(28 juillet 2008)
Au point de presse électronique de ce jour, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :
DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE SUR LES ATTENTATS D’ISTANBUL
La Présidence du Conseil de l’Union européenne condamne avec la plus grande fermeté les deux attentats qui se sont produits à Istanbul hier soir 27 juillet et qui ont fait de nombreuses victimes.
Elle exprime son entière solidarité aux autorités turques et adresse ses condoléances aux familles et aux proches des victimes.
La Présidence rappelle que l’Union européenne est résolument engagée, aux côtés de la Turquie, dans la lutte contre le terrorisme. Elle condamne toute forme de terrorisme et se tiendra aux côtés des autorités turques pour lutter contre la violence et l’extrémisme.
DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE SUR LES ATTENTATS EN IRAK
La Présidence du Conseil de l’Union européenne condamne vivement les attentats survenus ce jour en Irak qui ont fait plus de vingt morts et des dizaines de blessés.
La Présidence du Conseil de l’Union européenne assure les familles des victimes de sa compassion et leur adresse ses condoléances.
La Présidence du Conseil de l’Union européenne appelle tous les Irakiens à s’unir pour rejeter la violence, pour consolider, pour le bien de tous, les progrès enregistrés en matière sécuritaire et pour trouver la voie de la réconciliation, de la paix et de la sécurité.
REMISE AU MINISTRE DU RAPPORT DE LA COMMISSION NATIONALE POUR L’ELIMINATION DES MINES ANTIPERSONNEL
Le rapport annuel 2006-2007 de la Commission nationale pour l’élimination des mines antipersonnel (CNEMA) sera remis aujourd’hui à M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, en présence de parlementaires et de représentants de la société civile.
La CNEMA est l’institution nationale chargée du suivi de la mise en oeuvre par la France des obligations découlant de la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines anti-personnel et sur leur destruction, dite "Convention d’Ottawa".
La remise du rapport de la CNEMA est l’occasion pour la France de réaffirmer son profond attachement à la Convention d’Ottawa et à la lutte contre les mines antipersonnel.
Le rapport 2006-2007 dresse un état des lieux de la politique menée par la France en matière de lutte contre les mines, en cette année du dixième anniversaire de la signature de la Convention d’Ottawa.
UNION EUROPEENNE/ASIE CENTRALE
Le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, M. Jean-Pierre Jouyet, participe à la réunion régionale des chefs de mission de l’Union européenne en Asie centrale qui se déroule à Tachkent, en Ouzbékistan, les 28 et 29 juillet. Cette réunion rassemble les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne en Asie centrale, en présence de M. Pierre Morel, représentant spécial de l’Union européenne pour l’Asie centrale, et de représentants de la Commission européenne.
Cette réunion permettra d’aborder la situation politique, économique et sociale des cinq pays de la région (Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan), le rôle de l’Union en Asie centrale, la mise en oeuvre de la Stratégie de l’Union européenne pour l’Asie centrale adoptée en juin 2007, et notamment les initiatives thématiques régionales contenues dans cette Stratégie : éducation, eau, Etat de droit…
Cette réunion sera l’occasion de préparer les prochaines échéances de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne pour la région, notamment le premier Forum UE/Asie centrale sur les enjeux de sécurité qui se tiendra à notre initiative à Paris le 18 septembre.
En marge de cette réunion, M. Jean-Pierre Jouyet aura également un entretien avec le ministre des Affaires étrangères de l’Ouzbékistan, M. Vladimir Norov, et rencontrera des représentants de la société civile.
PROCHE-ORIENT
(Le ministère israélien de la Défense s’est engagé à modifier un nouveau tronçon de la barrière de séparation en Cisjordanie pour redonner à des agriculteurs palestiniens l’accès à leurs terres. Quelle est votre réaction à cette décision et quelle est aujourd’hui la position française au sujet du mur ?)
Nous avons pris note de cette décision du ministère israélien de la Défense. La position française concernant la barrière de séparation est claire : Israël a le droit de se défendre contre le terrorisme. Ce qui est en cause, ce n’est donc pas l’existence d’une barrière de séparation mais le tracé de cette barrière. La Cour internationale de Justice a rendu un avis sur le sujet en 2004. Nous considérons que cette barrière ne doit pas empiéter sur les Territoires palestiniens et qu’elle ne doit pas préjuger du règlement final.
(Confirmez-vous les efforts de médiation de la France pour parvenir à une réconciliation entre Fatah et Hamas ? La France joue-t-elle un rôle particulier pour obtenir une trêve entre Israël et le Hamas ?)
