(26 septembre 2008)
ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES / PROGRAMME DU MINISTRE / PROCHE-ORIENT, ETATS UNIS, CHINE
Comme chaque jour cette semaine, faisons un point des activités du ministre à New York. Le ministre a participé hier à la séance plénière de l’Assemblée générale sur les Objectifs du millénaire pour le développement. Il a eu un déjeuner en bilatéral avec Mme Condoleezza Rice au cours duquel trois sujets principaux ont été évoqués : le Proche-Orient, l’Afghanistan et le dossier nucléaire iranien.
Il a également eu un entretien avec le prince Saoud al-Fayçal, le ministre des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, puis avec le Premier ministre du Koweït. Avec l’un comme avec l’autre, il a parlé des relations entre l’Union européenne et le Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), vous savez qu’il y avait eu une Troïka entre l’Union européenne et le CCEAG le 23, et d’un certain nombre de crises régionales, en particulier le Proche-Orient et l’Afghanistan.
Ensuite, le ministre a représenté la Présidence du Conseil de l’Union européenne à la Troïka avec la Chine, à laquelle son homologue chinois était présent. Plusieurs crises régionales ont été évoquées : le dossier iranien, le Darfour, la Birmanie, ainsi que des thèmes globaux comme le changement climatique et la crise financière internationale.
Le ministre a terminé par un dîner avec le Secrétaire général sur la question du changement climatique.
Aujourd’hui, Bernard Kouchner devrait participer à une réunion qui se tient à l’initiative de la Grèce et qui concerne la protection des journalistes. Vous savez qu’il y a une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur ce sujet : c’est un thème qui nous tient à cœur.
Il y aura un déjeuner Union européenne/ONU puis, dans l’après-midi, la réunion du Quartet sur le Proche-Orient ainsi qu’une réunion d’un groupe des Amis du Pakistan.
(La réunion du Quartet a seulement pour objet de coordonner les positions, n’est-ce pas ?)
La réunion du Quartet a pour objectif de rappeler la mobilisation de la communauté internationale en faveur d’un règlement de paix au Proche-Orient, d’inviter les parties à faire tous les efforts afin de parvenir à ce règlement conformément aux engagements qui ont été pris à Annapolis, d’appeler les parties à faire ce qui est nécessaire en matière de sécurité, de lutter contre le terrorisme, de lever les blocages et les obstacles à la liberté de mouvement et d’accès. Il devrait y avoir un appel au gel de la colonisation. Un communiqué sera publié à l’issue de cette réunion du Quartet.
(Vous pouvez nous donner quelques détails sur l’entretien de M. Kouchner avec Mme Rice et avec Saoud al-Fayçal ?)
Sur l’entretien avec Mme Rice, en ce qui concerne le Proche-Orient, ils ont notamment évoqué la situation sur le terrain. Vous avez remarqué qu’hier nous en avons également parlé. Il y a eu un certain nombre de progrès sur la prise en charge par l’Autorité palestinienne de la sécurité dans certaines villes, en particulier à Jenine. C’est une manière pour l’Autorité palestinienne d’affirmer son autorité et c’est un développement positif.
Sur l’Afghanistan, le ministre a évoqué la nécessité, dans le prolongement des orientations prises lors de la conférence de Paris, d’une meilleure articulation des efforts civils et militaires menés par la communauté internationale. Il a également évoqué les meilleurs moyens de favoriser, d’accélérer l’afghanisation, c’est-à-dire la prise en charge par les forces armées afghanes de la sécurité dans le pays - le transfert de responsabilités. Les deux ministres ont fait un point de la situation dans la région et sur la nécessité d’une coopération entre tous les Etats concernés et impliqués dans la lutte contre le terrorisme.
S’agissant de l’Iran, il y a une très grande unité de vues. Le ministre et la secrétaire d’Etat ont réaffirmé la pertinence du format E3+3, d’ailleurs démontrée par la poursuite des travaux qui se sont déroulés cette semaine à New York entre les directeurs politiques et la perspective d’une réunion à niveau ministériel. Vous avez vu que M. Steinmeier a rencontré M. Lavrov et qu’à l’issue de cet entretien, ils ont fait référence à une prochaine réunion ministérielle.
(Avec Saoud al-Fayçal ?)
