Quatre ans à Londres [en]

A l’occasion de son départ, le conseiller pour la science et la technologie M. Cyrille van Effenterre effectue un bilan des quatre dernières années passées à Londres.

Je quitte mes fonctions à la fin de ce mois d’août, quelques semaines après le référendum sur la sortie de l’Europe du Royaume-Uni. C’est une parfaite coïncidence, mais voilà néanmoins deux bonnes raisons pour faire le bilan de ces quatre années passées à Londres comme conseiller pour la science et la technologie, et d’évoquer à cette occasion quelques perspectives pour le service.

Londres est en effet l’une des rares ambassades qui disposent encore d’un service dédié à la science et la technologie, l’un des deux seuls restants en Europe avec celui de Berlin. La diplomatie scientifique est un concept en fort développement dans le monde, et c’est une réalité pour la France ; la nouvelle donne du Brexit justifie d’autant plus notre présence ici et nos activités.

Un bilan honorable, une utilité certaine

Grâce à la qualité professionnelle et au dévouement des attachés scientifiques adjoints qui ont travaillé dans le service au cours de ces quatre années (Claire Mouchot, Maggy Heintz, Alice Jombert, Eliette Riera, Olivier de Montalembert, Mariana Beija, Eva Legras, et Ludovic Drouin), le SST a pu assurer ses tâches traditionnelles de veille scientifique et technologique, avec la rédaction de plusieurs centaines de notes d’actualité et de quinze dossiers de fond.

Au cours de ces quatre années, nous avons pu organiser dix colloques ou séminaires sur des sujets très variés : big data, recherche clinique, énergies marines, biologie de synthèse, villes du futur, télésanté, matériaux composites, cours en ligne, gouvernement numérique, et très bientôt transports intelligents.

Le thème du changement climatique nous a évidemment beaucoup occupés, avec notamment le montage de plusieurs grandes conférences autour des thèmes de la COP 21, et l’organisation d’un cycle de séminaires sur l’énergie décarbonée.

Les nombreux partenariats initiés par mon prédécesseur Serge Plattard ont été honorés et d’autres développés, qu’il s’agisse des accords avec Churchill College Cambridge, Eurofusion, Diamond, University College London, Royal Society of Edinburgh, Royal Institution,…

La grande qualité de nos équipes de recherche a permis de poursuivre les mises en relation et l’émergence de projets de recherche communs avec une vingtaine de réunions d’amorçage, et plusieurs « Comues » (ou universités fédérales à la française) ont commencé à cultiver des relations structurées avec quelques grandes universités britanniques.

Dans nos actions bilatérales, nous avons mis l’accent sur la dimension européenne de ces réseaux d’excellence. Nous avons surtout mis la priorité sur les questions d’innovation, avec un gros travail de parangonnage des mécanismes financiers et institutionnels, et un effort de mise en relation des structures analogues dans les deux pays, en particulier entre les Catapult centres britanniques et les IRT (instituts de recherche technologique) et pôles de compétitivité français.

Des perspectives nouvelles pour le service

Avec ce nouveau contexte du Brexit, l’action du SST de Londres entre dans une nouvelle phase : la compréhension des enjeux de la science et des universités britanniques sera d’autant plus cruciale pour notre pays. En parallèle, nos coopérations scientifiques et nos relations bilatérales vont probablement devoir être repensées, et de nouveaux partenariats stratégiques imaginés.

Ce nouveau positionnement devrait être facilité par la nouvelle organisation qui sera mise en place à l’automne, avec l’insertion du bureau de la coopération universitaire (BCU) au sein du service. Cette évolution se justifie à la fois par l’actualité, mais aussi par l’intrication des questions de recherche et d’enseignement supérieur, et par la part croissante de l’interdisciplinarité et de l’imbrication des sciences humaines et des questions de société dans le progrès scientifique et technologique.

C’est Jean Arlat, directeur de recherche au CNRS, qui est appelé à reprendre maintenant le flambeau de CST dans ce contexte à la fois passionnant et complexe. Je lui souhaite pleine réussite dans ses nouvelles fonctions, et j’espère que vous continuerez à être toujours plus nombreux à nous suivre sur le web et les réseaux sociaux.

publié le 01/09/2016

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