(03 octobre 2008)
Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :
IRAN
(Durant le point de presse off avec le directeur Afrique du Nord Moyen-Orient il y a quelques minutes, les déclarations hier de l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA ont été évoquées.)
Puisque la question de l’assurance de fournitures de combustibles a été évoquée par M. Soltanieh, je rappelle que, pour ce qui concerne le seul réacteur nucléaire en Iran, c’est-à-dire celui de Bouchehr, il y a déjà un accord de longue durée avec la Russie.
(Non, pas de longue durée !)
Eh bien si, plusieurs années, c’est quand même une durée non négligeable, ce n’est pas du court terme.
Il y a donc, c’est le premier point, une assurance de fournitures de combustibles venant de l’un des pays importants qui est à la fois membre du Conseil de sécurité et qui participe au dialogue dans le cadre des E3+3.
Deuxièmement, je rappelle que, depuis l’année 2006, les E3+3 proposent :
la mise en place de garanties de fournitures de combustibles, qui ont encore tout récemment été réitérées. Ce n’est donc pas une découverte et l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA qui est un expert de ces questions est au courant de ces propositions formulées depuis maintenant plus de deux ans et qui, une nouvelle fois ont été renouvelées récemment.
(Vous voulez parler des futures centrales ?)
Il y a déjà un accord avec l’un des partenaires pour Bouchehr, pour une période de temps. C’est donc éventuellement ce qui pourrait être envisagé au-delà dans le temps ou l’espace, à condition que ce soit dans le respect de ce qui est demandé par la communauté internationale au travers des résolutions du Conseil de sécurité et également sous le contrôle de l’AIEA.
Troisièmement, il y a des discussions à l’AIEA pour que, plus généralement, se mettent en place, des processus d’assurances de fournitures de combustibles qui ne concerneraient pas uniquement l’Iran.
Vous voyez donc que la réponse est assez simple. Cela existe déjà pour le seul réacteur nucléaire existant en Iran. Par ailleurs, depuis 2006, comme nous l’avons répété encore régulièrement et récemment, il y a des propositions de cette nature qui sont faites par la communauté internationale. Il y a enfin, plus largement, une discussion à l’AIEA.
Tout cela plaide vraiment pour que l’on évite d’avoir des arguments dilatoires et que l’Iran se conforme à ses obligations internationales.
Ce que l’on a lu dans le rapport du directeur général de l’AIEA nous conduit à redemander, comme l’a d’ailleurs rappelé la résolution 1835 du Conseil de sécurité votée il y a quelques jours, que l’Iran se mette en conformité avec ses obligations.
L’impératif pour l’Iran est, d’une part, de répondre aux questions de l’AIEA, et d’autre part, de suspendre l’enrichissement.
(Hier, dans les mêmes déclarations de l’ambassadeur d’Iran, il a insisté sur le fait que cette hypothèse n’exclut pas que l’Iran continue à enrichir sur son territoire, mais en petites quantités. Pour vous, ceci est-il acceptable ?)
Il y a des propositions claires qui ont été faites, y compris agrémentées récemment d’une proposition additionnelle du fameux "gel contre gel" pour aller vers la suspension. Il est très clair, sans entrer dans les détails, que nous attendons de l’Iran qu’il respecte ses obligations internationales, fruits notamment des résolutions du Conseil de sécurité.
Que l’Iran réponde aux questions de l’AIEA, qu’il suspende l’enrichissement : cela fait partie des obligations de ce pays.
(Mais est-ce envisageable ?)
Je ne ferai évidemment aucun commentaire à ce stade. Je vous rappelle que nous avons toujours dit qu’il n’y a aucun obstacle de principe au nucléaire civil iranien, à condition que soient parfaitement respectées les obligations internationales de l’Iran.
Or, malheureusement, j’insiste sur ce point, nous en sommes loin aujourd’hui comme vient de le rappeler l’AIEA qui est seule habilitée à juger, techniquement, du programme nucléaire iranien.
Je parle bien de la partie technique.
