(30 juillet 2008)
Au point de presse électronique de ce jour, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :
DECLARATION DE LA PRESIDENCE AU NOM DE L’UNION EUROPEENNE SUR LE TRANSFEREMENT DE M. RADOVAN KARADZIC AU TPIY A LA HAYE
"L’Union européenne salue le transfèrement de M. Radovan Karadzic au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie à La Haye (TPIY).
"L’arrestation par les autorités serbes de M. Radovan Karadzic puis son transfèrement constituent une étape importante du processus de réconciliation dans les Balkans occidentaux et du rapprochement européen de la Serbie. L’Union européenne appelle la Serbie à poursuivre dans cette voie et à localiser et transférer à La Haye les deux derniers inculpés encore en fuite.
"Le procès devant le TPIY de M. Karadzic, accusé de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, contribuera à la manifestation de la vérité et répondra, vis-à-vis des victimes et de leurs familles, à un devoir de justice.
"L’Union européenne exprime son soutien au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie pour l’œuvre essentielle et exemplaire qu’il mène au service de la justice internationale."
UNION EUROPEENNE/ASIE CENTRALE
Le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, M. Jean-Pierre Jouyet, s’est rendu les 28 et 29 juillet en Ouzbékistan à l’occasion de la réunion régionale des chefs de mission de l’Union européenne en Asie centrale. Cette réunion a permis d’aborder les enjeux liés à l’énergie, à la gestion des ressources hydrauliques et à la sécurité régionale en prévision des prochaines échéances pour la région pendant la présidence française, notamment le premier Forum ministériel Union européenne/Asie centrale sur les enjeux de sécurité qui se tiendra à Paris le 18 septembre.
La visite du secrétaire d’Etat était la première d’un membre du gouvernement français depuis 15 ans et particulièrement depuis les événements d’Andijan qui, en mai 2005, avaient fait de nombreuses victimes. L’Union européenne avait alors condamné le recours excessif, disproportionné et aveugle à la force par les organes de sécurité ouzbeks et demandé à Tachkent la mise en place d’une mission d’enquête internationale indépendante. Face au refus des autorités ouzbèkes, l’Union européenne avait pris la décision d’appliquer des sanctions.
Un an après, l’Ouzbékistan décidait de s’impliquer dans un dialogue sur les Droits de l’Homme et autorisait la venue d’une mission d’experts européens sur les évènements d’Andijan.
Les relations avec l’Ouzbékistan s’inscrivent aujourd’hui dans le cadre de la Stratégie de l’Union européenne pour l’Asie centrale adoptée par le Conseil européen en juin 2007. La France y est co-chef de file, avec l’Allemagne, de l’initiative "Etat de droit" destinée à intensifier les efforts engagés dans le domaine de la coopération judiciaire, avec notamment la mise en oeuvre de programmes de formation de juges et de policiers. Si des progrès, salués par l’Union européenne, ont été enregistrés en 2008 en matière de Droits de l’Homme, avec la suppression de la peine de mort, l’introduction de l’Habeas Corpus et la libération de sept défenseurs des Droits de l’Homme, la situation des défenseurs des Droits de l’Homme demeure préoccupante.
Afin de marquer toute l’attention que nous portons à l’évolution de cette situation, M. Jouyet s’est entretenu avec Mme Mutabar Tajibaeva, directrice de l’organisation de défense des Droits de l’Homme "Burning Hearts’Club", arrêtée à la suite des évènements d’Andijan, condamnée en 2006 et remise en liberté conditionnelle le 2 juin dernier. M. Jouyet s’est engagé à faire tous les efforts pour que Mme Tadjibaeva puisse bénéficier des soins médicaux nécessaires et être en mesure de recevoir le Prix Martin Ennals pour les défenseurs des Droits de l’Homme qui doit lui être remis à la fin de l’année.
