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Point de presse quotidien du Porte-Parole du ministère des Affaires étrangères et européennes

Point de presse - Déclaration du porte-parole

(10 septembre 2008)

Au point de presse électronique de ce jour, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

UNION EUROPEENNE/UKRAINE

Le sommet entre l’Union européenne et l’Ukraine a réuni à Paris, le 9 septembre, le président de la République, président en exercice du Conseil européen, accompagné du ministre des Affaires étrangères et européennes ainsi que du secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, le président de la Commission européenne accompagné par la commissaire aux relations extérieures et à la politique de voisinage et par le commissaire au Commerce extérieur, ainsi que le Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune.

L’Ukraine était représentée par le président Viktor Iouchtchenko accompagné de M. Volodymyr Ogryzko, ministre des Affaires étrangères, de M. Bogdan Danylychyn, ministre de l’Economie, de M. Youri Ekhanurov, ministre de la Défense, de M. Mykola Onichtchuk, ministre de la Justice, et de M. Youri Prodan, ministre de l’Energie.

Ce sommet a permis des avancées significatives pour l’avenir des relations entre l’Union européenne et l’Ukraine. L’Union européenne et l’Ukraine ont en effet décidé d’être désormais liées par un accord d’association, dont les négociations devront être conclues en 2009.

La déclaration conjointe adoptée lors du sommet consacre les principes sur lesquels se fondera le renforcement du partenariat entre l’Union européenne et l’Ukraine. Le futur accord sera un accord d’association, comme le souhaitait Kiev. L’Ukraine est reconnue pour la première fois comme un pays européen qui partage avec les pays de l’Union une histoire et des valeurs communes.

En matière de circulation des personnes, sujet important pour les citoyens ukrainiens, l’Union européenne s’est déclarée prête à ouvrir rapidement, c’est-à-dire sans attendre la conclusion des négociations sur l’accord, un dialogue afin d’examiner les conditions nécessaires à la mise en place à long terme d’un régime d’exemption des visas.

L’Union européenne et l’Ukraine ont également décidé d’approfondir leur coopération dans plusieurs domaines d’intérêt commun comme l’énergie, les transports, la justice et les affaires intérieures, la PESC et la PESD. 

La crise en Géorgie a été abordée dans une déclaration conjointe qui reflète la très grande convergence de vues entre l’Union européenne et l’Ukraine. Le président de la République a informé le président Iouchtchenko des résultats de la mission qu’il venait d’effectuer à Moscou et Tbilissi.

MAURITANIE : DECLARATION DE LA PRESIDENCE AU NOM DE L’UNION EUROPEENNE

"L’Union européenne rappelle que l’ensemble des mesures prises par les responsables militaires qui se sont emparés du pouvoir en Mauritanie, et en particulier la destitution du président de la République, constituent une violation flagrante de la Constitution mauritanienne.

Comme elle le fait depuis le coup d’Etat du 6 août dernier, l’Union européenne appelle à la libération immédiate du président Abdallahi ainsi qu’à un retour à l’ordre constitutionnel. Ceci implique notamment le respect du résultat de l’élection présidentielle de 2007, qui s’était déroulée dans des conditions transparentes et démocratiques saluées par la communauté internationale.

L’Union européenne exhorte la junte et l’ensemble des responsables politiques mauritaniens à coopérer au plus vite avec l’Union africaine, l’Union européenne et la communauté internationale pour trouver une solution rapide à cette crise.

L’Union européenne réitère sa disponibilité à contribuer activement à une résolution de la crise par la voie du dialogue. Elle tirera, le cas échéant, les conséquences de l’absence de gestes de la junte témoignant de sa volonté de rétablir la démocratie dans les plus brefs délais."

MALI : LIBERATION DES DERNIERS OTAGES PAR LES REBELLES TOUAREGS

La France se réjouit de la récente libération de 44 otages militaires maliens par un groupe de rebelles touaregs. Il s’agit d’un signe encourageant pour le règlement du conflit qui déstabilise le Nord du Mali depuis plus d’un an et qui doit être résolu par la voie du dialogue entre toutes les parties.

La France a toujours soutenu la recherche de solutions concertées et encouragé tous ceux qui peuvent y contribuer.

C’est dans ce cadre que nous souhaitons l’application des accords d’Alger de 2006 qui constituent le cadre de référence du règlement de cette crise. La médiation algérienne est un facteur essentiel pour la bonne mise en oeuvre de ces accords.

AIDE FRANCAISE A HAITI

L’aide d’urgence française continue d’être acheminée vers les régions d’Haïti frappées par les cyclones Gustav, Hanna et Ike.

Les besoins les plus importants en eau potable concernent la ville des Gonaïves. C’est pourquoi nous procédons ce jour à l’envoi de pastilles de purification d’eau qui permettront de potabiliser 6 millions de litres d’eau et d’approvisionner jusqu’à 200.000 personnes pendant 6 jours.

Cette aide sera mise en oeuvre par trois techniciens des pompiers humanitaires français en liaison avec notre ambassade à Port-au-Prince.