Comme je vous le disais, les relations entre l’Union européenne et le CCEAG ont été discutées. Vous savez que nous sommes dans un processus de négociation d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Conseil de coopération du Golfe. Il y a des obstacles mais nous travaillons de part et d’autre pour lever ces obstacles. Le souhait des deux parties, en particulier un souhait exprimé par le prince Saoud, est de conclure cette négociation sous Présidence française, c’est-à-dire avant la fin de l’année.
Le deuxième point concernait les questions régionales et en particulier le Proche-Orient et l’Afghanistan, dans le contexte des efforts menés par les uns et les autres en vue de traiter ces problèmes et de parvenir à des solutions.
IRAN / NUCLEAIRE
(Sur l’Iran, vous avez évoqué une réunion ministérielle des Six, est-ce qu’une date est arrêtée ?)
Les discussions se poursuivent.
(Une lettre aurait été adressée par l’Union européenne à l’AIEA sur le programme nucléaire iranien. Dans cette lettre, il serait dit que le programme iranien vise un objectif militaire. Est-ce la Présidence française qui a adressé cette lettre à l’Agence ? Sur quels éléments matériels vous êtes vous basés pour affirmer que le programme nucléaire iranien est à but militaire ?)
Je ne vois pas à quelle lettre vous faites allusion. En revanche, je tiens à votre disposition une déclaration qui a été faite par la délégation française au nom de l’Union européenne lors du débat général à l’AIEA à Vienne, le 22 septembre.
Dans cette déclaration, qui est longue puisqu’elle couvre l’ensemble des champs qui sont traités à l’AIEA, il y a, à propos de l’Iran, le rappel de nos positions, de sérieuses préoccupations à la suite des informations dont fait état le directeur général de l’Agence relatives aux possibles dimensions militaires du programme nucléaire iranien. Notre inquiétude s’accroît dans la mesure ou l’Iran n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissements de l’Agence et a refusé de fournir les informations demandées, de permettre l’accès demandé à des installations et à des personnes.
(Vous ne disposez pas d’informations à proprement parler ? Votre appréciation est basée sur ce que dit l’AIEA ?)
Notre appréciation est basée sur tout un faisceau d’informations et de renseignements dont nous disposons.
(En propre ?)
Y compris en propre.
AFGHANISTAN
(M. Fillon a évoqué au début de la semaine devant le Parlement la possibilité d’une intervention saoudienne pour séparer les Djihadistes des Talibans qui ont des motivations nationalistes ou tribales pour permettre une ouverture politique. Il a cité des Etats sunnites qui font ces efforts, en particulier l’Arabie saoudite. Est-ce qu’à la suite de la rencontre entre Bernard Kouchner et le prince Saoud al-Fayçal, nous avons plus d’éléments pour comprendre quels sont les efforts demandés à l’Arabie saoudite ?)
Il y a effectivement un souhait que cette démarche soit entreprise par les pays qui peuvent avoir une influence sur les forces en présence dans le conflit afghan, avec un seul objectif qui est la stabilisation de l’Afghanistan et la réconciliation nationale. Cela ne peut se faire qu’avec ceux qui renoncent à la violence et se prêtent à cette démarche sans arrières-pensées et sans conditions. Tous les efforts sont bienvenus s’ils tendent vers cet objectif.
(Peut-on considérer que cette position est une ouverture de la France envers les Talibans qui sont éloignés des Djihadistes ?)
Ce n’est pas une ouverture. C’est la réaffirmation d’une position qui a été déjà exprimée par le président de la République et par le ministre lors de la Conférence sur l’Afghanistan qui s’est tenue à Paris au mois de juin. Dans les discours du 12 juin, il y avait clairement une référence à cette orientation politique. Cela a été redit lundi par le Premier ministre lors du débat parlementaire. Ce n’est donc pas une ouverture mais au contraire une continuité dans notre volonté que tout soit fait pour parvenir à la réconciliation nationale en Afghanistan dans le respect évidemment du rôle et des prérogatives du président Karzaï.
BIRMANIE : DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE
’’Il y a un an, la junte birmane réprimait brutalement des manifestations pacifiques à Rangoun. La communauté internationale et le Conseil de sécurité des Nations unies ont alors clairement formulé leurs attentes, en particulier en matière de libération des prisonniers politiques, dont Aung San Suu Kyi, et d’engagement d’un véritable dialogue en vue de la réconciliation nationale.
Un an après ces événements tragiques, la Présidence du Conseil de l’Union européenne regrette que les autorités birmanes n’aient pas encore donné de signes tangibles de leur volonté de répondre pleinement et de bonne foi aux attentes de la communauté internationale, en dépit de quelques gestes comme la libération récente de certains prisonniers politiques dont U Win Tin.