(L’Iran dit que, toutefois, la proposition que M. Solana et les cinq dirigeants politiques ont formulée présentait beaucoup d’ambiguïtés pour l’Iran. Il semble qu’ils ne comprennent pas certaines choses, ils auraient demandé beaucoup de précisions. Pouvez-vous, d’une part, confirmer cette demande de précision sur un certain nombre d’éléments ? Et d’autre part, les Six ont-ils déjà donné leur réponse ?)
Il y a un moment où effectivement, on a l’impression de demandes dilatoires.
Il y a des choses extrêmement claires qui sont demandées à l’Iran comme je viens de le dire. Alors, avant de répondre à des questions par des questions, il est temps que l’Iran se conforme à ses obligations internationales, qu’il réponde aux questions que pose l’AIEA, suspende l’enrichissement et respecte ses obligations formulées par les résolutions du Conseil de sécurité.
Il y a une proposition faite par Javier Solana et les six pays. Elle est sans ambiguïté. C’est une proposition positive. Une nouvelle fois, nous restons attachés à ce fameux "double track", qui allie dialogue et fermeté, mais il y a un moment où il faut cesser de poser questions sur questions.
VENEZUELA
Hier, il y a semble-t-il eu une mauvaise interprétation de ce qu’a dit le ministre à la presse après son entretien avec son homologue vénézuélien. Il avait demandé à son homologue vénézuélien, comme cela est demandé à d’autres pays qui peuvent être entendus par l’Iran, de relayer les propositions de la communauté internationale et notamment les propositions du E3+3.
C’est cela qui a été demandé. Il n’a pas demandé au Venezuela d’être le "go between" entre la communauté internationale et l’Iran, comme on a pu le lire.
Ce que Bernard Kouchner a demandé à son homologue, c’est de relayer auprès de l’Iran les messages de la communauté internationale et de ses représentants des E3+3.’’
(Est-ce un rectificatif ?)
Non, ce n’est pas un rectificatif, c’est juste une précision : c’était très clair dans ce qu’a dit le ministre, à la fois lors de son entretien avec son homologue et ensuite à la presse, simplement, comme cela a été repris un peu différemment par un organe de presse, nous souhaitions juste le préciser.
("Go between", c’est quoi ?)
Le "go between", cela voudrait dire qu’on leur demande de jouer un rôle d’intermédiaire, ce qui n’est pas du tout le cas. Un intermédiaire, cela voudrait dire que nous les chargerions d’une médiation ou d’une négociation. Ce n’est absolument pas le cas.
En revanche, ce qui est tout à fait normal, c’est que, puisqu’il existe un processus avec des résolutions du Conseil de sécurité et un groupe d’acteurs internationaux qui, au nom de cette communauté internationale, porte un certain nombre d’exigences et de propositions qui font l’objet d’un consensus, ces acteurs-là peuvent demander, à l’occasion, à d’autres acteurs de la communauté internationale de relayer leur message aux Iraniens.
Ce n’est pas du tout du "go between" car cela impliquerait qu’il y ait un mandat de négociation et ce n’est absolument pas le cas.
C’est le relais de ce qui est proposé, au titre de la communauté internationale par les six pays.
(S’agit-il de la même demande déjà indiquée aux Syriens ?)
Oui, bien sûr et à beaucoup d’autres. Tous ceux qui proposent leur aide et/ou que l’on peut solliciter, parce que nous pensons qu’ils peuvent avoir de l’audience auprès des Iraniens sont évidemment les bienvenus.
Une nouvelle fois, l’idée n’est pas de se mettre dans une posture de confrontation avec les Iraniens, mais de leur faire comprendre qu’ils ont des obligations internationales à respecter.
Plus il y a d’acteurs internationaux qui peuvent relayer ces demandes, mieux c’est.
(Justement, concernant la confrontation, le président de la République a toujours dit qu’une intervention militaire contre l’Iran serait catastrophique mais il ne l’a jamais exclue. Il a dit qu’il ne souhaitait pas se trouver face à cette alternative. En ce moment, on dit qu’Israël serait passé au statut "orange" en ce qui concerne l’Iran. Avez-vous une idée sur cette question et avez-vous été en contact avec les Israéliens ou avec les Américains à ce sujet ? Est-ce maintenant une possibilité, puisque toutes les options sont sur la table pour les Américains. Cette éventualité est-elle plausible ?)
