrain en Syrie ?
R - Sur le terrain, le cessez-le-feu qui est intervenu depuis hier crée une situation qui est fragile. Elle est d’autant plus fragile qu’aujourd’hui, c’est vendredi et que traditionnellement il y a des manifestations.
C’est précisément parce que cette situation est fragile, et qu’à nos yeux depuis plus d’un an qu’il massacre allégrement son peuple tous les jours, Bachar Al Assad a perdu beaucoup sinon la totalité de sa crédibilité, que nous sommes actuellement en discussion avec nos partenaires du Conseil de sécurité en vue de l’adoption d’une résolution sur le déploiement d’une mission d’observation en Syrie.
Cette mission est prévue par le plan de Kofi Annan et elle a pour objectif de vérifier la mise en œuvre du plan en 6 points, y compris au-delà du cessez-le-feu, le retrait effectif des armes lourdes et des forces armées des centres urbains.
Nous veillerons à ce que son mandat lui permette d’être crédible et d’exécuter pleinement sa mission.
Les leçons de la mission d’observation de la Ligue arabe, qui avait échoué en raison de l’insuffisante coopération des autorités syriennes, doivent être tirées.
Nous exigerons donc des autorités syriennes qu’elles garantissent notamment une pleine liberté de mouvement aux observateurs afin de qu’ils puissent exercer leur mission de manière efficace et rendre compte de manière indépendante de l’état d’avancement de la mise en œuvre du plan en 6 points au Secrétaire général et au Conseil de sécurité.
La mise en œuvre du plan en 6 points et du cessez-le-feu n’est qu’une demande initiale de la part de la communauté internationale, qui doit permettre de réunir les conditions pour des négociations politiques en vue de la mise en place d’une véritable transition démocratique.
C’est donc dans cet objectif et avec ces préoccupations à l’esprit que nous allons travailler aujourd’hui avec nos partenaires au Conseil de sécurité.
Q - M. Zimeray a twitté : « nous sommes en mesure de soutenir l’accusation de crimes contre l’humanité en Syrie ». Qu’avez-vous comme preuves ? Pourquoi déclare-t-il ceci maintenant ?
R - Alain Juppé s’est exprimé sur le sujet. Ce que je peux dire, c’est qu’effectivement nous avons recueilli de nombreuses preuves et témoignages de crimes contre l’humanité commis par le régime de Bachar Al Assad en Syrie. Il reste néanmoins à travailler sur l’imputabilité de ces crimes, c’est-à-dire de pointer les auteurs de ces crimes, établir les responsabilités. Les atrocités qui ont été perpétrées en Syrie depuis plus d’un an ne sauraient restées impunies. La communauté internationale devra donner aux faits les sujets de la gravité que ceci appelle. Nous allons travailler et nous travaillons dans ce sens-là pour le moment.
Q - Inaudible
R - Il faudra effectivement le moment venu en parler. Nous, nous avons réuni des preuves. Nous ne sommes pas les seuls. Beaucoup d’ONG et certainement d’autres pays ont réuni des preuves parce qu’on a vu ce qui se passait sur le terrain, parce qu’il y a eu de nombreux réfugiés qui sont sortis de Syrie et qui ont pu également témoigner, etc.
Ces preuves nous les gardons à la disposition de ceux qui, le moment venu, auront à établir les responsabilités de ces crimes qui ont été commis par le régime de Bachar Al Assad en Syrie depuis plus d’un an.
Q - Auriez-vous des preuves sur des atrocités commises par d’autres partis que les autorités syriennes en tant que telles, en dehors de la répression de l’Etat syrien ? Est-ce que vous avez quelque chose ou avez-vous uniquement des témoignages sur les atrocités commises par le régime syrien ?
R - Nous avons beaucoup de preuves. Nous avons réuni beaucoup de preuves, rassemblé beaucoup de témoignages de crimes commis par le régime de Bachar Al Assad. Beaucoup.
Q - Est-ce que le fait que ce soit les Russes qui vont proposer [inaudible]
R - Sur la position de la Russie, je ne veux pas dire si on est optimiste, pessimiste, si cela est bien ou non. Simplement, ce que j’observe s’agissant de la Russie, c’est que les Russes avaient voté la déclaration présidentielle qui est à la base de la mission de M. Kofi Annan, de l’appui que le Conseil de sécurité a apporté à M. Kofi Annan dans l’exercice de sa mission et du plan qu’il a porté et qu’il a fait accepter par le régime de Damas. Cela est le premier point. Comme une déclaration présidentielle du Conseil de sécurité doit être adoptée à l’unanimité, les Russes l’avaient donc votée.
Deuxièmement, je rappelle qu’à Washington, il y a 24 heures, Alain Juppé s’est entretenu avec Sergueï Lavrov. Il est évident, je ne pense pas donner un scoop, qu’avec nos amis russes nous avons des vues ou des analyses qui ne sont pas exactement les mêmes sur l’origine de ce qui s’est passé en Syrie au cours de l’année écoulée et sur les responsabilités des uns et des autres, mais ce qui est important, c’est que s’agissant des observateurs, nous nous retrouvons avec nos partenaires russes sur la nécessité d’avoir des observateurs sur place pour observer l’application du plan de Kofi Annan et sur la nécessité de les envoyer le plus rapidement possible. C’est donc dans cet esprit que nous allons travailler avec nos partenaires à New York aujourd’hui, en particulier avec nos partenaires russes pour parvenir très rapidement à une décision, une résolution du Conseil de sécurité sur les observateurs.
Q - La France était parmi les premiers à proposer des couloirs humanitaires. Aujourd’hui le porte-parole de M. Annan, M. Ahmad Fawzi a demandé qu’il y ait établissement de tels couloirs. Est-ce que vous pouvez nous préciser quelle est votre conception ? Comment vous voyez ces couloirs humanitaires ?
R - Nous allons d’abord voir cela avec l’ensemble de nos partenaires au Conseil de sécurité et à la lumière de la situation sur le terrain. Nous travaillons sur des choses concrètes. Notre temps à nous est défini par deux choses : la réalité telle qu’elle est et pas telle qu’on souhaiterait la voir. Et d’autre part ce travail que nous devons faire nécessairement collectivement avec l’ensemble de nos partenaires.
Une fois qu’on a dit ça, il y a une préoccupation que tout le monde partage bien-sûr, c’est la situation humanitaire en Syrie. Il y a des problèmes d’alimentation, il y a des problèmes de pénurie alimentaire, il y a des problèmes d’approvisionnement sanitaire, médical, il faut des médicaments, il faut du matériel médical. Il y a véritablement urgence, on estime à plusieurs centaine de milliers de personnes le nombre de Syriens qui sont en détresse humanitaire à tous égards, parce que leur maison a été démolie, parce qu’il y a des familles où il y a plusieurs blessés qui sont dans des hôpitaux où il n’y a plus rien.
Tout le monde est d’accord sur l’ampleur et la gravité de la situation humanitaire de plusieurs centaines de milliers de Syriens, et que ce soit le secrétaire général des Nations unies qui attire l’attention de la communauté internationale là-dessus, cela nous parait tout à fait normal et cela nous parait devoir être soutenu.
Donc la France soutient nécessairement cet appel, comme nous avons soutenu également la mission de Mme Valérie Amos qui était chargée de travailler sur l’aspect humanitaire de la situation.
Je rappelle également que nous avons pris, sur instruction de notre ministre, l’initiative et la décision d’ouvrir un fonds d’aide humanitaire à la Syrie. Nous en sommes à deux millions d’euros maintenant et nous travaillons dans ce cadre-là avec un certains nombre d’acteurs, notamment des ONG. Donc pour nous la situation humanitaire c’est quelque chose qui doit recevoir des réponses urgentes.
Deuxièmement nous y travaillons depuis longtemps. Nous avons été le premier pays à prendre la décision d’ouvrir un fonds d’aide humanitaire pour la Syrie. Nous appuyons cet appel du secrétaire général des Nations unies et nous allons travailler avec les Nations unies, avec nos partenaires au Conseil de sécurité, avec les agences des Nations unies, je pense au HCR notamment, sur ces questions humanitaires parce que c’est une question qui figure aussi dans les six points du plan Kofi Annan./.
Paris, 11 avril 2012
Q - L’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, a déclaré ce mercredi à Téhéran que "Toute militarisation de la question syrienne serait désastreuse". Il a également fait part de son optimisme d’une nette amélioration de la situation sur le terrain d’ici jeudi matin, date fixée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour l’arrêt des combats entre forces gouvernementales et l’opposition. La France partage-t-elle cet optimisme ?
R - Le ministre d’Etat s’est exprimé hier pour rappeler notre confiance et notre plein soutien à l’envoyé spécial conjoint M. Kofi Annan et noter que sa lettre au Conseil de sécurité d’hier montrait que le régime syrien n’avait pas respecté son engagement d’arrêter à la date du 10 avril les tirs à l’arme lourde contre la population et de retirer ses forces de sécurité des centres urbains.
A la lumière du premier compte-rendu établi hier par M. Kofi Annan, M. Alain Juppé fera part, lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du G8 aujourd’hui à Washington, de nos inquiétudes sur l’attitude du régime syrien qui continue toujours à réprimer son peuple, de bafouer ses engagements vis à vis de la communauté internationale et de mettre en danger la sécurité régionale.
Dans la perspective de l’échéance du 12 avril, M. Alain Juppé évoquera avec les ministres des Affaires étrangères du G8, toutes les options qui s’offrent à la communauté internationale pour amener le régime de Damas à mettre un terme au cauchemar du peuple syrien.
Le ministre d’Etat s’exprimera aujourd’hui devant la presse à Washington./.
Paris, 10 avril 2012
La lettre que l’envoyé spécial a adressée aujourd’hui au conseil de sécurité démontre et confirme à quel point Damas bafoue ses engagements et s’inscrit dans une logique de confrontation avec son peuple et la communauté internationale.