La Présidence du Conseil de l’Union européenne appelle les autorités birmanes à répondre aux exigences fixées par le Conseil de sécurité dans ses déclarations d’octobre 2007 et mai 2008, comme la cessation des arrestations de membres de l’opposition et de défenseurs des Droits de l’Homme, la libération de tous les prisonniers politiques, dont Aung San Suu Kyi, et l’engagement d’un réel dialogue avec l’opposition.
Elle appelle également les autorités birmanes à coopérer pleinement avec les Nations unies et à mettre en oeuvre les exigences et recommandations contenues dans les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies et du Conseil des Droits de l’Homme.
La Présidence du Conseil de l’Union salue à cet égard l’engagement personnel du Secrétaire général des Nations unies pour faciliter la réalisation de ces objectifs".
DECLARATION DE LA PRESIDENCE AU NOM DE L’UNION EUROPEENNE SUR LA SITUATION DES PERSONNES APPARTENANT A DES MINORITES RELIGIEUSES EN IRAN
’’L’Union européenne est très préoccupée par la dégradation de l’exercice de la liberté de religion ou de conviction, notamment la liberté de culte en Iran, où les pressions exercées sur les personnes appartenant à des minorités religieuses se sont aggravées au cours des derniers mois.
L’arrestation, depuis le mois d’avril, d’Iraniens convertis au christianisme et de membres de la communauté baha’ie suscite sa profonde inquiétude. L’Union européenne demande leur libération immédiate et inconditionnelle ainsi que l’arrêt de toute forme de violence ou de discrimination à leur encontre.
De nombreuses informations rapportent que les personnes appartenant aux minorités chrétiennes, bahaïs, soufis et sunnites en Iran subissent des persécutions régulières comme la confiscation de leurs biens, la profanation de leurs lieux de prière, leur emprisonnement et de nombreuses violences faites à leur encontre, y compris certaines mettant leur vie en danger.
L’Union européenne exprime sa préoccupation devant la décision prise par le Parlement iranien d’examiner un projet de loi qui inscrit l’apostasie parmi les crimes passibles de la peine de mort. Cette loi, si elle était adoptée, constituerait une grave atteinte à la liberté de religion ou de conviction, qui comprend le droit de changer de religion et le droit de ne pas avoir de religion. Elle violerait l’article 18 du Pacte international sur les droits civils et politiques, librement ratifié par l’Iran, et mettrait en danger la vie de plusieurs Iraniens, arrêtés et emprisonnés sans procès depuis plusieurs mois pour leurs convictions religieuses.
L’Union européenne exhorte la République islamique d’Iran à reconsidérer l’examen de cette loi, à libérer toute personne emprisonnée en raison de son appartenance religieuse et à garantir le plein exercice de la liberté de religion ou de conviction à tous ses citoyens".
AGENDA EUROPEEN : UNION EUROPEENNE / INDE / REUNION DES MINISTRES DU DEVELOPPEMENT
Sur l’agenda européen de la semaine prochaine, que nous vous distribuons, vous verrez qu’il y a plusieurs réunions importantes, notamment en ce qui concerne les relations de l’Union européenne avec ses grands partenaires. Je pense au sommet avec l’Inde qui se tiendra à Marseille lundi. Ce sommet donnera lieu à la signature d’un nouveau cadre d’action révisé, après celui que nous avions adopté en 2005, de manière à élargir notre coopération et notre dialogue à de nouveaux domaines, en particulier ceux de la sécurité, du développement durable, de la recherche, des nouvelles technologies, de l’éducation et de la culture.
J’attire votre attention également sur la réunion informelle des ministres en charge du Développement. En effet, au lendemain de l’Assemblée générale où la Présidence française du Conseil de l’Union européenne a appelé à un renouveau de la gouvernance mondiale et à une gestion collective des crises, les ministres européens du Développement se réuniront à Bordeaux les 29 et 30 septembre.
Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, présidera cette réunion destinée à discuter des grandes orientations de la politique de développement de l’Union européenne en faveur de la sécurité alimentaire, de la santé et de l’adaptation au changement climatique. Les débats porteront également sur la mise en oeuvre des recommandations de la Conférence d’Accra sur l’efficacité de l’aide et sur la préparation de la prochaine Conférence de Doha sur le financement du développement.
Cette réunion portera sur trois thèmes principaux.