Tout d’abord, le ministre sera dans la région dès ce soir. J’imagine sans peine que beaucoup de sujets seront discutés bien évidemment. Ce qu’a dit le président de la République et Bernard Kouchner également, relève du bon sens. Ce n’est pas l’option souhaitable ni souhaitée.
Lorsque vous dites qu’il ne l’a pas exclue, là aussi, cela relève du bon sens de la même manière que vous n’excluez pas que demain, il puisse pleuvoir.
C’est pour cette raison que nous insistons fortement sur les deux aspects de ce fameux "double track" : le dialogue mais aussi la fermeté. Car la fermeté, la demande du respect de ses obligations par l’Iran, les sanctions, comme cela a été le cas pour trois résolutions antérieures du Conseil de sécurité, nous apparaissent utiles pour empêcher que l’on aboutisse à l’option que vous avez évoquée.
QATAR
Le ministre s’est entretenu par téléphone le jeudi 2 octobre avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Hamad bin Jassem Al Thani.
La conversation a porté notamment sur le Soudan. Le Premier ministre a précisé les contours de l’initiative du Qatar et le ministre a salué les efforts de médiation qatariens.
Le ministre et Cheikh Hamad bin Jassem Al Thani ont fait part de leur préoccupation après les attentats de Tripoli et de Damas et sont convenus de rester en contact pour suivre l’évolution du Liban et de la normalisation de la relation entre la Syrie et le Liban.
La discussion a également porté sur la meilleure manière, comme le souhaitent nos deux pays, de renforcer l’Autorité palestinienne et de favoriser la réconciliation inter-palestinienne. Le sort de Gilad Shalit a également été évoqué.
Le ministre et le Cheikh Hamad bin Jassem Al Thani ont abordé la situation en Mauritanie et ont exprimé le souhait d’un retour à l’ordre constitutionnel dans ce pays.
Le ministre a été invité à se rendre prochainement au Qatar pour y poursuivre notre concertation sur ces sujets.
(S’agissant de Gilad Shalit, s’agit-il de la suite de la transmission de la lettre du père de Shalit au président Bachar al Assad par le président de la République ?)
C’est la suite des efforts pour que ceux qui peuvent avoir la possibilité de peser sur le Hamas afin de permettre la libération de Gilad Shalit soient sollicités.
(Est-ce que sur Gilat Shalit on peut rappeler exactement le rôle que joue la France et les personnes avec qui elle est en contact ? A quel niveau exactement ?)
Nous n’allons pas vous décrire l’ensemble des actions qui sont menées mais comme vous le savez c’est un sujet qui a été évoqué lors du voyage du président de la République à Damas. Cela a également été évoqué lors de la conversation téléphonique entre Bernard Kouchner et le Premier ministre du Qatar. D’autres interlocuteurs sont également sensibilisés sur le sujet, notre objectif étant d’obtenir sa libération.
(Vous avez parlé d’une initiative du Qatar concernant le Soudan. Est-ce que cette initiative est toujours d’actualité, parce qu’à un certain moment on a dit qu’il n’y avait plus d’initiative qatari ?)
Je ne sais pas qui a dit cela, mais ce ne sont ni les Qatariens ni nous. Cette initiative est toujours d’actualité et soutenue par la France.
La France considère qu’il n’est pas approprié d’avoir une négociation sur la question de l’article 16. Mais l’initiative qatarienne porte sur la solution de la crise au Darfour et nous la soutenons.
(Deux délégations françaises sont parties au Qatar et nous n’avons pas de nouvelles.)
Il y a des conversations très régulières au Qatar et à Paris. Nous l’avons dit publiquement. Nous avons dit que l’on soutenait cette initiative.
Nous avons dit que cette initiative devait laisser pleinement sa place de coordination de l’action internationale à l’envoyé spécial des Nations unies et de l’Union africaine, M. Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso. Nous avons dit par ailleurs qu’il fallait qu’il y ait des initiatives en faveur du processus de paix au Darfour mais que nous ne souhaitions pas et nous n’étions pas engagés dans des négociations à propos de l’article 16 du statut de la Cour pénale internationale.
