(21 août 2008)
Au point de presse électronique de ce jour, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :
CATASTROPHE AERIENNE EN ESPAGNE
En l’état de nos informations, trois ressortissants français ont péri dans la catastrophe aérienne du vol de la compagnie Spanair hier à Madrid.
Leurs familles ont été accueillies par notre ambassade en Espagne qui est à leur disposition pour leur apporter toute l’aide nécessaire.
Nous restons en contact avec les autorités espagnoles pour déterminer si d’autres ressortissants français auraient pu être présents sur ce vol.
Par ailleurs, le ministre, M. Bernard Kouchner, qui s’est entretenu dès hier soir par téléphone avec M. Miguel-Angel Moratinos, lui a adressé la lettre suivante :
Début de citation :
"Monsieur le Ministre,
"C’est avec une vive émotion et une immense tristesse que j’apprends le drame qui s’est produit aujourd’hui à l’aéroport de Madrid, où l’accident d’un appareil de la compagnie Spanair a fait plusieurs dizaines de morts.
"Dans ces circonstances particulièrement tragiques, je tiens à vous exprimer ma profonde sympathie et vous faire part de la solidarité du peuple français. Au nom de la France et en mon nom personnel, permettez-moi d’adresser aux familles des victimes, à leurs proches, au gouvernement espagnol, nos plus sincères condoléances.
"Dans cette terrible épreuve qui endeuille l’Espagne, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de tout mon soutien et de mon amitié profonde".
Fin de citation.
GEORGIE
M. Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, a rendu compte hier à Bruxelles à la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, à la sous-commission de sécurité et de défense et à la délégation parlementaire pour les relations avec les pays du Caucase des initiatives prises par la présidence française de l’Union européenne pour favoriser une solution au conflit en Géorgie. Il a eu un échange avec les députés européens sur l’action que nous avons menée en faveur d’un cessez-le-feu ainsi que sur les conclusions du Conseil Affaires générales et Relations extérieures extraordinaire réuni le 13 août.
(La France a récemment reconnu l’indépendance du Kosovo en défendant le droit des peuples à l’autodétermination, va-t-elle soutenir la demande d’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud sur le même principe ? Si la France ne soutient pas ces demandes d’indépendance, sur quelle différence entre la situation du Kosovo et celle de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud baserait-elle sa décision ? Toujours dans ce cas, ces demandes de reconnaissance d’indépendance ne montrent-elles pas que la position de la France et celle des autres pays occidentaux visant à reconnaître le Kosovo, en prétextant que c’est un cas unique, était une politique à court terme ? Si la Russie reconnaît l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud, la France considérera-t-elle que cette décision est légitime eu égard au droit international ?)
La France soutient l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues.
Après avoir obtenu un accord sur un cessez-le-feu dans le cadre de l’accord en six points accepté par les Russes et les Géorgiens, la priorité de la France en tant que présidence du Conseil de l’Union européenne va à l’application de toutes les dispositions de ce document et en particulier le retrait des troupes et l’accès des organisations humanitaires à toutes les victimes du conflit.
Cet accord prévoit l’ouverture de discussions internationales sur les modalités de sécurité et de stabilité en Abkhazie et en Ossétie du Sud.
Comme vous le savez, le Kosovo est un cas spécifique dont nous avons toujours souligné qu’il ne saurait constituer un précédent.
(Quelles ont été les circonstances du blocage de l’ambassadeur de France en Géorgie par les forces russes ? La France va-t-elle protester à la suite de cette incident ? Les forces russes qui ont bloqué l’ambassadeur près de Gori auraient dû quitter les lieux depuis près d’une semaine. Y voyez-vous une preuve supplémentaire de la part des Russes du non-respect de leur engagement de se retirer ?)
Notre ambassadeur en Géorgie, Eric Fournier, a effectivement été retenu ce matin pendant trois heures à un barrage russe installé aux abords de la ville de Gori alors qu’il rentrait à Tbilissi après avoir visité l’école d’entraînement de montagne de Satchkere où la France dispense un programme de formation.
Notre collègue est maintenant de retour à l’ambassade.
Il est inacceptable que la liberté de mouvement de notre ambassadeur ait été entravée. Nous l’avons fait savoir aux autorités russes.
Cet incident ne remet toutefois pas en cause les relations de travail qui existent à Tbilissi entre notre ambassadeur et son homologue russe, qui ont notamment permis récemment de faciliter un échange de prisonniers russes et géorgiens.
