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Point de presse quotidien du Porte-Parole du ministère des Affaires étrangères et européennes

Point de presse - Déclaration du porte-parole

(14 août 2008)

FRANCE/ETATS-UNIS

Le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, se rend aujourd’hui à Brégançon afin de prendre part à l’entretien du président de la République avec la Secrétaire d’Etat américaine, Mme Condoleezza Rice.

A l’issue de cet entretien, le ministre et Mme Rice rentreront ensemble à Paris à bord du même avion.

GEORGIE

La Présidence du Conseil de l’Union européenne ne ménage aucun effort pour obtenir la mise en oeuvre effective de l’accord agréé par les présidents russe et géorgien lors de la médiation menée le 12 août par le président de la République.

La priorité immédiate de notre action est la mise en oeuvre sur le terrain du cessez-le-feu conclu le 12 août.

Lors d’une conversation téléphonique le 13 août, le président de la République a demandé au président Dmitri Medvedev des éclaircissements sur les informations faisant état de mouvements de blindés russes. M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, a effectué la même démarche auprès de son homologue russe, M. Sergueï Lavrov. Les autorités russes ont assuré que la Fédération de Russie respecterait ses engagements.

Nos ambassadeurs à Moscou et Tbilissi demeurent également en contact constant avec les autorités russes et géorgiennes.

Nos efforts visent aussi à une mise en oeuvre rapide des autres volets du plan de règlement.

La Présidence du Conseil de l’Union européenne est en contact étroit avec ses principaux partenaires. Le président de la République, M. Nicolas Sarkozy, recevra cet après-midi la Secrétaire d’Etat américaine, Mme Condoleezza Rice. M. Bernard Kouchner participera à cet entretien.

A l’ONU, la France a élaboré un projet de résolution du Conseil de sécurité qui intègre l’accord agréé par la Russie et la Géorgie. L’adoption rapide de cette résolution aux Nations unies permettra une consolidation significative du cessez-le-feu. C’est pourquoi nous mettons actuellement tout en oeuvre pour obtenir le plus vite possible le soutien de l’ensemble des membres du Conseil de sécurité à notre projet.

M. Bernard Kouchner a présidé le 13 août un Conseil Affaires générales et Relations extérieures extraordinaire consacré à la Géorgie. Ce Conseil a permis à l’Union européenne d’endosser l’accord en six points obtenu à Moscou et Tbilissi. Le ministre a rendu compte des efforts de médiation entrepris par l’Union et l’OSCE, que le Conseil a salués. Les principes d’indépendance, de souveraineté et d’intégrité territoriale de la Géorgie ont été rappelés. Le Conseil a salué les résultats de cette médiation et endossé les termes de l’accord conclu la veille.

A l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, le Conseil permanent spécial de l’OSCE est actuellement saisi d’un projet de la Présidence en exercice de l’OSCE, la Finlande, visant à renforcer les effectifs de l’OSCE en Ossétie du Sud jusqu’à cent observateurs. La France, comme tous les membres de l’Union européenne, est très favorable à ce renforcement et soutiendra pleinement les efforts de la Présidence finlandaise. Elle proposera à ses partenaires qu’une décision soit prise dans les délais les plus brefs afin que ce déploiement puisse intervenir le plus rapidement possible.

Enfin, un Conseil de l’Atlantique Nord exceptionnel au niveau des ministres des Affaires étrangères se réunira le 19 août à Bruxelles pour discuter de la situation, la Russie et la Géorgie étant toutes deux des partenaires de l’organisation. M. Bernard Kouchner participera à cette réunion.

La France poursuit également ses efforts sur le volet humanitaire. L’aide totale de la France, hors contributions des ONG, s’élève à ce stade à 1 million d’euros. Elle a déjà commencé à être distribuée.

Les vols humanitaires conduits par la France ont également permis d’assurer le rapatriement de 474 personnes, dont 315 ressortissants français et des ressortissants de 19 nationalités différentes, dont 71 Géorgiens, 17 Espagnols, 16 Belges, 14 Italiens, 11 Néerlandais, 6 Néo-Zélandais.

