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Point de presse quotidien du Porte-Parole du ministère des Affaires étrangères et européennes

Point de presse - Déclaration du porte-parole

(25 juillet 2008)

Au point de presse de ce jour le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

SERBIE

"La décision du gouvernement serbe de rétablir un ambassadeur de Serbie dans les pays de l’Union européenne qui ont reconnu l’indépendance du Kosovo est une bonne nouvelle. Cette annonce constitue une étape importante dans l’amélioration des relations de confiance entre la Serbie et l’Union européenne.

La France espère que ce rétablissement permettra de renforcer le dialogue avec la Serbie, dans la perspective de contribuer à la paix et à la stabilité dans les Balkans."

J’ajoute qu’il s’agit d’une bonne nouvelle après celle de l’arrestation de M. Karadzic. On voit bien qu’est à l’œuvre une dynamique positive d’amélioration des relations de confiance entre la Serbie et l’Union européenne. Ce qui est à l’œuvre est tout à fait en ligne avec la stratégie politique de l’Union européenne, c’est-à-dire tout faire pour qu’émerge dans les Balkans, et notamment en Serbie, une dynamique démocratique pro-européenne.

(L’ambassadeur de France à Belgrade avait-il été rappelé après les mesures prises par les Serbes ?)

Non. Il était resté en fonctions.

(Mais en général ce type de mesure est réciproque ?)

Cela dépend des circonstances. On a estimé important de maintenir le lien, y compris institutionnel et diplomatique avec la Serbie. Nous n’avons donc pas adopté ce type de mesure espérant qu’il y aurait de nouveau un ambassadeur de Serbie à Paris et dans les pays européens. C’est le cas.

DECLARATION DE LA PRESIDENCE DU CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE SUR LA CONSTRUCTION DE NOUVEAUX LOGEMENTS A MASKIOT EN CISJORDANIE

La Présidence du Conseil de l’Union européenne déplore vivement l’annonce du projet visant à autoriser la construction de 20 logements dans l’implantation de Maskiot en Cisjordanie.

La Présidence est profondément préoccupée par cette annonce qui survient quelques jours après les décisions autorisant l’extension de la zone industrielle de la colonie d’Ariel en Cisjordanie et le lancement des appels d’offres de plus de 1800 logements dans les colonies d’Har Homa et de Pisgat Zeev au sud et au nord de Jérusalem. Cette annonce, si elle était confirmée au niveau gouvernemental contribuerait, une nouvelle fois, à affaiblir la crédibilité du processus diplomatique en cours et marquerait une indifférence préoccupante aux appels répétés de la communauté internationale sur ce sujet.

La Présidence du Conseil de l’Union européenne rappelle en effet que l’implantation des colonies où que ce soit dans les Territoires palestiniens, y compris à Jérusalem-Est, est illégale au regard du droit international. Les activités de colonisation préjugent du résultat des négociations sur le statut final et compromettent la viabilité d’une solution concertée prévoyant la coexistence de deux Etats.

La Présidence appelle ainsi Israël à respecter son engagement pris à Annapolis, au titre de la Feuille de route, d’un gel complet des actions de colonisation, y compris celles liées à la "croissance naturelle", y compris à Jérusalem-Est et d’un démantèlement des colonies de peuplement sauvage créées depuis 2001.

Dans cet esprit, elle appelle instamment le gouvernement israélien à renoncer tout particulièrement au projet de construire de nouveaux logements à Maskiot."

DEPLACEMENT DE M. YVES AUBIN DE LA MESSUZIERE EN ISRAEL ET DANS LES TERRITOIRES PALESTINIENS

Nous avons appris que M. Aubin de la Messuzière comptait se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens. Ce voyage constitue une initiative personnelle de M. de la Messuzière, dans le cadre de son travail universitaire de chercheur associé à Sciences Po. M. de la Messuzière n’est pas mandaté par les autorités françaises. Il ne rencontrera pas les diplomates français sur place lors de son déplacement. Nous ferons passer ce message aux autorités israéliennes et palestiniennes afin de clarifier le statut du voyage de M. de la Messuzière.

(Est-ce que dans le cadre de sa visite qui n’a rien à voir avec une mission diplomatique M. Aubin de la Messuzière se rendra dans la Bande de Gaza et pourrait avoir à votre connaissance des contacts, non diplomatique mais privé avec le Hamas ?)

Nous n’en avons pas connaissance. Si c’était le cas, et nous n’en savons rien, il ne serait en aucun cas mandaté par les autorités françaises.

