Le Musée des Sciences de Londres a accueilli du 1er au 4 décembre 2011 une vingtaine de robots européens dans le cadre de l’exposition Robotville. Cet événement était une initiative du réseau des Instituts culturels européens à Londres (EUNIC, European Union National Institutes for Culture), qui a souhaité montrer le dynamisme de la robotique de service et de loisir en Europe et nous faire réfléchir sur la place des robots dans notre quotidien et dans notre culture.
L’exposition a reçu le soutien de la représentation de la Commission Européenne au Royaume-Uni ainsi que du programme de recherche européen sur les systèmes cognitifs et la robotique (European Commission-funded Cognitive Systems and Robotics Programme). L’Institut Fançais du Royaume-Uni, en tant que membre du réseau EUNIC, était l’un des co-organisateurs.
Presque 8.000 visiteurs sont venus à la rencontre des robots et de leurs inventeurs durant ces quatre jours d’exposition. Parmi les robots présentés, le petit robot NAO fut sans aucun doute l’un des plus remarqués. NAO, produit de la société française Aldebaran, est un robot humanoïde de 57 cm de haut capable de se mouvoir et d’interagir avec son environnement. Les concepteurs de NAO présentent leur robot comme une plateforme de programmation. Bruno Maisonnier, fondateur et Directeur Général d’Aldebaran, explique que son entreprise est la première à avoir mis en place un processus industriel complet pour la fabrication d’un robot humanoïde. Ce qui permet aujourd’hui à de nombreux laboratoires de recherche en robotique d’utiliser une version de NAO pour leurs travaux. A terme, la start-up espère vendre ses robots humanoïdes au grand public, pour les assister dans leurs tâches quotidiennes, ou bien dans les hôpitaux, où l’on pourrait utiliser les robots dans le traitement de troubles comportementaux tels que l’autisme.
Parmi les autres robots présentés lors de l’exposition, citons Eccerobot, un robot "squelette" issu d’un projet de recherche européen dont l’objectif est de concevoir et d’étudier le premier robot "anthropomimétique". C’est-à-dire dont le fonctionnement du corps - de ses mouvements et de ses articulations - se rapproche le plus de celui d’un corps humain.
Egalement en démonstration à Robotvile, iCub, développé par l’Institut Italien de Technologies (IIT) à Gènes, est un robot destiné à étudier les interactions robots-humains. Le robot, de la taille d’un enfant de trois ans, est programmé pour apprendre à mesure qu’il interagit avec son environnement. En démonstration à Londres, le robot était capable de suivre une balle des yeux et de la saisir avec ses mains.
Très populaire au Japon et en Corée, les innovations en robotique personnelle, les robots humanoïdes en particulier, suscitent en France et en Europe un accueil plus ambigu. Fascinés par les robots dans le cinéma et la littérature, les européens semblent moins enthousiastes face à leur arrivée dans leur quotidien. Le marché mondial de la robotique personnelle devrait pourtant représenter 18 Mds$ d’ici 2015 contre 1 Md$ en 2008. L’Europe devrait se partager
25% de ce marché dominé par l’Asie et les Etats-Unis. Pour Bruno Maisonnier, les robots humanoïdes seront à l’avenir utilisés comme des interfaces évoluées qui permettront aux humains d’interagir avec leur environnement. Il imagine également que ces robots seront utilisés dans l’industrie. A défaut d’être encore présent dans les foyers européens, les robots humanoïdes attirent aujourd’hui le public dans les musées.
Sources :
London Science Museum, http://www.sciencemuseum.org.uk
New Scientist, 1/12/2011, http://redirectix.bulletins-electro...
Aldebaran Robotics, http://www.aldebaran-robotics.com
Eccerobot, http://eccerobot.org/index.php
iCub, http://www.icub.org/
Auteur : Pierre Chrzanowski