(Quelle est votre réaction aux critiques émanant des autorités de Pologne et des Pays Baltes, concernant l’accord de cessez-le-feu en Géorgie négocié par M. Sarkozy ? Ces critiques portent principalement sur le fait que l’accord en question ne mentionne pas le principe de l’intégrité territoriale de la Géorgie.)

Je vous rappelle que les conclusions du Conseil Affaires générales - Relations extérieures du 13 août ont salué l’accord souscrit par les parties géorgienne et russe à l’issue de la médiation de la Présidence du Conseil de l’Union européenne.

Dans ses conclusions, le Conseil a par ailleurs rappelé qu’une solution pacifique et durable des conflits en Géorgie devra être fondée sur le plein respect des principes d’indépendance, de souveraineté et d’intégrité territoriale reconnus par le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

(Les forces russes sont toujours postées jeudi dans la ville géorgienne de Gori, où une série d’explosions ont été entendues, et sont retournées au port géorgien de Poti, remettant en cause le cessez-le-feu en vigueur depuis deux jours. Selon la Géorgie, la Russie ’’détruit’’ actuellement la ville de Gori et le port de Poti. Quelle est votre réaction ?)

Nous sommes en train de procéder à une vérification de ces informations. Notre ambassade à Tbilissi s’enquiert également de la situation, en liaison avec les autorités géorgiennes.

Notre priorité demeure la mise en oeuvre immédiate du cessez-le-feu. Ce message a été réitéré hier par le président de la République et le ministre à leurs homologues russes.

Nous rappelons que les parties se sont engagées à cesser immédiatement les hostilités en agréant les termes de l’accord du 12 août.

GEORGIE/AIDE HUMANITAIRE FRANCAISE

Un cargo DC 10 affrété par le ministère des Affaires étrangères et européennes est arrivé ce matin à Tbilissi. Il apporte 60 tonnes de matériel humanitaire d’urgence (tentes, lits de camp, couvertures et fournitures de première nécessité) ainsi que du matériel médical. Son déchargement est en cours.

Ce vol constitue le troisième vol humanitaire français, après les rotations d’un Airbus A-340 du ministère de la Défense, mardi et mercredi.

Le matériel humanitaire d’urgence, constitué à partir des stocks du ministère et de la Protection civile, sera remis par notre ambassade à Tbilissi à l’ONG Première urgence, en charge de l’aide aux populations déplacées lors du conflit. Cet envoi comprend également une contribution de la Croix-Rouge française au bénéfice des équipes déployées sur place par le Comité international de la Croix-Rouge.

La concertation avec nos partenaires européens se poursuit, sous la coordination de la Commission européenne, afin de répondre au mieux aux besoins des populations victimes du conflit.

L’aide totale de la France, hors contributions des ONG, s’élève à ce stade à 1 million d’euros. Cette aide qui a d’ores et déjà commencé à être distribuée pourra bénéficier à plusieurs dizaines de milliers de personnes déplacées.

CAMEROUN/NIGERIA/BAKASSI

La France se réjouit du transfert d’autorité du Nigeria au Cameroun de la zone occidentale de la presqu’île de Bakassi, prévu aujourd’hui, conformément aux dispositions de l’accord de Greentree. Cet accord, conclu le 12 juin 2006 sous les auspices des Nations unies et de quatre Etats témoins - Allemagne, Etats-Unis, Royaume-Uni, France - fait suite à l’arrêt de la Cour internationale de justice du 10 octobre 2002.

Le transfert d’autorité de la zone occidentale de la presqu’île de Bakassi conclut le processus de rétrocession entamé en 2006. Un régime spécial transitoire sera appliqué pendant cinq ans dans cette zone, notamment par souci de faciliter cette rétrocession pour les populations locales.

La France salue le choix des gouvernements camerounais et nigérian de résoudre de manière pacifique ce différend territorial. Elle encourage le Cameroun et le Nigeria à poursuivre dans un climat de confiance leurs travaux dans le cadre de Commission de suivi de l’accord de Greentree, dont la prochaine session se tiendra en octobre à New York.

Elle tient également à rendre hommage à l’engagement du Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, qui a permis la mise en oeuvre avec succès de l’accord de Greentree.