(Si vous le permettez, je souhaiterais revenir sur la déclaration concernant M. Aubin de la Messuzière. Il est peu courant de faire une déclaration sur le fait qu’un diplomate, lorsqu’il se déplace, ne soit pas mandaté par les autorités françaises.)

M. Aubin de la Messuzière est à la retraite. La meilleure façon pour qu’il n’y ait pas de confusion entre ses fonctions passées et son statut actuel, c’est de préciser le cadre de son déplacement, et donc nous disons très simplement qu’il n’est pas mandaté par les autorités françaises.

(Mais la première visite de M. Aubin de la Messuzière était connue !)

Je ne reviendrai pas sur la première visite. Mes propos concernent son prochain déplacement.

(L’Elysée l’avait qualifié de "retraité". Le qualifiez-vous ainsi ?)

C’est un constat mais pas un jugement. Cela ne remet en cause, ni sa personne, ni son parcours diplomatique, ni sa carrière, ni ce qu’il a pu apporter à la France et au ministère des Affaires étrangères.

(Si, comme il est probable, M. de la Messuzière, dans le cadre de ses activités privées se rendait à Gaza, serait-il susceptible de bénéficier de l’assistance du consulat pour passer les "check-points" ?)

Je viens de vous dire qu’il n’y aura pas de contacts avec les diplomates et les agents consulaires français.

DECLARATION DE LA PRESIDENCE AU NOM DE L’UNION EUROPEENNE SUR LE RISQUE DE LAPIDATION DE NEUF IRANIENS

Je rappelle les termes de la déclaration faite hier par la présidence au nom de l’Union européenne : début de citation -

"L’Union européenne, qui vient de réaffirmer à l’Iran son opposition à la peine de mort en toutes circonstances, est vivement préoccupée par la condamnation de huit femmes et d’un homme iraniens à la lapidation et par le risque de leur exécution imminente.

Elle rappelle que la République islamique d’Iran s’est engagée à mettre en oeuvre un moratoire sur les lapidations.

L’Union européenne exhorte l’Iran à respecter ses engagements ainsi que les normes internationales relatives aux Droits de l’Homme.

L’Union européenne engage instamment le gouvernement et le parlement iraniens à abolir, en droit comme en pratique, le recours aux châtiments cruels et dégradants et notamment le recours à la lapidation comme méthode d’exécution, conformément à la dernière résolution en date de l’Assemblée générale des Nations unies concernant la situation des Droits de l’Homme en République islamique d’Iran, adoptée en décembre 2007.

Elle lui demande vigoureusement de suspendre immédiatement ces exécutions et de commuer les condamnations à la peine capitale par lapidation qui viennent d’être prononcées." - Fin de citation.

PROPOSITION DE NOMINATION DE MME NAVANETHEM PILLAY AU POSTE DE HAUT COMMISSAIRE AUX DROITS DE L’HOMME (24 JUILLET 2008)

Je vous rappelle les termes de la déclaration de M. Bernard Kouchner et de Mme Rama Yade diffusée hier : début de citation – "Nous accueillons avec satisfaction la proposition du Secrétaire général des Nations unies de nommer Mme Navanethem Pillay au poste de Haut commissaire aux Droits de l’Homme, instance essentielle des Nations unies dans la promotion et la protection des Droits de l’Homme, partout dans le monde. Nous saluons le fait que cette responsabilité éminente soit confiée à une femme originaire du sud.

En cette année où nous célébrons le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, il est fondamental de réaffirmer l’universalité et l’indivisibilité des Droits de l’Homme, dans tous leurs aspects. Par son expérience, en particulier son action en faveur de la lutte contre l’impunité, hier comme présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda puis aujourd’hui comme juge à la Cour pénale internationale, Mme Pillay sera attentive à cette nécessité d’universalité qui est au cœur de son mandat.

Dans cette mission essentielle, la nouvelle haute commissaire peut compter sur le plein soutien de la France, et de l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne, afin que le Haut commissariat continue de se renforcer et d’agir avec efficacité, à Genève, comme à New York, et sur le terrain, partout où des hommes et des femmes sont privés de leurs droits fondamentaux. Nous souhaitons à cet égard rendre un hommage particulier au travail accompli avec distinction par Mme Louise Arbour à la tête du Haut commissariat, qui a, tout au long de son mandat, avec un grand sens du dialogue et une détermination exceptionnelle, porté ce message d’universalité." - fin de citation.

SENEGAL / TCHAD

Nous nous félicitons de l’adoption d’un amendement à la Constitution et de la nomination des juges qui va permettre à la justice sénégalaise de faire son travail.