(Le Qatar tente d’organiser un sommet sur le Darfour.)
Puisque c’est une initiative de paix il n’est pas exclu qu’à l’intérieur de cette dynamique il y ait une réunion des parties concernées, mais c’est un travail qui est en cours.
(Est-ce qu’il y a un calendrier ?)
Il appartient aux autorités qataries de vous le dire. Ce n’est pas une initiative Qatar-France. C’est une initiative du Qatar soutenue par la France.
SYRIE / INTERDICTION DU QUOTIDIEN AL HAYAT
Nous déplorons l’interdiction du quotidien Al-Hayat en Syrie. Nous réaffirmons notre attachement à la liberté de la presse partout dans le monde.
Nous rappelons la Syrie aux engagements internationaux qu’elle a librement souscrits, au premier chef le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui garantit l’exercice de la liberté d’opinion et d’expression.
Nous entendons poursuivre nos efforts en faveur d’une amélioration des libertés fondamentales en Syrie.
LIBAN
(Hier il y avait une réunion entre M. Bernard Kouchner et une délégation de députés libanais, est-ce que vous avez assisté à cette réunion ? Sinon, pouvez-vous nous donner votre analyse quant aux craintes de cette délégation concernant la nouvelle politique de la France à l’égard du Liban et de la Syrie ?)
J’étais à Montpellier hier toute la journée dans le cadre de mes déplacements dans les régions. Il y en aura un par mois. Je vais, à la demande de Bernard Kouchner, dans les régions afin de débattre des enjeux de politique étrangère et européenne avec la presse locale, les acteurs locaux tels que les universités, les radios associatives, etc. Nous pensons qu’il est utile que ces sujets soient débattus et que le porte-parole du quai d’Orsay se déplace, y compris en France. Bernard Kouchner fera aussi des déplacements dans les régions.
(Est-ce que vous pouvez nous donner quelques éléments qui reflètent votre position et votre réponse concernant les inquiétudes grandissantes d’une partie de la classe politique libanaise ?)
Il est assez légitime - il y a de bonnes nouvelles au Liban puisque la loi électorale a été adoptée - après l’attentat de Tripoli par exemple qu’il y ait des inquiétudes sur ce qui se passe au Liban. C’est assez naturel que les députés se préoccupent de cette situation-là. Il est tout aussi normal qu’ils viennent en parler aux interlocuteurs français qui sont très attachés à la stabilité du Liban comme à son intégrité territoriale et à son indépendance.
(Quels sont les sujets qui ont été abordés ? Est-ce que M. Kouchner ou d’autres officiels ont rassuré la délégation ?)
Il a été réaffirmé que la France était fermement attachée au respect de l’intégrité territoriale du Liban, à son indépendance et à sa stabilité.
DEPLACEMENT DU MINISTRE AU PROCHE-ORIENT
(Pourra-t-on avoir l’agenda précis de la visite du ministre en Israël et dans les Territoires palestiniens ?)
Nous allons le mettre en ligne.
CRISE FINANCIERE / FRANCE / PAYS DU GOLFE
(Est-ce que la France est en contact avec les pays du Golfe concernant la crise financière internationale ou pour négocier avec certains pays sur les fonds souverains ?)
Il n’y a pas de négociation mais il y a des contacts et des échanges d’informations. C’est un des rôles des ambassades de France sur place, certains pays ayant des fonds souverains, d’autres pouvant vivre les conséquences de la crise de façon plus dure que certains autres.
MAROC
J’ai une déclaration à vous faire sur un sujet qui nous tient à cœur. Vous savez peut-être qu’au Maroc une fatwa récente du Cheikh Maghraoui vise à autoriser le mariage d’une fillette de 9 ans.
Nous condamnons cette fatwa avec la plus grande fermeté. Cette fatwa ne peut susciter qu’indignation et répulsion.