Nous envisageons également l’envoi de matériel humanitaire, essentiellement des abris, à partir de Fort-de-France.

FRANCE/UNRWA

Mme Karen Abu Zayd, commissaire générale de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), effectue actuellement une visite en France. Elle sera reçue par Mme Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, ce mercredi 10 septembre, et par M. Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, jeudi 11 septembre.

Ce déplacement s’inscrit dans le cadre du soutien constant apporté par la France aux missions de l’UNRWA qui joue un rôle essentiel afin de venir en aide aux 4,5 millions de réfugiés palestiniens.

La contribution française au budget de l’UNRWA, en augmentation régulière ces dernières années, a atteint 6 millions d’euros en 2008 auxquels s’ajoutent 2,5 millions d’euros de contribution aux programmes d’aide alimentaire destinés aux réfugiés palestiniens.

Lors de ces entretiens, outre les relations entre la France et l’UNRWA, la situation des réfugiés dans les pays de la région et dans les Territoires palestiniens, où la levée des restrictions de circulation est essentielle pour que l’UNRWA puisse apporter toute l’assistance nécessaire aux populations, sera évoquée.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE

La Présidence du Conseil de l’Union européenne exprime sa préoccupation face au regain de tension actuellement perceptible dans l’est de la République démocratique du Congo.

Nous appelons toutes les parties signataires, et en premier lieu le CNDP de Laurent Nkunda, à respecter pleinement les dispositions des actes d’engagement signés à Goma en janvier dernier et à s’engager sans réserve ni condition dans leur mise en oeuvre.

La Présidence réaffirme sa conviction qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise actuelle dans les Kivus et que tout doit être mis en oeuvre pour faire aboutir au plus vite le processus politique en cours depuis plusieurs mois.

Elle réitère son plein soutien à l’action menée par la MONUC sur le terrain en faveur des populations civiles.

PROCHE-ORIENT

(Quelle est la réaction de la France aux nouvelles alarmantes sur la situation humanitaire "catastrophique" à Gaza ? Est-ce que la France va prendre une initiative pour sortir les populations civiles du bras de fer entre Israël et le Hamas d’un côté et les diverses factions palestiniennes de l’autre ?)

La France suit très attentivement l’évolution de la situation à Gaza. Nous avons exprimé à maintes reprises notre préoccupation pour la situation humanitaire. Nous appelons à la levée des restrictions de circulation et condamnons toutes les formes de violences.

Je vous rappelle qu’en complément de la mobilisation des bailleurs internationaux dans le cadre de la Conférence internationale des donateurs de Paris et compte tenu de la situation humanitaire sur place, la France apporte un soutien financier à des actions médicales et humanitaires dans la bande de Gaza, que nous vous avons détaillées lors du point de presse du 10 juillet.

Je vous rappelle également que Mme Rama Yade et M. Alain Joyandet reçoivent aujourd’hui et demain Mme Karen Abu Zayd, commissaire générale de l’UNRWA. La situation des réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza sera naturellement évoquée à cette occasion.

Au-delà de sa préoccupation pour la situation humanitaire à Gaza, la France réaffirme son plein soutien à la démarche de paix du président Abbas et à ses efforts en vue de la reprise d’un dialogue inter-palestinien.

(Est-ce qu’il y a des divergences entre les pays de l’Union européenne concernant d’éventuelles initiatives humanitaires à prendre pour aider Gaza et qui expliquent l’immobilisme de la France qui préside l’Union européenne ?)

Il n’y a ni divergence ni immobilisme : l’Union européenne - qui est de loin le premier donateur aux Territoires palestiniens - apporte une aide très importante aux populations palestiniennes à travers notamment les engagements pris dans le cadre de la conférence internationale des donateurs qui s’est réunie à Paris le 17 décembre 2007 et qui vont pour une part importante aux populations de Gaza.

L’engagement de l’Union européenne se manifeste également par la mise en place en 2008 du mécanisme "Pegase" destiné à soutenir le plan triennal palestinien de réforme et de développement. Ce nouvel instrument élargit les dispositifs antérieurs et assure à l’Autorité palestinienne une aide stable et prévisible.

Le niveau sans précédent et le versement rapide des contributions démontrent la vigueur de la mobilisation de l’Union européenne en faveur des populations de Gaza.

LIBAN

(La France encourage le Liban à entamer des négociations indirectes avec Israël. Le président libanais a annoncé hier qu’il n’y avait aucune utilité à entamer ces négociations pour des considérations ayant rapport à des décisions internationales, car le Liban est attaché à l’initiative arabe. Quelle est votre réaction ?)

Il appartient aux autorités légitimes du Liban de décider de tenir ou non des négociations.

La France, quant à elle, est favorable au dialogue entre les pays de la région et à tout ce qui peut favoriser la stabilité et la paix. Elle réitère son attachement à la stabilité le long de la ligne bleue, au respect de la cessation des hostilités et à une pleine mise en oeuvre de la résolution 1701 dans l’ensemble de ses volets.

(Quelle est votre réaction après l’annonce hier par le président libanais de la reprise du dialogue national le 16 septembre ?)

