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Point de presse quotidien du porte-parole adjoint du Ministère des Affaires étrangères et européennes

Point de presse - Déclaration du porte-parole adjoint

(6 août 2008)

DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE SUR LA SITUATION EN IRAN DE MM. ARASH ET KAMIAR ALAEI

"La présidence du Conseil de l’Union européenne est vivement préoccupée par la situation en Iran de MM. Arash et Kamiar Alaei, deux médecins qui ont été arbitrairement arrêtés les 21 et 22 juin derniers.

D’après leurs plus récentes déclarations, les autorités iraniennes accusent les frères Alaei de manière infondée de s’être rendus coupables d’activités de déstabilisation de la République islamique, alors qu’ils sont internationalement connus pour leur action en matière de prévention et de traitement du sida en Iran.

La présidence du Conseil de l’Union européenne appelle les autorités iraniennes à libérer sans délai Arash et Kamiar Alaei ainsi qu’à abandonner toutes les charges qui pourraient peser sur eux".

INONDATIONS EN EUROPE DU SUD-EST/AIDE HUMANITAIRE DE LA FRANCE

En réponse aux inondations qui affectent depuis la fin du mois de juillet plusieurs pays d’Europe du sud-est (Hongrie, Moldavie, Roumanie, Slovaquie et Ukraine), la France va apporter à la demande des autorités locales en Moldavie et Roumanie une aide humanitaire d’urgence.

Notre ambassade en Moldavie va mettre en place, en liaison avec la Croix-Rouge moldave, une assistance humanitaire d’urgence pour venir en aide à près de 450 familles par la distribution de produits de première nécessité (produits alimentaires, produits d’hygiène, couvertures, etc.).

En Roumanie, les autorités ayant fait part de leurs besoins notamment de générateurs électriques, notre ambassade à Bucarest va remettre une aide du gouvernement français sous la forme de groupes électrogènes au gouvernement roumain.

MAURITANIE

(Quelles informations avez-vous sur le coup d’Etat qui semble en cours à Nouakchott ? Des mesures sont-elles prises pour la sécurité des Français et autres ressortissants étrangers ?)

Nous sommes en contact avec notre ambassade à Nouakchott et suivons la situation avec la plus grande attention en liaison avec l’ensemble de nos partenaires. Des mesures sont prises localement pour veiller à la sécurité des ressortissants français. Des recommandations de sécurité vont être diffusées en fonction de l’évolution de la situation.

(Un coup d’Etat militaire était-il prévisible en Mauritanie ? Comment expliquez-vous la situation ?)

Vous savez combien nous sommes attachés à la stabilité de la Mauritanie. Il est trop tôt pour qualifier cette situation. Je rappelle néanmoins l’attachement de la France à la préservation de l’Etat de droit en toute circonstance et son hostilité à la prise du pouvoir par la force.

IRAN/NUCLEAIRE

(Quels sont vos commentaires sur la lettre transmise hier par Téhéran qui demande une ’’clarification mutuelle’’ des propositions de l’Iran et des Six sur le dossier nucléaire ?)

Le document de pure procédure dont nous avons eu connaissance n’apporte pas la réponse qui était attendue depuis la réunion du 19 juillet à Genève. L’échéance de deux semaines est dépassée depuis quatre jours et nous regrettons que ni l’entretien de M. Jalili avec M. Solana, ni ce document n’aient permis d’apporter cette réponse.

La question posée est pourtant claire et appelle une réponse simple : l’Iran accepte-t-il l’offre de ’’double gel’’ pour engager les négociations ? Elle ne requiert pas de clarification supplémentaire.

Nous regrettons que l’Iran ait une nouvelle fois fait le choix de ne pas répondre clairement en dépit de tous les efforts que les Six ont accomplis ces dernières semaines pour offrir un cadre de négociations.

RWANDA

(Quelle est votre réaction aux accusations de la justice rwandaise rendues publiques hier ? Cela remet-il en question la volonté de rapprochement avec Kigali exprimée depuis un an ?)

Nous avons pris connaissance du rapport publié le 5 août et rendu public à Kigali lors d’une conférence de presse tenue par le ministre rwandais de la Justice. Ce rapport ne nous avait pas été communiqué par les voies officielles.

On peut s’interroger sur l’objectivité du mandat confié à cette ’’commission indépendante chargée par les autorités rwandaises de rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994’’. Nous ne pouvons bien sûr pas être surpris des conclusions de cette commission compte-tenu de son intitulé.

Il y a dans ce rapport des accusations inacceptables portées à l’égard de responsables politiques et militaires français.

Nous rappelons qu’un très important travail d’investigations sur le rôle de la France au Rwanda pendant ces années-là a été réalisé en 1998 dans le cadre de la mission d’information parlementaire présidée par M. Paul Quilès. Nous nous en tenons à l’analyse de cette commission et à ses conclusions.

Par ailleurs, nous avons, dès sa mise en place, coopéré étroitement avec le Tribunal international pénal sur le Rwanda (TPIR). Il convient de rappeler que la France a aussitôt adapté sa législation, dès la création du TPIR, pour reconnaître la pleine juridiction de ce tribunal et sa primauté.

Notre détermination de construire une nouvelle relation avec le Rwanda, au-delà de ce passé difficile, reste intacte :

- Le président de la République a rencontré le président rwandais Kagamé à Lisbonne le 8 décembre dernier. Il a exprimé avec force notre volonté de réconciliation et aussi notre souci de faire face aux faiblesses et aux erreurs de la communauté internationale, France comprise, face au génocide rwandais.

- Le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, s’est rendu à Kigali en janvier dernier pour poser l’acte concret de la réconciliation franco-rwandaise. Un groupe de travail franco-rwandais s’est réuni trois fois depuis un an pour jeter les bases d’une nouvelle relation entre Kigali et Paris.

- Sur le plan judiciaire, la France a procédé depuis juin 2007 à l’arrestation sur son territoire, à la demande du Rwanda et du TPIR, de 6 ressortissants rwandais poursuivis pour participation au génocide.

Nous continuons à placer notre relation avec le Rwanda dans cette perspective d’avenir./.