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Point de presse quotidien du Porte-Parole du ministère des Affaires étrangères et européennes

Point de presse - Déclaration du porte-parole

(25 août 2008)

Au point de presse électronique de ce jour, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

GEORGIE

La France exprime sa préoccupation devant les informations faisant état, notamment dans les régions de Tskhinvali et d’Akhalgori, en Ossétie du Sud, de cas de pillages, de destructions d’habitations et d’intimidations à l’encontre de certaines populations. Elle appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et les Droits de l’Homme, à garantir la protection des populations civiles et à s’abstenir de toute provocation.

(Le Conseil de la Fédération, chambre haute du Parlement russe, s’est prononcé lundi pour une reconnaissance des Républiques séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, la décision revenant désormais à l’exécutif russe. Quelle est votre réaction ?)

La France rappelle son attachement au respect de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Géorgie, dans ses frontières internationalement reconnues. Elle appelle de ses vœux une solution politique des conflits en Géorgie.

(La convocation du sommet extraordinaire de l’Union européenne signifie-t-elle que la présidence française donne une semaine à la Russie pour se mettre en conformité avec ses engagements en quittant ses positions autour de Poti et en acceptant un mécanisme international ? Ou la France ne fait-elle que donner suite à une demande de plusieurs Etats membres, dont la Pologne, sans que cela signifie un durcissement de sa position ?)

Le président de la République, président en exercice du Conseil européen, a annoncé hier soir son intention de réunir le Conseil le 1er septembre prochain.

Il répond en cela à une demande qui lui avait été adressée par des chefs d’Etat et de gouvernement européens dès le déclenchement de la crise.

Deux sujets seront à l’ordre du jour de ce Conseil européen :

- la situation en Géorgie et les moyens de venir en aide à ce pays, notamment sur trois volets : l’aide humanitaire, l’implication de l’Union européenne sur le terrain afin d’accompagner la mise en oeuvre du cessez-le feu et la mise en place du mécanisme international prévu au point 5 de l’accord en six points, et la reconstruction de la Géorgie ;

- l’avenir des relations entre l’Union européenne et la Russie.

Nous continuons d’insister auprès des autorités russes sur l’importance du retrait rapide des militaires russes présents sur l’axe Poti/Senaki, dans la zone adjacente à l’Abkhazie, et sur le respect du point 5 de l’accord relatif aux mesures additionnelles de sécurité. Il est en particulier urgent de mettre en place un mécanisme international sous l’égide de l’OSCE avec la participation de l’Union européenne.

(La Russie a annoncé que ses forces vont conduire des ’’inspections régulières’’ de cargos dans le port de Poti, qui se trouve en dehors de la zone de sécurité, loin de l’Ossétie du sud. Quelle est votre réaction ? La France craint-elle de voir ainsi l’économie géorgienne durablement déstabilisée ?)

La présence militaire russe à Poti pas plus que de telles activités de contrôle ne sont prévues par les termes de l’accord en six points.

Le port de Poti est effectivement névralgique pour assurer le fonctionnement normal de l’économie géorgienne.

La France rappelle son attachement au respect de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Géorgie, dans ses frontières internationalement reconnues.

SOMALIE : DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE

La présidence du Conseil de l’Union européenne condamne fermement les violences de la semaine dernière à Kismayo qui ont fait plus de 50 morts et 160 blessés. Elle exprime sa vive préoccupation face aux récents développements à Kismayo et appelle toutes les parties au calme et à la retenue afin de préserver la vie des innocents. La Présidence appelle toutes les parties au respect du droit international humanitaire et des Droits de l’Homme.

Ces violences démontrent l’urgence d’une mise en oeuvre immédiate par toutes les parties d’une cessation des hostilités, comme le prévoit l’accord de paix signé le 18 août à Djibouti entre le gouvernement de Transition et l’Alliance pour la re-libération de la Somalie.

KIRGHIZSTAN/ACCIDENT AERIEN

Nous avons appris avec une grande émotion la nouvelle de l’accident d’un avion sur l’aéroport de Bichkek-Manas, au Kirghizstan, ayant entraîné la mort de plus de soixante personnes et fait de nombreux blessés.

Nous adressons aux familles et aux proches des victimes ainsi qu’aux autorités kirghizes toutes nos condoléances dans cette douloureuse épreuve.

TCHAD/PROCES D’HISSENE HABRE

(Quelle votre réaction à la condamnation de l’ex-président Habré par la justice tchadienne alors qu’il est poursuivi au Sénégal ?)

En juillet 2006, l’Union africaine a mandaté le Sénégal pour juger l’ancien président Hissène Habré accusé d’avoir commis des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des actes de torture durant sa présidence du Tchad de 1982 à 1990. Nous saluons l’engagement du Sénégal de juger Hissène Habré sur son sol. C’est un geste courageux et un signe fort pour la lutte contre l’impunité, en Afrique et ailleurs.

Comme l’Union africaine et de nombreuses ONG, nous attachons une grande importance à la tenue de ce procès d’Hissène Habré.

Pour y aider, nous nous sommes engagés aux côtés de l’Union européenne à soutenir les autorités sénégalaises dans l’organisation du procès. L’Union européenne a mandaté une mission d’experts européens à Dakar afin d’examiner les différents aspects du déroulement de la procédure, en particulier sur le plan juridique et financier.

Quant à la récente condamnation d’Hissène Habré au Tchad, dans le cadre d’un procès instruit par la cour criminelle tchadienne, nous avons pris note des indications données par la justice tchadienne selon lesquelles il s’agissait d’une procédure engagée pour d’autres motifs que ceux pour lesquels le Sénégal a été mandaté. Cette procédure ne devrait donc pas affecter le processus entamé au Sénégal.

Nous rappelons par ailleurs l’opposition constante de la France et de l’Union européenne à la peine de mort, quelles que soient les circonstances invoquées.

PROCHE-ORIENT

(Un commentaire sur l’opération humanitaire samedi dernier à Gaza et le passage d’un bateau à travers le blocus israélien ?)

Nous avons pris connaissance de cette initiative d’organisations non-gouvernementales. Vous connaissez notre préoccupation pour la situation, notamment humanitaire, à Gaza./.