Les faits que relève l’envoyé spécial sont sans ambiguïté. Non seulement les tirs à l’arme lourde n’ont pas cessé, non seulement les libérations de prisonniers politiques sont minimes par rapport à l’ampleur de la répression, non seulement Damas s’attaque maintenant à ses voisins, mais ce qui est présenté comme un retrait n’est en fait qu’un redéploiement à peine déguisé.
Dans ces circonstances, la communauté internationale constate d’ores et déjà que Damas n’a pas respecté ses obligations du 10 avril. Bachar Al Assad a menti à Kofi Annan, qui bénéficie du soutien total de la communauté internationale. Je le regrette d’autant plus que l’opposition était prête à faire sa part du chemin, pourvu que Damas ait respecté ses premiers engagements.
Demain, au G8, je soulignerai la gravité de la situation devant laquelle nous sommes placés. Lors de nos réunions de travail, j’insisterai sur la nécessité pour le conseil de sécurité de tirer, le 12 avril, toutes les conséquences de cette situation et d’étudier les nouvelles mesures nécessaires pour imposer la fin des violences et un processus politique./.
Paris, 10 avril 2012
Le ministre d’Etat a appelé ce matin son homologue turc, au lendemain des tirs délibérés des forces syriennes contre un camp de réfugiés en Turquie qui ont blessé deux ressortissants turcs ainsi que quatre réfugiés syriens. Il lui a fait part de sa solidarité, de sa colère et de sa condamnation.
Le ministre d’Etat a demandé à notre ambassadeur à Beyrouth d’adresser aux autorités libanaises le même message à la suite des tirs des forces syriennes contre le territoire libanais qui ont provoqué la mort d’un journaliste libanais et blessé deux autres reporters de la chaîne al-Jadeed et que nous condamnons avec la plus grande fermeté.
Non content de persécuter son propre peuple, le régime de Damas attaque le territoire de ses voisins, en violation complète du droit international et de tous ses engagements internationaux.
La France adresse ses condoléances aux familles et aux proches des personnes décédées ainsi que toute sa solidarité aux autorités de ces deux pays.
Le régime de Damas poursuit également les violences au sein de son propre territoire, bafouant les engagements qu’il a pris à l’égard de l’envoyé spécial conjoint de la Ligue arabe et des Nations unies, M. Kofi Annan.
De même les déclarations ce matin du ministre des Affaires étrangères syrien affirmant une première mise en œuvre par le régime de Damas du plan de M. Annan sont une nouvelle expression de ce mensonge flagrant et inacceptable. Elles témoignent d’un sentiment d’impunité contre lequel la communauté internationale doit absolument réagir. Ce sera l’objet de l’action de la France à la réunion du G8 à Washington et au sein du Conseil de sécurité des Nations unies./.
Paris, 8 avril 2012
La France condamne avec force la poursuite des massacres perpétrés par le régime syrien, qui ont fait plusieurs dizaines de morts parmi les civils et de nombreux blessés au cours des derniers jours.
Alors que le régime de Bachar Al-Assad avait annoncé qu’il acceptait le plan Annan et proposé lui-même la date du 10 avril pour le retrait de ses troupes et de ses armes lourdes des centres urbains, il formule maintenant de nouvelles exigences inacceptables.
La France renouvelle son plein soutien et sa confiance à M. Kofi Annan, envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe. Elle est comme lui choquée par les atrocités qui continuent d’être commises en Syrie.
La communauté internationale a réitéré par une déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies du 5 avril 2012 sa demande "au Gouvernement syrien d’honorer de toute urgence et de manière visible, les engagements qu’il a pris a) de mettre fin aux mouvements de troupes en direction des agglomérations, b) de cesser de faire usage d’armes lourdes en ces lieux, et c) de commencer à retirer les troupes concentrées dans les agglomérations et aux alentours, et de s’acquitter intégralement de ces engagements d’ici au 10 avril 2012 au plus tard".
A cette échéance, la France avec la communauté internationale, devra tirer les conséquences de ce refus du régime syrien de coopérer. Elle rappelle avec force cette exigence à Damas./.
Paris, 6 avril 2012
L’afflux croissant de réfugiés syriens vers les pays voisins, et notamment la Turquie, auquel s’ajoute le grand nombre de déplacés dans le pays, illustre la gravité de la situation. La France est reconnaissante aux pays voisins qui ont maintenu leurs frontières ouvertes et en particulier à la Turquie, qui a en outre apporté une assistance humanitaire. Elle relève que le Haut commissariat pour les réfugiés a lui-même exprimé son inquiétude face à la dégradation de la situation.
Comme cela est affirmé dans les conclusions de la conférence d’Istanbul du groupe des amis du peuple syrien, la France est consciente des difficultés rencontrées par les pays voisins de la Syrie dans la gestion des flux de réfugiés. Nous tenons à affirmer notre solidarité à l’égard de la Turquie confrontée à cette situation humanitaire tragique.
Ces importants flux de réfugiés sont une conséquence directe de la poursuite des violences de la part des autorités syriennes, et en particulier le recours aux armes lourdes dans les villes, qui ont des conséquences humanitaires tragiques. Dans ces conditions, il est urgent de garantir un réel accès humanitaire en Syrie afin de venir en aide à la population civile. Il est dans ce contexte impératif que les autorités syriennes mettent en œuvre le plan de M. Kofi Annan, qu’elles prétendent avoir accepté et dont l’un des six points prévoit la garantie d’un accès humanitaire libre et sans entraves aux populations civiles.
Q - Vous avez cité la Turquie, mais vous n’avez pas cité le Liban. Pourtant il est beaucoup plus fragile économiquement et du point de vue de sa situation politique concernant l’arrivée massive des réfugiés syriens.
R - J’ai dit de nombreuses fois ce que j’avais à dire sur le Liban. Je mets l’accent aujourd’hui sur la Turquie, précisément parce que l’actualité que nous avons observée sur cet aspect des conséquences de la poursuite des répressions du régime syrien a affecté au cours de dernières 48 heures tout particulièrement la Turquie qui aujourd’hui a à faire face à des milliers et des milliers de réfugiés syriens qui viennent chercher protection, qui viennent essayer de sauver leur vie sur le territoire turc. Nous saluons cette disposition turque à accueillir ces malheureux. Nous connaissons bien la situation du Liban, nous la suivons avec attention. Nous connaissons les efforts qui sont faits par les autorités libanaises pour accueillir ces réfugiés que ce soient en matière d’accueil humanitaire, d’accueil médical. Nous connaissons les efforts qui sont menés par les autorités de Beyrouth et bien entendu notre souhait est que si hélas dans les jours qui viennent d’autres réfugiés venaient à devoir traverser la frontière syro-libanaise, ils puissent également être convenablement accueillis. Dans ce cadre là, il y a un point qui est important, c’est la coopération avec les autorités libanaises avec le HCR.
Q - Les Turcs ont déclaré qu’ils souhaitaient si les flux continuent vers la Turquie, créer une zone tampon en territoire syrien pour accueillir ces réfugiés. Quelle est votre position sur cette possibilité ?
R - Nous dénonçons le régime syrien qui poursuit le massacre de sa population, et demandons au régime syrien, non seulement de dire qu’il respecte et qu’il va appliquer les accords destinés à appliquer le plan de l’envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, M. Kofi Annan, mais nous appelons également le régime de Damas à cesser la violence et à mettre d’ores et déjà en œuvre certaines des dispositions du plan de M. Kofi Annan, en particulier le retrait de l’armée des centres urbains. C’est une priorité, la troisième chose que nous rappelons, c’est l’appui aux efforts de M. Kofi Annan. Il faut relire attentivement ce qu’a déclaré le Conseil de sécurité des Nations unies, la déclaration présidentielle qui a été adoptée hier à l’unanimité, donc par définition par tous les quinze membres du Conseil de sécurité, c’est un point important. S’agissant de l’humanitaire ce que nous souhaitons c’est que Mme Valerie Amos qui est chargée de cette question poursuive ses travaux et définisse rapidement des modalités pratiques qui permettraient d’améliorer les situations humanitaires de la population syrienne, de ceux qui sont victimes de la répression, cela passe notamment par de l’aide médicale dont la population a grand besoin.
Q - Vous avez évoqué l’application par la Syrie du plan Annan, or avant-hier le ministre syrien des Affaires étrangères a envoyé une lettre officielle à M. Annan dans laquelle il lie l’application par la Syrie des dispositions du plan à l’arrêt de financement et d’armement de l’opposition syrienne. Comment vous comprenez ce lien qui ne figure pas dans le plan, qui n’est pas mentionné d’ailleurs dans la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité ?
R - Je crois que sur la mise en œuvre du plan il reviendra à M. Kofi Annan d’informer la communauté internationale, c’est-à-dire notamment le Conseil de sécurité, et la Ligue arabe également, sur la mise en œuvre du plan et sur la façon dont il voit les choses. Il y a trois points qu’il faut relever aujourd’hui : le premier, c’est la répression par le régime, il y a encore des dizaines de morts chaque jour, le deuxième point, c’est la poursuite et on en a une illustration supplémentaire avec cette correspondance à laquelle vous vous referez, la poursuite des manœuvres dilatoires, les atermoiements, les mensonges du régime de Damas. Cela fait plus d’un an que le régime de Damas prend des engagements, ne les tient pas, continue à réprimer son peuple. Il est maintenant au pied du mur et devant l’ensemble de la communauté internationale. Cela a été redit à Istanbul à la réunion du peuple syrien, dimanche dernier. Quand on parle de communauté internationale, cela veut dire le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale des Nations unies, la Ligue arabe, l’ensemble des amis du peuple syrien, il y avait 80 pays à Istanbul dimanche dernier, et là nous attendons de voir comment Kofi Annan va nous présenter son évaluation de la mise en œuvre de son plan, et évidemment le moment venu, et si Damas ne respecte pas ses engagements il faudra naturellement en tirer toutes les conséquences.
Q - Il était question suivant les décisions de la réunion d’Istanbul, qu’il y ait la réunion d’une commission concernant les sanctions et il était dit qu’elle devait se réunir dans les prochains jours. Avez-vous déjà une idée de qui compose cette commission ?
