A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (8 FEVRIER 2012)
SYNTHESE
La presse se concentre surtout sur les questions de politique intérieure : le projet de réforme du système de santé (NHS) qui passe de nouveau devant la Chambre des Lords et qui suscite une vive opposition, et la poursuite de la polémique sur Abu Qatada. La presse tabloïde est indignée par la décision des juges britanniques de remettre en liberté le bras droit de Ben Laden et réclame son expulsion. Les journaux soulignent aussi l’impuissance du gouvernement dans l’affaire et certains évoquent une nouvelle fois leur souhait d’un retrait du Royaume-Uni de la CEDH.
La Syrie domine toujours l’actualité internationale sous plusieurs angles : les violences à Homs, la visite de M. Lavrov à Damas et la réflexion au sein de la communauté internationale pour venir en aide à l’opposition.
Concernant la zone euro, la situation de la Grèce reste le sujet dominant, sans que la couverture soit alarmiste. Le FINANCIAL TIMES relève la détermination d’Angela Merkel de maintenir ce pays dans la zone euro.
Sur la France, le FINANCIAL TIMES consacre un article au déficit commercial de notre pays et un autre à la place du Front National, avec une enquête de son correspondant à Nice.
Abu Qatada
Daily Mail Editorial : Inacceptable ? Vous l’avez dit Mme May
Au lendemain du jour où un juge a ordonné la mise en liberté sous caution d’Abu Qatada, bras droit de Ben Laden en Europe, il semble que six autres personnes soupçonnées de terrorisme pourraient comme lui retrouver leur liberté dans les semaines à venir. Pendant combien de temps encore notre sécurité va-t-elle être à la merci des juges étrangers de la CEDH ? C’est sur des bases douteuses que la Cour européenne des droits de l’Homme a refusé le renvoi en Jordanie d’Abu Qatada. C’est un affront au bon sens et à la justice que ce dernier soit libéré, et tous les députés de tous les partis sont d’accord sur ce point. Sa surveillance sera chère, et Abu Qatada a déjà coûté plus d’1 million de livres aux contribuables dont il menace la vie. Si le jugement de Strasbourg signifie que les six autres suspects soient eux aussi libérés à la veille des J.O, le Royaume-Uni ne serait-il pas pleinement justifié s’il se retirait immédiatement de la juridiction de la CEDH ? Hier aux Communes, le Ministre de l’intérieur Theresa May a dit d’Abu Qatada : « c’est tout simplement inacceptable qu’après les garanties données par les Jordaniens, qu’après les conclusions des tribunaux britanniques qui le qualifient de dangereux, nous ne puissions pas expulser les criminels étrangers dangereux ». Pourquoi alors les ministres acceptent-ils cette situation ?
Royaume-Uni/Défense
FT James Blitz : Les réductions du budget de la défense vont porter atteinte à la capacité d’intervention de l’armée à l’étranger Il sera de plus en plus difficile au Royaume-Uni de mener des opérations militaires comme celle entreprise en Libye du fait des réductions continuelles du budget de la défense : c’est l’avertissement que va lancer aujourd’hui dans un rapport le « defence select committee » des Communes, tout en reconnaissant que l’opération menée par l’OTAN en Libye a été un succès. Le groupe de députés rappelle que la mission en Afrique du nord a été menée avant l’entrée en vigueur des réductions annoncées en octobre 2010 lors de la révision de la stratégie en matière de défense et de sécurité. Selon les députés, l’opération en Libye a soumis le Ministère de la défense (MOD) à un certain nombre de pressions sur plusieurs fronts : il a dû tout d’abord retirer du matériel militaire d’autres opérations, ce qui a fait courir des risques au Royaume-Uni (durant le conflit, la Royal Navy n’avait aucun bateau en standby dans les eaux maritimes britanniques). Le « defence select committee » relève aussi que, durant la mission, la RAF s’est retrouvée à court de munitions, notamment de missiles Brimstone. Il s’interroge ensuite sur l’efficacité de la mission qui aurait peut-être, selon lui, été plus élevée si le porte-avions Ark Royal n’avait pas été mis hors service en octobre 2010. Selon des responsables de l’armée, le déploiement du porte-avions aurait considérablement réduit les temps de vol au cours d’une opération durant laquelle la rapidité de la réponse aux mouvements des chars de Kadhafi était essentielle.
Syrie
Guardian Julian Borger, Ian Black : Une action secrète pourrait être explosive, selon les analystes
Les gouvernements occidentaux et arabes, qui s’efforcent de trouver des stratégies pour régler la crise en Syrie, envisagent les moyens de renforcer l’opposition au président Assad, y compris en soutenant l’Armée syrienne libre. Les vetos de la Russie et de la Chine à l’ONU ont affaibli plus encore les chances d’un accord négocié. Toutefois, diplomates et analystes estiment que les fortes divisions de l’opposition, la force du régime d’Assad et la difficulté d’organiser des opérations secrètes posent de sérieux problèmes. A Washington, le Conseil national de sécurité chercherait à obtenir l’autorisation présidentielle pour une opération de ce genre, mais il n’est pas certain que la Maison Blanche soit prête à en prendre le risque. Toute intervention étrangère en Syrie aurait une « façade arabe », selon un ancien agent britannique. L’acteur le plus important serait probablement la Turquie. Le Premier ministre, M. Erdogan, attendu aujourd’hui à Washington, a déclaré qu’il chercherait une initiative après le « fiasco » du Conseil de sécurité. L’option préférée d’Ankara serait d’obtenir le soutien de la région pour des opérations limitées de l’OTAN, y compris la mise en place d’une « zone sûre » pour les rebelles et d’un couloir humanitaire. Le Qatar serait aussi favorable à une forme d’intervention militaire limitée. Une participation étrangère prendrait vraisemblablement la forme d’un soutien secret à l’Armée syrienne libre. Le Qatar et l’Arabie saoudite financeraient actuellement cette force. Toutefois, les efforts pour persuader l’opposition syrienne de resserrer les rangs prendront vraisemblablement le dessus sur toute activité clandestine ne serait-ce que parce que l’embargo de l’Union européenne sur les ventes d’armes empêche la fourniture d’armement et que les Kurdes syriens n’ont pas autorisé le passage d’armes jusqu’à présent.
Daily Telegraph (Diffusion : 587.040), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 409.060), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 333.771 au Royaume-Uni sur un total de près de 1,7 million dans le monde), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 119.551), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.108), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.530.843), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.994.908)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.092.182), travailliste Daily Express (Diffusion : 596.415), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : un peu plus de 200.000 au Royaume-Uni sur un total de près de 1,5 million dans le monde)), libéral Sunday Times (Diffusion : 935.442) Sunday Telegraph (Diffusion : 452.858) The Observer (Diffusion : 266.659) Independent on Sunday (Diffusion:128.394)
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