Notre réaction est identique à celle de la très grande majorité des Marocains, que ce soit la réaction de la société civile et de la presse (indignation exprimée par les associations de défense des Droits de l’Homme, plainte déposée par un avocat) ou des autorités marocaines (condamnation par le Conseil supérieur des Oulémas, enquête engagée par le procureur du Roi, déclaration du porte-parole du gouvernement).
Enfin, je vous rappelle que l’Union européenne a défini en décembre 2007 des lignes directrices sur les droits de l’enfant et que la France a fait des droits des femmes une des priorités de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne en matière de Droits de l’Homme.
(Vous parlez des droits des femmes mais c’est une question de pédophilie. Est-ce qu’il y a une loi ?)
J’ai dit droits de l’enfant et droits des femmes. En l’occurrence c’est une petite fille, c’est pour cette raison que j’ai évoqué les deux.
(Il y a une loi contre la pédophilie au Maroc ?)
Au Maroc l’âge du mariage est fixé à 18 ans.
(Il y a eu d’autres fatwas, est-ce que vous allez également réagir ?)
Je ne sais pas de laquelle vous parlez mais évidemment oui, et nous réagirons systématiquement.
GEORGIE
La mission d’observation européenne se déroule comme l’Europe s’ y était engagée. Je vous avais dit que l’Union européenne serait en mesure de tenir ses engagements. C’est la démonstration de l’efficacité de l’Europe contrairement à ce que l’on entend souvent. 17 patrouilles le premier jour, c’est-à-dire le 1er octobre, comme prévu ; 15 patrouilles hier, à peu près moitie-moitié entre la zone adjacente à l’Ossétie et à la zone adjacente à l’Abkhazie. Contrairement à ce que certains responsables locaux avaient annoncé, dès mercredi des patrouilles ont pu circuler dans les zones adjacentes qui sont celles où sont déployées actuellement les troupes russes au titre des mesures additionnelles de sécurité. Cela a été possible dès mercredi.
Puisque l’Europe a tenu ses engagements, il est attendu de la Russie qu’elle tienne les siens. De ce point de vue, nous ne pouvons que nous féliciter des déclarations du président Medvedev à l’issue d’un entretien avec M. Zapatero qui a affirmé que le retrait des troupes serait achevé le 10 octobre comme prévu dans les zones adjacentes dans lesquelles les Russes avaient déployé des troupes au titre des mesures additionnelles de sécurité du point 5B de l’accord du 12 août.
Par ailleurs, je vous rappelle que la réunion de Genève commence le 15 octobre.
(Confirmez-vous la venue en France du président Medvedev la semaine prochaine pour un forum organisé à Evian ?)
Ce n’est pas à moi de confirmer la présence éventuelle du président Medvedev à cette réunion. Beaucoup de chefs d’Etats et de gouvernements ont été invités, mais je ne suis pas en mesure de confirmer la présence définitive des uns et des autres.
CONSEIL DE PARTENARIAT PERMANENT UE / RUSSIE
Il y a un conseil de partenariat permanent Union européenne-Russie sur l’énergie qui se tiendra à Paris le 8 octobre. Je précise que cette réunion s’inscrit dans le cadre d’un processus qui a été lancé en 2005. Cela concerne l’accord actuel de partenariat ; cela n’a rien à voir avec le processus de négociation d’un éventuel nouvel accord de partenariat qui est actuellement suspendu. C’est au titre du partenariat existant que cette réunion se tient à Paris, dans le cadre d’un processus qui a été discuté à 27, travaillant sur trois sujets avec des groupes d’experts à la fois sur les perspectives énergétiques de long terme, l’organisation des marchés et l’efficacité énergétique.
DEPLACEMENT EN MOLDAVIE ET EN ROUMANIE DU SECRETAIRE D’ETAT CHARGE DES AFFAIRES EUROPEENNES LES 6 ET 7 OCTOBRE
Le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, M. Jean-Pierre Jouyet, se rendra en Moldavie et en Roumanie les 6 et 7 octobre. Il sera notamment accompagné de M. Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin, vice-président du groupe d’Amitié France-Moldavie de l’Assemblée nationale.