CAMBODGE

La France se réjouit de la décision des juges d’instruction du Tribunal international Khmers rouges de renvoyer Douch, directeur du plus important centre pénitentiaire du régime Khmer rouge, devant le tribunal pour être jugé pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Cette décision, qui permet le lancement du premier procès des anciens Khmers rouges, marque une nouvelle étape dans le processus de justice et de lutte contre l’impunité, élément essentiel de la reconstruction nationale du Cambodge.

La France, qui, avec quatre millions d’euros, est l’un des premiers contributeurs du Tribunal international Khmers rouges, continuera à soutenir son action pour que justice soit enfin rendue.

CHINE/PROJET IMMOBILIER DE L’AMBASSADE DE FRANCE A PEKIN

A la suite d’informations inexactes parues ces derniers jours dans la presse relatives au chantier de la future ambassade de France à Pékin, le ministère des Affaires étrangères et européennes souhaite apporter les précisions suivantes.

La construction d’une nouvelle ambassade de France à Pékin est et demeure une priorité du gouvernement français.

En vertu de l’accord bilatéral du 14 mai 1997, une somme de 14,5 millions de dollars a été payée au gouvernement de la République populaire de Chine entre 1997 et 1999 pour l’acquisition, pour une durée de 70 ans, d’un terrain de 20 000 m2 dans le nouveau quartier diplomatique de Liangmaqiao. Contrairement aux affirmations de presse, aucune somme complémentaire n’a dû être versée pour conserver ce terrain, des travaux préparatoires ayant été engagés dans les délais requis.

Le concours d’architecture a été lancé en 2004 et le marché de maîtrise d’œuvre a été notifié le 2 mai 2005.

L’administration chinoise a approuvé le 10 juillet 2007 le projet architectural de la nouvelle ambassade et autorisé sa construction, confirmant à cette occasion notre droit d’utilisation du terrain acquis en 1997, sans limite de temps. Le bâtiment abritera l’ensemble des services diplomatiques et consulaires français à Pékin (surface utile de 7 250 m2), ainsi que des espaces de réception et la résidence de l’ambassadeur (surface utile de 1 520 m2). Contrairement à ce qu’avance un article paru le 8 août, ce sont les autorités chinoises qui ont finalement refusé notre projet d’implanter le lycée français sur ce terrain, qu’elles ont souhaité à vocation strictement diplomatique.

Après mise au point et validation des différentes phases d’études du projet, l’appel d’offres auprès des entreprises de travaux est actuellement en cours. La remise des offres est fixée au 1er septembre 2008. En fonction des offres reçues et de leur conformité au budget affecté à cette opération, les travaux commenceront dès la fin de cette année et la livraison du bâtiment interviendra courant 2010.

Le ministère des Affaires étrangères et européennes regrette de ne pas avoir été interrogé sur cette question préalablement à la publication des articles, ce qui a conduit à la diffusion d’informations erronées.

AFGHANISTAN : DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE A LA SUITE DE LA MORT DE QUATRE TRAVAILLEURS HUMANITAIRES

La Présidence du Conseil de l’Union européenne exprime son indignation à la suite de l’assassinat, commis hier aux environs de Kaboul, de quatre employés de l’organisation humanitaire international Rescue Committee (IRC).

Elle condamne cet acte lâche frappant des personnes travaillant au service de l’action humanitaire internationale et dont la neutralité n’a pas été respectée.

La présidence adresse toutes ses condoléances aux familles et aux proches des victimes, assure les autorités afghanes de sa solidarité et exprime à nouveau le soutien déterminé de l’Union européenne dans la lutte contre le terrorisme.

LIBAN/SYRIE

(Les présidents syrien et libanais ont décidé hier d’établir des relations diplomatiques entre leurs pays. Quelle est la réaction française ?)

Nous attendons la fin du sommet entre le Liban et la Syrie pour commenter plus avant l’ensemble des résultats de cette réunion. Nous ne manquerons pas alors de vous faire part de nos réactions.

Cela étant, nous considérons que l’annonce de l’établissement prochain de relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs entre le Liban et la Syrie est un signe encourageant et conforme aux engagements pris par les présidents syrien et libanais en marge du sommet de l’Union pour la Méditerranée.

L’échange annoncé d’ambassadeurs concrétisera cette décision et nous attendons maintenant la délimitation des frontières entre le Liban et la Syrie./.