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Semaine du 9 au 13 novembre

SEMAINE DU 9 AU 13 NOVEMBRE

L’annonce d’une reprise de l’économie par la Banque d’Angleterre a été accueillie avec prudence par l’ensemble de la presse. Le feu vert du gouvernement à la construction de nouvelles centrales nucléaires est qualifié de bienvenu mais jugé trop tardif. L’Afghanistan a dominé la scène internationale alors que Gordon Brown est confronté à une opinion de plus en plus hostile à la guerre. Au chapitre de la France, quelques articles et commentaires ont été consacrés au bilan de mi-mandat de M. Sarkozy et à la commémoration de l’armistice de 1918.

I.AFFAIRES BRITANNIQUES

1. La reprise de l’économie

La Banque d’Angleterre est aujourd’hui plus optimiste qu’au trimestre dernier : l’économie devrait enregistrer une croissance de 2,1% en 2010 et 4% en 2011. La sortie de crise sera toutefois lente et instable compte tenu de la forte baisse du PIB depuis le début de l’année dernière, précise Mervyn King. La presse reste prudente.

« Les dernières prévisions de la Banque d’Angleterre sont encourageantes, mais il reste de sérieux points noirs », écrit le TIMES : malgré l’apparente stabilisation du chômage, celui des jeunes est en hausse. Un sur cinq est désormais sans emploi. Les ouvriers des zones industrielles essuient, pour leur part, le plus fort de la récession, en particulier dans la région des Midlands. Le gouvernement doit se pencher de façon plus radicale sur ces deux problèmes. Il faut aussi garder à l’esprit que les récessions causées par les crises financières sont non seulement plus importantes et durent plus longtemps, elles sont également suivies par des reprises moins solides. Le prochain gouvernement, quel que soit le parti vainqueur aux élections, devra s’attaquer au déficit budgétaire. La confiance sera cruciale, or elle est fragile, comme l’a montré cette semaine la forte chute de la livre après la remarque d’un institut de sondage sur l’état de l’économie britannique.

Le DAILY TELEGRAPH estime pour sa part que le chômage des jeunes risque de devenir « une crise économique et sociale aux proportions critiques » et demande du gouvernement une action énergique. Selon le journal, la relance de l’emploi ne sera réelle qu’avec la reprise de l’économie. « Une stratégie de croissance agressive s’impose ». Le DAILY TELEGRAPH cite en exemple Mme Merkel et l’annonce d’une baisse des impôts : la réduction du déficit doit s’accompagner d’une baisse de l’impôt en particulier sur le travail. « C’est la seule façon de redonner confiance aux jeunes chômeurs ».

Pour Nils Pratley du GUARDIAN, il est vraiment trop tôt pour crier victoire à cause du niveau élevé de la dette publique et privée. L’éditorial du FINANCIAL TIMES se montre en revanche positif sur le marché du travail : le chômage au Royaume-Uni se stabilise plus vite que prévu. Même si la récession n’est pas terminée, le « modèle anglo-social » (à mi-chemin entre les systèmes américain et européen) « apporte de l’espoir ». Il est « vital » de maintenir « l’esprit de coopération » entre employeurs et employés (qui ont accepté un gel de leurs salaires). Ce ne serait donc pas le moment de mettre en place de nouvelles réglementations sur le travail.

2. La construction de nouvelles centrales nucléaires

Le feu-vert du gouvernement britannique à la construction de nouvelles centrales nucléaires est généralement bien accueilli par la presse qui l’estime toutefois trop tardif.

« Le temps presse : dans huit ans, le Royaume-Uni ne pourra plus faire face à la demande », écrit l’éditorialiste du DAILY TELEGRAPH, qui estime que le gouvernement n’a que lui-même à blâmer pour cette situation lamentable : il n’y a pas de secteur stratégiquement plus important que l’énergie, et il a hésité pendant dix ans avant de se décider pour de nouvelles centrales nucléaires. La moitié de nos réacteurs devant être démantelés dans 6 ans, il aurait fallu prendre la décision avant 2000. « Cette négligence est impardonnable. Un programme nucléaire controversé, qui aurait dû être mis en place de façon mesurée après un débat approprié, va être désormais lancé dans la précipitation. Le gouvernement travailliste a décidément l’art de se compliquer la vie », conclut le journal.

Dans la même ligne, le TIMES assure que « c’est déjà trop tard » : il faudra presque dix ans avant que de nouvelles centrales nucléaires puissent produire de l’électricité et, à ce moment-là, le Royaume-Uni manquera de sources d’énergie. Le journal reproche lui aussi aux dirigeants politiques d’avoir trop hésité, par crainte des pressions des verts et des retombées politiques. Il se félicite néanmoins qu’Ed Miliband ait enfin reconnu le problème : il faudra certes du temps pour construire les nouvelles centrales, et le coût des nouveaux réacteurs reste prohibitif. Mais la décision du Ministre de l’énergie est bienvenue. Les énergies renouvelables ne pourront jamais combler le vide. Grâce à l’énergie nucléaire, nous ne serons peut-être jamais en panne d’électricité. « Après dix ans d’hésitation, le Labour opte enfin pour le nucléaire. Si seulement il avait pu y voir plus clair plus tôt », renchérit le SUN.

