Avril 2006
Quaero devrait être opérationnel avant l’été 2006. Lancé, en avril 2005, par le président de la République française, Jacques Chirac, et par le Chancelier allemand, le « Google européen » s’appuie sur le savoir-faire d’un grand nombre d’entreprises françaises et allemandes. Plus qu’un simple moteur de recherche, le projet veut faire mieux que les géants de la recherche sur Internet. Il vise à introduire de nouvelles technologies au service de la production, de la gestion et de l’utilisation de contenus numériques multimédias. Des instituts de recherche et des universités apporteront eux aussi leur pierre à cet édifice.

Quaero, pour « chercher » ou « être en quête » en latin, est un projet franco-allemand qui veut introduire de nouvelles technologies au service de la production, de la gestion et de l’utilisation de contenus numériques multimédias. En effet, l’évolution rapide des technologies numériques fournit un nombre croissant d’informations toujours plus accessibles et dont le volume n’a d’égal que la diversité. Comment protéger ses œuvres ? Comment distinguer le vrai du faux ? Comment ne pas se noyer dans la masse de données ? Quaero devrait fournir les outils nécessaires.
Selon le dernier rapport du groupe de travail associé au projet, présidé par Gérard Cromme de Thyssenkrupp et Jean-Louis Beffa de Saint-Gobain, ″les principales avancées technologiques de Quaero portent sur la transcription, l’indexation et la traduction de documents audiovisuels, la reconnaissance et l’indexation d’images, les moteurs de recherche multimédias, la signature et le tatouage électronique, le stockage à long terme de très grands volumes de données ou encore les environnements de production numérique pour les médias et l’audiovisuel. Ces avancées conduiront au développement de nouveaux services, de mise à disposition de contenus et à la production de solutions et d’outils pour la gestion des informations multimédias, comme des moteurs de recherche étendus à l’audiovisuel.″ Le volume financier de ce projet souligne l’ampleur et l’engagement de moyens privés : 250 millions d’euros, dont 90 fournis par les pouvoirs publics.
Sa mise sur pied nécessite donc des compétences multiples. De nombreuses entreprises vont collaborer au projet : Siemens, Lycos Europe et une filiale du groupe de médias Bertelsmann, Empolis. Mais aussi, Deutsche Thomson-Brandt (filiale du français Thomson), MediaSec Technologies (sécurité et cryptage) et Grass Valley Germany (équipements pour la production vidéo), France Télécom, Bertelsmann et Thales ou encore LTU, Vecsys ou bien la société Exalead. Chacun d’entre eux apportera sa pierre à l’édifice. ″Ainsi, nous fournirons la technologie de recherche, explique François Bourdoncle, PDG d’Exalead. Notre moteur de recherche compte déjà 4 milliards de pages, soit la moitié de ce que possède Google″. Doté de fonctionnalités avancées de visualisation, l’outil Exalead devrait dépasser les 8 milliards de pages indexées avant l’été. Par ailleurs, il permet déjà d’effectuer les recherches selon le format choisi et propose les pages associées selon le thème ou la rubrique. ″Quaero est une incitation à la recherche collaborative, afin que chacun d’entre nous développe les produits qui lui sont propres″, ajoute le PDG. En outre, le ministère de l’Economie allemand a annoncé, à l’issue du Conseil des ministres franco-allemand de mars 2006, la collaboration de partenaires scientifiques tels que le Centre de recherche sur l’intelligence artificielle (DFKI), une antenne de l’Institut de recherche Fraunhofer, l’Université de Karlsruhe et l’Ecole technique RWTH d’Aix-La-Chapelle.
Le projet Quaero a été annoncé en avril 2005, à Reims, lors d’un Conseil des ministres franco-allemand, sous l’impulsion du président français Jacques Chirac et du Chancelier allemand Gerhard Schröder. Ces deux grandes figures européennes souhaitaient en effet développer de nouveaux systèmes de traitement de connaissances et d’information pour des applications commerciales sur Internet ou sur des marchés spécifiques. La concurrence est sévère puisque, en France par exemple, 87,9 % des utilisateurs de moteurs de recherche utilisaient Google au 2e trimestre 2005, (selon Médiamétrie) contre 9,8% pour Exalead déjà sur la toile. Le lancement officiel de Quaero devrait accélérer le changement. Il est prévu pour l’été 2006.
Delphine Barrais
Sites Internet :
site officiel du projet Quaero : www.gtfa-2006.com
site officiel de la société Exalead : www.exalead.fr/search
Dernière mise à jour : 03.05.2006