R - Ce groupe de travail a été créé à Istanbul dimanche dernier et il a été décidé que la France accueillera ici la première réunion. La France la présidera. Nous avions dit que cette réunion se tiendrait à Paris dans une quinzaine de jours, nous sommes dans cet intervalle. Nous n’avons pas encore de date précise. Nous serons bientôt fixés car nous y travaillons intensément./.
Paris, 4 avril 2012
Q - Concernant la Syrie, Susan Rice a estimé que le Conseil de sécurité devrait réagir "avec vigueur", si le plan de Kofi Annan n’était pas appliqué d’ici le 10 avril, au moins sur le volet du désengagement militaire des autorités. Concrètement qu’est ce que cela signifie ? Un texte de déclaration présidentielle plus musclé ? un nouveau projet de résolution en préparation ?
R - Lundi, M. Kofi Annan avait informé le Conseil de sécurité que les autorités syriennes avaient pris l’engagement d’avoir cessé les violences d’ici le 10 avril prochain, en application du plan en six points de l’Envoyé spécial. La présidence américaine du Conseil de sécurité a proposé un projet de déclaration présidentielle qui exige des autorités syriennes qu’elles respectent pleinement cet engagement.
Nous travaillons étroitement avec nos partenaires en vue de son adoption dans les meilleurs délais, compte tenu de l’urgence. Il est indispensable que le Conseil de sécurité maintienne une pression ferme et sans ambiguïté sur le régime syrien pour qu’il cesse immédiatement les violences en mettant en œuvre les trois mesures d’application prévues par le plan Annan : mettre immédiatement fin au mouvement de troupes en direction des agglomérations ; cesser d’utiliser des armes lourdes dans les villes ; et commencer à retirer les troupes concentrées dans les agglomérations et aux alentours.
La pleine coopération du régime syrien avec M. Annan est désormais une obligation internationale. Une violation de cet engagement serait une nouvelle insulte à la communauté internationale. Le Conseil de sécurité serait tenu de réagir. La France est activement engagée auprès de chacun des membres du Conseil de sécurité pour s’assurer qu’une telle situation ne pourrait pas rester sans conséquences.
L’urgence à ce jour va à l’adoption de la déclaration présidentielle enjoignant la Syrie de respecter ses engagements./.
Paris, 3 avril 2012
Q - Que pensez-vous après l’intervention de Kofi Annan hier à NY ?
R - L’Envoyé spécial a informé le Conseil de sécurité que les autorités syriennes avaient pris l’engagement d’avoir cessé les violences d’ici le 10 avril prochain. Le mouvement doit commencer dès maintenant.
Il y a une date butoir qui est le 10 avril. Dès maintenant, Bachar Al Assad doit mettre en œuvre les 3 mesures d’application immédiate auxquelles il s’est engagé : "mettre immédiatement fin aux mouvements de troupes en direction des agglomérations, cesser d’utiliser des armes lourdes en ces lieux et commencer à retirer les troupes concentrées dans les agglomérations et aux alentours."
Nous ne pouvons tolérer que les violences se perpétuent. Cette date devra être impérativement tenue par les autorités syriennes sous peine de constituer une violation des exigences posées par le Conseil de sécurité dans sa déclaration présidentielle du 21 mars dernier.
Q - Que se passera-t-il si le régime de Damas ne coopère pas avec Kofi Annan ?
R - Si le régime de Bachar Al Assad ne coopère pas avec M. Kofi Annan, vous vous rendez compte de la gravité de la situation à l’égard de l’Envoyé spécial mandaté par le Secrétaire général des Nations unies et par la Ligue arabe, à la demande et avec le soutien de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité et des Amis du peuple syrien.
Si le régime continue ses dérobades et ses massacres, il bafouerait, insulterait la communauté internationale toute entière.
Il faudrait que toutes les conséquences en soient tirées.
Q - que pensez-vous de la visite de M. Kellenberger en Syrie ?
La France soutient les efforts du CICR qui à travers la mission de son chef, M. Jakob Kellenberger en Syrie, œuvre pour garantir un accès libre et sans entraves aux victimes de la répression dans le respect de ses principes d’indépendance et de neutralité.
La situation humanitaire en Syrie est extrêmement préoccupante. Depuis le début de la répression du mouvement de contestation dans ce pays, plus de 10 000 personnes ont péri et 75000 ont été blessées. 65 000 personnes ont disparu et plus de 210 000 ont été emprisonnées.
La situation est tragique.
Après la récente mission de Valérie Amos à Homs du 07 au 09 mars, cette nouvelle visite souligne l’urgence de la mise en place d’un accès humanitaire en Syrie afin d’aider la population civile. Il est dans ce contexte urgent que les autorités syriennes mettent en œuvre le plan de Kofi Annan, qu’elles prétendent avoir accepté et dont l’un des six points prévoit la garantie d’un accès humanitaire aux populations civiles./.
Paris, 1 avril 2012
Le ministre d’Etat a représenté la France à la deuxième conférence des amis du peuple syrien qui s’est tenue à Istanbul, dimanche 1er avril.
Cette conférence a permis d’élargir le consensus international pour mettre fin à la répression en Syrie. Elle a illustré l’isolement sans cesse grandissant du régime de Bachar El-Assad.
La conférence d’Istanbul a rappelé la condamnation par la communauté internationale des atrocités commises par le régime syrien, qui vont jusqu’à des crimes contre l’humanité.
Tout en réitérant leur soutien à l’initiative de la Ligue arabe et à la mission de Kofi Annan, les amis du peuple syrien ont relevé qu’il importait de fixer à Bachar Al Assad une date limite pour la mise en œuvre du plan en six points. Ils ont convenu qu’en cas d’échec de ce plan, il faudrait que le Conseil de sécurité se saisisse à nouveau du dossier.
Pour accroître la pression internationale sur Damas, la France accueillera sous quinzaine une réunion du groupe de travail sur les sanctions. La conférence d’Istanbul a donné une nouvelle impulsion au processus de soutien international à l’opposition syrienne, dont toutes les composantes devront se rassembler autour du Conseil national syrien. Le pacte national adopté par l’opposition et présenté par le CNS a été salué par les amis du peuple syrien, qui ont appelé l’ensemble des forces luttant en faveur de la démocratie en Syrie à se rapprocher du CNS.
Enfin devant la détérioration de la situation humanitaire, les amis du peuple syrien ont réaffirmé leur soutien aux Nations unies pour coordonner l’aide à la population syrienne.
La prochaine conférence des amis de la Syrie se tiendra à Paris./.
Paris, 30 mars 2012
Alain Juppé vient de s’entretenir au téléphone avec M. Kofi Annan, envoyé spécial conjoint des nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie. Il a appuyé l’exigence exprimée par M. Annan d’une mise en œuvre urgente des mesures d’application immédiate de son plan, en particulier, au moment où le régime s’acharne contre sa population, le retrait de l’armée et des armes lourdes des villes et l’arrêt de la répression.
Par ailleurs, je souligne que la France apporte tout son soutien aux efforts de la Ligue arabe pour trouver une solution à la crise afin que les Syriens qui se sacrifient pour la démocratie puissent enfin décider librement de leur destin.
La crise syrienne a dominé les débats pendant le sommet de la Ligue arabe qui vient de se dérouler à Bagdad.
Depuis le mois de novembre dernier, la Ligue arabe a pris des positions courageuses et a proposé un plan politique de sortie de crise qui a été soutenu par la quasi-totalité des Etats membres de l’AGNU. La résolution finale adoptée à l’unanimité à l’occasion du sommet de Bagdad s’inscrit pleinement dans cette dynamique et s’appuie notamment sur le plan de la Ligue arabe du 22 janvier. Elle soutient explicitement la mission de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, M. Kofi Annan, dont le mandat et les propositions sont fondés sur le plan de la Ligue arabe, pour mettre fin aux violences et engager une transition démocratique en Syrie./.
Paris, 29 mars 2012
Au lendemain de la prétendue acceptation par le régime de Damas du plan de M. Kofi Annan, nous constatons que la répression a encore fait plusieurs dizaines de victimes pour la seule journée d’hier et que le régime continue d’utiliser des armes lourdes contre sa population.
La communauté internationale ne se satisfera pas de faux-semblants.
La France exige que le régime respecte ses engagements et mette fin aux massacres.
La Ligue arabe se réunit aujourd’hui à Bagdad et la crise syrienne est au centre des discussions. Depuis le mois de novembre dernier, la Ligue arabe a pris des positions courageuses et a proposé un plan politique de sortie de crise qui a été soutenu par la quasi-totalité des États membres des Nations unies.
Grâce aux efforts conjoints de l’ONU et de la Ligue arabe, l’envoyé spécial pour la Syrie, M. Kofi Annan, a fait des propositions fondées sur le plan de la Ligue arabe, pour mettre fin aux violences et engager une transition démocratique en Syrie.
La France soutient les efforts de la Ligue arabe pour trouver une solution à la crise afin que les Syriens qui se sacrifient pour la démocratie puissent enfin décider librement de leur destin./.
Paris, 28 mars 2012
Bachar Al-Assad a indiqué à l’envoyé spécial conjoint de la Ligue Arabe et des Nations Unies, M. Kofi Annan, qu’il acceptait son plan de paix. Après des mois de promesses non tenues, la France et la communauté internationale le jugeront sur ses actes.
Nous exigeons la mise en oeuvre complète du plan de paix proposé par M. Kofi Annan, à commencer par l’arrêt immédiat de la répression. Je vous rappelle que celle-ci a fait encore ces derniers jours plusieurs dizaines de morts en Syrie et que l’on compte aujourd’hui par dizaines de milliers les blessés, les prisonniers, les réfugiés et les personnes déplacées.
Q - Qu’attendez-vous de la réunion dimanche du Groupe des amis de la Syrie à Istanbul ?
R - Le ministre d’Etat représentera la France à la conférence des amis du peuple syrien qui se tiendra à Istanbul, le 1er avril et qui fait suite à celle de Tunis du 24 février dernier qui avait permis d’exprimer le large soutien international aux initiatives de la Ligue arabe dans le dossier syrien.