A Chisinau, le secrétaire d’Etat rencontrera le président de la République, le Premier ministre, le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration européenne et le président du Parlement. Il soulignera notre détermination à renforcer les relations de l’Union européenne avec la République de Moldavie, y compris à travers un nouvel accord plus ambitieux que l’actuel accord de partenariat et de coopération.
Ce nouvel accord aura pour objectif d’assurer le rapprochement graduel de la République de Moldavie avec l’Union européenne et s’inscrira dans le renforcement de la politique de voisinage à l’Est de l’Union européenne.
Le secrétaire d’Etat rappellera également l’engagement de l’Union européenne dans les efforts de résolution du conflit en Transnistrie dans le format de négociation "5+2", seul à même de garantir la transparence et la légitimité nécessaires pour définir une solution durable, respectant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Moldavie.
A Bucarest, M. Jouyet rencontrera le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et la secrétaire d’Etat aux Affaires européennes avec lesquels il abordera les questions d’actualité internationale et fera le point sur la mise en oeuvre des priorités de la Présidence française de l’Union européenne.
Cette rencontre sera également l’occasion de faire un premier bilan sur la mise en oeuvre de l’Accord de partenariat stratégique signé au mois d’avril entre la France et la Roumanie, qui a permis de donner une impulsion nouvelle à notre relation bilatérale.
PAROLES D’EUROPEENS
En amont de l’événement "Paroles d’Européens ! 12 projets pour 2020", Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, accueille au Quai d’Orsay, le lundi 6 octobre, 75 jeunes francophones originaires des Balkans occidentaux, de l’Europe orientale et de la Turquie, ainsi que les ambassadeurs de leurs pays respectifs (Russie, Géorgie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Serbie, etc).
Après Paris et Strasbourg, ceux-ci retrouveront 450 autres jeunes des 27 Etats membres de l’Union européenne à Nantes les 10 et 11 octobre pour participer à "Paroles d’Européens ! 12 projets pour 2020". Ensemble, ils décideront collectivement des 12 projets majeurs qu’ils souhaitent voir mis en oeuvre pour l’avenir de l’Union européenne à l’horizon 2020.
Cette rencontre citoyenne de la Présidence française de l’Union européenne se concentrera autour de quatre grands défis : renforcer les liens entre l’Europe et ses citoyens, bâtir une Europe innovante et solidaire, construire l’Europe du développement durable, positionner l’Europe dans le monde de demain.
Les "12 projets pour 2020", seront ensuite présentés et débattus par les jeunes eux-mêmes le samedi 11 octobre devant Felipe Gonzalez, ancien Premier ministre espagnol et président du Comité des Sages chargé de réfléchir à l’Union européenne pour l’horizon 2020-2030, mais aussi Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, Yves Lecointe, président de l’Université de Nantes. Les résultats de ces débats seront ensuite présentés au grand public (retransmission sur la chaîne parlementaire - Assemblée nationale).
BIODIVERSITE - CONGRES DE L’UNION INTERNATIONALE POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE
Mme Kosciusco-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, conduira la délégation française au Congrès mondial de la Nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui se tiendra à Barcelone, du 5 au 14 octobre 2008.
Fondée à Fontainebleau en 1948, l’UICN organise tous les 4 ans la plus grande manifestation internationale dans le domaine de la conservation de la nature. Lors du congrès de Barcelone, l’assemblée générale de cette organisation, qui réunit les représentants des 140 pays membres, décidera des actions stratégiques à mener de 2009 à 2012 et nommera son nouveau président.
A cette occasion sera annoncé le renouvellement de l’accord de coopération signé en novembre 2005 entre la France et l’UICN.
Celui-ci prévoit le financement par la France, à hauteur de 4,5 millions d’euros pour le quadriennum 2009 - 2012, de projets dans les domaines des aires protégées, en particulier en Afrique centrale, de la protection de la Méditerranée, de la gestion durable des forêts ou de la problématique environnementale spécifique à l’Outre-mer européen et aux petits Etats insulaires en développement.