La sécurité alimentaire. En étroite concertation avec la Commission européenne, la Présidence française s’efforcera de proposer aux Etats membres d’articuler la réponse européenne avec les trois piliers du ’’partenariat mondial pour l’agriculture et l’alimentation’’ proposé par le président de la République à Rome.
La Présidence s’attachera, dans le prolongement des conclusions du Conseil européen de juin et de la proposition de règlement de la Commission, à mobiliser des ressources financières en soutien à l’agriculture dans les pays en développement. Des experts de l’agriculture en Afrique et du financement de ce secteur, des parlementaires européens seront invités à alimenter la réflexion des ministres en vue des décisions du Conseil avant la fin de l’année.
La santé. Ce thème sera traité en présence de Bernard Kouchner. La Présidence poursuivra, avec le soutien de la Commission européenne, la réflexion engagée lors de la Conférence internationale du 7 mai 2008 sur l’accès aux soins et le financement durable des systèmes de santé grâce à la mobilisation d’outils appropriés aux conditions de chaque pays en développement. M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères participera à cette session de travail.
L’efficacité de l’aide. Trois semaines après le Forum de haut niveau d’Accra, les ministres débattront de l’architecture de l’aide européenne : comment mieux articuler les acteurs et les instruments pour faire face aux défis globaux ? Comment mieux répondre aux besoins des bénéficiaires de l’aide en adaptant la gamme de nos outils, en prenant en compte les pays orphelins de l’aide et en proposant des réponses adaptées aux situations de fragilité ? Comment prendre en compte les conséquences pour les pays en voie de développement de la crise financière mondiale ?
Enfin, les ministres prépareront la conférence internationale sur le financement du développement de Doha. La Présidence française travaillera à la définition et à la valorisation de la position de l’Union européenne sur la base du mandat ambitieux défini par le Conseil de mai 2008. Au-delà du financement de l’aide par l’APD, la conférence de Doha fournit l’occasion de traiter la question de l’amélioration de la gouvernance économique et financière mondiale dont le président de la République vient de rappeler à New York combien elle est essentielle. La conférence de Doha permettra également de poursuivre la réflexion sur d’autres formes de financement, les financements innovants, les transferts d’épargne des migrants, mais aussi les progrès dans la mobilisation des ressources nationales des pays bénéficiaires au soutien d’une croissance partagée.
Je voudrais relever que l’aide de l’Union européenne, c’est-à-dire celle de l’Union en propre et celle des Etats membres, représente 55 % de l’aide publique mondiale au développement, soit 46 milliards d’euros en 2007. Sur ce total, l’Allemagne et la France sont le premier et le deuxième contributeur.
FRANCE / JAPON
On nous avait demandé mardi s’il y avait une réaction à la formation du nouveau gouvernement au Japon. J’avais dit que nous attendions la constitution de ce nouveau gouvernement et la nomination du ministre des Affaires étrangères. Je voulais, pour assurer le suivi de cette question, vous confirmer que le ministre Bernard Kouchner avait adressé une lettre hier à son nouvel homologue japonais, M. Nakasone, pour le féliciter, mais aussi pour lui dire que nous souhaitions que compte tenu des fortes convergences qui existent entre la France et le Japon et entre les deux Présidences française de l’Union européenne et japonaise du G8, nous puissions développer une concertation encore plus étroite dans tous les domaines.
ENLEVEMENTS DE RESSORTISSANTS ETRANGERS EN ETHIOPIE
(Avez-vous des informations à nous communiquer sur la situation des deux humanitaires enlevés en Ethiopie ? Travaillez-vous étroitement avec Médecins du Monde pour la libération des otages, dont nous pensons pour un d’entre eux qu’il est de nationalité japonaise ?)
Au sujet de la nationalité de ces deux otages : il ne s’agit pas de citoyens français. Ce n’est pas à nous de donner la nationalité de ces deux personnes. C’est l’organisation Médecins du Monde qui est responsable de la communication sur cette douloureuse affaire.
Evidemment, nous condamnons l’enlèvement des deux travailleurs humanitaires, des deux employés de Médecins du Monde et nous appelons à leur libération.
Nous sommes en contact avec Médecins du monde dans le cadre des efforts qui peuvent être menés pour obtenir cette libération.
ETATS-UNIS / FRANCE
(Quel est l’objet de la visite du Général David Petraeus en France. Pourquoi et à quel titre va-t-il rencontrer le Premier ministre ?)