Il y a une supposée acceptation du plan de M. Kofi Annan par Bachar al-Assad.
La réunion d’Istanbul sera l’occasion pour la communauté internationale d’apprécier si le régime de Damas applique ou pas ce plan, respecte ou pas ses engagements, arrête ou pas les massacres auxquels il se livre quotidiennement depuis plus d’un an./.
Paris, 27 mars 2012
Nous saluons les efforts des opposants syriens réunis hier à Istanbul pour construire une vision commune pour la Syrie de demain. Nous appelons tous ceux qui veulent travailler à cette nouvelle Syrie à se rassembler très vite dans cet objectif.
La déclaration qu’ils ont présentée hier à Istanbul constitue à nos yeux un document de référence pour définir les principes d’une Syrie démocratique, pluraliste et respectueuse des droits de tous les Syriens.
Nous souhaitons qu’à l’approche de la réunion du groupe des amis du peuple syrien, le 1er avril à Istanbul, ces efforts s’intensifient et que cette conférence soit l’occasion de conforter le soutien international à l’opposition syrienne unie autour du CNS./.
Paris, 27 mars 2012
Q – Quelle est votre réaction à l’acceptation du plan Annan ?
R – Et bien, acceptons-en l’augure. Le porte-parole de M. Annan vient tout juste de faire cette annonce. Je pense que M. Kofi Annan sera à même de nous donner prochainement le détail de cette réponse syrienne.
(...)
Q - Il semblerait qu’il y ait une incursion des forces de sécurité syriennes au Liban avec des affrontements. Ce n’est pas la première fois.
R - Nous condamnons évidemment ces incursions, cet usage continu, massif et quotidien de la violence qui chaque jour apporte son lot de dizaines de victimes et qui rendent d’autant plus nécessaire le travail d’unification de l’opposition syrienne et de la mise en œuvre des dispositions qui ont été adoptées à New York à travers l’adoption de la déclaration présidentielle la semaine dernière du Conseil de sécurité des Nations unies, qui constitue tout l’enjeu de la mission que mène actuellement M. Kofi Annan.
Non seulement nous condamnons cette incursion des forces de répression syriennes au Liban mais nous rappelons également notre attachement à la sécurité et à l’intégrité territoriale du Liban. C’est important de le rappeler dans les circonstances actuelles./.
Paris, 27 mars 2012
A l’approche de la seconde réunion du groupe des amis du peuple syrien qui aura lieu à Istanbul le 1er avril, nous encourageons les efforts de l’opposition pour construire son unité autour d’un projet clair pour la Syrie de demain.
Comme l’a dit le ministre d’Etat à Bruxelles, le vendredi 23 mars 2012, le rassemblement autour d’une charte qui exprimerait les attentes du peuple syrien dans toutes ses composantes. Ce serait un pas décisif. Nous souhaitons que la réunion d’Istanbul y contribue.
La réunion qui se tient à Istanbul, le 27 mars 2012, et où sont représentés le CNS ainsi que d’autres mouvances de l’opposition syrienne, est une occasion pour tous ces groupes de présenter une plateforme susceptible d’emporter la conviction du peuple syrien dans toute sa diversité.
Le CNS a déjà accompli un important travail en ce sens, mais il s’agit aujourd’hui de fédérer l’opposition dans toutes ses composantes autour d’un projet pour bâtir une Syrie démocratique, séculière, plurielle, respectueuse des droits de tous ses citoyens et de toutes les communautés qui la composent. C’est ce projet que la France a toujours soutenu et qu’elle continuera à soutenir.
Q - Les Frères musulmans ont fait une plateforme avant-hier pour le futur de la Syrie et l’unification de l’opposition afin de favoriser la création d’un Etat démocratique. Avez-vous été informés ?
R - J’ai dit sur cette réunion à Istanbul ce que nous attendions, c’est-à-dire que ce soit l’occasion pour apporter une contribution vers l’unification de toutes les composantes de l’opposition syrienne autour d’un projet clair pour la Syrie de demain. C’est vraiment l’attente et le souhait de la France que nous exprimons à ce sujet.
Vous me parlez des Frères musulmans, mais il y a également d’autres propositions. L’opposition syrienne va en débattre à Istanbul. Notre attente est en tout cas est claire : unité, charte et réunion de toutes les composantes, de toutes les sensibilités de la Syrie autour d’un projet pour la Syrie de demain./.
Bruxelles, 23 mars 2012
(...)
Nous avons longuement évoqué la situation en Syrie, y compris avec notre collègue turc, M. Davutoglu. J’ai rappelé tous les efforts que nous avions déployés, depuis de nombreux mois maintenant, pour arrêter cette situation scandaleuse, qui suscite l’indignation de nos opinions publiques.
La voie de la résolution du Conseil de sécurité ayant été bloquée, vous savez que nous avons agi sur trois plans : tout d’abord, la résolution de l’Assemblée générale, qui est une bonne résolution, qui fixe d’ailleurs le mandat de M. Kofi Annan ; ensuite, la réunion du groupe des amis du peuple syrien à Tunis, qui a isolé à la fois le régime et ceux qui s’étaient opposés à la résolution du Conseil de sécurité ; et puis enfin, en troisième lieu, notre action au Conseil des droits de l’Homme, qui vient encore tout récemment d’adopter une résolution très sévère condamnant le régime de Damas.
Quelles sont les perspectives aujourd’hui ? Nous avons obtenu une déclaration présidentielle du Conseil de sécurité où la France a retrouvé les trois éléments qui lui paraissaient essentiels : d’abord le cessez-le-feu en exigeant du régime qu’il prenne l’initiative d’arrêter l’utilisation de la violence et que bien sûr en face ce cessez-le-feu soit suivi ; ensuite, l’acheminement de l’aide humanitaire ; troisièmement - et pour moi, c’était une ligne rouge -, la volonté d’engager un processus de transition politique, puisque le cessez-le-feu et l’acheminement de l’aide humanitaire ne doivent pas frustrer le peuple syrien de son aspiration à la liberté et la démocratie.
Aujourd’hui, nous agissons dans plusieurs directions pour essayer d’aller de l’avant. Tout d’abord, nous soutenons pleinement la médiation de M. Kofi Annan, qui est un homme universellement respecté, tenace et déterminé. En second lieu, nous préparons la réunion des amis du peuple syrien qui se tiendra à Istanbul, et nous allons y travailler nous-mêmes dans le cadre du groupe rapproché, « Core Group ». J’ai souhaité que l’on travaille notamment sur deux questions : d’abord, l’invitation de la Russie, puisque la position russe a évolué, en ne s’opposant pas à l’adoption de la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité : ensuite, et c’est un deuxième axe prioritaire, aider l’opposition à se structurer, à s’unir et à définir une véritable stratégie politique qu’elle n’a pas aujourd’hui.
J’ai fait référence à l’exemple du Conseil national de transition libyen, qui était venu ici à Bruxelles présenter sa feuille de route politique ; ce qui avait beaucoup contribuer à le crédibiliser. Il faut que l’opposition syrienne fasse de même, et nous allons l’y aider. Voilà pour ce qui concerne la Syrie.
(...)
Q - Avez-vous abordé directement avec M. Davutoglu la question d’une zone tampon ?
R - M. Davutoglu a évoqué le sujet mais il n’a pas développé davantage sa pensée ; il faudra donc que vous lui posiez la question. Ce qu’il a souligné avec beaucoup de force, c’est le nombre croissant de réfugiés qui entrent en Turquie - si j’ai bien noté, il a cité le chiffre de 75.000. Il a même évoqué aujourd’hui l’arrivée de réfugiés alaouites, ce qui prouve combien la situation en Syrie est en train de se déliter. Le régime est prêt à se maintenir à tout prix et à en utilisant les moyens les plus violents. Cela dit, il se fragilise petit à petit ; les défections sont nombreuses, même si le régime n’hésite pas à prendre en otage les familles de ceux qui pourraient faire défection. La situation économique devient aussi de plus en plus difficile. La Syrie a peu de réserves, contrairement à un pays comme la Libye, et il pense que dans un délai de quelques mois, la situation économique deviendra intenable pour le régime syrien.
Vous avez vu aussi que nous avons renforcé les sanctions sur un certain nombre de personnalités syriennes, notamment l’épouse du président syrien, sa famille, avec le gel des avoirs qu’ils détiennent dans l’UE, et l’interdiction de visas. Nous avons aussi ajouté deux compagnies pétrolières syriennes aux entités sanctionnées.
Q - À ce propos, c’est un peu incompréhensible : pourquoi prendre aussi tardivement des sanctions contre l’épouse du président, sa famille, ses parents, etc. ? Des sanctions ont été prises contre Assad lui-même il y a déjà longtemps, excusez-moi du mot, mais ça fait un peu amateur quand même…
R - Merci de l’appréciation, nous sommes, c’est bien connu, des amateurs, et je fais confiance aux professionnels pour aller beaucoup plus vite ! Le propre des sanctions, c’est qu’elles se complètent petit à petit. Nous avons eu un certain nombre d’indications, cela ne vous a pas échappé, sur l’utilisation que la femme du président Bachar El Assad fait de son argent ; c’est peut-être cela qui nous a incité à durcir les sanctions. Le processus est un processus par étape : nous avons commencé par des sanctions qui, au départ ne visaient pas Bachar El Assad ; beaucoup de nos partenaires souhaitaient qu’elles ne visassent pas Bachar El Assad lui-même. Vous voyez donc que c’est un processus régulier. Je voudrais surtout signaler que les sanctions de l’UE sont effectives : nous sommes peut-être des amateurs mais quand nous décidons quelque chose, nous le faisons alors que d’autres ensembles ont décidé des sanctions qui, malheureusement, ne sont pas appliquées.
(...)
Q - Sur la Syrie, il y aura sans doute beaucoup de papiers sur Asma El Assad demain dans la presse. On a donc besoin d’une réponse précise : l’épouse du président syrien a un passeport britannique - on ne sait pas s’il est valide ou pas. Est-ce que M. Hague a précisé un petit peu les conditions dans lesquelles il entendait appliquer les décisions de l’UE à cette personne ?