ETATS GENERAUX DE L’ENSEIGNEMENT FRANCAIS A L’ETRANGER
La première session des "Etats généraux de l’enseignement français à l’étranger" ont réuni le 2 octobre les acteurs de l’enseignement français à l’étranger : parents d’élèves, enseignants, parlementaires, membres de l’Assemblée des Français à l’Etranger, administrations et entreprises.
Cette réunion a permis à plusieurs anciens élèves, parmi lesquels un ancien ministre, des étudiants de grandes écoles, des chefs d’entreprise, des diplomates ou des artistes, de témoigner sur les performances du réseau : performances pédagogiques, rayonnement local, mixité sociale et rencontre entre les cultures.
Le président d’honneur du MEDEF international, M. François Perigot, a souligné la grande diversité des entreprises présentes à l’étranger et la nécessité de préciser, pays par pays, par l’intermédiaire de nos ambassades, les conséquences de la "mesure de gratuité", notamment en terme d’éviction éventuelle des élèves étrangers et de désengagement des entreprises.
L’implication du ministère de l’Education nationale, et de ses moyens budgétaires, dans le développement du réseau a fait l’objet de nombreuses interventions. Les représentants du ministère mettant pour leur part en avant le développement des formules de partenariat avec des pays étrangers, comme le projet de baccalauréat franco-américain que vient de signer M. Xavier Darcos avec les autorités américaines.
Les représentants des enseignants ont, en particulier, fait valoir l’importance de garder un minimum de 50 % de titulaires dans nos établissements. Ils ont insisté sur leur volonté de voir notre réseau conserver un caractère de service public et mis en garde contre une évolution commerciale.
Le directeur des Français à l’étranger et des étrangers en France a décrit la forte croissance des communautés françaises expatriées, due soit à un dynamisme migratoire, en particulier en Amérique du Nord, ou à une augmentation sensible des binationaux, et la demande qui en découlait sur les besoins de scolarisation dans notre réseau.
DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE SUR LE ZIMBABWE
La Présidence du Conseil de l’Union européenne salue l’annonce par le président Kgalema Motlanthe, président en exercice de la SADC, de la poursuite de la médiation sur le Zimbabwe. Elle se réjouit que cette mission de facilitation reste confiée à l’ancien chef d’Etat, M. Thabo Mbeki, dont les efforts depuis mars 2007 ont permis la signature de l’accord politique du 15 septembre.
La Présidence du Conseil de l’Union européenne exprime l’espoir que la reprise de cette médiation favorisera le dialogue engagé et permettra d’aboutir, dans les meilleurs délais possibles, à la formation d’un gouvernement d’union, crédible et reflétant les aspirations exprimées par le peuple zimbabwéen lors du scrutin du 29 mars.
La mise en oeuvre de l’accord du 15 septembre, qui est désormais urgente, doit en effet permettre d’apporter à la population du Zimbabwe les réformes tant attendues, dans le domaine de l’Etat de droit comme en ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie.
AGENDA DES MINISTRES
(Avez-vous des précisions sur les prochains déplacements en Tunisie et en Afghanistan ?)
Pour ce qui est de l’Afghanistan c’est principalement sur les questions de coopération et de développement qu’Alain Joyandet se rendra dans ce pays. Vous savez que nous pensons que l’implication de la communauté internationale doit être la plus diversifiée possible. Il y a une composante de sécurité - je ne vais pas revenir sur les efforts de la France avec une quarantaine d’autres pays pour la sécurité en Afghanistan. Mais il y a aussi une aide civile, de reconstruction et de développement. Dans ce cadre, Alain Joyandet, qui est très impliqué dans les questions de sécurité alimentaire mais aussi dans les projets de développement, va faire ce déplacement pour examiner aussi sur le terrain le développement des cultures alternatives à celle du pavot. Vous savez qu’aujourd’hui la communauté internationale réfléchit de plus en plus aux modalités d’emploi des personnes dans les régions qui cultivent du pavot. Il s’agit de faciliter leur reconversion dans d’autres activités, notamment de reconstruction ou d’infrastructures, mais aussi de cultures alternatives.
S’agissant de son déplacement à Tunis son objet est notamment l’inauguration de l’école française Robert Desnos de Tunis.
