Une nouvelle jeune pousse, Genophrenix Limited, vient de sortir des rangs de l’Université de Sheffield, suite à la découverte par le Dr Jamal Nasir (faculté de médecine) de plusieurs protéines spécifiques impliquées dans les voies biochimiques de signalisation de la schizophrénie et d’autres maladies neuropsychiatriques. Genophrenix Limited se distingue dans la lutte contre la schizophrénie car son but n’est pas le traitement des symptômes de la maladie. Au contraire, puisque les protéines nouvellement découvertes joueraient un rôle important dans l’étiologie de la schizophrénie, Genophrenix cherchera à améliorer la compréhension des causes de cette maladie par une meilleure connaissance des gènes impliqués codant pour ces protéines afin de pouvoir les utiliser comme cibles thérapeutiques. Genophrenix estime qu’une telle approche permettrait des traitements d’une plus grande efficacité, avec des effets secondaires moins nombreux. Dans un premier temps, la jeune pousse dirigera donc ses efforts pour développer de nouvelles cibles thérapeutiques pour traiter la maladie et générer davantage de propriété intellectuelle commercialement attrayante, qui pourrait être vendue sous licence au secteur industriel pharmaceutique.
Genophrenix est la dixième jeune pousse sortant des rangs de l’Université de Sheffield par l’intermédiaire de la société Biofusion, établie en 2002 pour commercialiser la propriété intellectuelle générée par les résultats de recherche de l’université. Il existe un accord exclusif de 10 ans entre les deux partenaires dans le domaine des sciences de la vie et des sciences médicales : en échange de capitaux apportés pour la création de jeunes pousses, Biofusion possède des parts dans chacune d’entre elles. Concernant Genophrenix, Biofusion possède 60 % de la jeune pousse.
Schizophrénie
La schizophrénie est une maladie débilitante qui touche, de façon chronique, le système cognitif dans le cerveau de jeunes adultes de moins de 40 ans. Les personnes affectées, environ 1 % de la population aux Etats-Unis, montrent une instabilité importante : la majorité d’entre eux (75 %) ne peut rester dans un emploi de façon stable, environ 20 % peuvent mener une vie normale lorsqu’ils sont traités, et les taux de suicides sont significativement élevés par rapport au reste de la population. Le marché de cette maladie est évalué à environ 14 milliards de dollars (environ 24,5 milliards d’euros). Les bases génétiques de la schizophrénie sont très mal connues, ce qui explique que les modes d’actions des médicaments actuellement sur le marché ne peuvent être d’une grande efficacité et sont souvent accompagnés d’effets secondaires importants, poussant les malades à stopper la thérapie.
Auteur : Dr Claire Mouchot
Source : BioFusion, 22/02/06, www.biofusion.co.uk