R - Je ne suis pas le représentant de Sa Majesté Britannique. On ne l’a pas questionné là-dessus. Ce qui a été décidé, c’est le gel des avoirs financiers, des comptes en banque, pour dire les choses plus clairement, et c’est l’interdiction des visas. Pour le reste, il appartiendra aux autorités britanniques, qui ont approuvé ce dispositif, d’en tirer les conséquences juridiques sur leur sol (...)./.
Paris, 23 mars 2012
Je confirme que M. Alain Juppé sera à Istanbul dimanche 1er avril à l’occasion de cette conférence des Amis du Peuple syrien qui se tiendra à l’invitation de la Turquie. Je signale également, s’agissant de la Turquie, que M. Davutoglu est présent aujourd’hui à Bruxelles et que M. Juppé aura des échanges avec lui en marge du Conseil Affaires étrangères.
Q - Qu’est-ce que vous attendez de cette réunion à Istanbul ?
R - Nous avons une mobilisation croissante au plan international, telle que nous l’avons vue illustrée lors de la déclaration présidentielle adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies il y a quelques jours. Nous venons encore de voir une nouvelle manifestation ce matin de la mobilisation de la communauté internationale par ce vote du Conseil des droits de l’Home à Genève.
A la conférence d’Istanbul le 1er avril prochain à laquelle Alain Juppé représentera la France, il s’agira de traduire en actes concrets les déclarations qui ont été adoptées dans diverses enceintes des Nations unies, de manière à renforcer le soutien à la mission de M. Kofi Annan et donc de faire progresser sa mission au vue des trois priorités qu’a rappelées M. Alain Juppé ces derniers jours : l’arrêt de la violence, l’urgence humanitaire et la mise en œuvre d’un processus politique.
Q - Il y a eu une annonce aujourd’hui depuis Bruxelles à propos des sanctions qui frappent la famille de M. Al-Assad et des ministres.
R - Oui, cela a été annoncé mais vous savez qu’il y a ensuite une publication au Journal Officiel des Communautés européennes.
Q - Est-ce que certains d’entre eux sont résidents ou sont propriétaires en France ? Est-ce que cela implique le ministère des Affaires étrangères ?
R - Nous travaillons notamment avec nos partenaires européens pour renforcer les sanctions, de dénoncer la poursuite de la répression - vous avez vu qu’il y a eu encore plus de soixante morts hier en Syrie - et de prendre des mesures très concrètes pour amener le régime syrien, le clan Bachar Al-Assad, à arrêter les crimes qu’il commet jour après jour. Notre travail est aussi de mobiliser la communauté internationale. Nous le faisons depuis le premier jour, et cela bouge enfin au Conseil de sécurité à New York il y a trois jours, au Conseil des droits de l’Homme, aujourd’hui encore une fois à Genève. C’est en train de bouger à Bruxelles. C’est cela le travail de la diplomatie française. C’est de faire tout ce que nous pouvons pour dénoncer ce qui se passe, suivre très attentivement ce qui se passe parce qu’un jour, tous ces gens-là auront des comptes à rendre à la justice.
Notre travail est aussi de participer de manière très active aux sanctions qui sont prises en particulier par les Européens parce que ce qui est en train de se décider aujourd’hui, c’est un degré supplémentaire dans un long processus de prise de sanctions qui a commencé à Bruxelles à l’initiative de la Franc, très rapidement, au début de la crise, parce que c’est la France qui est allée à Bruxelles pour dire aux Européens qu’il fallait agir par rapport à ce qui se passait en Syrie.
Le troisième élément de notre travail est de préparer, avec notamment les Turcs, la conférence d’Istanbul la semaine prochaine. Quel est l’enjeu ? C’est d’avoir une fois de plus la plus large expression possible de soutien au peuple syrien et également de soutien à la mission de M. Kofi Annan.
Q - Est-ce que l’on a une idée de combien de Syriens ont fait une demande d’asile politique récemment ?
R - Oui, il y en a bien sûr et nous avons beaucoup travaillé mais nous le faisons avec discrétion. Quel est le pouvoir du clan Assad ? Il repose sur trois piliers :
L’armée qui est en train de s’effriter.
L’économie qui, elle aussi, est sérieusement bousculée par les sanctions.
Le troisième pilier, c’est la terreur non seulement sur les opposants mais sur les familles, les enfants etc. C’est la raison pour laquelle, - et ce n’est pas pour cacher quoique ce soit - sur toutes ces questions-là, nous sommes très discrets compte tenu de ce contexte, mais nous sommes actifs. Le risque est très grand car il y a parfois des familles derrière qui ne peuvent pas partir et qui peuvent se faire massacrer du jour au lendemain. C’est un point sur lequel nous sommes mobilisés depuis des mois mais c’est aussi la raison pour laquelle nous ne pouvons pas en dire beaucoup./.
Paris, 23 mars 2012
Après une première résolution prise en urgence au début de sa session, le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, à Genève, s’est exprimé pour la seconde fois en condamnant les autorités de Damas pour leur politique de répression massive du peuple syrien et les crimes contre l’humanité qui sont commis, en exigeant la cessation des violences et un accès humanitaire et en demandant l’ouverture d’un dialogue politique national. Le Conseil a également décidé de la prolongation du mandat de la commission d’enquête sur la Syrie, compte tenu de la gravité de la situation sur le terrain.
Après la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 21 mars dernier, cette résolution, adoptée par le Conseil des Droits de l’Homme à une majorité encore plus forte, constitue un nouveau message sans ambigüité des Nations unies au régime syrien, dont l’isolement international quasi-total est confirmé.
Alors que les violences se poursuivent, les autorités de Damas doivent entendre ce message, mettre en œuvre sans délai les exigences de la communauté internationale, et notamment le plan en 6 points de M. Kofi Annan, Envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe.
Q - Qu’attendez-vous de la visite de M. Annan à Pékin et à Moscou ?
R - Nous attendons précisément qu’il conforte avec ses interlocuteurs russes et chinois le soutien qui lui a été exprimé par l’ensemble de la communauté internationale. Cela a été le cas de la Russie et de la Chine notamment parmi les quinze Etats membres du Conseil de sécurité il y a quelques jours. Dans ce cadre-là et pour une mise en œuvre optimale de son mandat, ces déplacements dans les capitales russe et chinoise ne pourront qu’accroitre le soutien dont il doit bénéficier pour mener sa mission avec succès. C’est d’autant plus important qu’il y a urgence.
Q - Vous avez dit qu’il y a une mobilisation croissante au plan international, en citant les différentes déclarations qui ont été adoptées. Le CNS est assez critique sur la déclaration présidentielle adoptée à l’ONU, quelle est votre réaction ? Le CNS trouve que cela encourage Bachar Al-Assad à poursuivre sa répression.
R - Ce que nous attendons du CNS c’est qu’il participe activement à cette mobilisation internationale qui se traduit par un soutien fort à la mission de M. Kofi Annan et qu’il poursuive par ailleurs les efforts auxquels nous l’appelons sans cesse en vue d’élargir l’unité du Conseil et de travailler à l’unification de l’opposition syrienne./.
Paris, 23 mars 2012
Après une première résolution prise en urgence au début de sa session, le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, à Genève, s’est exprimé pour la seconde fois en condamnant les autorités de Damas pour leur politique de répression massive du peuple syrien et les crimes contre l’humanité qui sont commis, en exigeant la cessation des violences et un accès humanitaire et en demandant l’ouverture d’un dialogue politique national.
Le Conseil a également décidé de la prolongation du mandat de la commission d’enquête sur la Syrie, compte tenu de la gravité de la situation sur le terrain.
Après la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 21 mars dernier, cette résolution, adoptée par le Conseil des Droits de l’Homme à une majorité encore plus forte, constitue un nouveau message sans ambiguité des Nations unies au régime syrien, dont l’isolement international quasi-total est confirmé.
Alors que les violences se poursuivent, les autorités de Damas doivent entendre ce message, mettre en œuvre sans délai les exigences de la communauté internationale, et notamment le plan en 6 points de M. Kofi Annan, Envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe./.
La France se félicite du soutien unanime témoigné par le Conseil de sécurité à la mission de l’Envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe.
Les autorités syriennes doivent enfin répondre aux exigences de la communauté internationale et coopérer avec Kofi Annan. En particulier, elles doivent immédiatement et totalement cesser les violences et la répression, permettre à l’aide humanitaire de parvenir à l’ensemble des populations qui en ont besoin, et s’engager dans un dialogue inclusif en vue d’une solution politique durable.
Il est indispensable qu’une réponse soit apportée aux aspirations légitimes qui s’expriment depuis plus d’un an et que soit mise en œuvre une transition en vue de l’établissement d’une Syrie libre et démocratique, respectueuse des droits de l’Homme et des libertés fondamentales de tous ses citoyens et garantissant les droits des personnes appartenant à des minorités.
Par cette déclaration, le Conseil des Sécurité des Nations Unies commence à prendre ses responsabilités après des mois de blocage.
La France, fermement engagée auprès de la Ligue arabe et de l’Envoyé Spécial, est déterminée à continuer à tout faire pour que cesse la tragédie syrienne./.
Paris, 20 mars 2012
Q - Je passe à un sujet très différent : la Syrie. Il y a aujourd’hui une réunion importante à l’ONU. Qu’attendez-vous ?
R - Nous ne relâchons pas nos efforts parce que le drame qui se déroule en Syrie, depuis des mois et des mois, est là aussi inacceptable.
Nous avons préparé - je ne vais pas rentrer dans la technique diplomatique - une déclaration de la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies, avec un triple objectif : d’abord, obtenir une cessation des violences, dès que possible, un cessez-le-feu ; ensuite, permettre l’accès de l’aide humanitaire - je me bats sur ce point depuis longtemps ; enfin - et c’est pour nous extrêmement important -, poursuivre le processus politique.
