Le gouvernement doit faire face à une situation économique difficile qui ne cesse de se dégrader. Ainsi, le Financial Times rapporte que le chômage, au plus haut depuis 1992, ne cesse d’augmenter depuis cinq mois. Alors que la crise immobilière frappe durement les ménages anglais, entraînant une forte baisse du niveau des transactions à leur plus bas niveau depuis 16 ans, le Daily Mail s’inquiète de perte de valeur des propriétés des classes moyennes.
Les syndicats représentants les salariés du secteur public territorial ont quant à eux organisé mercredi et jeudi une grève contre la modération salariale. Pour le Sun le gouvernement ne doit pas céder, les Britanniques refusant plus de taxes pour financer une plus grande augmentation de salaire des fonctionnaires. Le Guardian relaie cependant les propos du secrétaire général de la TUC, principale centrale, qui explique que l’offre du gouvernement ne permet pas de faire face à l’inflation. De même, après avoir souligné l’ampleur de la participation à cette grève, l’Independent rajoute qu’elle fera pression lors des débats sur le système fiscal de la conférence annuelle du Labour en septembre qui pourraient remettre en cause l’idéologie du new Labour.
Le Daily Mirror applaudit la décision du Trésor de reporter à avril 2009 la taxe de 2 pence sur le litre d’essence, ce qui soulagera temporairement les Britanniques les plus affaiblis par la crise économique. Il propose même d’aller plus loin en remplaçant le projet de taxe sur les véhicules anciens par un malus pour les véhicules neufs polluants. Au contraire, le Financial Times critique cette décision, qui entame la crédibilité de Darling tout en représentant un manque à gagner de 550 millions de livres.
Tous les tabloïds britanniques ont fait leurs gros titres de la semaine sur la recrudescence des crimes à l’arme blanche, alimentant l’inquiétude populaire. Le Daily Mail titre : « Crime à l’arme blanche : pourquoi aucune région du Royaume Uni n’est à l’abri ». Cette politique de la peur a été critiquée par certains journaux comme le Guardian qui dans son édito du 18 juillet appelle à relativiser la situation. Les derniers chiffres sur la criminalité publiés par le Home Office montrent une baisse de la criminalité depuis 2003. En outre, les crimes à l’arme blanche concernent cinq villes au Royaume-Uni et y touchent pratiquement exclusivement la population masculine jeune des quartiers sensibles. Mais certains tabloïds comme le Daily Express critiquent ces chiffres : selon eux ils ne sont plus d’actualité, et ne reflètent pas l’augmentation enregistrée par rapport à l’an dernier. Depuis le début de l’année, 21 personnes sont décédées suite à une attaque à l’arme blanche, et pas moins de 6 ont été poignardées le week-end dernier. Des mesures sont envisagées, comme la mise en place d’un dialogue entre les forces de police et la population, dont seulement 53% approuve le travail selon le Guardian.
« La paix est plus urgente que la justice » titre l’INDEPENDENT. La question est : quel bien un procès de Omar al-Bashir, le président soudanais, devant la Cour Pénale Internationale ferait-il aux victimes du conflit au Darfour ? La responsabilité de l’Occident est d’aider au mieux les victimes et de se concentrer sur négociations pour aboutir à la paix. Plus catégorique, le FINANCIAL TIMES estime que l’inculpation « verse du sel sur les plaies du Soudan » et qu’elle conduira sans doute à plus de violence. Dans un Editorial, le GUARDIAN pèse le pour et le contre des poursuites de la CPI et conclut que le Conseil de Sécurité qui a 3 mois avant que les juges n’émettent un mandat d’arrêt, doit déterminer si de réels progrès ont été réalisés pour faire cesser la violence.
La décision de Washington, d’envoyer un représentant – William Burns – à Genève pour s’entretenir avec des représentants iraniens a été saluée par la presse britannique.
« Un geste bienvenu » titre le FINANCIAL TIMES pour qui « la balle est maintenant très clairement dans le camp iranien ». Il faut espérer que cette détente ne servira pas de prétexte aux Iraniens pour gagner du temps car il ne fait aucun doute que les Etats-Unis réagiraient rapidement si cette initiative échouait. L’Iran a le choix entre l’isolement politique et économique, et la perspective de trouver sa place légitime au sein de la communauté des nations.
Dans le même esprit l’ INDEPENDENT salue le « changement d’approche de Washington ». La meilleure preuve de la volonté de Washington de poursuivre les négociations est la réaction outragée des partisans de la ligne dure comme celle de John Bolton, ancien ambassadeur des auprès des Nations Unies.