CRISE FINANCIERE
(En quoi le ministre des Affaires étrangères est-il concerné par la crise financière ?)
Les postes diplomatiques sont en alerte et analysent les développements de la crise et les réactions politiques qu’elle suscite, afin de nourrir les initiatives prises au niveau européen comme international. Nous sommes en particuliers attentifs aux conséquences de cette crise pour la stabilité des pays en crise et des pays fragiles, qui sont souvent simultanément affectés par la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires. Les débats à la dernière Assemblée générale des Nations unies montrent à quel point la crise actuelle est devenue un sujet politique et de gouvernance.
(Quelles sont les prochaines échéances au niveau international ?)
La séquence à venir consacrée à la crise financière sera particulièrement dense : Conseil Ecofin (7 octobre) . G7-finances (10 octobre), précédant les Assemblées annuelles FMI/Banque mondiale (11-12 octobre) ; Conseil européen (15 et 16 octobre) ; G20 Finances à Sao Paolo les 8 et 9 novembre (présidence du RU) ; Conférence de Doha sur le financement du développement (29 novembre au 4 décembre), dont le SGNU a souligné l’importance sur les "questions systémiques", et bien sûr sommet réunissant les principaux pays concernés par cette crise, comme l’a proposé le président de la République à l’AGNU.
(Quel est le rôle de l’Europe dans cette crise ?)
L’Europe est pleinement mobilisée pour assurer la sécurité et la stabilité du système financier. Le président de la République a annoncé qu’une réunion de préparation du sommet pour la "refondation du système financier international" proposé à l’AGNU le 23 septembre se tiendrait à Paris avec les quatre pays européens du G8 ainsi que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker et le président de la BCE Jean-Claude Trichet.
L’amélioration de la sécurité et de la stabilité financière est au cœur des travaux du Conseil de l’Union européenne à un moment critique. Beaucoup a déjà été fait depuis plusieurs mois sur les principaux sujets auxquels nous sommes confrontés : transparence des flux financiers et des risques, règles comptables internationales, rôle des agences de notation.
Le Conseil informel des ministres européens de l’Economie et des Finances et gouverneurs de banques centrales réuni les 12 et 13 septembre à Nice a posé les jalons pour restaurer la confiance, notamment en améliorant la transparence des comptes des établissements financiers, la supervision et la responsabilité des opérateurs, le respect des règles prudentielles et aussi l’accès des entreprises, en particulier les PME, au crédit grâce à 30 milliards de prêts de la Banque européenne d’Investissement. Les travaux se poursuivent activement et seront au cœur des discussions des ministres au Conseil Ecofin du 7 octobre, dans la perspective du Conseil européen des 15 et 16 octobre.
De façon générale, l’Europe doit affirmer son modèle propre et renforcer sa cohésion : il ne s’agit pas de mettre en cause les Etats-Unis mais de tirer les conséquences de l’échec d’un modèle fondé sur l’autorégulation des marchés.
(Est-ce que vous considérez que des initiatives comme celle de l’Irlande qui a créé son propre fonds peuvent freiner les initiatives européennes qui essaient de s’unir ?)
Nous n’avons pas de commentaires à formuler sur des réactions nationales. Ce qu’il faut essayer d’articuler ce sont les stratégies nationales, les mesures européennes et les réactions internationales. Ce sont ces trois niveaux là qu’il faut articuler. Que les pays prennent des dispositions à titre national cela leur appartient. Il faut évidemment que l’on puisse l’articuler avec les réponses européennes et internationales.
(Le secrétaire général de l’OCDE a félicité les Américains pour leur approche en créant un fonds énorme pour résoudre le problème. Il a suggéré que les Européens suivent la même voie. Quelle est la position de la France à ce sujet ?)
D’abord je vous rappelle qu’aux Etats-Unis la décision n’est pas encore prise. Il faudra attendre la confirmation du vote cet après-midi. Pour le reste le secrétaire général de l’OCDE exprime son opinion. La position de la France est qu’il faut avoir une unité européenne sur un sujet de cette importance./.