On ne peut pas confisquer l’aspiration démocratique du peuple syrien qui est à l’origine de tout ce qui se passe en Syrie. Alors, c’est difficile, mais je sens que les Russes sont en train de bouger, un peu, parce qu’ils se sentent profondément isolés. Je voudrais tout de même rappeler que la France, devant le blocage du Conseil de sécurité, a eu recours à l’Assemblée générale des Nations unies, avec d’autres, et que nous y avons obtenu 137 voix, c’est-à-dire les deux tiers de la communauté internationale.
Nous avons aussi suggéré une réunion des Amis du peuple syrien. Une seconde réunion va se tenir bientôt en Turquie ; nous accentuons donc la pression. On peut dire : « c’est de l’impuissance »… Non, c’est beaucoup plus long que nous ne le souhaiterions. Le massacre continue mais nous allons, là aussi, maintenir cette pression et ne jamais renoncer.
Q - Faut-il armer les rebelles ?
R - Je ne le pense pas. D’ailleurs, une grande partie de l’opposition ne le souhaite pas et même s’y oppose. Pourquoi ? Parce que si on fournit des armes lourdes aux rebelles, on amorce - ce qui est déjà amorcé, hélas - un processus de guerre civile. La société syrienne est profondément divisée entre communautés : les alaouites qui sont minoritaires mais qui ont le pouvoir les sunnites, mais aussi les chrétiens qui sont très inquiets pour leur avenir. Donc, si l’on met des armes lourdes dans ce type de situation, le risque d’escalade est très élevé. Ce qu’il faut, c’est le cessez-le-feu, l’aide humanitaire et le processus politique.
Q - Une intervention militaire est-elle exclue ?
R - L’intervention militaire ne pourrait avoir de sens que dans le cadre d’un mandat des Nations unies. Nous n’allons pas nous projeter sur le terrain, comme cela, proprio motu. Or, les conditions ne sont pas et ne seront pas réunies pour obtenir ce feu vert. Je le répète, les pays de la région eux-mêmes ne le souhaitent pas.
La Ligue arabe s’est fortement investie dans ce conflit, c’est d’ailleurs un point essentiel. C’est sur ce plan de la Ligue arabe que nous devons agir. Je vous rappelle que ce plan prévoit un processus de transition politique et non pas une intervention militaire (...). ./.
New York, 19 mars 2012
(En anglais)
We circulated today the draft of a UNSC presidential statement. It’s the least controversial text that we could utter and I do hope it will be adopted tomorrow.
Q - Why wasn’t it adopted today ?
It’s such a sensitive topic that countries need instructions from their capitals. So we’ll have the first meeting at expert level only tomorrow morning. Considering the time difference, they will get their instructions only tomorrow.
Q - Did Annan request this support ?
Yes, Kofi Annan asks for the support of the Council. We were in touch with him, and he wanted to show that all the Council was behind him. And that’s the point of this text. Only to bring support to Koki Annan. It’s not the situation in Syria, which would be another topic.
Q - Why not a resolution ?
A presidential statement is easier to negotiate. If you enter in the negotiation of a resolution, it’s difficult not to have a lot of elements coming in and we would fall back into the same blocage we were facing. For us, it appeared easier to have a presidential statement, because we have to do it quickly. A resolution requires one or two weeks of negotiation and it would be meaningless since Kofi Annan asked for the UNSC support on Friday.
Q - Do you think Kofi Annan needs the support of the UNSC ?
Kofi Annan was asking for the support of the UNSC, so it means that he thinks that he needs our support.
Paris, 19 mars 2012
Syrie / ONU - Mission de l’Envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe
Lors des consultations du Conseil de sécurité vendredi dernier, M. Kofi Annan a demandé aux membres du Conseil de sécurité de parler enfin d’une seule voix sur la Syrie.
La France réitère le soutien que nous avons apporté dès ses débuts à la mission délicate de l’Envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe sur la Syrie.
Nous souhaitons que le Conseil de sécurité exprime rapidement son soutien à l’action de M. Kofi Annan en vue de l’arrêt de la répression sanglante et de l’obtention d’un accès humanitaire, afin de dégager enfin une solution politique crédible et pacifique à la crise en Syrie sur la base de l’initiative arabe endossée par l’AGNU le 16 février.
L’évaluation des besoins en termes d’action humanitaire, à laquelle procèdent notamment les missions de l’ONU et de l’OCI depuis dimanche, est une première étape. Elle doit intervenir au plus tôt, compte tenu de l’urgence évidente à agir.
Paris, le 16 mars 2012
Q - Le sénateur américain John Mc Cain demandait récemment : « Combien faut-il de morts en Syrie, 10.000 ? 20.000 ?, pour enfin agir ? ». Qu’en pensez-vous ?
R - Naturellement, c’est un cauchemar. Ce régime est devenu fou. Nous soutenons Kofi Annan pour mettre en œuvre son mandat, mais nous ne serons pas dupes des manœuvres syriennes. Le régime de Damas s’est lancé dans une fuite en avant sanguinaire. Je continue à penser qu’il n’y a pas pour l’instant d’options militaires. Il est exclu que nous nous lancions dans une telle opération sans un mandat des Nations unies, et les conditions pour un tel mandat ne sont pas rassemblées.
Alors quel autre type d’intervention du Conseil de sécurité peut-on envisager ? J’ai cru percevoir dans le langage de Sergueï Lavrov une légère évolution. Mais pour l’instant, cela n’a pas amené la Russie à changer véritablement de pied et à accepter une résolution qui nous donnerait la base juridique pour une intervention de l’ONU.
J’ajoute que la situation, objectivement, est assez différente de celle que l’on a connue en Libye. Il y a des opposants dont l’attitude affaiblit gravement l’opposition - tant qu’ils continueront à se déchirer et à s’opposer les uns aux autres, l’intérieur et l’extérieur. Nous faisons tout pour essayer de les rassembler autour du Conseil national syrien (CNS), et les convaincre d’être plus inclusifs, d’accueillir des alaouites, des chrétiens. Ils n’y parviennent pas assez.
Q - Peut-on envisager ce que suggèrent les Russes, c’est-à-dire de renoncer à l’exigence d’un transfert du pouvoir en Syrie, pour obtenir un arrêt des violences ?
R - Le plan de la Ligue arabe ne prévoit pas le départ de Bachar Al-Assad du pouvoir. C’est sa mise à l’écart, et plus exactement, la désignation de son vice-président pour négocier et engager la transition. C’est vraiment le minimum.
Je reconnais qu’il y a un vrai dilemme. Peut-on bloquer une résolution qui ne serait qu’une résolution humanitaire sans aucune dimension politique au risque de laisser se poursuivre les massacres ? Ou faut-il accepter ce compromis peu glorieux au risque de pérenniser le régime ? C’est extrêmement difficile. C’est pour cette raison qu’il y avait une forte pression, lundi, à l’ONU, pour aller dans ce sens, de Ban Ki-moon, des Britanniques, des Américains.
Q - Vous laissez entendre que la France a refusé de se contenter d’une sorte de demi-mesure...
R - J’ai deux lignes rouges. Je ne peux pas accepter que l’on présente les oppresseurs et les victimes sur le même plan. L’initiative de la cessation des hostilités doit donc venir du régime. La seconde : on ne peut pas se contenter d’une déclaration humanitaire et d’un cessez-le-feu - il faut absolument faire référence à un processus de règlement politique fondé sur la proposition de la Ligue arabe.
Q - A-t-on sous-estimé la capacité de résistance du régime syrien ?
R - Sans doute. On pensait qu’il y aurait davantage de défections et plus rapides. Cela commence à se craqueler. Il faut voir que ce régime ne recule devant aucune espèce de barbarie. Les familles des ambassadeurs ou celles des généraux sont prises en otages, purement et simplement. On les menace, si jamais ils font défection, de représailles. On a peut-être mal mesuré la férocité de ce régime. Et de la personnalité même d’Assad.
Q - La France est-elle favorable à ce que des armes soient livrées - par quiconque - à l’opposition ?
R - Non. Cela me rappelle, malheureusement, un débat que nous avons eu, en d’autres temps, sur l’ex-Yougoslavie. Fallait-il maintenir l’embargo sur les armes ? Au risque de pénaliser les Bosniaques face aux Serbes ? Nous avions tranché en disant : ne facilitons pas une escalade militaire et donc ne livrons pas d’armes. Là, nous sommes un peu dans le même schéma : livrer des armes, c’est précipiter la Syrie dans une guerre civile qui risque d’être épouvantable, car nous voyons bien la détermination de chacune des communautés.
Je suis navré de voir que la hiérarchie chrétienne, catholique ou orthodoxe, continue à lier son sort à Bachar Al-Assad. Nous comprenons les craintes des chrétiens, mais leur avenir sera meilleur dans une Syrie démocratique.
Q - Avec la Syrie, sommes-nous face aux limites de la politique d’interventionnisme mise en œuvre dans d’autres dossiers ?
R - D’une certaine manière, à cause du blocage imposé par deux membres permanents du Conseil de sécurité. Mais nous allons persévérer. En Côte d’Ivoire, en Libye, cela a marché. Quoi qu’on dise de la situation en Libye aujourd’hui, je suis fier de ce que l’on a fait. Il le fallait, sinon Kadhafi aurait massacré le peuple de Benghazi et continuerait à opprimer. Il y a des circonstances où le Conseil de sécurité est efficace, comme au Timor, où l’on a arrêté une guerre./.
Paris, 15 mars 2012
Il y a un an jour pour jour, des citoyens syriens se rassemblaient au souq Harika de Damas pour réclamer la liberté et la démocratie. D’emblée, le régime répondait par la violence et par la répression.
Deraa, Hama, Homs, Douma, Zabadani, Idlib : ces noms, et ceux de biens d’autres villes et villages sinistrés, sont aujourd’hui devenus des symboles du martyre du peuple syrien.
Ce peuple prouve au monde, avec un courage et une détermination admirables, que les aspirations à la dignité et à la liberté sont plus fortes que l’oppression.