Concernant la deuxième partie de votre question, vous connaissez notre position sur la nécessité du retrait des troupes russes conformément à l’accord en six points agréé par les autorités russes et géorgiennes et aux engagements pris par le président Medvedev lors de ses différents entretiens avec le président de la République.
BATIMENT DU PARLEMENT EUROPEEN A STRASBOURG / ENTRETIEN DE M. JEAN-PIERRE JOUYET AVEC LE SECRETAIRE GENERAL DU PARLEMENT EUROPEEN
Le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, M. Jean-Pierre Jouyet, s’est entretenu hier avec le Secrétaire général du Parlement européen sur l’état des travaux de réfection du plafond du bâtiment du Parlement à Strasbourg.
Il l’a assuré que les autorités françaises étaient mobilisées aux côtés du Parlement européen sur cette question. En liaison avec le maire de Strasbourg, la préfecture du Bas-Rhin et tous les services concernés, le secrétaire d’Etat avait en effet, à l’annonce de l’incident, fait état de la disponibilité des autorités françaises pour faciliter les travaux de remise en état et toutes les vérifications de sécurité nécessaires.
Un expert français en ouvrages publics a été mis à la disposition du Parlement européen à cet effet.
M. Jouyet a noté l’avancement rapide des travaux effectués par le Parlement européen de manière à ce que les députés puissent se réunir à Strasbourg dès que possible dans des conditions de sécurité optimales.
AFGHANISTAN
(Quelle est la procédure pour enquêter sur l’incident qui a causé la mort de 10 soldats français et blessé 21 autres en Afghanistan lundi dernier ? Est-ce que la France mène son enquête seule ou avec l’Etat Major de l’OTAN, étant donné que certains médias en France parlent d’une bavure, au moins partielle, pendant l’opération de reconnaissance ?)
Sur cette question relevant de sa compétence, c’est le ministère de la Défense qui vous répondra.
LIBAN
(Le mandat de la FINUL expire le 31 août. Pourriez-vous m’indiquer si une résolution sur la prorogation du mandat est nécessaire et, si oui, quand est-ce qu’elle sera votée ?)
Comme vous le savez, après la crise de l’été 2006 entre le Liban et Israël, le Conseil de sécurité a décidé, par la résolution 1701, de charger la FINUL de contrôler la cessation des hostilités, d’accompagner et d’appuyer les forces armées libanaises à mesure de leur déploiement dans tout le sud du Liban et de fournir son assistance pour aider à assurer un accès humanitaire aux populations civiles et le retour volontaire des personnes déplacées.
L’adoption d’une nouvelle résolution est nécessaire pour proroger le mandat actuel de la FINUL qui, aux termes de la résolution 1773 adoptée le 24 août 2007, expire le 31 août prochain. Un projet de résolution sera donc présenté dans les jours à venir à New York. Le vote sur ce texte est prévu le 27 août.
DEPLACEMENT DU MINISTRE AU PROCHE-ORIENT
(La tournée du ministre au Proche-Orient est-elle toujours prévue demain ? Pourriez-vous nous présenter le programme et les objectifs de ce déplacement ?)
Compte tenu de la situation internationale, en particulier les derniers développements intervenus en Géorgie et en Afghanistan, le ministre a dû modifier le programme de son déplacement au Proche-Orient.
Il se rendra dimanche 24 août en fin d’après midi à Beyrouth et se rendra à Damas dans la journée du 25. Il rentrera à Paris dans la nuit de lundi à mardi.
Dans les deux pays, il s’entretiendra avec les plus hautes autorités, selon un programme que nous détaillerons demain.
A Beyrouth, ses entretiens lui permettront de faire le point de la situation au Liban après la formation du gouvernement d’unité nationale et l’adoption de la déclaration de politique générale mais aussi après l’attentat qui a durement frappé la ville de Tripoli. Le ministre évoquera également avec ses interlocuteurs le sommet syro-libanais qui s’est tenu la semaine dernière et qui a vu, entre autres, l’annonce d’échange d’ambassadeurs entre les deux pays.
Ce dernier sujet sera également abordé par Bernard Kouchner à Damas. Il s’agira aussi pour le ministre de préparer la visite du président de la République, prévue en septembre, conformément à l’annonce faite à l’issue de l’entretien du président Sarkozy et du président syrien, le 12 juillet, à l’occasion du Sommet de Paris pour la Méditerranée.
Le ministre compte se rendre rapidement en Israël et dans les Territoires palestiniens ainsi qu’en Egypte, conformément au programme initial de son déplacement./.