Le général Petraeus vient de prendre ses fonctions de commandant pour le compte des Etats-Unis d’une zone essentielle qui comprend des théâtres sensibles et stratégiques. Il effectue une visite en France. Il a vu le ministre de la Défense et le chef d’état-major des armées hier. Il a également été reçu au Quai d’Orsay. Aujourd’hui est prévue une rencontre avec le Premier ministre. Il est naturel, compte tenu des responsabilités du Général Petraeus, qu’il rencontre les autorités françaises, qu’il évoque avec elles les principaux dossiers dont il a la charge au moment où il prend ses fonctions.
FRANCE/RWANDA
(Est-ce que vous avez des détails sur la rencontre qui a eu lieu entre Paul Kagamé et le président de la République ?)
La présidence de la République a confirmé la tenue de cette rencontre et en a expliqué le contenu. Il s’agissait de faire un point de situation de nos relations, de rappeler que, s’agissant de la France, nous ne pouvons accepter les accusations de responsabilité ou de participation dans le génocide et que, de notre point de vue, une dégradation des relations entre nos deux pays n’était dans l’intérêt de personne. Vous avez vu que Bernard Kouchner a dit à New York qu’il y avait certains blocages. Dans le respect de la justice, et de son indépendance, nous souhaitons continuer à travailler à la levée de ces blocages parce que nous pensons que ce n’est dans l’intérêt de personne d’avoir une relation dégradée entre les deux pays.
PROCHE-ORIENT
(Quelle est votre réaction au rapport d’OXFAM et de plusieurs organisations humanitaires sur le travail du Quartet ?)
Nous avons vu ce rapport qui considère que le Quartet doit faire davantage. C’est également notre conception du rôle du Quartet. C’est le souhait qu’exprimera très clairement le ministre qui participera à la réunion du Quartet cet après-midi en tant que Président du Conseil de l’Union européenne. Il est clair qu’il doit y avoir outre une mobilisation, un accompagnement par la communauté internationale des négociations entre les parties. Il ne s’agit pas de se substituer aux parties, il s’agit de les accompagner et de marquer une disponibilité à apporter des garanties, à accomplir des gestes précis pour favoriser et pour accompagner un règlement de paix. C’est une question dont on parle depuis longtemps au sein de l’Union européenne : quel type de mesures pouvons-nous présenter pour favoriser la conclusion et l’application d’un accord ?
(M. Kouchner au nom de l’Union européenne présentera-t-il des choses précises ?)
Le ministre parlera d’un certain nombre de domaines dans lesquels l’Union européenne peut apporter des contributions, notamment sur le terrain. Vous savez qu’il y a un certain nombre d’idées qui sont évoquées et sur lesquelles nous travaillons. Il rappellera la disposition européenne à contribuer concrètement à l’application d’un règlement.
CRISE FINANCIERE
(Est-ce que la Présidence française envisage d’organiser une réaction européenne à la crise financière ? N’y a-t-il pas un risque que cette crise monopolisant le temps et l’énergie des dirigeants européens, d’autres dossiers comme l’intégration européenne ou la ratification du Traité de Lisbonne souffrent un certain retard ?)
Vous avez vu que le président de la République a prononcé hier un discours substantiel consacré à la situation économique, qui contient des propositions et des pistes pour faire face à la crise financière internationale. Dans ces propositions, il y a celle d’une réunion du G8 et de remise à plat de la gouvernance financière internationale. Il avait expliqué à New York, au nom de l’Union européenne, qu’il était nécessaire de se mobiliser et de trouver les moyens de faire face à cette crise financière. Bien évidemment, il y a une dimension européenne tout à fait essentielle dans cette action et je ne doute pas que la question sera discutée au Conseil européen du 15 octobre.
Cela ne nous divertit nullement de tous les efforts que nous faisons par ailleurs sur les autres dossiers européens : paquet énergie-climat, pacte sur l’asile et l’immigration, politique étrangère et de sécurité commune, en particulier les relations avec la Russie, et bien sûr les suites à donner au référendum irlandais. Vous savez que le Premier ministre irlandais sera à Paris cette semaine. Il aura un déjeuner avec le président de la République auquel le ministre Kouchner participera.
Nous continuons sur tous les fronts à traiter les dossiers.
(Mais y aura-t-il un réunion spécifique des ministres de l’Union européenne consacrée à la crise ?)
Les ministres des Finances ont des réunions. Il y a eu un Ecofin à Nice la semaine dernière déjà. Et il y en aura un le 7 octobre. La concertation s’intensifie sur ces questions./.