Nous saluons l’engagement du Sénégal de juger Hissène Habré sur son sol. C’est un geste courageux et un signe fort pour la lutte contre l’impunité, en Afrique et au-delà.

Comme l’Union africaine et de nombreuses ONG, nous attachons une grande importance à la tenue du procès d’Hissène Habré. Ce procès, dont l’organisation représente un défi tant sur le plan juridique que matériel, doit se tenir dans de bonnes conditions.

Pour y aider, nous nous sommes engagés aux côtés de l’Union européenne à soutenir les autorités sénégalaises dans l’organisation du procès. L’Union européenne a en effet mandaté une mission d’experts européens à Dakar en janvier 2008, afin d’examiner les différents aspects du déroulement du procès, en particulier sur les plans juridique et financier.

DEPART DE MSF DE LA ZONE DE MARADI (NIGER)

La France regrette la décision du gouvernement nigérien d’exiger le départ de Médecins Sans Frontières de la région de Maradi, au centre-sud du Niger.

Nous sommes extrêmement préoccupés par les conséquences qu’une telle décision, si elle devait être confirmée, pourrait avoir sur la situation des populations qui bénéficient de l’action de MSF, et notamment des enfants accueillis dans les centres nutritionnels.

MSF fait un travail considérable pour les enfants malnutris dans des centres nutritionnels reconnus comme étant de très grande qualité et très utiles.

Nous souhaitons que MSF et les autorités nigériennes puissent lever rapidement ce que nous espérons être un malentendu et que MSF et le gouvernement du Niger trouveront une solution pour éviter que ne se crée une situation dramatique, c’est-à-dire que la population vulnérable ayant accès aux services de santé de MSF ne puisse plus en bénéficier. Je crois que ce serait vraiment une très mauvaise nouvelle.

(Est-ce que les autorités nigériennes vous ont fait part de leurs raisons ? Cela n’apparaît pas dans votre déclaration.)

Cela n’apparaît pas parce que les autorités n’ont pas de raison de nous en informer. C’est une décision dont elles doivent informer l’organisation responsable. Nous manifestons simplement, notre très grande préoccupation.

(Est-ce lié aux problèmes des populations Touareg ?)

Nous ne sommes actuellement pas capables de le dire. Cette question fait l’objet d’une discussion entre MSF et le gouvernement du Niger. Ce n’est pas une décision qui nous est notifiée puisqu’en l’occurrence, nous ne sommes pas concernés, ni juridiquement, ni institutionnellement. En revanche, ce qui concerne les populations nous préoccupe. L’important, c’est que ce sujet soit résolu rapidement puisque, par définition, les centres nutritionnels fournissent des services au quotidien et il faut éviter que cette décision, si elle est confirmée, ait des conséquences.

(Vous avez des précisions sur le nombre de personnes qui doivent être concernées par cette décision, le nombre de centres, le nombre de personnels expatriés ?)

Non. Nous avons appris cela hier après-midi. Encore une fois le contexte de cette décision appartient à la fois au gouvernement du Niger et à MSF. Nous exprimons notre inquiétude sur le sujet parce que cela nous paraît un sujet préoccupant.

REMISE DU RAPPORT SUR L’ADOPTION INTERNATIONALE

A la suite du rapport Colombani sur l’adoption remis au président de la République, Mme Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, tiendra une conférence de presse, lundi 28 juillet à 17h30 au Quai d’Orsay, pour présenter les grands axes de la réforme et de la modernisation de l’adoption internationale.

Elle sera entourée de M. Jean-Marie Colombani et de M. Gérard Depardieu, ainsi que des associations : Fédération Enfance et Familles d’Adoption, Mouvement pour l’Adoption Sans Frontières et de l’Association Française des Volontaires du Progrès.

BILAN DE LA PARTICIPATION DE MME RAMA YADE A LA RENCONTRE ANNUELLE UE/ASEAN

Mme Yade, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, s’est rendue à Singapour les 23 et 24 juillet. Elle présidait la délégation de l’Union européenne dans les différents exercices multilatéraux organisés autour du Sommet de l’ASEAN tenu les jours précédents :

La rencontre annuelle entre l’UE et l’ASEAN, entre l’UE et la Corée du Sud, ainsi que l’"ASEAN Regional Forum" (ARF) qui réunit, autour des 10 Etats membres de l’ASEAN, 17 autres pays.

Dans les rencontres UE-ASEAN et ARF, les principaux sujets évoqués ont été le développement des institutions et des capacités de l’ASEAN, ainsi que les formes de coopération qu’elle entretient avec l’UE sur des sujets aussi variés que la sécurité régionale, les mouvements migratoires, le changement climatique, la sécurité alimentaire et énergétique, le dialogue inter-religieux.

