(21 juillet 2008)
Au point de presse électronique de ce jour, le sous-directeur de la presse du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :
DECLARATION DU PORTE-PAROLE : IRAN
"M. Javier Solana, secrétaire général du Conseil de l’Union européenne/Haut représentant pour la PESC, accompagné des directeurs politiques des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis d’Amérique, France, Royaume Uni, Russie), a rencontré samedi 19 juillet à Genève le négociateur iranien, M. Saeed Jalili.
Cette réunion s’inscrit dans les suites de la visite à Téhéran, le 14 juin, de M. Solana, accompagné de cinq des six directeurs politiques, qui avait présenté à ses interlocuteurs iraniens le non-papier "the way forward to negotiations". Ce document propose qu’une phase de pré-négociations d’un maximum de six semaines précède le démarrage formel des négociations. Durant cette phase préparatoire, l’Iran n’accroîtrait pas son parc de centrifugeuses et les Six n’adopteraient pas de nouvelles sanctions ("double gel"). Les négociations formelles débuteraient ensuite, avec la suspension par l’Iran de ses activités nucléaires sensibles et la suspension des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies ("double suspension", dont le principe a été adopté par le Conseil de sécurité).
M. Jalili a présenté lors de la réunion de Genève un document sur les modalités d’engagement des négociations, mais sans mention du gel et de la suspension des activités nucléaires, qui fait suite à la lettre envoyée par le ministre des Affaires étrangères iranien, M. Mottaki, il y a deux semaines.
Les Six ont fait preuve de leur unité, en demandant une réponse claire des Iraniens sur notre proposition de "double gel", sous quinze jours. M. Solana a demandé à M. Jalili qu’il le recontacte dans ce délai pour lui apporter la réponse de Téhéran.
La détermination des Six à engager une négociation est totale. La présence, samedi 19 juillet, d’un représentant américain de haut niveau lors de la rencontre avec le négociateur iranien a constitué un nouveau signe fort de notre volonté commune de parvenir à une solution négociée du problème nucléaire iranien.
Mais il est essentiel que les négociations s’engagent dans la confiance. C’est pourquoi nous avons proposé à l’Iran que, dans une première phase de préparation des négociations, il s’abstienne de développer ses activités nucléaires pendant que nous n’adopterions plus de nouvelles sanctions. Ce n’est qu’ensuite, au terme de cette période de "double gel" que les négociations formelles s’engageraient.
Malgré nos efforts, la réunion de Genève n’a pas permis de progrès sur cette question clef des conditions d’engagement des négociations.
Ce qui est attendu aujourd’hui de l’Iran, c’est une réponse claire à une question claire : l’Iran est-il prêt à entrer dans cette phase de préparation des négociations, en gelant le développement de ses activités d’enrichissement ?
Le régime iranien doit choisir entre la voie de la coopération et la perspective d’un isolement croissant. S’il décide de poursuivre ses activités d’enrichissement, en continuant de violer les résolutions du Conseil de sécurité, il devra faire face à de nouvelles sanctions. C’est ce que la communauté internationale a décidé dans la résolution 1803 du Conseil de sécurité des Nations unies. Adoptée le 3 mars, elle donnait trois mois à l’Iran pour qu’il se mette en conformité avec ses obligations internationales.
Comme ses partenaires des Six, la France ne ménagera aucun effort pour parvenir à une solution négociée. Elle espère que l’Iran prend bien la mesure de la situation, et qu’il apportera dans les quinze jours une réponse positive aux demandes répétées de la communauté internationale."
(Quel est votre commentaire sur la réunion de Genève sur le dossier nucléaire iranien, et les menaces de Gordon Brown et Condoleezza Rice d’imposer de nouvelles sanctions a l’Iran ?)
Je vous renvoie à ce que vient de déclarer le porte-parole.
DECLARATION DU PORTE-PAROLE : CONSEIL AFFAIRES GENERALES ET RELATIONS EXTERIEURES (Bruxelles, 22 et 23 juillet)
Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, présidera, à Bruxelles, les 22 et 23 juillet, le Conseil "Affaires générales et Relations extérieures", qui réunit chaque mois les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, la Commission et le secrétaire général du Conseil, Haut représentant pour la PESC.
Après une présentation des objectifs de la présidence française pour la diplomatie européenne dans les six mois à venir notamment les moyens de renforcer la relation transatlantique, ce Conseil sera organisé autour de trois temps forts :
un débat d’orientation sur les ambitions de l’Union européenne dans sa relation avec l’Ukraine à l’occasion du sommet qui aura lieu, au niveau des chefs d’Etat, le 9 septembre prochain, à Evian ;
un débat, en présence de Tony Blair, envoyé spécial du Quartette, sur les blocages de la situation sur le terrain, permettra au Conseil d’entamer une réflexion, qui se poursuivra lors du Gymnich, sur une plus grande implication de l’Union européenne dans le processus de paix ;
enfin, le Conseil examinera la réponse que l’Union européenne entend apporter suite au deuxième tour de l’élection présidentielle au Zimbabwe, dont elle considère le résultat comme illégitime.
Au cours de cette réunion seront également abordés la situation en Somalie et le travail en cours de l’Union européenne sur la lutte contre la piraterie maritime ; une évaluation à mi-mandat de l’opération EUFOR visant à sécuriser l’Est du Tchad et le Nord-Est de la RCA, et des perspectives de reprise de l’opération en mars prochain ; Javier Solana rendra compte de ses derniers contacts avec les autorités iraniennes ; le Conseil appréciera la formation d’un nouveau gouvernement en Serbie. En marge du Conseil se tiendra le Conseil d’association avec le Kirghizistan (le 22 juillet à 18h).