Et pourtant, un an après, ce combat légitime est loin d’être achevé. Chaque jour, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants sont assassinés. Les responsables du régime devront répondre de ce crime contre l’humanité.
Cette violence effroyable est un aveu de faiblesse. Le régime de Bachar al-Assad a perdu toute légitimité. Il cherche à attiser les conflits interconfessionnels, et à provoquer une spirale de violence et une montée des extrêmes dont il espère tirer profit pour se maintenir au pouvoir. Il représente une menace pour tous et pour la paix dans la région.
La France est mobilisée, au premier rang des nations amies du peuple syrien. Elle a contribué à affaiblir le régime en soutenant la mise en œuvre par l’Union européenne de sanctions. Elle a contribué activement à la création du groupe des amis du peuple syrien, fondé à Tunis le 24 février.
Elle a plaidé la cause du peuple syrien dans toutes les enceintes internationales, que ce soit à l’Assemblée générale des Nations Unies, au Conseil des droits de l’homme ou au Conseil de sécurité, où nous nous sommes heurtés jusqu’à présent aux vetos de la Russie et de la Chine.
Elle a été la première à apporter son soutien au Conseil national syrien, qui œuvre à rassembler autour de lui toutes les sensibilités qui font la richesse de la société syrienne. Je salue la présence ce soir de plusieurs de ses principaux responsables.
Le peuple français, qui connaît le prix de la liberté, est aux côtés du peuple syrien en ce premier anniversaire de la révolution de Syrie. Il le soutient et l’admire. Il partage sa cause. Et il est sûr que la liberté triomphera./.
Paris, 15 mars 2012
M. Kofi Annan, envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe, interviendra demain devant le Conseil de sécurité pour l’informer des résultats de sa mission en Syrie et dans la région, notamment de la réponse que lui ont donnée les autorités syriennes à ses propositions.
Nous soutenons pleinement son action et attendons de connaître ses premières conclusions et recommandations. Nous entendons rester pleinement mobilisés en vue du succès de sa mission.
Dans le droit fil des différentes initiatives que nous avons lancées depuis des mois, nous sommes déterminés à poursuivre notre action en vue d’un arrêt immédiat des violences, d’un accès humanitaire sans entrave et du lancement d’un processus politique qui permettrait enfin une sortie de crise crédible, durable et pacifique.
M. Alain Juppé a adressé hier un message de soutien à l’initiative du maire de Paris d’organiser aujourd’hui une mobilisation sur le parvis de l’Hôtel de Ville afin de marquer le premier anniversaire du soulèvement du peuple syrien./.
Paris, 15 mars 2012
Monsieur le Maire,
Depuis un an, la France est à al pointe des efforts de la communauté internationale pour faire cesser la répression qui sévit en Syrie, pour aider el peuple syrien à se libérer du joug d’un régime sanguinaire.
Dans ce contexte, je tenais à saluer votre initiative visant à organiser, le 15 mars, une mobilisation sur le parvis de l’Hôtel de Ville afin de commémorer le premier anniversaire du début du soulèvement du peuple syrien. Je ne pourrai m’y associer physiquement, mais je souhaiterais que ce rassemblement autour de représentants du Conseil National Syrien soit aussi l’occasion de marquer la solidarité du gouvernement français.
Dans cette perspective, je vous transmets ci-joint un bref message, que vous pourriez décide de lire à l’occasion de cette manifestation, important moment d’unité autour de l’objectif de libération du peuple syrien. Les dirigeants du Conseil National Syrien m’ont indiqué qu’une telle expression publique du soutien du gouvernement français serait importante pour la cause.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes sentiments les meilleurs./.
Paris, 15 mars 2012
Nous avions condamné le 17 février l’arrestation du journaliste et militant des droits de l’Homme M. Mazen Darwich avec ses collaborateurs alors qu’ils se trouvaient dans les locaux de son O.N.G., le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression.
Aujourd’hui, des nouvelles préoccupantes nous parviennent sur l’état de santé de M. Mazen Darwich dont la vie serait en danger.
Nous demandons au régime de Damas la libération de ce journaliste dont la seule faute a été de vouloir témoigner et d’exercer sa liberté d’opinion.
Nous saluons le courage de tous ceux, citoyens, journalistes, blogueurs qui, au péril de leur vie, permettent au monde de connaitre la réalité tragique que subit depuis un an le peuple syrien.
Q - L’émissaire chinois pour la Syrie Zhang Ming a-t-il été reçu au Quai d’Orsay comme prévu et par qui ? Quelle a été la teneur de ces entretiens ? Y a-t-il une évolution de la Chine sur la question syrienne qui pourrait se traduire par des avancées sur le projet de résolution actuellement à l’étude au Conseil de sécurité ?
R - M. Zhang Ming, sera reçu cette après-midi au Quai d’Orsay./.
Paris, 14 mars 2012
Q - Est-ce que vous avez des détails sur la visite de l’émissaire chinois et qu’est ce que vous attendez de cette visite sur la Syrie ?
R - M. Zhang Ming, ministre assistant des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, sera reçu aujourd’hui par le conseiller diplomatique du président de la République et demain par le directeur de Cabinet du ministre d’État et le directeur politique du ministère des Affaires étrangères et européennes.
La France accueille avec intérêt ce représentant du gouvernement chinois. Cette rencontre sera l’occasion d’un échange de vues approfondi sur la crise syrienne. Nous prendrons connaissance des propositions chinoises et nous rappellerons la position de la France que le ministre a rappelé avant-hier à New York :
l’urgence d’une solution humanitaire ;
l’urgence de la cessation de la répression ;
l’urgence d’une solution politique telle que définie par le plan de la Ligue arabe et entériné par l’Assemblée générale des Nations unies ;
l’appui à l’action de l’envoyé spécial conjoint du Secrétaire général des Nations unies et de la Ligue arabe, M. Kofi Annan.
Q - Avez-vous des informations sur la réponse de Bachar al-Assad aux propositions de Kofi Annan pour une solution à la crise syrienne ?
R - Nous comprenons que M. Kofi Annan, qui a le plein soutien de la France, doit s’exprimer aujourd’hui sur ce sujet.
Q - Quelles informations avez-vous pu recueillir sur la présence ou non de l’ex-ministre de Défense Moustapha Tlass en France ?
R - Comme je l’ai déjà indiqué, je n’ai pas d’information à ce sujet./.
Paris, 12 mars 2012
Avez-vous des informations sur la défection de l’ancien ministre syrien de la Défense Moustapha Tlass qui serait à Paris ?
Je n’ai pas d’informations à ce sujet. Il semble que les défections commencent à se multiplier autour du régime syrien.
Ce régime a depuis longtemps perdu toute légitimité auprès de la population et des élites syriennes. L’apparente cohésion du pouvoir syrien est le fruit d’une politique de terreur, qui ne saurait l’emporter durablement sur les aspirations à la liberté et à la dignité./.
Paris, 8 mars 2012
Face à la gravité de la situation humanitaire en Syrie, la France a décidé, à titre national, de consacrer un million d’euros supplémentaire, au fonds d’urgence humanitaire pour la Syrie qu’elle a créé le 14 février dernier.
L’accès humanitaire aux populations civiles victimes de la répression constitue un impératif et un forum humanitaire sur la situation en Syrie se tient aujourd’hui à Genève afin de mobiliser la communauté internationale qui se doit d’apporter une assistance à la population syrienne.
La France souhaite que ce Forum de Genève permette l’adoption de décisions en matière d’ assistance humanitaire à la population syrienne. Elle renouvelle son soutien à l’action des agences des Nations unies et de l’ensemble des acteurs humanitaires engagés sur le terrain. Elle souligne l’importance de la visite que Mme Valerie Amos, secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, a pu effectuer en Syrie et qui a permis de mettre en évidence, au nom des Nations unies et aux yeux du monde entier, l’urgence humanitaire à la suite la tragédie de Homs, ville dévastée.
Elle réitère son appel à un accès humanitaire sans entrave au territoire syrien afin que l’assistance d’urgence puisse être dispensée aux populations syriennes durement éprouvées./.
Paris, 6 mars 2012
Depuis des mois, la France exige, avec la communauté internationale, que la Syrie s’engage dans une solution pacifique et qu’elle respecte ses obligations humanitaires. Nous avons été particulièrement choqués par le fait que, après avoir donné leur accord à une mission du CICR à Homs, les autorités syriennes aient empêché tout accès humanitaire à la population du quartier de Baba Amr.
Face au refus d’abord opposé à la demande de Mme Amos de se rendre en Syrie, le Conseil de sécurité a demandé, le 1er mars dernier, aux autorités syriennes de coopérer pleinement avec les Nations unies pour garantir un accès libre et sans entrave des organisations humanitaires.
La visite de Mme Amos, attendue du 7 au 9 mars en Syrie, est une étape. Mais désormais, ce sont des actions concrètes et immédiates qui sont attendues de la part des autorités syriennes. Il leur revient d’assurer sans plus attendre un accès libre et sans entrave des organisations humanitaires à l’ensemble de leur territoire, en particulier aux populations victimes des violences et aux zones menacées, y compris à Homs et dans les autres villes attaquées. Sans accès, les organisations humanitaires ne sont pas en mesure d’évaluer correctement les besoins et d’apporter une assistance humanitaire aux populations en détresse.
Au-delà de l’urgence humanitaire, il revient aux autorités syriennes de mettre fin sans délai aux violences, afin que se dégage enfin l’espace nécessaire pour une solution politique pacifique et crédible sur la base de l’initiative de la Ligue arabe. C’est tout l’objet de la mission assurée par l’envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe sur la Syrie, M. Annan, que l’ensemble des acteurs internationaux doivent soutenir et que la France soutient pleinement./.
Paris, 2 mars 2012
La France salue l’adoption unanime par le Conseil de sécurité d’une déclaration exigeant des autorités syriennes de garantir un accès humanitaire immédiat et sans entraves aux populations ayant besoin d’assistance et d’autoriser le déplacement de Mme Amos en Syrie. Au-delà de l’urgence humanitaire, cette crise appelle une solution politique. Damas doit immédiatement mettre fin à la répression implacable qui a déjà causé la mort de plus de 7.000 civils, et s’engager dans un processus de transition crédible, sur la base du plan de la Ligue arabe.
