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> Perspectives de la collaboration britannique et norvégienne sur le pétrole et le gaz - nov/dec 2005

Tous deux exploitants pétroliers en Mer du Nord, la Norvège et le Royaume-Uni ont développé un partenariat, dont le bilan et les perspectives ont été présentés lors de la conférence du 26 octobre 2005 à l’Institution of Electrical Engineers.

Cette collaboration est très proche tant au niveau des gouvernements que des compagnies pétrolières britanniques et norvégiennes. Des projets conjoints sont en cours comme le pipeline sous-marin Langeled, qui fait partie du projet innovant Ormen Lange, et qui va fournir du gaz aux deux pays.

Le désintérêt des jeunes pour l’industrie pétrolière a été souligné par les intervenants des deux pays. Cela risque, en effet, de causer des problèmes dans le futur au niveau des compétences. Les causes principales de ce désintérêt sont, d’après les conférenciers, l’enseignement des sciences à l’école et l’image non-stimulante de l’industrie pétrolière. Concernant l’enseignement des sciences, elles sont perçues comme difficiles et les informations sur les carrières scientifiques sont assez pauvres dans les écoles. L’industrie pétrolière est perçue comme une technologie mature et sur le déclin, du fait d’une réduction inéluctable des réserves connues actuellement. Les intervenants ont toutefois déclaré que ces réserves connues offriront encore plusieurs décennies d’utilisation, sans compter les nouveaux champs possibles (cf. dans ce numéro l’article « Les réserves pétrolière britanniques onshore »). De plus, l’extraction du gaz et du pétrole va devenir de plus en plus stimulante car les réserves sont situées sur des sites difficiles d’accès et les réglementations environnementales vont ajouter quelques contraintes. Vu l’inquiétude au niveau mondial provoquée par le réchauffement de la planète, la protection de l’environnement doit être un des points clés de l’évolution de cette industrie, en particulier pour l’exploitation des sites dans l’océan Arctique. L’importance de l’innovation technologique va donc devenir prépondérante, en particulier la technologie de séquestration du carbone, mais cela doit rester économiquement viable. L’innovation venant plus facilement de partenariats, les équipes des deux pays doivent continuer à développer des projets communs.

Dans ce sens, un accord a été signé le 30 novembre entre les deux secrétaires d’Etat à l’énergie pour l’autorisation du stockage du CO2 dans les champs de pétrole épuisés de la Mer du Nord. La technologie de séquestration du carbone devrait permettre de réduire le niveau de CO2 émis par les centrales électriques britanniques de 90 %. L’expérience norvégienne dans le stockage offshore du carbone, notamment grâce au projet Sleipner, est très importante. D’après Malcom Wicks, le secrétaire d’Etat à l’énergie britannique : « Il semble que nous avons la capacité de stocker toutes nos émissions de carbone sous la plateforme continentale britannique pour les prochaines décennies ». Cet accord va permettre au Royaume-Uni de développer la technologie de séquestration du carbone, qui est très prometteuse en terme de réduction de gaz à effet de serre, cependant le coût d’un tel système est important, en particulier s’il est offshore.

Auteur : Mathieu Daoudi


Sources : Foundation for Science and Technology, www.foundation.org.uk ; The Engineer, press release, 30/11/05,www.e4engineering.com