Moins partisan de l’énergie nucléaire, le GUARDIAN admet cependant qu’il est « difficile de contester la logique de M. Miliband ». Pour le journal toutefois, deux problèmes importants ne sont pas résolus : la question du financement et celle du stockage des déchets.

II. AFFAIRES INTERNATIONALES

Le débat sur l’Afghanistan

Même si les sondages montrent que le soutien de l’opinion pour la mission en Afghanistan s’évapore (deux tiers des Britanniques souhaitent le retrait des troupes dès que possible), la presse estime qu’il revient à Gordon Brown de défendre ses arguments de façon convaincante. Elle reconnaît aussi que les hésitations du président américain ne facilitent pas la tâche du Premier ministre.

« Les forces armées ont foi dans leur mission et les hommes politiques doivent montrer la même confiance », assure le DAILY TELEGRAPH. Selon le journal, Gordon Brown a fait un bon début lors de ses dernières interventions. A défaut de la mise sur pied d’un cabinet de guerre, les délibérations hebdomadaires que préside le Premier ministre avec les responsables de la sécurité nationale et des relations internationales devraient être communiquées au public. « Une des raisons pour lesquelles la population se montre désabusée c’est qu’elle n’est pas impliquée et ne comprend pas les intérêts vitaux que ce conflit représente pour le pays. Si cette tendance persiste, toute la mission risque d’être torpillée ».

Pour le GUARDIAN, l’opposition croissante du public à la guerre n’est pas seulement due à la procession de cercueils venant d’Afghanistan, « elle est la conséquence du manque de clarté de M. Brown sur les objectifs et la manière dont est menée la mission ».

L’INDEPENDENT comprend les hésitations de M. Obama : « Il est dangereux de se concentrer exclusivement sur l’envoi de nouveaux renforts en Afghanistan. Il est beaucoup plus important pour les gouvernements occidentaux de réviser une stratégie qui de toute évidence ne marche pas ». L’objectif doit être désormais de stabiliser l’Afghanistan en envisageant un retrait à moyen terme. Des renforts seront peut-être nécessaires, mais le succès de la mission ne dépend pas du nombre de soldats mais de la manière dont ils sont utilisés. Leur priorité devra être de protéger la population conte les attaques des Taliban et d’aider l’Etat à prendre en charge sa propre sécurité. Autre élément crucial : la réforme du gouvernement. Si M. Obama cherche à faire pression sur M. Karzai pour qu’il se débarrasse de ses ministres corrompus, son approche est justifiée. « Le président américain a raison de demander la mise au point d’une stratégie claire avant de se décider sur l’envoi de renforts ».

III. AFFAIRES FRANCAISES

1. La mi-mandat de M. Sarkozy

Sous le titre « Une pause à Paris », le FINANCIAL TIMES a consacré toute une page au bilan de la mi-mandat de M. Sarkozy. Le journal reconnaît que depuis son arrivée à l’Elysée, le Président de la République « a fait son effet » sur la scène internationale, qu’il a restauré l’influence de la France au sein de l’Union européenne et rétabli de bonnes relations avec Washington, grâce notamment au retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN. Il relève cependant que « le zèle pour la réforme de M. Sarkozy est en perte de vitesse », ce qui risque de porter atteinte à la reprise de l’économie.

L’éditorialiste du même journal revient sur les « réalisations non négligeables » du président de la République durant la première moitié de son mandat « Comparé à ses prédécesseurs, M. Sarkozy a un bilan de mi-mandat qui se remarque ». Mais les réformes semblent piétiner. Or, il n’est plus possible de continuer avec une bureaucratie excessive, un système de protection sociale en mal de modernisation et un déficit budgétaire qui atteint 8% du produit intérieur brut. « La question des retraites doit être une priorité. Le gouvernement a promis de s’en occuper l’année prochaine. M. Sarkozy révélera alors ses vraies couleurs et montrera, à l’approche des prochaines élections, s’il est capable de prendre des décisions difficiles », conclut le FT.

2. La commémoration du 11 novembre

La participation d’Angela Merkel à la commémoration de l’armistice du 11 novembre au côté du président de la République a été relevée par les principaux journaux britanniques. Tous soulignent le désir de la France et de l’Allemagne de resserrer leurs liens. « La France, inquiète de l’arrivée au pouvoir d’un parti eurosceptique au Royaume-Uni aimerait prendre des mesures concrètes pour se rapprocher de son vieil allié », souligne le GUARDIAN.

Selon le FINANCIAL TIMES, M. Sarkozy tenait tout particulièrement à cette manifestation de réconciliation du fait des difficultés que rencontrent les Français pour renforcer leur coopération avec l’Allemagne. Le journal ajoute que l’Elysée a organisé l’événement en s’inspirant de l’action d’Helmut Kohl et François Mitterrand en 1984 à Verdun.

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse lydie.naudin diplomatie.gouv.fr Tel : 00 44 (0) 207 073 1028