S’agissant de la Syrie, et plus précisément s’agissant de la situation de nos deux compatriotes, Edith Bouvier et William Daniels, je peux déjà vous confirmer qu’ils sont arrivés dans la nuit à Beyrouth. Sitôt arrivés dans la capitale libanaise, notre ambassade a pris soin de les amener tous les deux à l’Hôpital-Dieu de France de Beyrouth où ils ont été immédiatement, en pleine nuit, pris en charge par les médecins libanais. Je signale d’ailleurs qu’un médecin libanais avait fait le trajet routier jusqu’à la capitale libanaise au côté de notre compatriote et nous remercions tous les médecins et le personnel médical infirmier libanais qui ont accompagné notre compatriote dans ce retour vers la capitale libanaise.
Deuxièmement, je souhaite préciser que nous avons eu des contacts bien sûr avec Édith Bouvier et avec William Daniels. Le premier contact, c’est le médecin du Centre de crise du Quai d’Orsay qui l’a eu au téléphone pendant que le convoi allait vers Beyrouth. Il s’est entretenu avec chacun de nos deux compatriotes. Il a pu observer que leur moral était bon, qu’ils étaient naturellement fatigués compte-tenu de ce qu’ils venaient d’endurer au cours des derniers jours et plus précisément au cours des dernières heures, qu’ils étaient bien sûr impatients de rentrer au pays. Il a pu constater également par téléphone que la situation d’Édith Bouvier était sur un plan strictement médical satisfaisant. À cet égard, et cela a été confirmé ensuite lors des premiers examens qui ont été faits à l’Hôpital-Dieu de France à Beyrouth, il s’avère que les médecins syriens qui ont traité Édith Bouvier tout de suite après sa blessure ont fait un travail tout à fait remarquable ce qui a permis à la blessure de ne pas empirer et à l’état de santé de notre compatriote de ne pas se dégrader au cours des jours, des très longs jours qui ont précédé son évacuation de Syrie. Pendant la nuit, notre ambassadeur à Beyrouth, Denis Pietton, s’est rendu bien sûr au chevet d’Édith Bouvier. Il a pu longuement parlé aussi avec elle, avec William Daniels. Il confirme lui aussi qu’ils allaient bien.
La troisième chose que je voulais dire, c’est qu’à l’heure à laquelle nous parlons, l’avion officiel de la République française, un avion médicalisé qui était parti ce matin de Paris doit en ce moment atterrir à Beyrouth. Nous avons envoyé cet avion pour qu’il puisse ramener en France avec accompagnement médical approprié nos deux compatriotes. Il devrait revenir en France d’après nos informations dans la soirée d’aujourd’hui. Il va de soi que nous serons probablement en mesure de vous confirmer un peu plus tard dans l’après-midi l’heure exacte de retour mais la décision finale du retour relève des médecins qui suivent Édith Bouvier. C’est eux qui ont donné le feu vert pour que nous puissions la ramener en France. Je voudrais également dire quelques mots pour des gens que nous ne voulons pas oublier dans ces circonstances. Ce sont ces Syriens, des Syriens qui probablement resteront anonymes et qui au cours des derniers jours ont permis la sortie de la ville de Homs de nos deux compatriotes, leur ont permis également de regagner le Liban sains et saufs. Je voudrais vraiment avec beaucoup de sincérité rendre un hommage à tous ces Syriens qui, à chaque minute, à chaque mètre qu’ils effectuaient sur ce très long parcours entre Homs et la frontière syro-libanaise, ont accompagné nos deux compatriotes, leur ont permis de se mettre en sécurité et ils l’ont fait au péril de leur vie. Ils l’ont fait en prenant des risques énormes au milieu de beaucoup de dangers. Je ne vais pas vous refaire une description de ce qu’est aujourd’hui et de ce qu’a été au cours des derniers jours la situation en Syrie et plus particulièrement à Homs mais ils ont pris des risques absolument considérables. Ils ont mis leur vie en danger à tout moment et leur engagement, leur humanité a permis à nos deux compatriotes de retrouver la sécurité. Je voudrais aujourd’hui très sincèrement, très formellement et avec beaucoup d’humanité leur rendre un hommage, un vrai hommage. Je voudrais qu’ils sachent également que pour que la violence s’arrête dans leur pays, pour que leurs idéaux de démocratie puissent triompher de la répression barbare à laquelle ils se heurtent depuis des mois, la France continuera à être elle aussi mobilisée, pour que la violence cesse et pour que la démocratie l’emporte, pour que la liberté l’emporte dans ce pays martyr.
Voila ce que je voulais vous dire. Sur un plan opérationnel, nous prévoyons un retour de l’avion en début de soirée à Paris. Je ne connais encore ni l’horaire, ni le lieu. Nous vous tiendrons informés dans le courant de l’après-midi.
Q - Vous avez remercié beaucoup de personnes mais vous n’avez remercié ni le gouvernement syrien ni le gouvernement libanais. Est-ce que vous avez eu une coopération dans cette affaire avec les autorités à Damas ou avec les autorités à Beyrouth ?
R - Je voulais remercier d’abord ceux qui ont mis leur vie en jeu, c’est-à-dire des hommes. Des hommes qui ont joué leur vie dans cette affaire et vous me permettrez de penser que c’est important. D’autre part, s’agissant des autorités syriennes, je rappelle, et Alain Juppé s’était exprimé là-dessus, combien de fois nous leur avons demandé de faciliter les choses. Nous avions demandé d’abord que notre ambassadeur puisse se rendre à Homs. Cela n’a pas été accordé. Nous avions demandé de manière réitérée que cesse la violence à Homs, que l’armée cesse ses opérations de pilonnage de la ville de Homs de manière à permettre l’évacuation. Cela n’a pas été fait. Nous remercions bien entendu les autorités libanaises. Je pense que les plus hautes autorités françaises le diront de manière beaucoup plus officielle que moi.
La France a essayé d’organiser l’évacuation avec les autorités syriennes de Mme Édith Bouvier et de M. William Daniels pendant plusieurs jours. Faute d’accord des autorités syriennes pour qu’un représentant de l’ambassade de France se rende sur les lieux, cette évacuation n’a pas été possible.
La France est reconnaissante à tous ceux qui ont cherché à aider à cette évacuation, notamment la Russie.
Q - Quel rôle ont joué les Russes pour le NSI ?
R - M. Poutine s’est exprimé sur le sujet.
Q - Une petite question sur les Russes. Les Russes rejoignent maintenant la communauté internationale sur certaines parties des exigences de la France et d’autres, surtout sur les questions humanitaires et l’aide qu’ils ont donnée était précieuse bien sûr. Mais est-ce qu’il n’y a pas un risque maintenant d’une demi-mesure sur la Syrie qui ne correspond pas du tout à ce que cherche la France, les États-Unis et la majorité du Conseil de sécurité et de régler les problèmes humanitaires mais pas les problèmes de fond ?
R - Je suis bien d’accord et c’est cela que nous attendons de la Russie et de la Chine. Nous attendons qu’ils fassent mouvement. Ce qui s’impose à nous tous aujourd’hui, c’est d’essayer de tout mettre en œuvre pour répondre à l’urgence humanitaire. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes satisfaits de cette déclaration qui a été adoptée hier à l’unanimité par le Conseil de sécurité, et c’est la raison pour laquelle nous réitérons avec insistance aux autorités syriennes qu’elles laissent entrer sur leur territoire Mme Valérie Amos. C’est la raison pour laquelle nous soutenons les efforts qu’entreprend M. Kofi Annan en sa qualité de Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Syrie. Et c’est la raison pour laquelle nous allons continuer effectivement à travailler. L’urgence qui s’impose à tous et qui doit être traitée par tous les moyens. Toutes les options sont possibles et doivent être examinées pour venir en aide au peuple syrien, et c’est ce que nous avons commencé à faire et que nous allons continuer à faire avec tous nos partenaires et dans ce cadre là, toute contribution de nos partenaires et notamment de la Russie sera la bienvenue. Et puis il y a le problème politique qui est posé, c’est-à-dire dans sa manifestation la plus brutale, le recours à la force, l’usage de la violence, contre ceux qui en Syrie depuis bientôt un an et au prix de tellement de vies humaines, réclament la liberté. Il va falloir rester mobilisés principalement en appui aux efforts de la Ligue arabe qui a présenté un plan, qui est sur la table, depuis trop longtemps, maintenant il serait grand temps que ce plan puisse être appliqué. C’est le souhait de la France et c’est ce que à quoi, nous travaillons.
Q - Le président de la République a annoncé à Bruxelles que l’aide aux insurgés allait franchir un nouveau cran, est-ce que vous avez une idée de ce que cela signifie ?
R - On y travaille, comme on travaille également sur l’autre annonce qu’a faite le président de la République sur la fermeture de notre ambassade à Damas. Nous sommes en train de mettre au point les modalités pratiques de mise en œuvre de cette décision annoncée par le président de la République.
Q - La fermeture de l’ambassade de France à Damas concerne combien de personnes ?
R - Je dirais une dizaine de personnes.
Q - On a parlé du décès de trois personnes dans la tentative d’évacuation de M. Conroy. Est-ce que vous avez aussi des chiffres sur ce qui a pu se passer lors de l’évacuation de Mme Bouvier ? Je voulais savoir aussi si la France a envisagée la possibilité d’envoyer des armes aux résistants en Syrie ?
R - S’agissant des armes, M. Alain Juppé s’est exprimé à de nombreuses reprises au cours des derniers jours, et la position n’a pas changé. En ce qui concerne, le drame qui s’est joué au moment du départ du journaliste britannique M. Conroy, je préfère délibérément rester discret parce que quand cela s’est passé, il y avait la vie de ces journalistes étrangers qui était en jeu. Mais il ne faut pas oublier que lorsque ces journalistes étrangers sortent de Syrie, les Syriens qui les ont aidés reste