FRANCE/SYRIE : VISITE DU VICE-PREMIER MINISTRE SYRIEN CHARGE DES AFFAIRES ECONOMIQUES, M. ABDALLAH DARDARI (21 et 22 juillet)
La visite en France du vice-Premier ministre syrien, M. Dardari, s’inscrit dans le prolongement de celle du président Bachar el Assad, à l’occasion du Sommet de Paris pour la Méditerranée. M. Dardari s’entretiendra avec Mme Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, des représentants de l’Agence française de Développement, ainsi que des responsables de grandes entreprises françaises et du MEDEF.
La présence à Paris de M. Dardari sera d’abord l’occasion de faire le point sur l’accord d’association Union européenne-Syrie. Elle permettra également d’aborder les réformes en cours en Syrie, ainsi que notre coopération bilatérale, et de préparer la visite du président de la République à Damas en septembre.
RDC : COMMUNIQUE DE "HUMAN RIGHTS WATCH"
Le lancement des processus de Goma et de Nairobi a été un signal encourageant vers une résolution durable de la crise dans l’Est de la RDC. Nous soutenons la Conférence de Goma, ainsi que le plan de stabilisation mis en place par la MONUC.
Nous restons toutefois préoccupés par la situation humanitaire, qui reste très dégradée, et la poursuite des violences à l’encontre de la population civile, en particulier les femmes victimes de violences sexuelles.
Ce sont les messages que nous avons fait passer au président Kabila à l’occasion de sa visite officielle en France les 16 et 17 juillet 2008.
Nous sommes, en étroite concertation avec nos principaux partenaires, très impliqués dans le soutien à la sortie de crise dans l’Est, que ce soit à titre bilatéral ou dans les enceintes multilatérales :
le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, s’est rendu à Goma le 26 janvier dernier ; la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, Mme Rama Yade, était pour sa part à Goma et Bukavu les 8-9 juin 2008.
Notre présence politique a été renforcée dans l’Est, par la création d’un bureau d’ambassade à Goma.
Au Conseil de sécurité des Nations unies, la France a joué un rôle de premier plan dans l’adoption le 13 mars 2008 de la résolution 1804 consacrée à la lutte contre les FDLR et le lancement des discussions en vue de sanctionner de nouveaux responsables des FDLR.
A Bruxelles, la France a soutenu le renforcement de l’action de l’Union Européenne dans l’Est du pays, notamment à travers ses missions PESD-EUPOL (soutien à police congolaise) et EUSEC (soutien à l’armée congolaise).
Dans le domaine humanitaire, la France soutient l’action des ONG et des agences spécialisées des Nations unies (PAM, HCR). Face à l’urgence de la situation, nous avons triplé notre contribution en 2007, la portant à 5,5 millions d’euros (ce qui fait de la RDC le 1er pays bénéficiaire de l’aide alimentaire française en 2007). Pour 2008, 5,3 millions d’euros sont d’ores et déjà disponibles (3 millions d’euros pour l’aide alimentaire au PAM et aux ONG, 0,3 millions d’euros pour le HCR, 2 millions d’euros pour le soutien à des projets d’ONG dans l’Est). La France apporte notamment un soutien financier à l’hôpital de Panzi, dans l’Est du pays, spécialisé dans la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes. Plus largement, la France a lancé en mars dernier, en coopération avec Médecins du Monde, un important programme d’actions transversales de lutte contre les violences faites aux femmes menées dans 29 pays, dont la République Démocratique du Congo.
ARGENTINE
La France s’apprête à transmettre à l’Argentine un nouveau lot de documents numérisés sur la situation des exilés argentins et des réseaux de solidarité en France durant la période de la dictature. Ces documents, issus de la Bibliothèque de documentation et d’information contemporaine de l’université de Nanterre (BDIC), seront transmis par l’ambassadeur de France à Buenos Aires aux Archives Nationales de la Mémoire (ANM).
Le ministère des Affaires étrangères et européennes, qui a soutenu financièrement cette opération de numérisation, se félicite de cette réalisation qui concourra utilement au travail de recherche et de mémoire initié en Argentine sur les années de la dictature.
Deux premiers lots d’archives privées avaient déjà été remis à l’Argentine début 2006. Le premier provenait également de la BDIC et consistait en 3600 images numérisées. Le second était issu des archives de l’ONG "Nouveaux Droits de l’Homme" et rassemblait des documents relatifs aux manifestations organisées chaque jeudi, de 1978 à 1984, devant l’Ambassade d’Argentine à Paris.
PROCHE-ORIENT
(Les autorités israéliennes viennent d’arrêter une vingtaine de Palestiniens, dont une parlementaire, en Cisjordanie, au moment où plusieurs parties poursuivent leurs efforts pour l’apaisement et la relance des négociations entre Palestiniens et Israéliens. Quelle est votre réaction ?)
Dans le contexte de la trêve conclue entre le Hamas et l’Etat d’Israël sous l’égide de l’Egypte, nous appelons les autorités israéliennes à être particulièrement vigilantes sur toute action qui pourrait entraîner un regain de tensions dans les territoires palestiniens.
Cette vigilance s’impose notamment s’agissant d’élus de l’Autorité palestinienne, dont l’arrestation risque d’hypothéquer le dialogue entre le Fatah et le Hamas que nous encourageons pour conforter l’unité palestinienne derrière le président Abbas.
Il n’y a pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien. Seule l’ouverture d’un réel horizon politique de deux Etats pourra apporter la paix et la sécurité au Proche-Orient./.