Speech on Bastille Day 2006, London

C’est, pour Virginie et moi, une grande joie de vous accueillir à nouveau ici, pour célébrer ensemble notre fête nationale et les valeurs qu’elle incarne, des valeurs qui gardent toute leur force et que nous devons faire vivre.

I - D’abord, nous devons être fiers de ce que nous sommes. Nous avons vu, tout au long de la coupe du monde de football, les peuples des pays participants célébrer, parfois redécouvrir, leur fierté nationale ; c’est cette fierté, respectueuse d’autrui, ouverte sur les autres, qui doit continuer à nous inspirer.

Cette ouverture, elle est nécessaire :

- à l’intérieur de notre propre pays, en mettant tout en œuvre pour permettre l’égalité des chances, condition sine qua non de la cohésion de notre société. La France est forte quand elle est rassemblée dans sa diversité. Elle se grandit quand elle porte les valeurs de la République : la tolérance, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. La commémoration du centenaire de la réhabilitation de Dreyfus hier, à Paris, en a été un nouveau témoignage.

- ouverture aussi à l’égard de l’Europe : il n’y a pas incompatibilité entre identité nationale et appartenance à l’Europe. Au contraire, c’est en étant sûrs de ce que nous sommes que nous pouvons nous engager résolument dans cette nouvelle phase de la construction européenne.

Car, qu’il s’agisse d’énergie, de défense, d’immigration, d’environnement, de sécurité, tous ces défis appellent à la fois des choix courageux au niveau national et des réponses communes au niveau européen. Je vous le dis, je le dis aussi à nos amis britanniques : notre destin est un destin commun et il est européen.

- Cette nécessité de rester soi-même tout en faisant preuve d’ouverture, elle s’impose enfin à l’égard de la mondialisation, dans ce monde qui offre tant d’opportunités nouvelles et qui, en même temps, nous confère des obligations nouvelles : aide au développement réchauffement climatique, prolifération des armes nucléaires, lutte contre le terrorisme - comme nous le rappellent, hélas les attentats de Londres l’an dernier, ceux de Bombay aujourd’hui. Et puis, naturellement, il y a les crises et les conflits qui exigent une action internationale, comme nous le rappelle tragiquement la situation au Proche-Orient.

Sur tous ces sujets, tout nous rapproche des Britanniques. Divisés, nous défendons mal nos intérêts ; unis, nous infléchissons le cours des choses. A preuve notre coopération étroite sur l’aide à l’Afrique, en matière de défense, à propos de l’Iran, ou encore pour le développement de l’énergie nucléaire.

II - De cette France consciente de ce qu’elle est mais ouverte aux autres, vous êtes, chers compatriotes, les acteurs et les témoins.

La communauté française du Royaume-Uni est l’une des plus dynamiques au monde. Que vous soyez hommes d’affaires, restaurateurs, universitaires, étudiants, artisans, artistes, vous témoignez de la vitalité de notre pays.

A cela, s’ajoute une valeur essentielle, sans laquelle il n’y a pas de vraie communauté : le sens de la solidarité.

Vous êtes nombreux à vous engager au sein des associations au service de nos compatriotes les plus démunis. Soyez ici remerciés de votre action.

A vous, chers compatriotes, le gouvernement doit apporter ce qui est de sa responsabilité : des services efficaces, répondant à vos besoins.

- Le Consul Général, avec son équipe, est à votre écoute pour améliorer vos conditions d’accueil.

- Nos consuls honoraires qui se dévouent sans compter à travers le pays.

- Avec les conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger élus le 18 juin dernier, nous continuerons à travailler ensemble, au service des Français du Royaume-Uni.

Enfin, puisque nous parlons d’excellence, je voudrais vous parler du lycée Charles de Gaulle. Je connais les difficultés que certaines familles rencontrent pour l’inscription de leurs enfants. Vous savez que c’est un problème qui me tient à cœur. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’accroître, d’ici deux ans, la capacité d’accueil du lycée. Dans l’immédiat, sachez, qu’avec le Consul Général, le Conseiller Culturel, et le Proviseur, nous continuerons à répondre à vos demandes dans un esprit d’équité et de transparence.

III - Nous devons regarder l’avenir avec confiance.

- Ne soyons pas complaisants : notre pays doit faire face à de sérieux défis : l’emploi, l’égalité des chances, la réforme de l’Etat.

- Mais ne nous y trompons pas non plus: la plupart des défis que la France doit relever ne sont pas propres à notre pays :

Comment concilier la défense des libertés et la sécurité de nos concitoyens ? Comment concilier la nécessaire compétition et l’exigence de solidarité ? Comment assurer la cohésion nationale dans une société de plus en plus diverse ? A ces questions difficiles, tous les pays développés doivent répondre.

On veut parfois, - trop souvent - faire croire que la France et le Royaume-Uni sont opposés sur l’essentiel, rivaux en tout et voués à s’affronter, quel que soit le sujet.

Rien n’est plus faux. Rien n’est plus contraire à nos intérêts. Chaque jour nous démontre avec force que, tout en restant nous-mêmes, nous avons beaucoup à apprendre l’un de l’autre. Il n’y a pas de modèle unique. Il y a des choix parfois différents.

- Ne minimisons donc pas nos atouts : la productivité de nos salariés, l’attractivité de notre pays pour les investissements étrangers, la qualité de nos services publics, nos choix en matière d’indépendance énergétique.

- Mesurons enfin à quel point la France a changé depuis vingt ans. La décentralisation, les succès de nos entreprises sur le plan l’international, le développement des industries de la communication, la réforme de notre système de santé et de retraites.

Ces changements ne se font pas sans heurts. Mais ils se font dans le respect de nos valeurs républicaines.

La France avance. C’est parce que nous continuerons à combiner esprit de réforme et fidélité à ces valeurs que nous pouvons avoir confiance en l’avenir, confiance en nous-mêmes et donc dans la capacité de notre pays à jouer pleinement son rôle dans le monde.

Vive la République ! Vive la France !