Les échéances concrètes pour les deux organisations sont la conclusion d’un traité de libre-échange, l’adhésion de l’UE au traité d’amitié et de coopération de l’ASEAN, l’éventualité de la nomination d’un ambassadeur de l’UE auprès de l’ASEAN. Les principales crises régionales ont été longuement évoquées :

- Birmanie, Temple de Preah Vihear,

- les pourparlers à six sur la Corée du Nord.

Mme Yade a rappelé les positions de l’UE. Elle a indiqué que l’UE était prête à encourager, au sein de l’ASEAN, la prise en compte croissante des Droits de l’Homme. Elle a appelé le régime birman à s’engager dans un processus de démocratisation et de réconciliation nationale, en commençant par la libération immédiate d’Aung San Suu Kyi et de tous prisonniers politiques, notamment U Tin Win . S’agissant de la Corée du Nord, elle a salué les progrès accomplis dans les pourparlers à six, dont les participants se sont réunis le 23 juillet, et a indiqué que l’UE, qui partageait l’objectif de dénucléarisation de la péninsule, était prête à développer sa coopération avec Pyongyang, si l’évolution se confirme. Dans un échange visant à tirer les leçons du cyclone Nargis, elle a enfin indiqué que l’UE plaidait pour l’amélioration de la coordination des efforts de secours entrepris par les membres de l’ARF de la zone pour venir en aide aux sinistrés de catastrophes naturelles.

Avec la Corée du Sud, Mme Yade a fait le point sur l’état des négociations pour la conclusion d’un traité de libre-échange et le renforcement de l’accord de partenariat et de coopération existant.

Elle a évoqué la situation humanitaire en Corée du Nord et celle des réfugiés.

Mme Yade, en marge de ses rencontres multilatérales, a par ailleurs eu six entretiens bilatéraux avec les ministres des Affaires étrangères de Singapour, de l’Indonésie, de l’Australie, de l’Inde, de la Russie et des Philippines, ainsi qu’avec le vice-Premier ministre thaïlandais.

FRANCE / COLOMBIE

Le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Kouchner, recevra le mardi 29 juillet à 12h30, pour un déjeuner de travail, le ministre colombien des Relations Extérieures, M. Jaime Bermudez, et le ministre colombien du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme, M. Luis-Guillermo Plata.

Dans la continuité de nos derniers échanges avec les autorités colombiennes, et notamment des entretiens du président de la République avec le président Uribe et des trois déplacements de M. Kouchner à Bogota depuis le mois de février, les ministres procéderont à un tour d’horizon des perspectives de coopération entre nos deux pays ainsi qu’à une évaluation des principales questions régionales et internationales.

Après la libération de 15 otages, dont Mme Ingrid Betancourt, le 2 juillet dernier, M. Kouchner saisira cette occasion pour rappeler la disponibilité de la France à apporter, si les autorités colombiennes le souhaitent, leur contribution aux efforts pour que les otages encore détenus par les FARC retrouvent la liberté. Ce déjeuner sera suivi d’un point de presse.

Le ministre recevra donc son nouvel homologue colombien puisque M. Jaime Bermudez vient d’être nommé ministre des Relations extérieures en Colombie et c’est la première visite qu’il fait dans le cadre de ses nouvelles responsabilités.

Cette visite illustre bien, si besoin en était, que contrairement à ce qu’on a pu lire ou entendre, les relations entre la Colombie et la France sont excellentes. Nous avons par ailleurs appris que dix otages ont été libérés hier, ce dont nous nous félicitons.

(Je reviens sur la visite du ministre colombien des Affaires étrangères. Vous évoquez la disponibilité de la France à apporter, si les autorités colombiennes le souhaitent, sa contribution aux efforts pour que les otages soient libérés, est-ce que vous pouvez nous donner des précisions ? Est-ce que vous avez déjà des pistes, des propositions ? Est-ce que les Colombiens vous ont sollicités sur des points précis ?)

Nous n’avons pas de pistes particulières mais cette visite sera précisément l’occasion d’évoquer les options possibles si les autorités colombiennes le souhaitent. Il y en a une qui reste constante. Elle avait était évoqué par le président de la République et Bernard Kouchner lors de la libération d’Ingrid Betancourt et des quatorze autres otages, c’est la disponibilité de la France à accueillir des membres des Farc sur le territoire français, à une double condition très claire, d’une part, que cela soit fait en conformité avec le droit et la justice colombienne et, d’autre part, que cela soit fait en plein accord avec les autorités colombiennes.