Nous saluons cette nouvelle étape dans la mise en oeuvre de l’accord de Doha et rappelons à cette occasion notre plein soutien aux autorités libanaises et à l’exercice par l’Etat libanais de son autorité sur l’ensemble de son territoire.

TCHAD

(Quelle est votre réaction à la décision de la Banque mondiale de ne plus aider au développement des infrastructures pétrolières au Tchad ? Partagez-vous le constat de la Banque mondiale que N’Djamena ne respecte pas ses engagements en matière d’efforts pour la réduction de la pauvreté ?)

Ce qui est important à nos yeux, c’est la reprise des discussions entre la Banque mondiale et le Tchad. Nous saluons cette reprise et espérons que ce dialogue permettra de développer de nouvelles coopérations dans d’autres domaines.

(Quelle est la réaction de la France sur le décès de l’opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh selon le rapport de la commission d’enquête ?)

La Commission d’enquête n’établit pas formellement le décès de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Comme les autres observateurs internationaux, nous avons salué le rapport de cette Commission et avons souscrit à ses recommandations, en particulier à celle concernant l’ouverture de procédures judiciaires contre les responsables.

Nous continuons de souhaiter que toute la lumière soit faite sur cette disparition dont Bernard Kouchner s’était inquiété dès qu’elle avait été connue, le 3 février. Il faut que la recherche de la vérité et de la justice se poursuive.

SOMALIE / PIRATERIE

(Avez-vous une réaction à la demande des pirates somaliens de 1,4 million de dollars et la libération de six de leurs camarades comme rançon pour les deux Français kidnappés ?)

Comme vous le savez, nous ne faisons pas de commentaire sur cette affaire, dans l’intérêt même de la sécurité de nos compatriotes.

GEORGIE

(Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a exclu mercredi l’envoi d’observateurs de l’UE dans les républiques séparatistes de Géorgie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, précisant qu’ils pourront se déployer autour de ces territoires "et non pas à l’intérieur". Quelle est votre réaction ? Confirmez-vous que les observateurs européens pourront effectuer des contrôles à l’intérieur des territoires séparatistes sans autorisation préalable des forces russes ?)

L’accord obtenu par l’Union européenne à Moscou et à Tbilissi le 8 septembre, conformément aux conclusions du Conseil européen extraordinaire du 1er septembre et au plan en six points du 12 août, permet la mise en place d’une mission d’observation civile de l’Union européenne au titre de la PESD.

Son objectif sera d’observer les actions des parties et de vérifier le respect des dispositions du plan en six points du 12 août. La mission se coordonnera avec les missions de l’OSCE et de l’ONU.

Chacune des missions, MONUG et OSCE, continue d’exercer son mandat dans ses zones de responsabilité en conformité avec le schéma de déploiement tel qu’il était le 7 août et sans préjudice d’ajustements futurs.

Le mandat de la mission de l’Union européenne est en cours d’élaboration et devrait être approuvé par le Conseil Affaires générales et Relations extérieures le 15 septembre, en vue d’un déploiement sur le terrain d’ici le 1er octobre.

(La Russie a annoncé que les accords qu’elle vient de signer avec l’Ossétie du sud et l’Abkhazie "mentionnent directement des engagements donnant accès à son territoire pour y déployer des installations militaires, y compris évidemment des bases militaires". La France y voit-elle un danger pour le travail des observateurs qui doivent être déployés dans et autour de ces territoires ?)

Nous nous en tenons à l’accord sur la mise en oeuvre du plan du 12 août que toutes les parties doivent appliquer.

Il prévoit notamment le retrait complet des forces de paix russes hors des zones adjacentes à l’Ossétie du Sud et à l’Abkhazie sur leurs positions antérieures au début des hostilités.

FRANCE / ARABIE SAOUDITE

(Pouvez-vous nous fournir des éléments d’information sur les discussions du ministre avec son homologue saoudien hier à Paris ? Est-ce que le ministre saoudien a rencontré M. Guéant ? Pouvez-vous nous dire quelque chose sur la teneur de la rencontre ?)

M. Bernard Kouchner a eu hier un entretien téléphonique avec son homologue saoudien au cours duquel les deux ministres ont notamment évoqué les crises régionales.

Le ministre a confirmé au prince Saoud al Fayçal son intention de se rendre en Arabie saoudite prochainement afin de poursuivre notre concertation avec les autorités saoudiennes.

S’agissant d’une rencontre du ministre saoudien avec le secrétaire général de la présidence de la République, je vous invite à vous adresser à l’Elysée.

GHANA

(Quel est le montant de l’aide budgétaire de la France pour la mise en oeuvre de l’accord de partenariat entre le Ghana et l’Union européenne sur les exportations légales de bois ?)

Il n’existe pas d’appui direct français au gouvernement ghanéen pour des actions menées en application de cet accord. Notre effort se fait dans le cadre européen.

La France apporte en outre un soutien, à travers l’Agence française de Développement, au National Resources Environment Government pour un montant de 5 millions d’euros, afin d’aider les autorités ghanéennes à agir en faveur de l’environnement./.