La France ne mène pas de médiation entre le Fatah et le Hamas, ni entre Israël et le Hamas.
Nous sommes cependant extrêmement préoccupés par les affrontements violents qui se sont déroulés ces dernières heures dans la bande de Gaza. Dans l’intérêt de la population palestinienne, l’ensemble des parties doit s’abstenir de tout geste susceptible d’alimenter les tensions. Il faut donc que cessent les violences.
Nous réitérons notre plein soutien à la démarche de paix du président Abbas et à ses efforts en vue de la reprise d’un dialogue interpalestinien, ainsi qu’au travail mené par l’Egypte pour favoriser une solution pacifique. Nous réaffirmons à cet égard l’importance du plein respect par le Hamas des principes qui guident le processus de paix, au premier chef la renonciation à la violence.
FRANCE/CHINE
(Quelle est votre réaction aux informations des Echos selon lesquelles les autorités de Pékin rejettent toute implantation nouvelle d’entreprise française ? Etes-vous intervenus auprès des autorités chinoises à ce sujet ? Voyez-vous un lien avec les positions françaises sur le Tibet ?)
Nous n’avons pas connaissance d’une quelconque décision officielle des autorités chinoises, ou de la seule ville de Pékin, de suspendre l’enregistrement de nouveaux investissements étrangers ou français.
Nous suivons évidemment avec attention l’évolution de la situation, en particulier par l’intermédiaire de notre ambassade à Pékin.
IRAN/NUCLEAIRE
(Quelle est votre réaction aux déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad selon qui l’Iran possèderait 5 000 à 6 000 centrifugeuses en ordre de marche ?)
Ces déclarations sont regrettables à double titre car elles rappellent que l’Iran poursuit ses activités d’enrichissement, en violation de quatre résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Elles pourraient aussi faire croire, à tort, que la communauté internationale accepte cette stratégie du fait accompli alors qu’il n’en est rien.
Les Six ont fait à l’Iran des propositions de méthode et de fond pour lancer les négociations.
Le 19 juillet à Genève, Javier Solana, appuyé par les Six, a demandé que l’Iran apporte dans les quinze jours une réponse claire à ces propositions. Nous espérons que l’Iran va préférer la coopération à la perspective d’un isolement croissant.
SOMALIE/PIRATERIE
(La ministre de la Défense espagnole a déclaré que l’Espagne et la France s’efforcent, au sein de l’Union européenne, d’obtenir le déploiement d’une force multinationale contre la piraterie dans les eaux somaliennes. Où en êtes vous et est-ce qu’il s’agit de déployer des bateaux européens dans la zone ? Combien et quand ?)
La France partage le sentiment exprimé par l’Espagne de la nécessité d’agir rapidement. Nos deux pays se sont engagés à mettre en place au plus vite, dans un cadre européen, un dispositif de lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes. Notre initiative a reçu un accueil favorable de nos partenaires. Les contours de ce dispositif, ses modalités de fonctionnement et son évolution sont en cours d’examen dans les instances compétentes du Conseil de l’Union européenne.
Il s’agit à la fois pour les Européens de lutter contre le phénomène de la piraterie (Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 1816) et de pérenniser le mécanisme de protection de navires humanitaires du PAM (résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 1814). Cette action avait été initiée par la France avec l’opération Alcyon. Celle-ci, à partir de novembre 2007, a permis, en protégeant les bateaux affrétés par le PAM, de sécuriser l’acheminement de 30 000 tonnes d’aide alimentaire en Somalie ayant permis de nourrir 300.000 Somaliens sur une période de 6 mois.
FRANCE/COLOMBIE
(Quels vont être les sujets évoqués par M. Bernard Kouchner lors de sa réunion demain avec son homologue colombien ? Sera t-il question des otages, de clarifier la position de la Colombie envers la médiation française ou de questions commerciales, comme l’a fait entendre le ministre colombien hier dans une conférence de presse ?)
Comme nous l’avons indiqué vendredi, les ministres évoqueront l’ensemble des volets de notre relation bilatérale, que nous souhaitons encore approfondir. Ils feront notamment le point sur les relations économiques et sur la coopération culturelle, éducative et universitaire.
Dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, les relations entre l’Union européenne et l’Amérique latine seront aussi évoquées.
M. Bernard Kouchner rappellera également la disponibilité de la France à apporter, si les autorités colombiennes le souhaitent, leur contribution aux efforts pour que les otages encore détenus par les FARC retrouvent la liberté./.