(20 août 2008)
GEORGIE
Nous continuons d’être pleinement mobilisés.
L’Union européenne a adopté hier les mesures immédiates suivantes : renforcement des effectifs en Géorgie du bureau du Représentant spécial de l’Union européenne, contribution européenne coordonnée au renforcement de la mission de l’OSCE approuvé hier à Vienne.
Par ailleurs, plusieurs réunions de concertation entre la Présidence française et les services du secrétariat général du Conseil, auxquelles la Commission était associée, se sont tenues pour définir les options possibles d’une mission européenne d’observation dans le cadre de la PESD, s’articulant efficacement avec celles des autres organisations internationales actuellement présentes en Géorgie.
A l’OSCE, la décision a été prise hier à Vienne d’envoyer immédiatement 20 observateurs supplémentaires. C’est un premier pas positif. Nous rendons hommage à la Présidence finlandaise, avec laquelle nous travaillons très étroitement depuis les premières heures de la crise. M. Alexander Stubb se rendra dès demain à Tbilissi avec un premier groupe de ces nouveaux observateurs parmi lesquels il y aura des Français.
Ces observateurs rejoindront ceux déjà présents sur le terrain. Ils seront déployés dans les zones adjacentes à l’Ossétie du sud. Nous souhaitons que ces observateurs puissent également se déployer rapidement en Ossétie du sud.
La France reste favorable à un accroissement de ce premier renfort et soutient les efforts de la Présidence finlandaise à cette fin.
A l’OTAN, les ministres des Affaires étrangères ont décidé hier de plusieurs mesures afin d’aider à la reconstruction de la Géorgie. Ces mesures visent essentiellement à aider à l’évaluation des dommages aux infrastructures critiques civiles et aux forces armées géorgiennes et à conseiller les autorités géorgiennes sur les mesures de rétablissement nécessaires.
Les ministres ont également demandé au Conseil de l’Atlantique Nord de définir les modalités de mise en place d’une Commission OTAN-Géorgie pour superviser les activités de coopération avec ce pays, en particulier la mise en oeuvre de ces mesures.
Les ministres ont rappelé leur soutien à l’accord signé par la Géorgie et la Russie et ont appelé à sa mise en oeuvre immédiate et complète. Ils ont souligné que ce conflit aurait des incidences sur les relations OTAN-Russie.
A l’ONU, la France a présenté au Conseil de sécurité, hier après-midi, un nouveau projet de résolution qui, à l’appui de l’accord en six points, se concentre, compte tenu de l’urgence sur le terrain, sur deux objectifs prioritaires : le respect du cessez-le-feu, auquel les parties se sont engagées, et la mise en oeuvre immédiate du retrait, agréé, des forces russes et géorgiennes.
Un premier échange de vues a eu lieu sur ce texte qui rappelle également la nécessité du respect des résolutions antérieures. Les négociations vont se poursuivre dans les prochains jours.
(Une réaction au rejet par les Russes du projet de résolution français au Conseil de sécurité ? Que pensez-vous des déclarations russes prétendant que le texte français était contraire aux termes du cessez-le-feu négocié le 12 août par le président Sarkozy ?)
Comme je viens de le dire, le projet que nous avons présenté hier à New York vient en appui de l’accord en six points. La situation sur le terrain nous oblige : il faut que le cessez-le-feu et le retrait des forces soient effectifs.
(L’annonce par le président Medvedev d’un retrait ’’à l’exception d’un effectif de 500 personnels chargés de la mise en oeuvre des mesures additionnelles de sécurité’’ n’est-elle pas en contradiction avec les précisions de la Présidence française selon lesquelles ces mesures ’’prendront la forme de patrouilles effectuées par les seules forces de maintien de la paix russes aux niveaux autorisés par les arrangements existants, les autres forces russes se retirant sur leurs positions antérieures au 7 août’’ ?)
Le chiffre de 500 est celui de l’effectif du contingent de maintien de la paix russe autorisé par les arrangements existants. Je vous rappelle que toutes les parties, y compris la Géorgie, acceptent les mesures additionnelles de sécurité temporaires, dont les modalités continuent à faire l’objet de discussions.
SOMALIE/ACCORD DE DJIBOUTI : DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE
"La Présidence du Conseil de l’Union européenne salue la signature officielle le 18 août à Djibouti par le gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la re-libération de la Somalie de l’accord de paix du 9 juin paraphé par les deux parties.