Pour le GUARDIAN, les vainqueurs du débat sur l’envoi du représentant à Genève peuvent bien tenter de le dissimuler, les Etats-Unis ont changé de politique et « Dick Cheney a perdu ». Cela ne signifie pas pour autant que les Etats-Unis soient prêts à laisser l’Iran se doter de la bombe nucléaire. Des concessions de la part de l’Iran sont bien sûr attendues. Il ne faut pas confondre concession avec faiblesse, l’Iran doit saisir cette opportunité.
Si l’INDEPENDENT se félicite de l’échange de prisonniers entre Israël et le Liban qui clôt un douloureux chapitre et « ouvre la voie à un nouveau commencement », le GUARDIAN et le TIMES sont plus critiques. Le GUARDIAN insiste sur l’inutilité de la guerre dont cet échange est la conclusion. Si Israël était prêt à échanger des prisonniers, il aurait dû le faire juste après la capture de ses soldats ; plus de 1200 Libanais et 159 Israéliens seraient aujourd’hui en vie. Pour le TIMES, cet échange fait du Hezbollah le partenaire des négociations avec Israël au détriment du gouvernement libanais.
« Un prix élevé pour s’assurer que personne ne sera laissé derrière » estime Bronwen Maddox du TIMES. Le temps est venu de savoir s’il ne faut pas mettre un terme à ces échanges qui pourraient mettre Israël dans une situation désavantageuse par rapport à ses opposants. L’aspect sentimental est compréhensible mais ces échanges sont une illusion de résultats concrets, qui détournent l’attention d’Israël de ses erreurs et des gains du Hezbollah.
Le Sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée a donné lieu à une couverture médiatique importante. Malgré les réserves initiales sur le « Club Med », la presse britannique a dans l’ensemble salué le lancement de l’Union pour la Méditerranée et les avancées au Proche Orient intervenues en marge de ce Sommet (relations Syrie/Liban et Israël/Palestine). Au-delà des initiatives annoncées, la presse place au premier rang des conditions de succès de l’Union pour la Méditerranée la libéralisation des échanges économiques entre l’Europe et la rive sud de la Méditerranée, tendant à terme vers une zone de libre échange.
Ainsi, dès le 11 juillet, The Economist présentait le Sommet du 13 juillet comme « le début d’une entreprise excitante », pour peu que cette Union ouvre la voie à une zone de libre échange et que l’Europe investisse en Afrique du Nord et l’aide à se réformer : « l’ancien et le jeune peuvent constituer un mélange puissant » selon l’hebdomadaire. Dans une ligne similaire, le Financial Times félicitait le Président français. Toutefois, pour le quotidien, si « l’Union pour la Méditerranée sera peut-être le point fort de la présidence française de l’Union, ce dont cette région a surtout besoin c’est d’un engagement durable de toute l’Europe. » Cet engagement durable ne saurait se traduire autrement que par une ouverture de l’Europe aux exportations de biens et services, notamment agricoles, de la région.
La presse conservatrice, à l’origine plus réservée, revient sur la dynamique engendrée par le Sommet. Le Daily Telegraph salue dans un éditorial du 14 juillet « De nombreux sujets doivent être discutés et la Méditerranée est un cadre légitime, tout autant que l’Union Européenne actuelle. » De plus pour le quotidien l’approche pragmatique est bonne : « La coopération sujet par sujet entre gouvernements de la zone sera beaucoup plus productive que l’établissement d’une lourde bureaucratie ».
Le TIMES explique qu’« au-delà des grandes déclarations, des mesures utiles ont été annoncées hier : le nettoyage des mers, le développement des voies maritimes, de l’énergie solaire et des échanges étudiants. La réunion a aussi permis au président syrien d’échapper à l’étreinte suffocante de l’Iran, d’apparaître comme un partenaire des pays de l’Ouest et d’avancer dans les discussions de paix avec le Liban. La question reste ouverte de savoir si cette réunion débouchera sur de réelles institutions mais au final les voisins des deux rives de la Méditerranée, séparés depuis longtemps, se sont enfin rapprochés. »
Alors que la Reine Elizabeth II vient de signer la loi de ratification du traité de Lisbonne, les tabloïds eurosceptiques ont été particulièrement critiques vis-à-vis de la visite de Nicolas Sarkozy à Dublin. Pour eux, cette visite « d’intimidation » constitue une atteinte à la démocratie et à la souveraineté nationale. Pour le SUN, la volonté de Nicolas Sarkozy de faire revoter les rebelles irlandais ne peut qu’encourager un second, retentissant, « non » .