(Toujours sur le même sujet, un hebdomadaire très connu, "L’Express’’ je crois, évoque la possibilité qu’Ingrid Betancourt soit nommée, je cite : "super-ambassadrice pour la paix". Est-ce quelque chose qui est "dans vos cartons" ?)

C’est une information de presse. Il n’y a pas de commentaires particuliers à avoir sur le sujet. Ingrid Betancourt représente aujourd’hui, dans la communauté internationale, une voix forte et singulière. Si elle peut la mettre au service de sujets sur lesquels elle pourrait aider et contribuer, évidemment, ce sera bienvenu.

LIBYE/SUISSE

(Comment jugez-vous ce qui s’est passé concernant les mesures de rétorsion libyennes vis-à-vis de la Suisse ? L’Europe est-elle solidaire de ce qui se passe en Suisse avec les Libyens ?)

Concernant ce différent entre la Libye et la Suisse, sur le fond, la France n’a pas à se prononcer sur les décisions de justice d’un Etat tiers. En revanche, il est vrai que nous suivons cette situation de façon très attentive. Il nous semble important de signaler aux autorités libyennes notre préoccupation d’une escalade éventuelle. Nous souhaitons que les autorités libyennes prennent conscience de la nécessité d’une désescalade du processus qui est en train de se produire.

(Les avez-vous contactés ? Y a-t-il eu des contacts ?)

Je n’ai pas de commentaire particulier à faire. Nous sommes préoccupés et nous attirons l’attention des autorités libyennes sur le fait que nous aimerions qu’il n’y ait pas d’escalade, ce qui serait préjudiciable pour ces deux pays. Il y a des surenchères qui seraient préjudiciables.

FRANCE/SYRIE

(Concernant la visite en France du responsable syrien M. Dardari et ses déclarations, il semblerait qu’il ait dit, après sa visite, qu’il considérait qu’il n’était plus possible que la France reviennent en arrière sur son choix d’ouvrir ses relations avec la Syrie. Quel constat faites-vous de cette visite ? Que s’est-il passé et que pensez-vous de ces déclarations ?)

Concernant la visite de M. Dardari il y a déjà eu mardi un compte rendu de ces entretiens et de cette visite. Par définition, en diplomatie, il n’y a jamais de mouvement irréversible. Mais nous avons le sentiment qu’il y a, en effet, un processus positif qui est en cours dans la dynamique créée par le Sommet de Paris sur l’Union pour la Méditerranée / Processus de Barcelone.

Dans ce contexte-là, nous pensons qu’il y a effectivement eu des discussions constructives et utiles.

Par ailleurs, pour ce qui concerne la dimension européenne de la relation avec la Syrie, effectivement la France peut jouer un rôle essentiel notamment dans le cadre de la Présidence du Conseil mais le principe d’une Présidence c’est aussi d’avoir une position qui reflète un consensus.

C’est dans ce cadre-là que nous nous situons.

IRAN/NUCLEAIRE

(Avez-vous des commentaires concernant la réunion d’hier entre M. El Baradei et une délégation iranienne ? Pouvez-vous commenter les déclarations de M. Lavroff ?)

Il est absolument normal et utile que, parallèlement au processus politique qui est celui du dialogue entre les autorités iraniennes et les Six autour de M. Solana, il y ait des discussions techniques entre les responsables techniques iraniens et l’AIEA ; ceci nous paraît tout à fait naturel et souhaitable. Pour ce qui concerne les déclarations de M. Lavroff, je rappelle simplement que M. Javier Solana, au nom et en présence des représentants des six pays, y compris la Fédération de Russie, a été en mesure de demander que la réponse iranienne à la proposition du double gel soit faite dans les deux semaines.

Lorsque M. Solana s’est exprimé à l’égard du représentant Iranien M. Jalili, c’était au nom et en présence du représentant russe comme des cinq autres représentants directeurs politiques. La demande consiste à obtenir une réponse dans les deux semaines. Il n’est pas question de dire qu’il y a une date butoir, je crois que c’était le terme utilisé par M. Lavroff, M. Solana n’a pas employé le terme de date butoir. Mais, au nom des Six et en présence une nouvelle fois, des six représentants, il a été en mesure de pouvoir demander que la réponse parvienne dans les deux semaines, ce qui est un délai indicatif et pas forcément une date butoir.

(Cette échéance n’est donc pas une date butoir. Une échéance avait-elle été discutée en amont par les directeurs politiques avant que M. Solana n’intervienne ?)

Nous ne vous donnerons pas le détail et la manière selon laquelle tout cela s’est discuté, mais ce qui est clair, je le répète très simplement, c’est que c’était agréé par les Six./.