A partir d’une méthodologie optimisée ayant permis de créer en 2010 l’unité structurale et fonctionnelle du rein, le néphron, dont le rôle est de filtrer le sang des capillaires passant dans le glomérule et de former l’urine, une équipe de scientifiques de l’Université d’Edimbourg a réussi à ce que ces néphrons se réarrangent autour d’un tube collecteur qui achemine l’urine vers la vessie, comme cela existe dans un rein normal adulte.

Dirigés par le Pr. Jamie Davies à la faculté de physiologie, les scientifiques souhaitent maintenant s’atteler à la création d’un organe complexe dans sa totalité. Pour cela, ils utiliseront des cellules souches humaines extraites du liquide amniotique et les combineront à des cellules souches rénales de foetus de souris. Il est aujourd’hui reconnu que les cellules souches extraites du liquide amniotique sont de bonnes candidates pour la création de tissu rénal. Le Pr. Davies avance que la collection du liquide amniotique au moment de la naissance de l’enfant permettrait d’en extraire les cellules souches avant de les congeler. Leur stockage pour chaque personne née au Royaume-Uni permettrait de créer un rein au laboratoire si nécessaire au cours de leur vie.
La capacité à créer des reins adultes fonctionnels à partir de cellules souches humaines pourrait à l’avenir aider à combattre le manque d’organes disponibles pour transplantations provenant de donneurs. Au Royaume-Uni, des statistiques du National Health Service (NHS, Service public de santé britannique) indiquent qu’en 2010, près de 2.500 personnes ont bénéficié d’une greffe de rein sur le territoire, laissant environ 7.000 autres en liste d’attente. Par ailleurs, la capacité de créer un organe fonctionnel à partir des cellules souches autologues (appartenant au patient chez qui il sera transplanté) présente l’avantage potentiel de réduire de façon importante les risques de rejet de greffe.
Sources : BioNews, 18/04/11, http://www.bionews.org.uk/page_93036.asp
Auteur : Dr Claire Mouchot