M. Jouyet a également abordé avec le ministre des Affaires étrangères ouzbek, M. Vladimir Norov, le développement des relations entre l’Union européenne et l’Ouzbékistan dans la perspective de l’examen au mois d’octobre prochain des sanctions appliquées à ce pays et a rappelé les attentes exprimées à cet égard par l’Union européenne en avril dernier.
FRANCE/ROYAUME UNI/SOUDAN
(Confirmez-vous l’information des autorités de Khartoum sur l’existence d’une proposition écrite franco-britannique visant à arrêter les poursuites de la CPI contre le président El Béchir en échange d’un certain nombre d’engagements ? Si oui, pouvez-vous détailler cette proposition ?)
Non, comme nous l’avons indiqué hier, aucune proposition franco-britannique écrite n’a été faite. Nous avons évoqué la question du Darfour avec M. Deng Alor à l’occasion de ses deux récentes visites à Paris et le ministre poursuivra ce soir à Londres ses échanges sur le sujet avec son homologue britannique, M. David Miliband.
Notre position est claire. Je vous rappelle la déclaration de l’Union européenne s’engageant à contribuer à une solution politique et souhaitant que le Soudan respecte ses obligations internationales, en particulier vis-à-vis de la CPI concernant les deux mandats d’arrêt à l’égard de MM. Ahmed Haroun et Ali Kushayb. Nous avons également pris note des différentes propositions exprimées ces derniers jours sur la crise du Darfour dans son ensemble, notamment celle de la Ligue arabe.
PROCHE-ORIENT
(Quelle est votre réaction au communiqué de la "Résistance islamique" au Liban qui dénonce les violations répétées d’Israël de "la ligne bleue" par terre, par air et par mer, et faisant appel aux autorités libanaises et à la communauté internationale ? Sachant que ce communiqué est le premier depuis la fin de "la guerre de 2006" au Sud-Liban. Voyez-vous en cela une reprise de la tension à la frontière en l’absence d’un "cessez-le-feu" qui devait remplacer "la cessation des hostilités" depuis deux ans ?)
La France appelle à la mise en oeuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies dans son intégralité. La préservation de la stabilité au sud Liban est essentielle et il est important que chacun évite ce qui peut contribuer à accroître les tensions.
SAHARA OCCIDENTAL
(Quelle est votre réaction à la décision prise, mardi à Alger, par le Front Polisario de récuser M. Peter Van Walsum comme envoyé spécial de l’ONU au Sahara Occidental ?)
Nous n’avons pas connaissance d’une demande formelle du Front Polisario en ce sens.
Comme vous le savez, en adoptant à l’unanimité la résolution 1813 au mois d’avril dernier, le Conseil de sécurité a demandé aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général des Nations unies, sans conditions préalables et de bonne foi. Il a également appelé les parties au réalisme et à l’esprit de compromis pour permettre aux négociations d’entrer dans une phase intensive et substantielle.
Nous estimons qu’il est grand temps de trouver une solution réaliste et acceptable par toutes les parties, dans le cadre des Nations unies.
Nous soutenons le processus engagé à Manhasset pour trouver une issue politique négociée entre les parties à la question du Sahara occidental. Il faut mettre fin à une situation inacceptable pour les populations, notamment celles dans les camps de réfugiés. La persistance d’un blocage n’est dans l’intérêt de personne.
BURKINA FASO/COTE D’IVOIRE
(Avez-vous un commentaire sur la signature hier d’un traité d’amitié et de coopération entre le Burkina Faso et la Cote d’Ivoire ?)
Nous nous réjouissons de la signature, hier à Ouagadougou, d’un traité d’amitié et de coopération entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Cette initiative confirme la normalisation des relations entre ces deux pays dans le contexte crucial du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire et va dans le sens d’un apaisement dans cette région.
Nous rendons hommage au président Blaise Compaoré qui, en tant que facilitateur du dialogue inter-ivoirien, a permis de relancer ce processus.
Nous rappelons notre attachement à la mise en oeuvre de l’accord politique de Ouagadougou de mars 2007 ainsi qu’à la préparation du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire./.