La Présidence exprime le souhait que la signature de cet accord permette la mise en oeuvre du calendrier prévu par l’accord du 9 juin, en particulier la cessation sous 30 jours des hostilités entre toutes les parties, pour une période de 90 jours renouvelables, condition indispensable à des négociations inter-somaliennes sereines.
La Présidence du Conseil de l’Union européenne se réjouit des termes du communiqué final adopté par les deux parties le 18 août, qui condamne notamment tous les actes et auteurs de violences en Somalie et appelle à l’unité et à la réconciliation de tous les Somaliens en vue de mettre en oeuvre cet accord dans les meilleures conditions possible.
La Présidence du Conseil de l’Union européenne réitère son plein soutien aux efforts du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, M. Ahmedou Ould Abdallah, dont le travail remarquable a permis d’aboutir à ce résultat encourageant, et se réjouit de l’appui unanime que la communauté internationale lui apporte.
La Présidence exprime l’espoir que cet accord porte tous ses fruits.
La Présidence salue le rôle important joué par Djibouti dans l’accueil et l’organisation de la réunion ayant permis d’aboutir à la signature de cet accord’’.
ATTENTATS EN ALGERIE : DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE
’’Alors que deux nouveaux attentats à la voiture piégée, ce matin à Bouira, après celui qui a été commis hier, viennent à nouveau endeuiller le peuple algérien, la Présidence du Conseil de l’Union européenne présente ses plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes.
Elle condamne avec la plus extrême fermeté les auteurs de cette campagne de violences et tient à exprimer une nouvelle fois son soutien et sa solidarité au peuple et au gouvernement algériens dans leur lutte contre le terrorisme".
(Avez-vous une réaction à ce nouvel attentat aujourd’hui en Algérie qui a fait 11 morts ? Est-ce que l’Algérie a sollicité l’aide de la France dans la lutte contre le terrorisme et, si oui, quelle forme cette aide prend-t-elle ? Militaire, sécuritaire ou de renseignements ?)
Vous venez de prendre connaissance de la déclaration de la Présidence du Conseil de l’Union européenne sur les attentats de Bouira.
Nous avons avec l’Algérie, comme avec tous nos grands voisins, des relations suivies dans tous les domaines d’intérêt commun. Sur les questions de sécurité, des relations de confiance se sont structurées, par exemple dans le cadre du dialogue 5 + 5 qui associe les ministres de l’Intérieur de la Méditerranée occidentale.
BOUCLIER ANTI-MISSILES
(Quelle est votre réaction à la signature de l’accord Etats-Unis/Pologne sur un système de défense anti-aérien basé en Pologne ? La Russie estime que l’accord est une provocation et qu’il n’est pas nécessaire. Que pense la France concernant les menaces des missiles que le système polonais est destiné à contrer, de l’accord avec les Tchèques et de la volonté d’un accord exprimée par l’Ukraine ?)
L’accord entre les Etats-Unis et la Pologne est un accord bilatéral qui vise à mettre en oeuvre le projet américain d’implanter des éléments d’un troisième site de défense anti-missiles en Europe.
Ce projet, par sa nature et ses caractéristiques techniques - notamment sa localisation et le nombre d’intercepteurs prévus -, ne nous semble pas pouvoir menacer la Russie ni affecter les équilibres russo-américains.
Sur cette question qui concerne évidemment la sécurité de l’Europe, nous souhaitons que les échanges entamés entre Russes et Américains se poursuivent.
Nous considérons que l’augmentation de la menace balistique en provenance du Moyen-Orient, notamment de l’Iran, est une réalité qui s’impose chaque année davantage. Il est donc légitime de réfléchir à la façon d’y répondre. L’Union européenne y apporte d’ailleurs toute sa contribution dans le cadre de la mise en oeuvre de la stratégie européenne de lutte contre la prolifération adoptée en 2003.
VISITE DU DALAI-LAMA
(Le ministre et la secrétaire d’Etat rencontrent tous deux vendredi le Dalaï-Lama. S’agit-il d’une rencontre conjointe avec Mme Bruni-Sarkozy (à trois) ou d’entretiens séparés ?)
Je vous confirme que Bernard Kouchner rencontrera le Dalaï-Lama à l’occasion de l’inauguration du temple de Roqueronde. Rama Yade le fera également à cette occasion.
Je n’ai pas d’informations sur les modalités précises du déroulement de cette manifestation./.